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La Novice et le Mando [PV Lenia Séry]

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MessageSujet: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Jeu 14 Juin - 8:55

Le soleil ne s'était pas encore levé lorsque le HWK-290 pénétra dans l'atmosphère de Naboo. Mesurant environ vingt-neuf mètres de long, le cargo ressemblait à la tête d'un rapace, semblable à celle des faucons des Cimes que l'on pouvait apercevoir dans certains quartiers de Coruscant. C'était un vieux modèle, dont on ne trouvait désormais plus qu'une poignée dans la Galaxie, et sans doute l'un de ceux qui fonctionnait le mieux.

Lorsque le Firebird se posa sur l'une des pistes d'atterrissage du Temple, personne ne se trouvait dans les environs, et cela convenait parfaitement à son capitaine. En effet, lorsqu'il émergea du vaisseau par la rampe d'embarquement, Aldrian Greystone ne paraissait pas le moins du monde troublé par l'absence d'un comité d'accueil, se contentant de donner des instructions à ses deux compagnons cybernétiques.

Le premier ressemblait à un droïde de protocole, à la différence près que son revêtement était d'une couleur verte, et qu'il paraissait pouvoir se mouvoir beaucoup plus aisément que les modèles 3PO. En effet, Aran n'avait jamais été conçu pour le protocole mais pour la guerre, le droïde Mandalorien étant un droïde de combat aux capacités rarement égales.

Quant au second, il s'agissait d'un droïde astromécano, de type R9. Le petit droïde laissa échapper une série de sifflements et autres sons aigus avant de remonter la rampe d'embarquement. Aran s'attarda, tournant ses photorécepteurs vers Greystone.


- Saluez la petite Yunstar si vous la voyez, et sa mère. Transmettez aussi mes... amitiés à la boite de conserve qui leur sert de droïde de combat.

C'était autant de politesse qu'il pouvait espérer de la part du droïde et c'est pourquoi il acquiesça avant de tourner les talons. Aldrian n'était pas venu ici pour rencontrer Maître Yunstar mais s'il la croisait, il n'y avait aucune raison pour ne pas la saluer. En revanche, il se garderait bien de répéter les paroles d'Aran en présence de HK-47...

Afin de respecter la tradition, Greystone avait troqué son armure mandalorienne et ses vêtements civils pour la tunique et le long manteau de bure qui caractérisaient les Jedi dans l'imaginaire populaire. Les habits n'étaient pas inconfortables, même si leur principal défaut était de l'empêcher de passer inaperçu sur tout autre monde que Naboo.

Enfin, dans le cas où il serait effectivement passé inaperçu.

En effet, le maître Jedi possédait une chevelure d'une blancheur immaculée, qui était le fruit de ses gênes plutôt que d'un vieillissement prématuré. En effet, les traits de son visage n'étaient nullement ridés, même s'il se dégageait de lui une aura de détermination et de sérieux qui le faisaient paraître plus âgé que ses trente-trois ans. Ses yeux, de couleur bleu-vert, lui conféraient un regard des plus pénétrants et qui suffisait parfois à déstabiliser ses adversaires les moins hardis.

Cela faisait un peu moins de deux ans qu'Aldrian avait été élevé au rang de maître, après que son ancienne Padawan, Johanna Direwolf, ait passé avec succès les épreuves de Chevalier Jedi. Le Mandalorien était fier de son apprentie et il avait considéré ne pas en reprendre pendant un moment... jusqu'à récemment.

Le Grand Maître Ombrelune, qui resterait toujours Nicia au plus profond de son coeur, s'en était retournée sur sa planète natale, laissant un grand vide dans l'Ordre Jedi et des responsabilités certainement écrasantes sur les épaules d'Eleanor Yunstar et du reste du Conseil. Plusieurs Jedi avaient également succombé au Côté Obscur, dont la plus récente n'était autre que Minerva Yeul, une Chevalier Jedi avec qui Aldrian avait été amené à côtoyer sur Yavin 4.

Les Sith et le Côté Obscur étendaient leur ombre sur la galaxie, et Aldrian jugeait qu'il était temps que l'Ordre affirme sa lumière face à l'obscurité croissante.

Voilà pourquoi il avait pris la décision de former une seconde apprentie. L'Ordre ne manquait pas de jeunes Chevaliers mais en ces temps sombres, les initiés avaient besoin de plus que de la bonne volonté et de l'affection. Il leur fallait un exemple, un Jedi qui avait de l'expérience face à la guerre et aux Sith, et ce sont les leçons que les Padawans pouvaient tirer de cette expériences qui seraient peut-être en mesure de leur sauver la vie.

Pour l'heure, Aldrian avait décidé de suivre les conseils d'un de ses plus proches amis du Temple, le vieux bibliothécaire. Ce dernier lui avait parlé d'une jeune orpheline, découverte dans un orphelinat de Dantooine, et qui passait une grande partie de son temps libre aux Archives. L'adolescente, du nom de Lenia Séry, avait récemment fêté son quinzième anniversaire mais elle n'avait toujours pas été choisie par un maître, car elle était parfois considérée comme trop chétive et démunie de talents guerriers.

Greystone n'était toutefois pas homme à se fier aux rumeurs. Après tout, s'il fallait en croire les commérages qui circulaient à son sujet, il était soit un dangereux Jedi gris sur le point de basculer du côté obscur, soit un guerrier rebelle qui passait le plus clair de son temps à affronter des Sith... Bref, deux visions complètement absurdes mais qui paraissaient étouffer tout soupçon de sa véritable nature.

Suivant les indications fournies par le bibliothécaire, Aldrian se dirigea vers l'aile des archives où la jeune Séry était censée passer le plus clair de son temps. L'endroit était désert, les rangées de livres holographiques et de vieux parchemins soigneusement conservées étant baignées dans la lumière argentée qui filtrait depuis les vitres de transparacier. Le Jedi chemina silencieusement dans les allées, jusqu'à arriver à une rangée de tables vides... à l'exception d'une seule.

Une petite silhouette était endormie sur l'une des tables, en face d'un livre holographique resté ouvert. Une épaisse couverture avait été placée sur les épaules de l'adolescente, certainement par le vieux bibliothécaire qui était le seul à patrouiller les lieux jusque tard dans la soirée.

Greystone s'arrêta devant la table et s'assit silencieusement en face de la jeune fille. Celle-ci montrait une respiration lente et régulière, caractéristique d'un sommeil profond, et qui faisait se mouvoir sa longue chevelure brune. Attrapant délicatement l'hololivre posé devant elle, Aldrian y jeta un bref coup d'oeil.

Il s'agissait d'un recueil d'informations sur l'histoire de Luke Skywalker, héros de la Rébellion mais aussi fondateur du Nouvel Ordre Jedi et Grand Maître Jedi pendant plusieurs décennies. Il avait été un modèle pour nombre de générations de Jedi et Aldrian devait reconnaître qu'il avait cherché son inspiration dans les exploits de ce Jedi d'exception. Attardant quelques instants son regard sur le visage de Skywalker, qui montrait des traits ridés par le temps et les épreuves mais dont la chaleur humaine, présente dans son sourire comme dans ses yeux bleus, semblait plus rayonnante que jamais.

Refermant délicatement l'ouvrage, Aldrian utilisa la Force pour le ranger à sa place sur l'étagère avant de reporter son regard sur la novice endormie. Lorsque les premiers rayons solaires émergèrent à l'horizon, il prit la parole de sa voix, douce et grave à la fois.


- Il est l'heure de se réveiller, Novice Séry.
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Jeu 14 Juin - 10:45

La vie des initiés n'est pas aussi reposante qu'on peut le penser, dans le Temple Jedi. Les journées sont en général bien pleines, et selon les jours, je peux vous assurer que vous pouvez rentrer totalement éreinté dans votre chambre une fois la fin du jour venu. Nous nous levons assez tôt, déjeunons, puis faisons des exercices de méditation souvent pour commencer en douceur. Ensuite viennent les exercices physiques, les entraînements au sabre, les cours plus traditionnels et magistraux, etc.

Aujourd'hui n'a pas été vraiment une bonne journée pour moi, étrangement. Peut-être parce que je suis l'une des plus âgée chez les novices, et que je n'ai toujours pas été prise alors que des plus jeunes si. Mais je ne les envie pas, bien que j'admets que cela m'attriste un peu par moment. Il faut rester digne, ne pas se laisser dominer par les émotions, rester calme et résister aux sentiments négatifs comme une crise d’ego malmené, la jalousie, la colère, la frustration... de toute manière, et cela a été confirmé lors des cours, de tels sentiments ne mènent à rien de bon et desservent bien souvent leur utilisateur. Même moi, du haut de mes modestes quinze années humaines, je le sais très bien. C'est pourquoi je ne me fâche presque jamais, un masque toujours calme sur le visage, un léger sourire parfois un peu rare sur les lèvres, polie et respectueuse. Ah ça, pour l'attitude, je ne pense pas avoir beaucoup de reproches à attendre. Cependant, j'avais un très gros point faible...

Et ce point faible m'a un peu affectée aujourd'hui. C'était lors d'une classe d'entraînement au sabre-laser. En fait, mes performances dépend de ce que l'on fait, et de mes adversaires. Par exemple, contre des sphères et les yeux bandés, je m'en tire plutôt convenablement. Contre les drones, la force pure ne sert qu'à peu de chose, du moins n'est pas essentielle. En ce cas, ma vitesse, mon agilité et ma sensibilité à la Force me sont de très grandes alliées, et oh bonheur, il se trouve que c'est là que je me débrouille le mieux. Je n'ai ainsi pas trop de difficultés pour les exercices de manipulation de Force pour les novices, et la méditation m'est plutôt une activité apaisante. Même si des fois elle est un peu capricieuse à venir !

Pour en revenir au cours d'escrime, je n'ai pas encore de style à proprement dit, mais je fuis, j'esquive plus que je n'attaque. Je n'agis pas tout le temps, je réagis plutôt. J'observe mon adversaire, j'évite au mieux ses attaques, j'attends l'ouverture - s'il daigne me la donner - ou je cherche à la provoquer, et alors là je passe à l'attaque, préférant les coups nets et précis plus que des coups puissants. Malheureusement, cette stratégie ne m'aide pas vraiment contre les initiés les plus doués ou les plus brutaux, et avec un peu de malchance j'en prends vraiment pour mon grade. Mais je ne perds pas tout le temps, heureusement quand même, sinon je me demanderais ce que je fais là !

Il est tard, je reviens tout juste du dîner. Très frugal pour moi, je n'étais pas d'humeur à avoir faim ce soir-là. Bien que j'eusse profité de mon temps libre entre le repas et les cours pour étudier de mon côté, réviser les katas, du moins ceux étant à ma portée, méditer ou plus souvent me rendre dans mon havre de paix, ce lieu divin pour moi quand j'ai passé de mauvaises journées pour me ressourcer et m'y réfugier, loin du regard de certains autres et de certains maîtres n'ayant pas toujours un bon jugement sur mes capacités. Je n'ai guère beaucoup d'amis, je suis assez réservée, mais quand même pas asociale ! Seulement, peu de gens comprennent que j'ai juste un peu de mal à aller vers les autres. S'ils viennent vers moi, ou au bout d'un moment, tout va bien, je suis comme un Mon Calamari dans l'eau ! Mais voilà, ils ne lisent pas dans mes pensées - et heureusement, sinon bonjour ma vie privée ! ... c'était pour rire. Essayer du moins.

Quel est donc ce Jardin d'Eden dont je vous parle, alors que je m'y rends à une heure avancée ? Le meilleur endroit pour se détendre tout en faisant quelque chose d'intelligent et améliorant ses connaissances et son esprit. Ce n'est pas bien difficile à deviner, ce n'est pas à l'extérieur, mais à l'intérieur du Temple. C'est... ? Les Archives bien sûr ! Une mine précieuse de renseignements pour moi. Des fois, je trouve plus de chaleur dans les livres ou documents holographiques que chez certains de mes pairs. Bon, le fait que je sois plus âgée ne doit pas aider non plus à arranger les choses...

Comme à mon habitude, j'offre un de mes rares sourires avec une ombre de chaleur au responsable des Archives - je suis une habituée des lieux, il commence à bien me connaître depuis mon arrivée au Temple Jedi à mes cinq ans. Dix ans... Dix ans que je suis là, et si je le considère comme mon foyer, il m'arrive parfois de penser à mes parents et mon frère disparu, dont le bloc de données mémoriel reste toujours à ma portée. Déjà dix ans... et j'ai bien changée ! Je suis plus grande, toujours un peu fine de silhouette, souple et élancée, mais de taille moyenne. Mes cheveux bruns clair ont pas mal poussés, je ne les attache qu'en travaux pratiques pour qu'ils ne me dérangent pas, et mes prunelles bleutées sont bien plus vives et lumineuses que dans le passé, à l'orphelinat, épisode que je n'aime guère évoquer.

Une fois encore, je suis venue prendre place à ma table habituelle. Il ne me reste que peu de temps avant la fermeture, je suis plus vers le fond de l'aire autorisée pour les novices, on m'oublie des fois tant je suis discrète. C'est un peu triste, mais je le garde pour moi. Des fois, j'aimerais bien qu'on sache que je suis là, ou au moins un peu plus... mais ce n'est pas grave. Je serais patiente et je garderais courage. Détermination, sagesse, volonté, patience. Mots de vertu. J'oublie, tant mes pensées sont loin de là où je suis actuellement, d'activer ma discrète alarme me prévenant cinq minutes avant la fermeture des Archives que je dois m'en aller. Mais le besoin de lire est trop pressant, tout comme le besoin d'apprendre plus pour oublier les petits tracas et inquiétudes du quotidien. Les livres sont mes meilleurs amis, au moins eux ne se plaignent pas et sont d'agréable compagnie. Ils ne mentent pas, et ne cachent rien, tout est écrit, entendu ou vu en leur sein, quelque soit leur nature. Eux ne me jugent pas, ils me laissent les découvrir comme tels, sans juger sur ma ou leur couverture. J'ai lu un mot curieux à ce sujet hier, c'était... attendez... silènes. Voilà, les silènes ! C'est un très vieux mot, qui désigne je crois un objet à l'apparence repoussante et vulgaire gardant un trésor en leur sein. Avec les livres, pas besoin de se poser la question.

L'heure tourne, les livres passent petit à petit, je range immédiatement le livre que je viens de terminer avant d'en attaquer un autre. Comme cela, ce n'est pas la panique quand je dois m'en aller avec précipitation. Je souris, passionnée par ce que je découvre chaque jour sur des sujets variés auxquels je peux avoir accès, ce qui n'était pas toujours le cas sur Dantooine : sur la galaxie, les systèmes politiques, l'histoire des Jedi, les grandes civilisations... j'en apprends même plus sur ma planète d'origine ! Quel plaisir ! Ce soir là, j'ai décidé d'entamer un livre traitant d'un des plus grands Maitres Jedi de l'Histoire de l'Ordre : Luke Skywalker, jumeau d'une très grande diplomate Leïa, fils du très connu et controversé Anakin Skywalker, tant le "Héros sans peur" que le destructeur de l'Ancien Ordre, lui-même ancien padawan d'une autre célébrité Jedi, Obi-Wan Kenobi. Que de grands noms... je doute un jour arriver à leur hauteur, mais j'espère pouvoir rendre autant de services à la paix et la République qu'ils l'ont fait. J'aime parcourir la vie des Grands Maitres, elle est souvent riche en enseignements, à défaut de pouvoir connaitre la situation en direct. Et celle de Maitre Luke Skywalker en particulier.

Tant je suis plongée dans ma lecture que je ne vois pas les secondes, minutes, heures tourner, et ma fatigue prend le dessus alors que je sombre malgré moi dans les bras de Morphée. Je voulais pourtant finir mon livre moi... trop tard. Et je me fais oublier à la fermeture, mais le bienveillant gardien des lieux, quand il s'en aperçoit en revenant plus tard surveiller l'endroit, m'a recouvert d'une chaude couverture. Vraiment quelqu'un de bien, même si je suis encore endormie et je n'en ai pas conscience. La journée m'a épuisée tant physiquement que mentalement et moralement aussi. J'ai quinze ans déjà... et que vais-je devenir ? Même si j'essaye d'ignorer la question et une ombre de léger désespoir quant à ma situation, elle revient toujours rappeler sa présence par de maléfiques chuchotements dans mon esprit. Le sommeil est alors bienvenu... mais j'aurais préféré qu'il attende que je sois revenue dans mon lit moi !

Ayant sombré dans un profond sommeil, je songe à diverses choses, divers rêves nés de mes soucis, de mes espoirs et d'autres obscures choses. Je rêve de beaucoup de choses. Je rêve de me sentir utile et appréciée de quelqu'un. Au fond, je rêve de pouvoir un jour refaire réellement confiance à une autre personne. Je rêve de trouver un Maître juste avec lequel je pourrais progresser dans la voie du Jedi. Mais déjà, il en faudrait un qui dépasse le niveau des rumeurs qui circulent sur moi...


J'ai à peine conscience du livre qui échappe à mes mains pour se replacer mystérieusement à sa place, bien que cet élément déjà me fait passer du sommeil lourd au sommeil moyen. Puis une luminosité soudaine vient titiller mes paupières, comme pour m'inviter à découvrir le jour nouveau qui se lève, promesse de nouveautés, de découvertes et aussi bien entendu de choses moins positives aussi. Je passe du sommeil moyen au sommeil léger, inconsciemment. Peu à peu, l'esprit encore embrumé par le sommeil, je commence à percevoir certaines choses curieuses : je ne suis pas dans mon lit, trop raide pour cela. J'ai quelque chose sur les épaules, de chaud et pesant, mais dans le dos, et non sur moi à proprement dit. La surface sur laquelle repose ma tête est bien trop dure pour être mon oreiller. Conclusion, je me suis encore endormie aux Archives, ayant dû être oubliée. Bah, c'est pas comme si c'était la première fois que cela m'arrivait, et peut-être pas la dernière non plus. Seulement, y a comme un petit truc qui me turlupine un peu. Quelque chose de différent dans la Force. Comme s'il y avait un géant qui était apparu dans l'espace qui m'entoure, à l'échelle de la Force. Je dois encore être endormie, sans doute. Hypothèse rapidement réfutée alors que je remets mes neurones en action, et qu'une voix douce et grave que je ne connais pas bien se fait entendre.

- Il est l'heure de se réveiller, Novice Séry.

"Mince, ce n'est pas celle de l'Archiviste. Oh non. Qui est-ce ? Et cette présence dans la Force... Trop imposante pour être un novice, et même un padawan. Ce n'est pas celle de l'Archiviste, que je commence à reconnaître. Cela ne me laisse plus que..."

Oh oh. Cela veut dire que je suis plutôt dans une situation assez embarrassante, puisque cela ne me laisse comme choix possible, par déduction, qu'un Chevalier Jedi, un Maitre Jedi, ou "pire" encore. Aie. Je vais me prendre un sermon, à cause de mon assoupissement ! Cela me fait redresser tout d'un coup, très gênée bien que je me donne du mal pour garder un masque de calme sur le visage, trahi par un très léger rosissement de quelques secondes. Par la Force, je suis vraiment malchanceuse ces derniers temps ! Je n'ai pas le temps de finir un livre captivant, je n'y arrive pas en cours de sabre-laser contre mes adversaires du moment, je m'endors loin de mon dortoir, je fais ma nuit dans les Archives, et pour couronner le tout c'est un Maitre Jedi qui me réveille le matin venu ! Oh là là... calme-toi mon amie. Respire, il ne va pas te mordre normalement. Détends toi, nerveuse tu n'arriveras à rien... ne la renie pas, essaye de la contrôler... bon, pas terrible, mais ça ira. Pas trop de temps devant moi aussi ! Voilà... plus calme, j'attrape la couverture qui menace de tomber, la posant sur le dossier de ma chaise, avant de me lever aussitôt. Je suis quand même un peu tendue de l'intérieur, j'essaye de modérer cette tension pour l'extérieur. Avec un sourire d'une timide gêne esquissé, j'incline avec respect ma tête avant de répondre d'une voix polie, douce et maîtrisée de mon mieux pour rester le plus calme possible :

- "Bons... Bonjour, Maître Jedi... Greystone. Je vous prie... de bien vouloir m'excuser. Je ne devrais pas me trouver là. Je... ferais en sorte que cela ne se reproduise plus, je vais ess... tout faire en ce sens !"

Ce n'est pas vraiment facile de garder son calme en pareille situation, surtout quand on se rend compte que celui qui nous a surprit est un Maitre Jedi très connu du Temple, autour duquel gravitent de nombreuses rumeurs qui le rendent encore plus imposant que sa silhouette ne l'est déjà. Oui, je me souviens de lui, je l'ai déjà entraperçu au détour d'un couloir. Il n'y a pas beaucoup de Jedi qui ait des cheveux d'une telle couleur, et sa carrure vous empêche de ne pas le voir. Et ne parlons pas de sa présence dans la Force, aisément repérable surtout quand il n'y a personne d'autre dans les environs, comme en ce moment. Repentante et un peu confuse de la situation, je garde la tête baissée par politesse et marque de respect. J'ai été prise en faute, j'en ai conscience et je ne veux pas aggraver mon cas, plutôt consciencieuse de nature. Même si je n'ai pas vraiment fait exprès... mais le fait est là, je me tiens prête à accuser calmement et avec obédience la moindre critique ou la moindre punition. Je ne sais pas comment trop me comporter avec ce Maitre Jedi, je préfère rester prudente, attentive et légèrement en recul. Mais en même temps... c'est étonnant de le trouver là, surtout s'il n'y a personne. Bah, il avait sans doute une bonne raison, et cela ne me regardait probablement pas. Du moins, c'est ce que je pense sur le moment, et j'ai des arguments en pensée en ce sens. Sur le moment, je ressens l'envie de me transformer en petite souris et de me faire oublier dans un trou du mur, au lieu d'être là prise sur le fait et en situation affreusement gênante. C'est toujours plus drôle quand c'est aux consciencieux que cela arrive, ce genre de chose ! Et même s'il est assis, je le trouve encore bien intimidant... je n'ai pas dis méchant, j'ai dis intimidant. Cette aura... pourtant ses yeux bleus-verts - rapidement aperçus pour ne pas être indélicate et irrespectueuse - m'intriguaient. Comme s'ils pouvaient plonger jusqu'au fin fond de mon âme. Quel genre de Maître était-il ? Les rumeurs étaient elles fondées, ou reposaient-elles sur des exagérations virtuelles de certains faits ? Comment savoir ? Je n'ose pas me rasseoir, figée sur place. J'attends et j'observe, j'écoute aussi. Sa voix est plutôt rassurante, c'est peut-être ce qui me pousse à être autant intriguée. La Force n'est pas menaçante autour de lui, c'est plutôt étrange et difficile à décrire comme ressenti, même si je le ressens bien. La Force me rassure. La Force m'invite à me détendre un peu et à rester. Je peux faire confiance à la Force, n'est ce pas ? Que dois-je faire ? Hélas, il me faut attendre maintenant. Je ne peux pas prendre trop d'audaces pour satisfaire ma curiosité un peu inquiète. Une chose à la fois, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage... un bien sage adage.
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Dim 17 Juin - 11:54

Aldrian regarda la novice s'éveiller en entendant sa voix, émergeant rapidement des bras de Morphée avant de se redresser sur sa chaise. Le Jedi imaginait à peine les courbatures engendrées par une nuit entière passée à dormir sur les chaises peu confortables des Archives mais heureusement, elle récupérait sans doute plus vite à son âge.

Souriant intérieurement devant l'embarras de l'adolescente, visible par ses joues empourprées tandis qu'elle levait finalement les yeux vers lui. Elle ne tarda d'ailleurs pas à se lever, lui adressant un sourire et un hochement de tête avant de prendre la parole.


- "Bons... Bonjour, Maître Jedi... Greystone. Je vous prie... de bien vouloir m'excuser. Je ne devrais pas me trouver là. Je... ferais en sorte que cela ne se reproduise plus, je vais ess... tout faire en ce sens !"

Greystone pouvait sentir la tension chez la jeune femme, même si elle tentait de la dissimuler du mieux possible dans la Force. Elle devait sans doute penser qu'il avait été envoyé pour la punir. Joignant un instant ses deux paumes en signe d'apaisement, il indiqua à Lenia le siège qu'elle venait de quitter.

- Assieds-toi, je te prie. Je ne suis pas venu pour te sermonner sur ta tendance à préférer les tables des archives à ton lit pour passer la nuit. Déclara le Jedi, un imperceptible sourire aux lèvres.

Une fois que Lenia de nouveau assise, le maître Jedi fit un petit geste de la main et les grandes portes qui menaient au couloir se refermèrent silencieusement. D'un autre geste furtif, il activa l'affichage qui prévenait les autres Jedi que l'accès à cette aile était fermé pour le moment, mais il se garda d'enclencher le verrou. Le Mandalorien désirait avoir une conversation privée avec l'initiée mais il ne voulait pas non plus lui donner l'impression d'être piégée.

Il se tourna de nouveau vers elle et plongea son regard bleu vert dans les orbes azurés de la jeune femme.


- Je ne sais pas ce que tu as pu entendre à mon sujet, même si je me doute que cela ne devait pas être bien flatteur, mais sache que je n'ai pas l'habitude de manger des initiés au petit déjeuner. Je suis ici parce qu'un ami à moi, qui a eu la gentillesse de déposer cette couverture sur tes épaules hier soir, m'a parlé de toi.

Le Mandalorien fit une courte pause, laissant le temps à l'adolescente de bien enregistrer les paroles qu'il venait de prononcer. Après tout, c'était bien le vieux bibliothécaire qui lui avait mentionné le cas de la jeune Séry, bien qu'il n'était pas exactement entré dans les détails. Toutefois, il n'avait pas fallu longtemps à Greystone pour dénicher un portrait assez détaillé de la personnalité de Lenia.

Posant ses coudes sur les tables, l'homme aux cheveux d'une blancheur immaculée joignit ses mains pour y reposer son menton, dans une posture à la fois songeuse et attentive.


- On m'a dit que tu étais plutôt douée dans le maniement de la Force et pour effectuer des recherches mais que tu manquais d'endurance. Il m'a également été dit que tu étais du genre solitaire et réservée mais aussi que tu manquais de confiance en toi.

Le maître Jedi leva une main et un hololivre lévita depuis l'une des étagères avant qu'il ne l'attrape. Il s'agissait d'un ouvrage relatant les dernières décennies de l'Ordre Jedi du temps de l'Ancienne République. Aldrian ouvrit d'ailleurs une page en particulier, qui parlait des initiés.

- Comme tu le sais peut-être déjà, du temps de la Guerre des Clones, l'Ordre Jedi d'antan fixait une limite d'âge pour que les initiés soient pris comme Padawans. Il s'agissait souvent de douze, plus rarement treize ans. Ceux qui n'étaient pas choisis d'ici là n'étaient pas autorisés à poursuivre leur formation et étaient le plus souvent envoyés à la Corporation Agricole. Leurs chances de devenir un jour un Jedi étaient réduites à néant.

Le Mandalorien passa une main sur la page, caressant l'hologramme qui représentait le sigle de l'ancien ordre avant de refermer délicatement l'ouvrage. Lorsqu'il releva la tête, il put constater que l'adolescente était plus agitée encore qu'auparavant et c'est pourquoi il lui adressa un sourire, qui fut sans doute moins rassurant que les paroles qui suivirent.

- Tout cela est néanmoins de l'histoire ancienne. Le Grand Maître Skywalker a changé tout cela en formant le Nouvel Ordre Jedi, de la même manière qu'il a autorisé les Jedi à aimer ouvertement et à fonder une famille. Certains considèrent qu'il a peut-être été trop loin mais c'est une opinion que je ne partage pas. En faisant évoluer notre ordre, il lui a évité de sombrer de nouveau dans ses erreurs passés, et cela explique que nous ayons survécu aux Yuuzhan Vong et aux Sith.

D'un nouveau geste de la main, il replaça l'ouvrage sur l'étagère tout en songeant que la jeune femme qui était assise en face de lui devait certainement ne pas comprendre où il voulait en venir... peut-être aussi que son rythme cardiaque accéléré et sa nervosité empêchaient la jeune Séry de le réaliser d'elle-même mais au moins, elle était attentive et c'était tout ce qui comptait pour le moment.

- Cela fait maintenant dix ans que tu es arrivée au Temple pour commencer ton apprentissage des arts Jedi. Tu as certainement beaucoup appris et je suis sûr que si l'on t'en donnait l'occasion, tu passerais le plus de temps possible à étudier les textes des archives et à pratiquer des exercices de contrôle de la Force. Cependant...

Il la fixa de nouveau du regard et tendit son bras dans sa direction. S'arrêtant à une distance raisonnable, il pointa de son index le sternum de Lenia avant de reprendre la parole d'une voix grave.

-... au plus profond de ton coeur, tu souhaites poursuivre ta formation et devenir un Chevalier Jedi. Le principal obstacle qui s'oppose à toi sur cette route, c'est l'absence d'un maître pour te former. En effet, chacun de ceux que tu as pu rencontrer jusqu'ici désirent un apprenti discipliné qui soit déjà à l'aise au combat, et dont ils puissent simplement compléter la formation sur un plan intellectuel. Ce n'est pas une faute de ta part mais plutôt un raisonnement de plus en plus commun au sein de l'Ordre. D'ordinaire, cela ne pose pas de problème mais de temps en temps, un novice comme toi fait son apparition.

Aldrian sourit de nouveau et passa une main dans le col de sa tunique, caressant brièvement la fine chaîne qui s'y trouvait tout en songeant au médaillon qui se trouvait à son extrémité. Lorsqu'il reprit la parole, le ton de sa voix était légèrement plus espiègle.

- Je le sais parce qu'à ton âge, je n'étais pas si différent. Ô bien sûr, j'étais plus épanoui dans les arts martiaux et le combat au sabre laser mais j'avais un caractère bien trempé et des difficultés pour méditer qui me rendaient... peu attractifs aux yeux des maîtres. J'ai eu la chance de rencontrer un Chevalier Jedi qui ne prêtait pas la moindre attention aux rumeurs et qui n'avait pas peur de relever des défis difficiles. Je dois à cette femme d'être le Jedi que je suis aujourd'hui.

Greystone se leva finalement de sa chaise, époussetant quelque peu ses robes brunes avant de contourner la table. S'arrêtant à un peu moins d'un mètre de la jeune Séry, il posa délicatement une main sur le menton de l'adolescente pour l'amener à relever doucement la tête. Lorsque leurs regards se croisèrent finalement, il poursuivit d'une voix douce.

- Je suis sans doute l'un des Jedi à la réputation la plus controversée du temple. Les missions qui me sont confiées m'amènent souvent au coeur du danger, qu'il s'agisse de batailles comme de m'aventurer en territoire ennemi. Même je suis dévoué corps et âme au Code Jedi, mon sang est celui d'un guerrier Mandalorien et mon coeur n'a jamais vraiment pu choisir entre les deux cultures. Mes plus proches compagnons sont deux droïdes aussi bavards et caractériels que des Jawas en manque de ferraille à revendre.

Ses yeux bleu vert toujours plongés dans ceux de la novice, Aldrian retira la main des cheveux de Lenia avant de la lui tendre.

- Lenia Séry, veux-tu être ma Padawan ?
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Lun 18 Juin - 5:16

Pourquoi le sort avait-il voulu m'abandonner aussi cruellement une fois de plus ? Je ne sais pas ! Moi qui d'ordinaire était un puits de calme et de maîtrise de soi, là j'avais l'impression de tout perdre de mes acquis dès que j'étais prise en faute. Et j'étais là, debout, à côté de la chaise que je venais tout juste de quitter, tendue, aussi figée qu'une statue de duracier... même ma voix ne reflétait pas mon calme, moins posée que d'ordinaire, plus hésitante et et bafouillait sur certains mots. En trois mots : la panique à bord ! Il fallait que je me reprenne... comment faire quand le corps ne répond plus aux demandes d'un cerveau lui-même affecté ? Bon. Il fallait prendre le wookie par les épaules dans ce cas. J'inspira profondément, le plus silencieusement possible, to "get an hold" sur mes émotions et moi-même, que je me reprenne pour réussir à me comporter comme le demanderait une novice de mon âge. Je suis plus âgée que la moyenne, ce n'était pas le moment de me comporter comme une petite fille de dix ans ! Bon... pour m'entêter, me rebeller contre mon corps et mes émotions de panique, je me concentre sur mon interlocuteur, son attitude. Au moins, je n'ai pas l'air de m'être trompée sur la personne, sur son identification, c'était déjà un bon point. J'avais donc bien affaire au célèbre Maitre Jedi Greystone, que les rumeurs desservaient souvent... mais vu ce qu'elles font dire aux autres sur moi-même, je n'y prête guère attention. Seulement une oreille discrète. Pour faire mon jugement des personnes et des êtres, je préfère les avoir face à moi et me faire ma propre opinion d'eux plutôt que de reposer sur un jugement communautaire, aussi servilement qu'un mouton dans une horde. Je ne m'abaisserais pas à ce genre d'attitude, tant par respect du personnage me faisant face que par respect de mes propres valeurs. Celles que j'ai choisi de défendre et d'honorer depuis que je me suis retrouvée seule mystérieusement sur Dantooine. Va-t-il lever la voix ? Va-t-il calmement me faire des reproches, me punir ? Je ne sais pas dans son attitude initiale. Je concentre discrètement la Force se trouvant autour de nous dans l'espoir de glaner quelques informations. Ce que la Force semble me dire, c'est que je ne suis pas en danger en ce moment, même face à un Maitre Jedi adulte que je ne connais pas bien. La Force semble m'inviter à me détendre et réfléchir plus clairement. Oh Force, tu resteras toujours une excellente conseillère, même à travers les messages que tu transmets de manière obscure dans le ressenti...

- Assieds-toi, je te prie. Je ne suis pas venu pour te sermonner sur ta tendance à préférer les tables des archives à ton lit pour passer la nuit.

Vraiment ? Il serait bien le premier ! Du moins, chez les Maitres et Chevaliers Jedi que je connaisse, si l'on ne compte pas à cette liste le cas particulier de l'Archiviste avec lequel j'ai de bonnes relations, presque amicales bien que je ne préfère pas trop m'avancer par prudence. Du coup, il m'intrigue davantage, si c'était encore possible, que ce soit par ses réactions atypiques à mes yeux, sa présence dans la Force puissante mais pas oppressante, ses yeux rapidement aperçus juste avant. Il est un personnage étonnant, réellement, et je l'entend dans le sens fort de l'adjectif qualificatif de "étonnant". Ses paroles ont le mérite de faire reculer d'un cran ma nervosité, alors que je suis son indication, me rasseyant sur le siège que j'avais précédemment quitté avec précipitation, un léger sourire amusé d'auto-dérision qui glisse sur mes lèvres l'espace de quelques. Je répond donc tant à son invitation qu'à celle silencieuse de la Force à rester. Je reste prudente, mais je ne me sens pas menacée de quelque manière que ce soit, je ne sais pas pourquoi. Qui est-il vraiment ? J'observe ses gestes avec attention, ressentant les impacts des pouvoirs utilisés tout en les observant, prenant note. Il avait repoussé les portes menant à la sortie de cette aile, ce qui me tendit un moment d'inquiétude avant de me détendre de nouveau en voyant qu'il n'enclenchait pas le verrou. Conclusion : il veut enclencher un dialogue avec moi, mais sans me fermer mes "issues de secours" pour ne pas me mettre mal à l'aise. Hypothèse confirmée par sa manipulation de la Force qui modifie l'affichage à l'entrée indiquant que la salle où nous nous trouvions était occupée pour le moment. Je n'aurais pas dû être surprise de son aisance dans la Force, puisqu'il était un Maitre Jedi, mais quand même, j'admirais au fin fond de moi-même cela. Je souris d'un air un peu gêné devant ses paroles, avant d'hocher légèrement de la tête de manière verticale pour montrer tant que j'avais compris que j'acceptais l'invitation au dialogue. En même temps, une demande de dialogue, de discussion avec un Chevalier, un Maitre ou un Grand Maitre, c'est difficilement possible à refuser pour les Initiés et les Padawans. Ils sont nos supérieurs, et ils ont beaucoup plus d'expérience que nous. Tant qu'ils ne montraient pas d'hostilités, je vois ces moments comme ceux d'échange, d'enrichissement possible, d'éclaircissement potentiel, au delà du devoir d'obédience à l'autorité si l'on suivait la hiérarchie de l'Ordre Jedi. En outre, ce n'est pas l'envie d'entrer en conflit qui se dégage de l'attitude de ce Maître, non. C'est plutôt... une invitation à m'apaiser, les deux paumes jointes d'avant. En cela sa demande se reflétait en parfaite adéquation avec le ressenti que j'avais par la Force, donc très peu de moyen pour moi de me tromper sur ce jugement là. Je l'espère du moins... puis il reporte son attention vers moi, et pose ses yeux bleu-verts dans les miens, de telle manière que je ne peux pas décrocher le regard comme le voudrait mon éducation et reprend la parole d'une même voix grave et douce à la fois :

- Je ne sais pas ce que tu as pu entendre à mon sujet, même si je me doute que cela ne devait pas être bien flatteur, mais sache que je n'ai pas l'habitude de manger des initiés au petit déjeuner. Je suis ici parce qu'un ami à moi, qui a eu la gentillesse de déposer cette couverture sur tes épaules hier soir, m'a parlé de toi.

Courte pause de sa part. Je pense qu'il veut que je sois bien attentive à ces paroles, mais il n'a pas à s'inquiéter, je le suis déjà. C'est tellement rare qu'un Maître Jedi veuille simplement me parler, pas me critiquer, me faire des reproches ou me donner une punition, que je profite du moment et bois ses paroles comme du petit lait ! Effectivement, ce que j'ai pu entendre de lui lors des temps de pause ou des rares discussions avec mes pairs ne m'a pas donné une image très rassurante, entre le Jedi gris à l'extrême limite de tomber dans le côté Obscur de la Force ou le guerrier dont le passe temps favori est la chasse à mort aux Siths. Mais bon, comme je vous disais, je me méfie des rumeurs, pour la simple et bonne raison que je suis la première bien placée pour savoir combien elles peuvent fausser la réelle identité de la personne concernée. Je les écoute - comme tout le monde, je suis curieuse - mais je fais aussi la part des choses quand j'ai l'occasion de le faire, et surtout, je me fie au jugement de la Force, au peu que je puisse entendre d'Elle. Je me fie à mon ressenti, à l'aura dégagée par la personne plus qu'aux racontars en tout genre ! Honnête comme toujours, j'hoche effectivement la tête en ce qui concerne la partie sur les rumeurs, retenant un sourire intérieur devant son trait d'humour, tandis que ma voix reste douce tout en étant plus apaisée, posée, constatant sans la moindre envie de jouer sur le mot ni portée vers la flatterie que je juge toujours méprisable et inutile, tout en restant un peu prudente, attendant la suite :

- "Je ne fais guère confiance aux rumeurs, je pense qu'il vaut mieux faire son propre jugement plutôt que de se limiter à ce que disent les autres, il y a ainsi moins de risque de se tromper sur la personne... c'est donc le responsable des archives qui vous a parlé de moi. C'est quelqu'un de très gentil, il m'a beaucoup aidée depuis mon arrivée au Temple. Il ne m'a jamais trop grondée quand... ce genre de situation est advenu dans le passé, alors qu'il aurait très put le faire. J'ai un grand respect envers lui."

Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens déjà un peu plus à l'aise, sa compagnie m'intimide moins au fur et à mesure des minutes qui défilent sans que je ne m'en rende compte. L'effet apaisant de la Force autour de nous commence à agir sur ma nervosité, alors que plus attentive que jamais, je reste pendue à ses paroles, de peur de rater un élément important au cours de cette discussion privée aussi imprévue pour moi qu'emplie de profond intérêt :

- On m'a dit que tu étais plutôt douée dans le maniement de la Force et pour effectuer des recherches mais que tu manquais d'endurance. Il m'a également été dit que tu étais du genre solitaire et réservée mais aussi que tu manquais de confiance en toi.

Il avait alors changé de position, posant les coudes sur la table, joignant ses mains pour y poser sa tête dans une attitude songeuse et attentive, sans décrocher son regard de moi, et sans que je puisse totalement décrocher le mien non plus, même en dépit de ma timidité. J'essaye de ne pas trop le regarder dans les yeux, par marque de respect et par peur de me montrer incorrecte vis à vis d'un Maitre Jedi. Je me cherche. Je cherche l'attitude que je dois prendre face à ce genre de situation. Bien droite et redressée dans ma chaise, les bras posés sur la table que nous occupons, je garde le visage le plus calme qu'il me soit possible - plutôt convaincant, objectivement - alors que je l'écoute, hochant une nouvelle fois la tête, encore intriguée. Je ne suis pas habituée à ce qu'un Maître Jedi ou un Chevalier Jedi fasse des recherches sur moi, plutôt sur les autres. En fait, je ne suis pas du tout habituée à ce que quelqu'un s'intéresse vraiment à moi, sauf rarissimes exceptions, dont je reste très méfiante et je refuse de poser une conclusion trop rapidement, préférant le bénéfice du doute par humilité. En fait, il a plutôt pas mal résumé ma situation : j'ai une tête efficace, mais pas de force. J'ai une bonne maîtrise de la Force, mais pas d'endurance. Je suis plutôt réservée et timide, mais je sais mener des recherches bien que je manque de confiance en moi. En même temps, en auriez-vous, vous, après tant d'échecs dans une matière cruciale où vous deveniez alors la risée de certains initiés ? Non, je ne pense pas. J'ai tenu bon, j'ai persisté et enduré, mais j'ai commencé à perdre confiance en mes capacités et en moi vers mes douze ans, quand la différence a commencé à se faire sentir avec les autres. Mais je voulais et je veux encore y croire, y arriver avec des efforts...

- Comme tu le sais peut-être déjà, du temps de la Guerre des Clones, l'Ordre Jedi d'antan fixait une limite d'âge pour que les initiés soient pris comme Padawans. Il s'agissait souvent de douze, plus rarement treize ans. Ceux qui n'étaient pas choisis d'ici là n'étaient pas autorisés à poursuivre leur formation et étaient le plus souvent envoyés à la Corporation Agricole. Leurs chances de devenir un jour un Jedi étaient réduites à néant. Tout cela est néanmoins de l'histoire ancienne. Le Grand Maître Skywalker a changé tout cela en formant le Nouvel Ordre Jedi, de la même manière qu'il a autorisé les Jedi à aimer ouvertement et à fonder une famille. Certains considèrent qu'il a peut-être été trop loin mais c'est une opinion que je ne partage pas. En faisant évoluer notre ordre, il lui a évité de sombrer de nouveau dans ses erreurs passés, et cela explique que nous ayons survécu aux Yuuzhan Vong et aux Sith.

Il avait alors amené vers la table un livre que j'avais déjà parcouru il y a un moment, et ouvert la page en question qui me déprimait par moment et concernait le sort des initiés sous l'ancien Ordre. Tout en écoutant sa longue explication de quelque chose dont je connaissais déjà les grandes lignes, je prends sur moi pour ne pas laisser m'abattre à la pensée que, sous l'Ancien Ordre, je ne serais déjà plus apprentie, mais une simple travailleuse dans les tâches mineures de la République, comme les Agri-corps. Qu'aurais-je fais si j'avais apprit que le lendemain je ne pourrais réaliser mon rêve ? Très sincèrement, je pense que j'aurais essayé de m'enfuir du Temple, quitte à revenir à ma vie misérable sur Dantooine et à chercher les souvenirs qui me manquent... que serais-je devenue, sinon une de ces âmes errantes dans les rues, cherchant un travail et une raison de vivre ? Je ne préfère pas y penser, et je me reconcentre sur la suite de son propos. Un deuxième temps, une antithèse. Oui, des choses avaient changées lors de l'établissement du Nouvel Ordre par Maître Luke Skywalker, en bien. J'admire profondément cet ancien Grand Maitre Jedi et Héros de la République. Mais je me demande pourquoi Maitre Jedi Greystone tient à me rappeler ce passage de l'Ancien Ordre au Nouveau. Si j'étais moins nerveuse et plus confiante en moi, peut-être aurais-je eu un pressentiment de là où il veut en venir. Pour me tester ? Je garde un visage plutôt calme, bien que sans doute trahie par mon regard d'azur très expressif contre moi, troublé en cet instant sans le moindre doute. Je ne veux pas faire de postulations trop rapidement. Même si ce serait bien, que dis-je, merveilleux si... mais si ce n'était pas... je suis un peu confuse, mais je m'accroche, je reste attentive à ses paroles. Je finirais bien par savoir où il veut en venir. S'il ne m'a pas punie ni trop critiquée, c'est qu'il me veut sans doute quelque chose, et pas forcément de mal. Mais quoi ? Impossible de le savoir sur le moment. N'allons pas trop vite en suppositions, attendons encore un peu...

- Cela fait maintenant dix ans que tu es arrivée au Temple pour commencer ton apprentissage des arts Jedi. Tu as certainement beaucoup appris et je suis sûr que si l'on t'en donnait l'occasion, tu passerais le plus de temps possible à étudier les textes des archives et à pratiquer des exercices de contrôle de la Force. Cependant...

Je regarde discrètement le livre s'envoler de nouveau par la magie de la Force pour regagner sa place, avant de me concentrer de nouveau sur les dires de mon interlocuteur, essayant d'y déceler quelque message secret ou signification seconde qui pourrait s'y dissimuler et que je devrais relever. Mais rien, du moins, rien de certain et encore moins d'absolu. Quel étrange Maître... mais tellement intéressant à écouter. Passionnant, vraiment, je suis presque accrochée à ses paroles, j'en oublie presque parfois ma nervosité du moment. C'est bien le premier que je rencontre de ce genre là, même si je me doute qu'il ne doit pas être le seul à partager ces bonnes caractéristiques à mes yeux. Je rejette discrètement quelques mèches de mes cheveux vers l'arrière, avant de me figer tandis qu'il me fixede nouveau de son pénétrant regard d'un vert bleuté et tend une de ses bras en ma direction pour pointer mon sternum, là où se trouve - si je suis normalement constituée pour une humaine Rolling Eyes - mon coeur. Sa voix s'était faite plus grave et plus sérieuse alors qu'il reprend en des mots que je ne suis pas prête d'oublier de sitôt, emplis de sagesse et d'un très profitable enseignement moral et spirituel :


-... au plus profond de ton coeur, tu souhaites poursuivre ta formation et devenir un Chevalier Jedi. Le principal obstacle qui s'oppose à toi sur cette route, c'est l'absence d'un maître pour te former. En effet, chacun de ceux que tu as pu rencontrer jusqu'ici désirent un apprenti discipliné qui soit déjà à l'aise au combat, et dont ils puissent simplement compléter la formation sur un plan intellectuel. Ce n'est pas une faute de ta part mais plutôt un raisonnement de plus en plus commun au sein de l'Ordre. D'ordinaire, cela ne pose pas de problème mais de temps en temps, un novice comme toi fait son apparition. Je le sais parce qu'à ton âge, je n'étais pas si différent. Ô bien sûr, j'étais plus épanoui dans les arts martiaux et le combat au sabre laser mais j'avais un caractère bien trempé et des difficultés pour méditer qui me rendaient... peu attractifs aux yeux des maîtres. J'ai eu la chance de rencontrer un Chevalier Jedi qui ne prêtait pas la moindre attention aux rumeurs et qui n'avait pas peur de relever des défis difficiles. Je dois à cette femme d'être le Jedi que je suis aujourd'hui

Là je suis bluffée. Littéralement. Je viens juste de le rencontrer, du moins en personne et en direct, et il a été capable de dresser un tableau de moi-même plutôt convaincant, tant dans ses limites, ses défauts qu'avec le reste, presque aussi véridique que l'original(e), c'est dire moi. Sidérée, mais dans le bon sens. Il a fait en l'espace de quelques minutes un bond assez impressionnant dans mon estime, une faveur que je n'accorde que très rarement. Il ne me condamne pas par avance, il signale mon plus gros obstacle du moment - en dehors de mes difficultés liées à mon manque de force physique et d'endurance comparé à mes camarades - et presque il me rassure, me fait légèrement déculpabiliser sur mon "retard" comparé aux autres initiés et padawans de mon âge. Je suis consciente que j'ai encore beaucoup de choses à travailler, mais déjà entendre de la voix d'un autre que je ne suis pas totalement un "modèle raté", un "mouton noir" dans le groupe ou un canard boiteux, c'est extrêmement réconfortant. Il me redonne un peu de confiance en moi en cet instant, l'envie de tenter de nouveau de tout faire de mon mieux pour progresser. Je ne suis pas une "extraterrestre" mutante à laquelle il manquerait des capacités vitale. Une "handicapée"... je ne suis pas tout cela ! Enfin quelqu'un qui ne me brosse pas un tableau de moi entièrement noir comme l'encre, en dehors de l'Archiviste chez les adultes ! Je sens une part du stress accumulé s'échapper de moi, plus détendue alors que je commence enfin à percevoir quelque chose sur le but de cette discussion. Et si... bon avec des "et si", je sais que l'on mettrait Coruscant en bouteille, mais quand même ! Et si c'était... un peu malgré moi, une bouffée d'espoir, délicat air frais dans la nuit chaude de mes doutes et de mes peurs, vient souffler sur les terres arides de mon coeur, emplit de promesses de renouveau et d'amélioration potentielle, possible, imaginable. Je suis toujours le reste de ses paroles, une part dubitative en moi gardant comme maître-mot la prudence, attendant toujours un nouveau renversement possible. Mais non, non, il reste dans la même ligne de pensée, c'est surprenant et captivant. En fait, je me rends compte alors que les rumeurs sont franchement limitées comparé à la réalité de l'identité et de la personnalité des personnes concernées. Une conviction que je vois ici largement confirmée par du concret, du solide, du réel. Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'il me veut ? Maintenant plus de doute possible, j'ai la certification qu'il n'est pas venu ici par hasard, mais pour me rencontrer. Ce qui est déjà pour moi quelque chose de très gentil de sa part, ce qui est déjà pour moi beaucoup que d'un peu de reconnaissance d'autrui, et surtout d'une personne qui semble aussi intéressante...

Tout à coup, sans le moindre avertissement, il s'interrompt et se lève de son siège. Pourquoi ? La discussion était tellement captivante... va-t-il partir tout de suite ? C'est bien la première fois que je ressens quelque chose de proche du regret d'une telle situation. Il faut dire que c'est aussi l'une des rares fois où je suis tombée sur quelqu'un d'intelligent, de captivant ET capable de compréhension, de sympathie. Voulait-il juste me donner quelques encouragements à poursuivre ou bien... ? Déjà, ce serait réellement bien pour moi, je m'en contenterais, mais si jamais c'était... mais cessons de trop penser, il ne va pas vers la porte, et n'a rien changé quant aux portes et à l'affichage. Non, il ne fait que contourner la table en ma direction. Il ne s'en va pas. Il a encore quelque chose à me dire. Serait-ce ce que je crois, ce que j'espère depuis tant d'années ? Il s'arrête à quelque mètre. J'ai le regard légèrement baissé, interrogateur. Je ne dois pas me faire de faux espoirs, mais je ne dois pas non plus refuser de l'espoir s'il a de bonnes raisons d'être là, d'être ressenti. J'attends, j'écoute, j'observe, j'analyse, je conclue ensuite. Une main sur mon menton, ma tête qui se redresse. Je ne peux pas échapper à son regard désormais, alors que mes yeux bleus se voient "contraints" d'observer les siens. Cela introduit sans doute une intervention importante. Ce qu'il doit vouloir que je retienne de cette discussion. La clé de voûte de toute la discussion qui avait précédée, sans doute la raison d'être de cette discussion. Est ce que je crois, ce que j'espère ? N'est ce pas ce que je pense que c'est ? Je ne sais pas... mais cela va être sérieux. Donc je pose toute mon attention, je reste toute ouïe. Je reste silencieuse, mais attentive.

- Je suis sans doute l'un des Jedi à la réputation la plus controversée du temple. Les missions qui me sont confiées m'amènent souvent au coeur du danger, qu'il s'agisse de batailles comme de m'aventurer en territoire ennemi. Même je suis dévoué corps et âme au Code Jedi, mon sang est celui d'un guerrier Mandalorien et mon coeur n'a jamais vraiment pu choisir entre les deux cultures. Mes plus proches compagnons sont deux droïdes aussi bavards et caractériels que des Jawas en manque de ferraille à revendre.

De nouveau la silhouette intimidante, mais elle l'est moins maintenant que nous avons discuté, que j'ai tout juste commencé à mieux le connaître. Après avoir disserté sur moi, il dresse son propre tableau, sans doute pas sans une idée derrière, c'est trop évident. Il veut me dire quelque chose par là, par l'indirect qui avait précédé à l'instar d'une introduction, d'un développement, pour se diriger lentement vers la conclusion. Il y a un raisonnement logique, à postériori je commence à en sentir certaines mailles, certains liens tout en l'écoutant. Pourtant, je reste attentive, je prends en note les informations qu'il me donne à son sujet, en toute franchise. Point que j'apprécie grandement. Mais je crois que j'ai appris et compris quelque chose en cet instant. Plusieurs choses d'ailleurs. J'ai pris conscience qu'il me restait encore un long chemin à parcourir, bien que j'en ai déjà parcouru un bon trajet. Je l'écoute, je montre que je le suis, que j'entends et que je retiens. Chaque mot, chaque phrase compte. Cela sonne comme un défi pour nous deux, si je reprends l'image qu'il avait utilisé un peu plus tôt. Mais un défi intéressant. Pour une fois que quelqu'un daigne faire attention, me dire que tout n'est pas encore fichu... pourtant, rien ne me rebute dans ce qu'il m'énonce. Je ne m'arrête pas à cela, la différence ne me fait pas peur, au contraire. Je pense pouvoir m'adapter si besoin est de le faire. Je sais que je pourrais être conciliante, capable de m'adapter selon la situation. Après tout, je pense qu'il faut que chacun donne du sien et que chacun accepte autrui tel qu'il est, pour que l'un comme l'autre tire des points positifs de l'expérience. C'est comme cela que je vois les expériences entre Maitre et apprentis, que ce soit chez les Jedi qu'ailleurs, dans le monde des professions et autres métiers... Je n'ai pas de présupposés sur les gens. J'attends de voir par moi-même ce qu'il en est réellement, j'observe et je réagis en conséquence. Il retira sa main de mes cheveux (?) et prononça ces mots fatidiques auxquels je ne croyais plus :

- Lenia Séry, veux-tu être ma Padawan ?

Le mystère était levé. Le rideau était tombé, les masques s'étaient fissurés, la conclusion venait de s'abattre. Ces mots... je vois dans son regard qu'il est sérieux, qu'il les pense réellement, bien que je sois un peu - beaucoup - surprise sur le moment de les entendre. Pas de doute possible sur la formulation de la requête. Sa voix n'a pas changée, toujours sincère et sérieuse. Il le pense vraiment. Ouah. Et ses actions viennent sans doute renforcer la sincérité de ces derniers mots. En outre, ses yeux ne mentent pas. Il est sérieux. Je me sens honorée par cette attitude, cette certaine reconnaissance, étrangement heureuse et plus sereine, bien que je sais que le chemin sera dur, que rien n'est encore gagné. Mais je lui montrerai. Je lui montrerai qu'il n'aura pas à regretter sa décision à postériori, je me montrerai digne de sa confiance. Je me donnerai à fond, je ferai des efforts monstrueux si besoin. Je veux avoir confiance en son jugement, je veux croire en lui et essayer de croire en moi pour ne pas le décevoir. Et qui sait, peut-être que nous arriverons à nous entendre avec le temps ? Je ne vais pas laisser passer cette chance. Cette main qui se tend enfin vers moi. Pour la première fois depuis longtemps, je souris franchement, pas une ébauche, mais un vrai sourire enchanté et épanoui, alors que je réponds sans la moindre hésitation dans ma voix ces quelques mots, inclinant légèrement ma tête en une marque d'approbation, de respect, et implicitement de remerciement de sa confiance :

- "Maître Greystone, c'est un honneur pour moi que d'accepter votre proposition. Oui, je désire sincèrement être votre padawan, si telle est aussi votre volonté."
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Dim 1 Juil - 2:11

- "Je ne fais guère confiance aux rumeurs, je pense qu'il vaut mieux faire son propre jugement plutôt que de se limiter à ce que disent les autres, il y a ainsi moins de risque de se tromper sur la personne... c'est donc le responsable des archives qui vous a parlé de moi. C'est quelqu'un de très gentil, il m'a beaucoup aidée depuis mon arrivée au Temple. Il ne m'a jamais trop grondée quand... ce genre de situation est advenu dans le passé, alors qu'il aurait très put le faire. J'ai un grand respect envers lui."

Cela confirmait ce que son vieil ami lui avait dit au sujet de la jeune Séry. Greystone était aussi rassuré de savoir que l'estime que portait l'archiviste à Lenia était réciproque, même s'il n'en avait jamais vraiment douté. Après tout, rares étaient les initiés, voire même les Jedi, qui n'appréciaient pas le responsable des Archives Jedi. Tout en étant assez strict quant au soin apporté aux documents précieux que comptait les vastes rangées de la bibliothèque, il était aussi respectueux et affable, deux qualités que les Chevaliers et même parfois les Maîtres ne prenaient plus la peine de montrer à l'égard des plus jeunes.

C'était comme si une fois les épreuves passées, certains Jedi oubliaient qu'ils avaient aussi dû en passer par là pour arriver là où ils étaient aujourd'hui. De son point de vue, cette situation était regrettable surtout que cela créait souvent un fossé entre les initiés et leurs maîtres potentiels. Combien d'apprentis auraient pu être détournés du Côté Obscur si leurs mentors avaient été plus à l'écoute...

En dépit de la nervosité qui se dégageait d'elle, Aldrian pouvait aussi ressentir l'attention qu'elle lui portait et une certaine force de caractère juste sous la surface. Combien de Jedi étaient passés à côté de ce que le maître archiviste avait réussi à déceler chez cette adolescente ?

Au moment où il lui demanda de devenir sa Padawan, le Mandalorien put sentir un changement s'opérer en elle. Cela commença par une myriade d'émotions : surprise, joie, soulagement, détermination... il était difficile de tous les reconnaître mais le sourire sincère qui ne tarda pas à fleurir sur le visage de l'adolescente lui apprit tout ce qu'il avait besoin de savoir, même si elle le lui confirma de sa propre voix quelques instants plus tard.


- "Maître Greystone, c'est un honneur pour moi que d'accepter votre proposition. Oui, je désire sincèrement être votre padawan, si telle est aussi votre volonté."

Le Maître Jedi lui sourit à son tour avant de lui faire signe de se lever. Une nouvelle étape de sa formation de Jedi était sur le point de commencer, et la transition était parfois difficile pour certains Padawans mais Greystone avait foi en sa nouvelle apprentie. Le peu de temps qu'il venait de passer en sa compagnie avait confirmé l'avis donné par l'archiviste et surtout l'avait conforté dans son choix.

- Telle est effectivement ma volonté et sans doute aussi celle de la Force. Laisse-moi toutefois te mettre en garde car c'est une route longue et semée d'embuches qui s'ouvre désormais à toi. Comme tu le sais sans doute déjà, nous passerons davantage de temps à voyager à travers la galaxie que nous ne serons au Temple. Toutes les habitudes de vie que tu avais prises en seront, d'une manière ou d'une autre, bouleversées.

Aldrian avait prononcé ces mots d'une voix douce et ferme à la voix, voulant que la Padawan comprenne le prix qu'il lui faudrait inévitablement payer. Au cours des années voire de la décennie à venir, la jeune femme passerait davantage de temps à bord du Firebird et sur le sol de planètes souvent très éloignées qu'au temple. Cela signifiait que les heures auxquelles elle se levait et se couchait habituellement allaient s'en trouvées non seulement changées mais qu'elles pourraient bien changer en permanence selon les situations. De la même manière, le temps libre qu'elle passait à dévorer des livres aux archives ne serait plus le même, surtout qu'elle n'aurait plus la vaste bibliothèque à portée de main bien souvent.

Même les éventuels amis qu'elle possédait au Temple, elle n'aurait plus aussi souvent l'occasion de les revoir. Toute la routine des leçons auprès des différents maîtres s'en verrait également brisée par la vie plus... chaotique et imprévisible qui résumait le quotidien d'un Padawan.


- Nous ne partirons toutefois pas immédiatement. Si tu as des affaires à prendre et des amis à qui tu souhaites dire au revoir, cela ne pose aucun problème. Je suis également à ta disposition s'il y a des questions que tu aimerais me poser, aussi bien sur ton futur apprentissage, sur moi-même ou sur n'importe quel autre sujet. Je me réserve néanmoins le droit de ne pas y répondre si je juge que tu n'es pas encore prête à connaître la réponse, cela te convient ?

Il était sur le point d'ajouter quelque chose lorsque son comlink émit une courte série de "bip", indiquant une communication entrante. Prenant l'appareil en main, il activa la connexion avant de prendre la parole.

- Greystone, j'écoute.

Une voix mécanique ne tarda pas à se faire entendre depuis l'appareil, bien que teintée d'un semblant de sarcasme. Il n'était pas difficile de savoir qu'il s'agissait d'un droïde, et plus exactement d'Aran, le droïde de combat mandalorien qui se trouvait actuellement à bord du Firebird.

- Maître Aldrian, les mêmes intrus que la dernière fois sont venus nous payer une petite visite. Grâce au champ de force, ils sont repartis sans pouvoir toucher au vaisseau mais il est vraisemblable qu'ils partent à votre recherche dans le Temple. Désirez-vous mon assistance ?

Si son expression demeura inchangée, le Mandalorien soupira intérieurement. Depuis l'époque où il était encore un jeune Padawan auprès de Maître Valadiel, ce genre de problème s'était régulièrement posé. Elena Valadiel était une Jedi compétente et admirée par certains mais elle s'était également attirée l'inimitié d'autres Jedi qui ne partageaient pas ses vues sur la manière d'effectuer des missions. Le fait qu'elle l'ait choisi lui, un initié certes prometteur mais au caractère jugé inadéquat pour un Padawan n'avait fait que renforcer le fossé entre elle et eux... Par la suite, Maître Valadiel avait péri au combat et Aldrian était devenu Chevalier dans des circonstances jugées exceptionnelles puisqu'il n'avait pas eu à passer les épreuves. Le fait qu'il ait survécu à un combat contre des Sith, et vaincu l'un d'entre eux, avait été jugé plus que suffisant, à la manière d'Obi-Wan Kenobi près de deux siècles plus tôt.

Néanmoins, Greystone s'était avéré être le digne apprenti d'Elena, réalisant ses missions selon ses méthodes et en ne prenant pas la peine de dissimuler son héritage Mandalorien. Cela avait fait que les maîtres qui méprisaient autrefois Elena avaient reporté leurs sentiments sur lui et, par mimétisme, leurs Padawans avaient adopté des vues similaires le concernant. C'était en partie à cause d'eux qu'il était parfois considéré comme un Jedi gris ou sur le point de basculer du Côté Obscur.

Si cela n'avait pas suffi, il y avait aussi eu ceux qui considéraient la mort d'Elena comme héroïque et qui pensaient que tous les Jedi devraient prendre les armes contre les Sith et les chasser sans relâche. Pour une raison qui lui échappait, ces individus l'avaient pris pour exemple, lui affublant même le surnom de "Chevalier de Fer" parce qu'il avait été amené à croiser le fer avec des Sith à plusieurs reprises.

Autant dire qu'entre ces deux mouvances, sa réputation n'était pas bien brillante, comme il l'avait d'ailleurs exposé à Lenia... Heureusement, le Conseil Jedi était au dessus de ce genre de rumeurs et ils n'avaient jamais eu à se plaindre de lui au cours des années passées au service de l'Ordre.

Passant une main dans ses cheveux blancs, Aldrian finit par lui répondre d'un ton résigné.


- Négatif. Poursuis les mises à jour de l'ordinateur et profite-en pour faire un check-up complet du vaisseau. Et dis à Prudii de rester à bord.

- Bien reçu. Est-ce que vous avez trouvé ce que vous cherchiez ?

Greystone porta de nouveau son regard sur Lenia, un sourire flottant sur les lèvres avant de répondre.

- Tout à fait. Je te demanderais d'ailleurs de préparer l'une des cabines. Nous allons accueillir un nouveau membre d'équipage à bord.

- Ce sera fait. J'ai déjà pris l'initiative de nous faire livrer des sphères d'entraînement de différents niveaux. Celles que vous utilisez ne sont pas adaptées pour des Padawans... même Johanna ne tenait pas dix secondes face à elles.

- Merci Aran. Demande aussi à Prudii d'établir une connexion sécurisée avec les archives et de mettre à jour notre base de données après avoir transféré mes rapports de mission. Greystone, terminé.

Même si Aldrian envoyait ses rapports de mission par le biais d'une connexion cryptée sur l'holonet, il s'agissait le plus souvent de résumés assez succincts. Les rapports détaillés, parfois accompagnés d'enregistrements audio ou vidéo, étaient téléchargés directement dans les archives depuis un terminal du Temple. Certaines des informations étaient parfois trop sensibles pour risquer qu'elles ne soient interceptées sur l'holonet.

Greystone rangea le comlink à sa ceinture avant de diriger son attention sur sa Padawan.


- As-tu choisi ce que tu désirais faire en premier, Lenia ? Ou les questions que tu pourrais vouloir me poser ?
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Lun 2 Juil - 3:48

J'ai encore bien du mal à y croire, j'ai une envie furieuse de me pincer histoire de savoir si je ne suis pas en plein rêve, si je ne vais pas me réveiller sur ma couche dans le dortoir des initiés où je réside encore, sous les taquineries de mes voisines, et essayer de sourire maladroitement à leurs remarques. Il est assez amusant de constater que nous remplissons présentement tous deux le rôle de "regardant regardé" de l'autre. Il m'observe, observé par moi il est si je le le formule à la manière étrange d'un célèbre petit Grand Maître du passé affectueusement surnommé par ses contemporains comme le "troll vert", je cite Maitre Obi Wan Kenobi en ces lignes. Il avait un nom bizarre, proche de celui d'une autre Maitre Jedi et du Conseil qui lui était proche en tout point. Attendez... si je me souviens bien de ce que j'avais lu dans cet Holo-livre de l'Ancienne République et de l'Ancien Ordre... "y" quelque chose... voilà ! Grand Maitre Yoda, et l'autre était Maitre Yaddle. Curieux noms, je dois bien l'admettre. Mais des noms célèbres dans l'avant guerre des clones, la guerre des clones et pour le premier l'après guerre des clones et l'après Ordre 66. Quand je vous dis que j'ai bonne mémoire, je ne plaisante pas vous savez ! Bien que ce soit quand même de l'Histoire commune et normalement connue dans ses grands traits par tout padawan qui se respecte et un minimum curieux de l'histoire de l'Ordre auquel il appartient...

Il m'observe. Je sais qu'il m'observe, de l'extérieur comme de l'intérieur, à travers ses perçants yeux bleu-verts. Je sais qu'il sent fort bien ma nervosité latente que j'essaye de contrôler de mon mieux, ainsi que les principales émotions qui me traversent dans les minutes qui viennent et se suivent. J'avoue que c'est un peu drôle comme pensée de se savoir autant "mise à nu" ou "mise au jour" juste par le biais d'un regard et d'une perception aiguisée de la Force. Car je le sens un peu dans la Force, en échos encore indistincts au vu de ma maîtrise encore jeune de cette puissance invisible. Ma présence, que je ne peux analyser - car vous conviendrez avec moi qu'il est aussi difficile de s'observer par ses propres yeux que de s'observer par la Force, sinon en une connaissance fort succincte et donc aisément controversable - et celle de ce Maître Jedi plutôt gentil en dépit de son apparence intimidante, et de cette puissance aisément ressentie au sein de la Force, et sans nul doute sage. Une présence lumineuse, calme et assurée, rassurante. Et encore, je sais que plein d'éléments m'échappent, que ce soit de Sa volonté ou de ma maîtrise toute relative d'Elle...A chance of a lifetime... et je ne suis pas décidée à la laisser s'enfuir, maintenant que.... !

Il a prononcé les mots auxquels je ne m'attendais plus, j'ai répliqué les termes auxquels la plupart des gens sensés s'attendaient. Et effectivement, bien malgré moi, c'est tout une myriade, une palette, un panel, un arc-en-ciel, que dis-je, un prisme d'émotions qui me traversent, aussi confondues que les différentes nuances de la lumière mais pas moins éclatantes et puissantes. En même temps, je ne me serais pas attendue à ce que je reste de marbre face à une telle situation. Et oui, question contrôle des émotions Jedi, j'ai encore un peu de chemin à faire dans certaines situations, bien qu'aux moments critiques je pense que je saurais garder la tête et mon sang froids. C'est juste que... je ne peux pas vous le décrire. Si vous voulez plus de précisions, reportez vous à l'expérience de mes nouveaux pairs, tant en direct que dans les holo-livres, peut-être y trouverez vous satisfaction à vos interrogations. Et bien oui. Même si dans sa vie, un Jedi est le plus souvent calme et posé, il y a des moments dans l'existence où je crois que l'on ne peut rester inexpressif ou dépourvu de la moindre émotion. Tant qu'elle reste positive, maîtrisée et non dans l'excès, qu'elle ne risque pas de nous conduire dans la face noire de la Force, le si redouté Côté Obscur ami des Siths et autres criminels sachant La ressentir... son sourire me sort de mes pensées, me ramène au temps présent. Je suis un peu soulagée de sentir, même de manière infime, qu'il n'a pas l'air de regretter un instant sa décision à mon égard et cette confiance que je suis bien décidée à ne pas décevoir et encore moins à trahir :

"Telle est effectivement ma volonté et sans doute aussi celle de la Force. Laisse-moi toutefois te mettre en garde car c'est une route longue et semée d'embuches qui s'ouvre désormais à toi. Comme tu le sais sans doute déjà, nous passerons davantage de temps à voyager à travers la galaxie que nous ne serons au Temple. Toutes les habitudes de vie que tu avais prises en seront, d'une manière ou d'une autre, bouleversées."

Il me fait signe de me lever, et je ne mets guère longtemps - à peine quelques nano-secondes - à obtempérer, quittant en silence la chaise sur laquelle je reposais depuis le début sérieux de notre discussion, en ces Archives silencieuses, dans l'aile des initiés temporairement fermée en raison du caractère privé de la discussion, et donc déserte en dehors de nous. Remarque, je doute que les Archives puissent grouiller de monde à cette heure, il me semble qu'il soit encore bien tôt, bien que je ne puisse l'estimer avec précision et que ce soit présentement le cadet de mes soucis à l'heure actuelle, la moins importante de mes priorités. Je l'écoute avec attention. Ses premiers mots me rappellent un peu ceux de réconfort que m'avaient dit par le passé l'Archiviste et quelques rares professeurs depuis mes douze ans, comme quoi "La Force finit toujours par réunir ceux qui devaient se rencontrer", par nécessité... je n'aime pas le mot "destin" ou "destinée", cela fait trop démodé et impératif, je préfère donc celui de "nécessité". Qu'il faudrait que je sois patiente, qu'un jour mon tour finirait par arriver quand le Maître adéquat pour me former viendrait. Au début, enfin surtout les deux dernières années, je dois reconnaître que je commençais à mettre en doute ces sages paroles, mais au final je pense qu'ils avaient raison et que j'ai bien fais de m'accrocher au bien mince espoir qu'il me restait encore. J'aurais dû plus faire confiance à la Force, maintenant que j'y pense... mais bon, laissons-là ce sujet. Ce qui a été pensé a été pensé, ce qui est fait est fait présentement. Inutile de s'attarder, cela n'a pas d'impact et de rapport réels avec ma situation actuelle. Je reste concentrée, approuvant en silence ses mots.... les conséquences d'un changement de vie...

Les mises en garde. Les risques et périls, les dangers qui n'attendent qu'au détour d'un chemin pour vous piéger, risquer votre vie et vous nuire autant qu'il leur était possible. Effectivement, la vie d'un padawan n'est pas de tout repos, à ce que j'ai pu en entendre dire de certains anciens pairs et surtout de la bouche de ma meilleure amie depuis une bonne décennie, Elora Yunstar, et les cinq années qui nous séparent importent guère quand l'on sait que nous avons été ensemble depuis notre plus tendre enfance au Temple, et qu'elle a été padawan avant moi bien qu'elle fusse plus jeune, prise en charge par sa mère et membre d'importance de l'Ordre. Je n'ai ressenti aucune jalousie à son égard, au contraire, j'étais ravie pour elle. Ce n'est qu'envers les autres que j'avoue avoir ressenti en mes moments les plus noirs un peu d'envie, et de dire à certains alors qu'ils se plaignaient qu'ils ne devraient pas le faire, mais se rendre plutôt compte de la chance qu'ils avaient. Profiter de ce qu'ils avaient, c'était déjà bien, non ? Je n'étais pas contre le changement et la découverte de nouveaux horizons. Autant j'ai un grand amour pour les Archives et la lecture, que je suis bien forcée de reconnaître que même le plus précieux des livres ne saurait jamais égaler la réalité que l'on peut toucher une fois sur le terrain. Un livre ne saurait jamais vous décrire précisément la réalité présente sur le terrain même d'une planète, il ne fait que vous informer, la connaissance du fait lui-même ne saurait être occultée. Et puis... je suis consciente aussi que pour rendre mes acquis utiles et les améliorer, il faut que j'aille sur le terrain, pour essayer de devenir la meilleure Jedi qu'il me soit possible, avec mes innés et mes acquis, et ce que j'ai encore à acquérir. Après tout, n'était-ce pas précisément mon rêve que de me rendre utile, de protéger la paix et les valeurs que je chéris ? D'empêcher que ce qui est arrivé à ma planète ou pire encore d'advenir le plus possible ? Je ne sais pas ce qu'il est advenu précisément sur Dantooine, quelque chose bloque mes souvenirs, mais j'ai le sentiment que ce n'était ni quelque chose de joli, ni quelque chose que je dois chercher à connaître tout de suite. Le bonheur éphémère de l'ignorance, n'est ce pas... ? Je ne suis pas très convaincue, franche partisane de la connaissance que je suis. Mais bon, j'aurais essayé au moins de me convaincre...

Je suis aussi consciente de mes propres limites, de ma propre jeunesse, après tout je n'ai que quinze ans. Je me doute que j'aurais des désillusions, des difficultés, des moments difficiles, des mauvaises passes possibles, mais je veux aussi croire aux merveilles que je peux découvrir, aux civilisations, aux ethnies que je vais rencontrer, même en des climats pas forcément pacifiques, bien loin de là des fois. Je ne dis rien, ou peu, mais j'écoute beaucoup autour de moi. Je suis jeune, mais même moi je sais que la vie n'est pas l'immobilité, perdurer en un même état figé, défini... non. Je sais que la vie est changements, bouleversements, rencontres, instabilité. La vie je crois n'est pas de rester immobile, au contraire, je la vois souvent comme l'image d'un marcheur éternel qui essaye de s'en sortir avec les embûches qu'il rencontre, les enseignements qu'il tire de ses aventures, les décisions qu'il fait et enfin la fin du voyage, le.... la fin tout court. Sans cela, je ne serais logiquement pas ce que je suis actuellement. Je serais encore cette petite fille perdue sur Dantooine, amnésique sur son passé et sa famille, au sein de ces violences populaires resurgissant par moment en temps de crise dans la galaxie. Enfin... je réponds posément, d'une voix toujours calme et tranquille, mais déterminée :


- J'en suis consciente, Maître, et je tâcherais de ne pas l'oublier. Le changement et les voyages ne me font pas peur... et ce n'est pas pour me déplaire. En outre... je ne vois pas comment je pourrais vous assister efficacement, apprendre à vos côtés si je reste uniquement au Temple... ne dit-on pas que la place d'un padawan est aux côtés de son Maître après tout ?

J'ai souvent entendu cette phrase au cours de mes années au Temple Jedi, que ce soit de la bouche des Maitres et de leurs padawans, des instructeurs Jedi ou des holo-livres. J'ai eu le temps de réfléchir à cette remarque, et d'en peser les leçons et les conséquences. La réponse, évidente, m'est venue relativement rapidement. Présentement, c'était plus une question rhétorique qu'une réelle question. J'en connais la réponse : bien entendu, en particulier lors des premières années d'apprentissage comme padawan. L'intérêt de ce type de formation - outre de créer des liens entre élèves, chevaliers et Maîtres - est l'observation de l'individu doté de l'expérience par l'élève en situation concrète, apprendre ce que ne le peuvent les livres et les professeurs du Temple, du moins ce n'est que mon avis, et je sais que c'est précisément ce qui me manque à l'heure actuelle. La deuxième différence vis à vis des cours normaux du Temple, c'est qu'il y a un professeur pour un élève, et de là plus d'aisance pour surveiller l'évolution de l'élève et corriger avec plus d'efficacité les points faibles de ce dernier tout en l'encourageant. En ce qui me concerne - bien que j'ai aussi pas mal de choses encore à parcourir au niveau de la Force - cela ne sera qu'on ne peut plus bénéfique pour ma "maîtrise"... - ce mot me dérange en mon cas, employons plutôt "maniement" - ... du sabre-laser et peut-être remédier à mon découragement certain en ce domaine, et à mon manque de confiance en moi presque pathologique. De même, c'est aussi un bon moyen pour l'élève de montrer sa reconnaissance en assistant de son mieux son professeur, s'améliorer à ses côtés et même parfois créer des équipes d'intervention Jedi de renommée, pour ne citer que l'une des plus connues, celle du "Le Héros Sans Peur" et du "Négociateur", j'ai nommé celle de Anakin Skywalker et Obi-Wan Kenobi son Maître, dont les exploits ne sont plus à narrer je pense. Tout cela pour dire que c'est bénéfique pour l'un comme pour l'autre, je veux penser que le professeur peut y trouver de l'intérêt autant que l'élève. Et puis, même de manière totalement générale, c'est comme cela que fonctionne la société : personne ne peut se réaliser tout seul sans la relation avec autrui, d'un parce qu'il peut apprendre de lui et d'autre part parce qu'il ne peut s'observer que par les yeux et l'avis de ce dernier. Si je simplifie... que du bon à en récupérer pour tous ! Du moins, cela compense largement à mes yeux les quelques tracas et inconvénients de cette situation qui peuvent survenir, ne nous aveuglons pas non plus... et puis qui sait, peut-être qu'en voyageant j'apprendrais ce que j'ai oublié et ce qui est advenu aux miens sur Dantooine, même si je suis consciente qu'un Jedi doit le plus possible réduire ses attachements familiaux, sauf cas exceptionnels...

"Nous ne partirons toutefois pas immédiatement. Si tu as des affaires à prendre et des amis à qui tu souhaites dire au revoir, cela ne pose aucun problème. Je suis également à ta disposition s'il y a des questions que tu aimerais me poser, aussi bien sur ton futur apprentissage, sur moi-même ou sur n'importe quel autre sujet. Je me réserve néanmoins le droit de ne pas y répondre si je juge que tu n'es pas encore prête à connaître la réponse, cela te convient ?"

A vrai dire, ces deux étapes vont être faites assez rapidement : Razz . L'un des rares avantages à être timide, réservée, silencieuse et discrète, c'est que presque personne n'ose vous approcher, que vous n'avez que très peu d'amis et donc peu d'au-revoir à effectuer. En ce qui me concerne, cela se limite essentiellement à mes trois autres camarades de dortoir - si elles sont là - et à ma meilleure amie Elora Yunstar, si tant est qu'elle soit présente sur le Temple aussi en ce moment. En dehors de cela... je n'ai pas vraiment d'amis à vrai dire - personne ou presque n'osant m'approcher et moi-même peu enclin à faire le premier pas vers les autres Rolling Eyes comme cela personne ne s'en sort - et face à certaines mauvaises langues, on va dire que je me suis confortée et suffit de cette situation pendant plusieurs années, alors je ne vois pas pourquoi je changerais cette habitude-çi dans les minutes et heures qui viennent. De toute manière, en dehors de ces quatre personnes, je crois que personne ne va me regretter dans mon clan d'initiés hap Ah si, peut-être qu'ils perdront quelques bons fous rires sur ma personne en cours de maniement du sabre-laser siffle . Bah, après tout, c'est vrai que je peux être assez comique parfois en cours d'escrime ou d'exercices physiques, j'admets. Comment ça, moi, blasée ? Nooon ! Vraiment ? Je ne vous crois pas !
Je réfléchis quelques secondes à ce que je pourrais lui demander en premier - car oui j'ai pas mal de questions qui trottinent dans ma petite tête, mais encore bien floues et sans ordre hiérarchique défini - du genre... en quoi pourrais-je me rendre utile ? Avez vous des attentes particulières me concernant ? Qu'est-ce qui vous a valu de telles rumeurs à votre sujet... No non, celle là, je la garde pour plus tard, ce serait vilain de ma part de faire ma curieuse tout de suite ! Et peut-être que j'aurais ma réponse toute seule dans cette nouvelle période qui s'ouvre à moi. Sinon... Y-a-t-il quelque chose que vous voudriez que je fasse avant le prochain départ ? Quelle organisation prévoyez vous concernant ma formation les quelques fois où nous serons au Temple ? Que voulez-vous que je travaille en priorité ? Et tant d'autres... je m'apprête à risquer une question, baissant mes yeux bleus qui s'étaient un temps perdus dans le vague du plafond alors que je réfléchissais, quand le signal d'un comlink vis à vis d'une communication entrante se fait entendre en une série de bips. Respectueuse, je reste en silence et j'attends patiemment, essayant de ne pas me mêler de la conversation qui sans doute ne me regarde absolument pas...


Je n'entends pas précisément ce qui est dit à l'autre bout du fil - je ne fais pas l'effort en cela ce serait incorrect de ma part et je n'ai pas envie de partir sur une mauvaise note - néanmoins je peux déjà relever quelques indices, avec ce qu'il m'a indiqué précédemment et les maigres données dont je dispose par mon ouïe. Pour m'occuper et satisfaire un pan de ma curiosité aussi. Donc, je disais... à la tonalité que je peux à peine entendre, je pense qu'il s'agit d'un droïd, en outre il m'avait indiqué que les seuls compagnons qu'il avait étaient deux droïds, donc peu de chances qu'il s'agisse d'autre chose. Une voix mécanique... un peu sarcastique, non ? Bon, je ne suis pas une déesse en mécanique, je ne connais que le strict minimum, mais je suis quand même assez réfléchie pour comprendre que les droïds ne sont pas toujours que des tas de ferraille, de mécanismes et de branchements. J'ai vaguement le souvenir, à l'orphelinat de Dantooine, d'un droïd à la démarche assez étrange qui nous surveillait et nous donnait de maigres cours sur le basic quand les professeurs et surveillantes n'étaient pas là. Et ce qui m'amusait je crois était qu'il ne réagissait pas comme les autres machines, il parlait et des fois on pouvait même supposer une personnalité totalement dépassée par les enfants en furie de l'orphelinat. Un léger sourire mélancolique se dessine sur mes lèvres, sans raison apparente alors que je me perds au coeur de l'un des rares souvenirs que j'ai de mon enfance perdue. Bien un des rares éléments qui me manquent de là-bas, si ce n'est le seul d'ailleurs... au vu de ce que mon nouveau Maître répond, il y a de fortes chances que cela concerne un droïd, au vu de la tâche demandée et de ce que j'ai indiqué précédemment. Je note dans la Force un écho de soupir ennuyé, mais c'est tellement diffus que je n'ose affirmer que je fusse dans le vrai au vu de son expression inchangée, et jette seulement un léger regard d'azur interrogateur et un peu perdu à Maitre Greystone. Avant de détourner le regard rapidement, il me dirait si jamais il sentait que cela avait de l'importance. Me mêler de ce qui me regarde. Quoique vu sa gestuelle et son ton résigné, je doute que cela doit une bonne nouvelle ou quelque chose de réjouissant qui lui soit énoncé à l'autre bout du fil... ou des ondes plutôt. Fil ça fait démodé et trop ancien, trop primitif... aaaah je recommence avec ma mauvaise manie, même en pensée, de jouer sur les mots ! Néanmoins mon attention se reporte vers lui quand je sens son regard revenir vers moi avec un sourire errant sur ses lèvres, qui tranche un peu avec le ton résigné de sa réponse précédente à son interlocuteur distant et invisible. Tiens, on dirait que cela me concerne indirectement maintenant, alors qu'il répond :

"Tout à fait. Je te demanderais d'ailleurs de préparer l'une des cabines. Nous allons accueillir un nouveau membre d'équipage à bord."

Qu'est ce qui peut bien introduire un "tout à fait" ? Hum... une question ou une affirmation ? Plus une question je pense, disons deux chances sur trois que cela soit le cas. Mais impossible de deviner la question précise qui a mené à ce début de réponse. Même la logique ne peut aller jusque là, juste me faire comprendre que je suis concernée. Polie, respectueuse mais un peu perdue, je reste sage et patiente. Je ne suis pas pressée après tout. Être pressée, c'est le mal, car en cet état on ne pense jamais aux informations précieuses que l'on peut récolter en prenant patience et refusant de se livrer à l'impatience. Et puis, je suis bien élevée quand même ! Non mais oh, pour qui me prenez vous ? J'ai certes mes défauts, comme tout le monde, mais on ne peut pas me reprocher celui-là >_< ! Concentrons-nous. Donc la suite me confirme l'hypothèse d'un droïd, comme l'interlocuteur doit se situer au vu des propos dans un vaisseau, très certainement celui de Maître Greystone, jusque là pas trop difficile. Néanmoins le sourire de mon Maître me détend un peu, je suis plutôt contente qu'il soit content aussi de me prendre comme sa padawan, je pense que cela peut se comprendre Razz . Donc la conversation concerne un certain "Prudii" et un certain "Aran", qui se confirme être l'interlocuteur mystérieux de mon Maître au vu des réponses de ce dernier. Donc, logiquement, s'il m'a affirmé précédemment que les seuls compagnons qu'il avait étaient deux droïds, je pense que je ne prends pas trop de risques à présumer que Aran et Prudii sont les noms des deux droïds. Un renseignement plutôt bon à savoir pour les jours qui viennent histoire de ne pas sembler plus idiote que je risque forcément d'être dans mes débuts tôt ou tard. Ne pas partir du mauvais pied, c'est quand même mieux ! Après, quant à savoir qui est qui précisément, je pense que je reconnaîtrais assez aisément la voix de ce "Aran" et aux présentations savoir de qui il s'agit. Il y a assez peu de droïds qui ont la capacité de parler autrement que par des bips, du genre les protocolaires, mais cela limite sacrément les possibilités en tout cas ! Cela affine un peu les choses...

Perdue dans mes réflexions, je ne prends conscience qu'à la dernière minute que la conversation se termine, et j'ai à peine le temps de me tirer de mes pensées que déjà mon nouveau Maître a rangé son comlink et s'est retourné vers moi, me posant dans la foulée une question qui poursuivait la discussion interrompue précédemment :

"As-tu choisi ce que tu désirais faire en premier, Lenia ? Ou les questions que tu pourrais vouloir me poser ?"

Oups... j'étais tellement plongée dans mes déductions que j'ai besoin de quelques minutes pour me remémorer la série de questions que j'avais en tête précédemment... Embarassed Mince ! Heu... prenant sur moi pour rester détendue et le plus calme possible, et résoudre le petit problème le plus rapidement que je puisse, je fais travailler mes méninges pour ramener tout cela à la surface de ma mémoire avant de reposer mon regard bleuté dans celui de mon maître, m'excusant en silence du contre-temps nécessaire pour me souvenir de tout :

- Et bien je... bien que j'en ai quelques unes à l'esprit, je ne voudrais pas vous assommer avec un torrent de questions tout de suite, je crois que nous aurons le temps de voir certaines choses au fur et à mesure. Si cela vous convient, je me suffirais pour l'instant de deux ou trois d'entre elles. Par exemple si vous aviez des attentes me concernant, ou s'il y a des choses supplémentaires auxquelles je dois connaître. Ou encore si vous aviez des remarques particulières concernant mon emploi du temps les quelques fois où nous serons au Temple, l'organisation... Quant à ce que je désire faire après cela... j'avoue ne pas y avoir réfléchi, cependant...

Quelques secondes de réflexion avant que je ne me décide, essayant d'être la moins désordonnée possible et de faire les choses de manière à ce que cela même un caractère pratique à l'efficacité, préférant avoir son avis néanmoins :

- Je ne pense pas que dire au-revoir à mes connaissances sera très long, et les quelques que j'ai doivent être encore en train de dormir ou de s'éveiller vu l'heure, je me verrais mal les réveiller. Elles se comptent sur les doigts de la main,et je ne suis même pas sûre que toutes soient sur le Temple en ce moment. Donc je pense qu'il vaudrait mieux que je rassemble rapidement les quelques affaires importantes que je désire prendre, bien que là encore ce sera chose rapidement faite, même sans me presser. Après... je peux m'adapter selon vos préférences, Maître. Avez-vous quelque chose à effectuer en priorité au Temple ?

J'essaye de ne nommer que les choses les plus importantes dans l'immédiat, cherchant un peu toujours ma place dans ce nouveau statut qui est le mien. Je suis un peu confuse, j'avoue que je ne sais que peu de choses sur le passage de l'initiation à l'apprentissage. Plein de questions restent muettes, dans mon esprit, comme celle par exemple qui demande s'il y a quelque chose, une formalité, que sais-je à remplir concernant le fait que je ne sois plus initiée mais padawan ? Y-a-t-il des changements autres à savoir, concernant les cours ou le dortoir ? Beaucoup de questions, je sais, que je n'ose poser tant elles me semblent stupides et simplistes. Pourtant, j'aime bien faire les choses, faire de mon mieux et partir sur de bonnes bases... je suis juste un chouilla trop timide pour les formuler... comme celle aussi, tout aussi muette et encore plus refoulée de "J'espère que ce n'est rien de grave..." concernant le début de la conversation au comlink, mais là j'ai peur de me montrer indiscrète cette fois...
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Jeu 12 Juil - 23:50

- J'en suis consciente, Maître, et je tâcherais de ne pas l'oublier. Le changement et les voyages ne me font pas peur... et ce n'est pas pour me déplaire. En outre... je ne vois pas comment je pourrais vous assister efficacement, apprendre à vos côtés si je reste uniquement au Temple... ne dit-on pas que la place d'un padawan est aux côtés de son Maître après tout ?

La jeune femme lui paraissait plus intéressante à chaque second. Le vieux bibliothécaire lui avait laissé entendre que Lenia avait peu d'amis et d'attaches au Temple mais Aldrian ne s'était pas attendu à ce qu'elle soit prête à s'engager de manière aussi volontaire dans un changement radical de son mode de vie. D'ici quelques heures, voire quelques jours tout au plus, elle ne vivrait plus à l'abri derrière les murs du Temple Jedi mais à bord d'un vaisseau qui parcourrait la galaxie de long en large, et parfois même sur des planètes hostiles, tantôt parce qu'elles étaient en guerre, ou bien en raison de leur appartenance à un syndicat du crime.

Il se souvint d'un adolescent, âgé de douze ou treize ans tout au plus, qui faisait face à une Chevalier Jedi qui avait été la seule intéressée à le prendre comme Padawan. Il avait été surpris aussi mais la surprise avait rapidement laissé place à la détermination dans ses yeux bleu vert, tandis qu'il promettait de faire de son mieux pour l'assister en tant qu'apprenti. Greystone avait fait de son mieux, accompagnant son maître aux quatre coins de la galaxie et apprenant un grand nombre de choses, aussi bien par rapport à la Force que sur les différentes espèces intelligentes de l'univers.

Lorsqu'il lui répondit, l'amusement d'Aldrian se reflétait non seulement dans ses yeux mais aussi dans le sourire qu'il lui adressa.


- C'est exact. Tu apprendras bien vite que la réalité est parfois bien différente de ce que l'on enseigne au Temple. Néanmoins, tu n'auras la chance de le découvrir qu'en parcourant la galaxie, d'abord à mes côtés pendant ta formation de Padawan, puis par toi-même, lorsque tu auras atteint le rang de Chevalier. C'est un éternel apprentissage qui ne te lassera jamais, même s'il suscitera parfois de la joie, et parfois de la souffrance dans ton cœur.

Il pouvait ressentir que sa Padawan réfléchissait à ce qu'il lui avait demandé avec une grande concentration... au point d'être distraite par la conversation qu'il avait eue par comlink et de sans doute les oublier. Cela amusa Aldrian même s'il ne le montra pas, conscient qu'à son âge, la seule forme de concentration dont il était capable, c'était un sabre laser à la main. Elle ne tarda toutefois pas à lui répondre, tout en lui adressant un sourire d'excuse.

- Et bien je... bien que j'en ai quelques unes à l'esprit, je ne voudrais pas vous assommer avec un torrent de questions tout de suite, je crois que nous aurons le temps de voir certaines choses au fur et à mesure. Si cela vous convient, je me suffirais pour l'instant de deux ou trois d'entre elles. Par exemple si vous aviez des attentes me concernant, ou s'il y a des choses supplémentaires auxquelles je dois connaître. Ou encore si vous aviez des remarques particulières concernant mon emploi du temps les quelques fois où nous serons au Temple, l'organisation... Quant à ce que je désire faire après cela... j'avoue ne pas y avoir réfléchi, cependant...

Greystone l'écouta avec la plus grande attention mais prit garde de ne pas l'interrompre. S'il se mettait à lui demander des détails à chaque fois qu'elle essayait de lui donner une explication, il y avait de grandes chances qu'elle se referme et parle le moins possible. C'était une situation qu'il ne désirait certainement pas voir le jour entre sa Padawan et lui.

- Je ne pense pas que dire au-revoir à mes connaissances sera très long, et les quelques que j'ai doivent être encore en train de dormir ou de s'éveiller vu l'heure, je me verrais mal les réveiller. Elles se comptent sur les doigts de la main,et je ne suis même pas sûre que toutes soient sur le Temple en ce moment. Donc je pense qu'il vaudrait mieux que je rassemble rapidement les quelques affaires importantes que je désire prendre, bien que là encore ce sera chose rapidement faite, même sans me presser. Après... je peux m'adapter selon vos préférences, Maître. Avez-vous quelque chose à effectuer en priorité au Temple ?

Voilà des questions assez pertinentes. Aldrian avait bien évidemment l'intention de répondre honnêtement à la totalité d'entre elles mais la dernière était un peu plus compliquée... Comment dire à sa Padawan qu'une partie non négligeable des apprentis et chevaliers du Temple éprouvaient des sentiments très contradictoires à son encontre, au point qu'il ait été obligé d'élever sa faculté à éviter les embuscades au rang d'art. Oh bien sûr, il n'y avait jamais eu d'atteinte à sa vie... mais il y avait eu des incidents, dont certains auraient pu compromettre son vaisseau ou ses droïdes. Dans les deux cas, si les saboteurs amateurs avaient réussi, ils en seraient vite venus à regretter d'être venus au monde...

Chassant ces sombres pensées de son esprit, le Maître Jedi reporta son attention sur Lenia et entreprit de répondre à ses interrogations dans l'ordre où elle les lui avait posées.


- Nous aurons effectivement tout le temps pour cela mais je peux déjà répondre à certaines d'entre elles. Te concernant, l'une des premières choses que je compte faire, c'est de tester ton degré de maniement du sabre laser, afin d'évaluer tes forces et tes faiblesses, ainsi que les points à travailler et peut-être aussi la Forme la plus adaptée. Le Temple prodigue un entraînement général aux différentes formes, sans réelle préférence possible mais nos capacités physiques, notre caractère et parfois aussi notre lien avec la Force, nous prédisposent à une ou deux formes de combat en particulier.

Aldrian n'avait aucun mal à se souvenir de ses propres désillusions lorsqu'il était passé sous la tutelle de Maître Valadiel. Autant il avait été considéré comme l'un des meilleurs bretteurs parmi les initiés, autant Elena lui avait fait mordre la poussière en moins de dix secondes lors de leur premier entraînement. Son style de l'époque était plutôt basé sur la forme IV et les sauts acrobatiques dont il était capable avaient souvent destabilisé ses pairs... mais pas son maître. Elle lui avait démontré, point par point, toutes les failles dans sa défense qui étaient autant d'ouvertures pour un adversaire potentiel.

C'est ainsi que le jeune Greystone avait non seulement perfectionné sa maîtrise de la Forme IV mais aussi appris plus sérieusement la Forme III. Basé uniquement sur la défense, le Soresu lui avait permis de combler la quasi-totalité des failles de l'Ataru, au point d'aboutir à un style hydride qui fonctionnait très bien pour lui. Afin de lui servir de "forme de secours" ou "d'atout dans sa manche", comme le disait Elena, Aldrian avait également perfectionné son usage de la Forme V, Djem So.


- Je t'avouerais n'avoir pas encore réfléchi à ton emploi du temps pour les occasions où nous nous trouverons au Temple mais il est probable que nous usions des installations pour des entraînements au sabre laser ainsi que dans l'usage de la Force. Un peu de recherche documentaire sur nos missions à venir n'est pas non plus à exclure. Poursuivit Greystone, un sourire flottant sur ses lèvres.

La recherche d'informations, souvent pas des moyens détournés, était l'une des spécialités d'Elena, et l'un des premiers "talents" qu'elle lui avait appris qui ne soit pas forcément l'apanage des Jedi. Aldrian était plutôt doué pour pirater les bases de données d'ailleurs. Même si cela était inutile au Temple, puisque le savoir y était accessible à tous, cela pouvait s'avérer bien pratique sur des mondes possédant un régime totalitaire en place... et donc où l'information était souvent censurée de tous les médias et autres sources d'information publiques.

- Concernant tes affaires... tu sais sans doute que même si les Jedi ont désormais le droit d'aimer, dans le sens de poursuivre une relation, de se marier ou même d'avoir des enfants, il faut tout de même être prudent vis-à-vis de la possession et de l'attachement.

Arborant une expression impassible mais ses yeux laissant entrevoir son regret, le Maître Jedi leva une main et le sabre laser qui se trouvait à la ceinture de Lenia vola jusqu'à sa main. L'arme possédait un manche incurvé, chose rare car traditionnellement associée aux pratiquants de la Forme II, le Makashi. L'activant, il observa la lame bleue qui en jaillit et fit un ou deux mouvements de base pour apprécier l'équilibre de l'arme avant de l'éteindre.

- D'ordinaire, les initiés n'ont pas de sabre laser personnel. Ils n'utilisent que les sabres d'entraînement procurés par le temple et n'ont donc généralement pas de problème pour les laisser derrière eux une fois choisis comme Padawans. Le fait que tu aies pu en fabriquer un est impressionnant en soi... mais il serait sans doute mieux que tu le laisses ici. Je sais que cela te sera sans doute difficile mais lorsque nous quitterons cette planète pour la première fois ensemble, tu ne seras plus initiée. Toutes tes certitudes, tous tes acquis, tout ou presque sera constamment remis en cause, par la réalité de la galaxie et par les enseignements que je te prodiguerai. Cette arme, élégante et bien construite, est toutefois celle forgée par une initiée qui a passé la majeure partie de sa vie au temple.

Aldrian posa délicatement le sabre laser de Lenia sur la table. Il ne pouvait pas dire qu'il comprenait ce qu'elle ressentait. A l'époque, il n'avait pas encore construit son premier sabre laser et les sabres d'entraînement changeaient tout le temps, si bien qu'il n'avait pas vraiment pu s'y attacher. Le sabre laser était pourtant un marqueur clé de l'évolution de la vie du Jedi. Le tout premier était en général construit à l'époque où le Padawan marche sur les traces de son maître... parfois il suit le Jedi toute sa vie mais il arrive aussi qu'une fois Chevalier, il en construise un second.

Greystone avait perdu son premier sabre laser le jour où son maître avait été tué. Au moment où il avait tué le Sith responsable, enfonçant sa lame dans la poitrine de l'assassin, ce dernier avait essayé de l'emporter dans la mort avec lui, d'un mouvement circulaire de son sabre laser. Aldrian avait réussi à esquiver le coup mais son sabre laser avait été coupé en deux.

Quelques jours après, désormais Chevalier Jedi, l'homme aux cheveux d'une blancheur immaculée en avait construit un nouveau, à la fois inspiré du design de celui d'Elena mais correspondant aussi à ses besoins dans le maniement des Formes III, IV et V.

Sortant de ses pensées, le Mandalorien plongea sa main dans l'une des poches de son manteau de bure et en sortit un autre sabre laser. La poignée était droite, contrairement à celle du sabre incurvé de Lenia, et on pouvait distinguer une certaine ressemblance avec le sabre d'Aldrian, bien qu'il fut plus court et moins large, vraisemblablement plus adapté à une main féminine humaine. Il le tendit ensuite à la jeune femme.


- Ceci est le premier sabre laser construit par mon ancienne Padawan, quelques temps après que j'eus commencé sa formation. Elle me l'a donné en cadeau après avoir passé les épreuves, à l'usage de mes futurs apprentis. Tu es ma seconde Padawan, Lenia et je pense qu'il te servira bien, même si tu mettras sans doute du temps à t'y habituer. Ce n'est bien sûr que temporaire, puisque tu en construiras par la suite un nouveau qui te soit propre.

Aldrian avait songé à la possibilité qu'elle se soit déjà fabriqué un sabre laser, après tout l'adolescente était âgée de quinze ans et il était logique qu'elle ait voulu progresser le plus possible même en l'absence d'un maître pour la guider. Son sabre laser n'était pas mauvais mais il n'était sans doute pas non plus un outil qui la ferait aller de l'avant. L'une des étapes nécessaires de la transition entre initié et Padawan, c'était d'accepter de laisser cette partie de sa vie derrière soi et d'embrasser une nouvelle voie, sensiblement différente de l'enfance passée sous la protection des murs du Temple.

- Il n'arrivera rien à ton sabre laser si cela t'inquiète, tu peux même le garder ici au temple, soit dans les appartements qui nous seront assignés, soit auprès d'une personne à qui tu voudrais le confier mais il est important que tu apprennes à utiliser une autre arme. Je ne vais pas te le confisquer ou le cacher, la décision de suivre ou non mon conseil repose entièrement sur tes épaules.

Ce n'était pas un piège mais simplement un test, ni particulièrement subtile ou rusé. Si Lenia l'emmenait malgré tout, alors c'était qu'elle y était plus attachée qu'à la confiance qu'elle voulait tisser entre Aldrian et elle. Cela ne signifiait pas que sa formation serait compromise mais ils ne démarreraient pas sur de bonnes bases... parce que s'il ne pouvait pas lui faire confiance pour ce genre de chose, comment lui confier sa vie ou celles d'innocents ?

- En ce qui concerne mes affaires à régler au Temple, j'attends simplement la prochaine mission qui nous sera assignée et je pense profiter de ce laps de temps pour aller jeter un oeil aux artefacts que j'avais ramené de Yavin 4 avec l'aide de Maître Glittertind. Le fantôme de Maître Odan-Urr m'a confié la tâche de les amener au Temple Jedi et même si le prix à payer fut sans doute trop élevé, nous y sommes parvenus. Est-ce que cela te dirait d'y jeter un oeil ?

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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Sam 14 Juil - 2:31

Il a l'air agréablement surpris de ma réponse, et pourtant je ne lui trouve rien d'extraordinaire, moi, à ma réponse, d'où ma certaine perplexité. N'est ce pas l'attitude que devrait prendre les padawans en devenir le jour où un Maître les prends ? Il faudrait que je réfléchisse dessus. Moi, je n'ai pas trop d'attaches en effet. Je n'ai presque pas d'amis ou d'amies ici, ni de mon monde natal, et j'ai tout perdu avant d'en avoir conscience. Je n'ai pas connu - ou bien j'ai oublié comme je n'ai pas accès au contenu de ma mémoire sur cette époque pré Temple - la notion de famille dans le sens biologique du terme et je suis très timide et réservée, plutôt silencieuse et discrète si personne ne m'invite à m'exprimer. Je n'ai jamais été attachée à un lieu - ou je l'ai oublié, une fois de plus - puisque de mon supposé foyer familial j'ai été tirée en bas-âge à l'orphelinat, où je ne suis restée qu'un an avant de partir au Temple. Ces déplacements, ces changements de vie ont changé mon point de vue sur ces choses là. Je n'ai jamais pu, avant le Temple, me fixer réellement quelque part, alors partir de nouveau ne me choque pas plus que cela. A mes yeux, je suis une apatride, mais je l'ai accepté indirectement et implicitement en gagnant les rangs de l'Ordre Jedi. Et puis... sans en savoir réellement la raison ou la cause... au fond de moi... je crois que je me méfie de la notion même d'attachement, tant par les avertissements vagues de cette voix perdue parmi les autres dans ma mémoire que par ma méfiance naturelle. Pour moi, le plus souvent les attachements à des personnes font mal, surtout des adultes, qui ont très - voire trop - souvent la fâcheuse tendance de vous abandonner ou de vous trahir de quelque manière que ce soit, dès qu'ils en ont l'occasion. Ce que m'a instruit le peu de mémoire qu'il me reste du passé, ce que m'a transmis ce databloc de mon passé dont je suis inséparable, peut-être à déraison, peut-être trop...

"C'est exact. Tu apprendras bien vite que la réalité est parfois bien différente de ce que l'on enseigne au Temple. Néanmoins, tu n'auras la chance de le découvrir qu'en parcourant la galaxie, d'abord à mes côtés pendant ta formation de Padawan, puis par toi-même, lorsque tu auras atteint le rang de Chevalier. C'est un éternel apprentissage qui ne te lassera jamais, même s'il suscitera parfois de la joie, et parfois de la souffrance dans ton cœur."

Il semble très amusé, tant par son regard que par son sourire, pour une raison que j'ignore et qui pousse à m'interroger sur ce point, sur sa provenance. Ai-je dit quelque chose d'étrange ? Quelque chose hors de propos ? Je n'en n'ai pas eu l'impression pourtant... et sa réponse ne semble pas aller en ce sens ! Décidément un Maître Jedi qui est très curieux, très captivant car tellement différent des autres, de ceux que j'ai pu croiser, ou du moins trop d'entre eux. Je l'écoute toujours, je réfléchis dans le même temps. Oui je sais, je réfléchis beaucoup, en même temps je vous avais prévenus, je suis très réfléchie de nature ! Mais déjà aller jusqu'au pallier du Chevalier, cela sera déjà extrêmement bien pour moi, à mes yeux ! Déjà une telle aventure... oui je n'ai pas confiance en moi, vous l'aurez compris j'espère avec le temps. Mais j'aime apprendre, et puisse l'apprentissage être éternel et continu, je serais toujours comblée, j'ai toujours soif d'apprendre des nouveautés, ou redécouvrir des trésors du passé. Mon amour des Archives est en partie lié à ce besoin insatiable de connaissance, pour peut-être combler en partie ce vide mémoriel de mon passé en moi... Je réponds de manière posée et simple ces quelques mots, prudente et encore en retrait, d'une voix douce et calme, comme toujours :

- Pourvu que je puisse apprendre de nouvelles choses continuellement, me rendre utile pour autrui et protéger les valeurs qui défendent la paix, je serais comblée, Maître.

En dire le moins pour exprimer le plus, c'est aussi une de mes habitudes, faut s'y faire. Ou tout bonnement dire le moins possible, par réserve et peur d'un mauvais jugement ou d'une erreur de ma part. Par prudence quand je ne connais pas encore bien les personnes, je ne lie pas facilement avec autrui, et je ne commence à montrer mon réel moi que petit à petit, comme le bourgeon qui lentement, quand le climat est propice à cela, grandit et éclos, avant de fleurir sur les beaux jours et se ternir lors des mauvais. Un vent trop froid, un orage soudain et d'une extrême violence peut tout détruire, et les dégâts, selon la gravité du sinistre occasionné, peuvent être longs à résorber pour que des fleurs nouvelles puissent émerger des terres ravagées. Là, je tais beaucoup de choses par prudence, je reste un peu derrière un bouclier invisible de prudence autour de mon esprit sensible derrière ces murailles de Troie. Mes mots veulent dire beaucoup de choses, en disant le minimum vitae. Je ne dis pas que c'est lié à mon passé oublié que je n'ai pas évoqué du tout, je ne dis pas que c'est lié aussi en partie aux conflits et débordements populaires qui ont ravagé mon foyer supposé car oublié. Je ne dis pas non plus les raisons qui me poussent inconsciemment à me mésestimer autant, les années difficiles de l'orphelinat, ces cauchemars du passé si flous qui me poursuivent régulièrement. Je comprends que la meilleure défense possible est de ne pas y penser, alors à peine je les sens émerger du néant de l'inconscient que je les détruits mortes-nées, mes pensées concernant cela. On ne sait jamais jusqu'où peuvent aller les pouvoirs d'un Maître Jedi. Ce n'est pas par manque de confiance, c'est juste pour me protéger. Et je n'ai pas envie de l'encombrer avec des tracas que je juge personnellement de moindre importance, si tant est qu'ils en aient une à l'origine...

"Nous aurons effectivement tout le temps pour cela mais je peux déjà répondre à certaines d'entre elles. Te concernant, l'une des premières choses que je compte faire, c'est de tester ton degré de maniement du sabre laser, afin d'évaluer tes forces et tes faiblesses, ainsi que les points à travailler et peut-être aussi la Forme la plus adaptée..."

Je suis surprise de sentir une certaine ombre traverser la Force qui nous entoure, mais cela ne dure que quelques secondes, si bien que je doute du message transmis par mes différents moyens de perception. Je ne cherche pas à savoir de suite, je le saurais plus tard, un jour... peut-être. On verra bien. Sans montrer le moindre affect vis à vis de cela, je l'écoute, grimaçant toutefois un peu d'avance concernant le test au sabre-laser. Ouche, je sens qu'il y en a une que je connais mieux que personne qui va prendre très cher... je suis tellement nulle ! Et lui, sans nul doute, un très bon guerrier. Si j'arrive à tenir ne seraient-ce que dix secondes, ce serait déjà un exploit tenant du miracle, vu comment les initiés me mettaient la pâtée avec une aisance débilitante. Alors un Maître, je n'en parle même pas ! Sad Je me crispe un peu avant de me détendre de nouveau, un air résigné. Je sais que je n'ai pas vraiment le choix, moins par obligation pure et stricte que par besoin si je veux progresser - espérer du moins - un jour. Je me doute bien que la liste des faiblesses sera nettement plus longue que celle des forces me concernant, et celle des points à travailler tout bonnement colossale. Heu... ce sera sans doute prématuré, à mes yeux, de parler de trouver une Forme alors que je patauge déjà sur la base de la base, le BABA des initiés dans le duel "réel". J’acquiesce en silence, le laissant continuer puisque je ne sens pas d'utilité à ajouter le moindre commentaire sur ce point.

"...Le Temple prodigue un entraînement général aux différentes formes, sans réelle préférence possible mais nos capacités physiques, notre caractère et parfois aussi notre lien avec la Force, nous prédisposent à une ou deux formes de combat en particulier."

Hum... sans doute, je suppose. La seule forme dans laquelle je me débrouille - disons celle où j'arrive à faire quelque chose de correct, voire de bon si je suis réellement motivée - c'est la posture de défense et d'esquive. Manquant diablement de force, je fuis les bras de fer, je fuis la moindre tension, je reste toujours en mouvement, j'évite de me faire toucher autant que je le peux, comptant sur mon agilité, et surtout ma vitesse et ma souplesse, mon astuce pour pallier au mieux aussi à mon manque cruel de technique et d'endurance. Eviter les tirs des droïdes, je suis plutôt bonne, mais je n'ose pas aller franchement contre des êtres pensants et de chair. Je suis pessimiste, je pars perdante, je n'y vais que rarement, quand des ouvertures trop rares s'offrent à ma portée. Je ne sais pas attaquer, je ne sais que me défendre et parfois riposter, plus évader. Défendre, évader et contre-attaquer d'un coup net et précis si possible. Tenir le plus longtemps possible. Pour avoir le temps de prêter une oreille attentive à mes sens physiques - surtout mon ouïe - et mentaux, dans le sens de mon lien plutôt fort avec la Force. Là aussi je reste silencieuse, approuvant seulement d'un geste discret bien que je ne sois pas du tout convaincue du succès possible d'une telle entreprise. Maître Greystone veut s'attaquer à un gros morceau là ! Je sais que mes anciens instructeurs n'hésiteront pas à le lui dire, redire, et répéter à l'infini. Mais je montre que je lui fais confiance, confiance pour qu'il essaye de me redonner confiance en moi et essayer de mon mieux, puisqu'il a l'air de croire en moi, lui... je ne veux pas le décevoir, pour rien au monde !

"Je t'avouerais n'avoir pas encore réfléchi à ton emploi du temps pour les occasions où nous nous trouverons au Temple mais il est probable que nous usions des installations pour des entraînements au sabre laser ainsi que dans l'usage de la Force. Un peu de recherche documentaire sur nos missions à venir n'est pas non plus à exclure."

Je suis tellement bête de lui avoir demandé cela Embarassed ! Bien entendu qu'il n'a pas pu y réfléchir, il vient tout juste de te prendre, patate ! J'ai envie de rapetisser le plus possible sur le moment, les joues légèrement fardées d'un délicat rouge rosé, à défaut de pouvoir me donner personnellement une gifle. Idiote que je suis ! Mais patiemment il m'y répond, sans sembler s'en vexer, loin de là, il reste souriant. Donc, Sabre et Force, jusque là c'est du connu, mais sans doute en plus intensif qu'auparavant. Mon regard s'illumine singulièrement, en particulier, quand la Force et surtout la recherche documentaire est évoquée stars . Ah la recherche, ça c'est mon truc ! Tant demander aux gens que chercher dans les holos-livres ou tout autre moyen légaux, puisque l'informatique dans le sens de "hacker" et moi, cela fait bel et bien deux et non un. Un de mes autres défauts, hélas... bien que je sache le BABA de l'informatique, je sais piloter assez correctement un vaisseau de transport bien que je préfère les chasseurs, et je sais me servir de là d'un ordinateur LÉGALEMENT. Une ombre de sourire aux lèvres, je reste une fois de plus silencieuse, mais légèrement plus joyeuse qu'avant. A mes yeux toujours, enfin un domaine dans lequel je puisse me rendre utile, bien que je ne sache pas encore que je saurais me débrouiller plutôt bien en combat en équipe. Je ne suis pas la Force non plus Rolling Eyes !

"Concernant tes affaires... tu sais sans doute que même si les Jedi ont désormais le droit d'aimer, dans le sens de poursuivre une relation, de se marier ou même d'avoir des enfants, il faut tout de même être prudent vis-à-vis de la possession et de l'attachement."

Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'on va passer au sujet "épine dans le pied" alors que jusqu'ici tout se passait à merveille ? C'était trop beau pour être vrai, pour durer ? Sad Du moins sur la fin, le début, je connais, bien que le "même si" m'ait un peu mis en alerte. Je panique légèrement sur les derniers mots, un regard glissant l'espace de quelques secondes vers mon sac et un certain contenu s'y trouvant, et me retenant que l'une de mes mains risque d'aller vers l'une des poches de ma ceinture, où se trouvait mon médaillon, celui de mon passé, l'un des deux seuls objets auxquels je sois réellement inséparable, bien que cela soit déraisonnable, j'en suis consciente. Sait-il l'existence de... je me retiens aussi de reculer d'un pas, avant de sursauter alors que je sens mon sabre-laser fait main s'envoler de ma ceinture pour rejoindre la main de mon nouveau Maître. Mes yeux bleus viennent rapidement vers Maître Greystone, surpris et un peu inquiets, en dépit de l'éclat de regret dans ses yeux non visible dans son expression faciale. Ai-je... enfreint quelque règlement en le construisant il y a maintenant deux ans ? Est-il si mal fait ? Interdite, inquiète mais prenant sur moi pour garder mon sang-froid et mon calme, je le regarde l'activer et le tester. Cette lame bleue qui m'avais permit de progresser grandement en sabre-laser, de la minable que j'étais vers quelqu'un de tout juste passable. Cette lame qui m'avait permit de mieux endurer mon âge avancé comme initiée, me prouver que je n'étais pas totalement incapable de tout... j'attends la suite de ses paroles à l'instar du verdict d'un procès judiciaire dont je serais l'accusée et lui le juré majeur...

"D'ordinaire, les initiés n'ont pas de sabre laser personnel. Ils n'utilisent que les sabres d'entraînement procurés par le temple et n'ont donc généralement pas de problème pour les laisser derrière eux une fois choisis comme Padawans. Le fait que tu aies pu en fabriquer un est impressionnant en soi... mais il serait sans doute mieux que tu le laisses ici"

Mon expression s'assombrit légèrement, alors que vis à vis de mon comportement d'avant, je me montre encore plus réservée et en recul, je prends de la distance invisible, je recule derrière des boucliers intangibles comme si j'étais face à une menace. Pas que je lui en veuille, j'ai juste une trouille de pas possible que je refuse d'admettre, de peur d'avoir fait quelque chose de mal. Pourtant, dans le Code, rien ne l'interdit non ? Aurais-je manqué un article de ce Code qui régit l'Ordre Jedi ? J'ai du mal à lier le début à la fin de la première partie de son intervention, d'une perplexité inquiète, mais un peu soulagée que sa remarque précédente ne semble "que" concerner ce sabre-laser que j'avais construis avec soin avec ce dont je disposais au Temple Jedi. Sa dernière phrase me glace et me surprend, je ne sais pas comment réagir. Il complimente mais... il veut que je m'en sépare ? Pourquoi ? Je m'étais donnée tellement de mal à rassembler les composants avec patience - surtout pour le cristal durement gagné - tellement de mal et de temps pour me renseigner toute seule, comme une grande, à ce sujet, tellement de mal à le construire sans aide, à unir tous les composants pour donner cette lame. Et ne considérons nous pas le sabre-laser comme la prolongation de notre bras, comme aussi important que notre propre vie ? Je ne comprends pas, du coup je panique un peu. Je n'aime pas ne pas comprendre. Je m'attendais à tout - critiques, que sais-je - sauf à cela. Peut-être à pire, je dois l'admettre. Je ne dis rien, baisse la tête, cherche à masquer mon expressivité le temps que je reprenne un masque de calme. Allons ma grande, tu n'as plus dix ans... tu en as cinq de plus. Comporte toi comme tel, pas comme une gamine effarouchée et capricieuse. Une fois que j'ai repris mon sang-froid, je redresse ma tête, résignée à l'inévitable bien que délicat à endurer. Je pressens un peu ce qui va venir. Il ne peut pas comprendre après tout, ma situation est plutôt rare en son genre...

Il pose mon sabre-laser sur la table, ne me le rend pas, ce qui appuie ses derniers mots. Je ne peux pas m'empêcher de garder un oeil discret dessus par moment, réflexe oblige. On m'a toujours dit de bien veiller sur son sabre-laser, surtout quand il est personnel. Ce sabre-laser peut se révéler être notre vie, disaient les anciens des holo-livres. C'est comme me séparer d'une partie de moi-même, bien que je ne l'eusse en ma possession que depuis deux courtes années sur le plan d'une existence... mais tellement plus sur le plan émotionnel. Et je suis plus émotive que je ne le laisse voir par mon expression posée, presque inexpressive parfois, trahie alors par mon regard. J'ai appris à refouler, à contenir à l'excès, et trop peu souvent à exprimer ouvertement ou même implicitement. Je ne sais pas pourquoi, peut-être lié à l'orphelinat et ce que j'ai oublié. Inexpressive de mon mieux - ma manière à moi de me protéger - je le regarde chercher quelque chose dans l'une de ses poches, avant de me le tendre. Éclat métallisé, forme familière et étrangère en même temps...

"Ceci est le premier sabre laser construit par mon ancienne Padawan, quelques temps après que j'eus commencé sa formation. Elle me l'a donné en cadeau après avoir passé les épreuves, à l'usage de mes futurs apprentis. Tu es ma seconde Padawan, Lenia et je pense qu'il te servira bien, même si tu mettras sans doute du temps à t'y habituer. Ce n'est bien sûr que temporaire, puisque tu en construiras par la suite un nouveau qui te soit propre."

Il me le tend, semblant attendre ma réaction vis à vis de ce geste. N'étant absolument pas la padawan parfaite parfaitement aux ordres, très douée et très sage, je reste en attente. Un peu dubitative sur le moment. Quitter mon sabre-laser, le laisser derrière moi, c'est un peu comme me mettre à nu, vulnérable. C'est accepter de faire rapidement très confiance à mon nouveau Maître, me remettre à lui, sans avoir un moyen de me protéger si, par extrême malchance, les choses se passaient mal. Il ne m'a rien fait de mal, moi-même je ne comprends pas l'origine de ma méfiance maladive envers les gens, surtout les adultes dès que cela dépasse le simple pallier de camaraderie. J'ai peur, je dois l'admettre, je me méfie malgré moi, et cela ne fait qu'augmenter cette panique interne que je contiens en moi, refusant de la libérer. Et j'ai honte de me savoir aussi faible, et cette honte ne fait que refermer le cercle vicieux des émotions négatives. Effectivement, même si je manie le plus souvent des sabres d'entraînement aux poignées droites, qui me font autant mal aux mains que m'a fait mal mon sabre-laser dans mes débuts, quand je l'ai manié dans les premiers temps. C'est comme accepter une greffe dont on ne connait pas l'origine, essayer de se résoudre à faire confiance au médecin qui vous la fait. Je sais que ce n'est qu'un objet, mais un sabre-laser, c'est plus que cela pour un Jedi, c'est... je reste interdite, immobile, mais pas en recul. Entre deux désagréable pour lui comme pour moi. Que faire...

"Il n'arrivera rien à ton sabre laser si cela t'inquiète, tu peux même le garder ici au temple, soit dans les appartements qui nous seront assignés, soit auprès d'une personne à qui tu voudrais le confier mais il est important que tu apprennes à utiliser une autre arme. Je ne vais pas te le confisquer ou le cacher, la décision de suivre ou non mon conseil repose entièrement sur tes épaules."

Je sens que c'est une décision que je ne dois pas prendre à la légère. Je ne sais pas pourquoi, mais je le sens, tant par la Force que par ma propre intuition personnelle. Je l'interroge du regard, sans obtenir la moindre réponse qui puisse m'aider en mon choix, désespérément seule sur ce coup là. Pourtant il faut que je me décide, on ne va pas y rester toute la sainte journée quand même ! Je me mord légèrement la lèvre inférieure, je ne veux pas qu'il se fasse de fausse idée, j'ai juste l'impression d'être démunie du peu de chose qu'il me reste. Déjà que j'ai tant perdu question mémoire, j'abandonne difficilement les rares choses m'étant importantes. Je l'écoute cependant, alors que ma main timidement se tend légèrement vers le sabre tendu. J'ai conscience de mon imperfection notoire, du long chemin qu'il me reste à faire avant de réussir à dépasser mes limites. Mais il ne va pas le détruire, hein ? Non... juste m'en séparer. C'est déjà assez dur comme cela ! J'ai l'impression d'être menacée d'un piège qui va se refermer sur moi si je prends la mauvaise décision. J'ai peur de me séparer de mon arme, du peu de choses certaines qu'il me reste, mais je n'ai pas envie de mal partir avec lui. Je veux croire que je pourrais un jour lui faire totalement confiance. Je ne confierais à personne mon sabre, non. Je serais vexée s'il me le confisquait ou me le cachait, preuve d'un manque de confiance, et serait tentée de prendre la mauvaise décision sous le coup de la panique. J'ai l'air d'avoir le choix, mais en mon coeur, si je veux faire ce dont je rêve... il faut que je fasse un pas, maintenant qu'il a fait le premier. Cet objet lui est important aussi, non ? Ce serait un échange équitable, en un sens, pas vrai ?Une preuve de confiance que je dois donner... quelque chose que je dois donner en avance, sans savoir ce qui m'attend, ni à qui j'ai affaire entièrement, sans savoir si je vais le regretter... confiance aveugle... j'entends encore la voix de mon passé, masculine, me garder de faire confiance aux gens que je ne connais pas, surtout aux adultes. Pourtant je dois... ma main reste en suspens un moment, quelques minutes, avant que je ne me décide et de prendre délicatement le sabre proposé en attendant. Je dois aussi donner du mieux, faire des efforts. Je sais que... et pourtant j'ai une frousse pas possible née de ma méfiance. Reprends toi ma grande ! Les choix d'une vie. Au moins il ne te prends pas le plus important à tes yeux. Allez, souris. Un nouveau chemin s'offre à toi, prends le risque de faire confiance à quelqu'un, même si tu as eu la sensation d'avoir été biaisée par le passé, sans savoir pourquoi... ma voix reste douce, mais très basse et moins assurée qu'avant :

- Je... préfère suivre votre conseil. Je laisserais mon sabre-laser dans... nos appartements même si je dois admettre que c'est un peu dur... vous êtes mon Maître maintenant, vous savez plus de choses que moi et donc il vaut mieux que je me remette à votre jugement, même si je n'en saisis pas encore les raisons. Peut-être qu'un jour je comprendrais et puis... un apprenti devrait faire confiance à son Maître. Un gage de confiance en quelque sorte...

Autant je ne suis pas attachée aux lieux qu'à certains objets un peu plus. Comme ce databloc et ce médaillon que je garde précieusement avec moi. Sinon, j'ai peu de possessions "personnelles", une robe de cérémonie de Dantooine de pauvre, du change d'affaires, une tenue de ville basique, et un vieux chasseur comme véhicule personnel que j'aurais bientôt, du coup. Donner mon sabre-laser, c'est déjà beaucoup pour moi. J'espère qu'il ne m'en demandera pas plus pour le moment, je ne veux pas le décevoir mais cela risque d'être vraiment très dur sinon là tout de suite, bien que je me doute que cela soit aussi pour mon bien. Ce serait trop brutal de m'arracher tout d'un coup, du moins avant que je ne résolve les questions que je me pose encore sur mes origines... je recule ensuite, observant avec minutie l'arme et de l'accrocher à ma ceinture, m'efforçant de rester dans la résolution que j'ai prise. Il me faudra un peu de temps pour m'adapter, ce sera difficile, mais pour rien au monde impossible. J'attends la suite, qui vient détendre ce petit moment de tension pour moi avec une proposition des plus alléchantes à mes yeux de grande curieuse de nature :

"En ce qui concerne mes affaires à régler au Temple, j'attends simplement la prochaine mission qui nous sera assignée et je pense profiter de ce laps de temps pour aller jeter un oeil aux artefacts que j'avais ramené de Yavin 4 avec l'aide de Maître Glittertind. Le fantôme de Maître Odan-Urr m'a confié la tâche de les amener au Temple Jedi et même si le prix à payer fut sans doute trop élevé, nous y sommes parvenus. Est-ce que cela te dirait d'y jeter un oeil ?"

Very Happy Oh que cela promet, et combien je donnerais pour aller voir cela ! Ce fait, cette proposition éclipse rapidement la difficulté du choix que j'ai réalisé, me faisant comprendre tout ce que j'ai à y gagner en y laissant un petit quelque chose, certes important, mais que mon Maître jugeait nécessaire de me défausser. Un jour, peut-être que je comprendrais. Ravie, tant par l'idée d'avoir un laps de temps avant une prochaine mission et l'objet de connaissance, et on ne peut plus curieuse, je réponds avec un rare enthousiasme bien que maîtrisé, un sourire franc aux lèvres :

- C'est vrai, je peux ? De vrais artéfacts ? Bien sûr que cela me dirait, Maître, j'en serais au contraire plus que ravie ! Bien qu'on dit qu'il y avait des vestiges Jedi là d'où je viens, je n'ai jamais eu l'occasion d'en voir en vrai, sinon dans les holo-livres !

C'est alors que je songe, tout en laissant mon sabre sur la table, à un obscur rapport possible avec la discussion précédente, qui me fait me perdre dans mes pensées un moment. Cette idée de sacrifier quelque chose pour en obtenir une autre, pour parvenir à quelque chose... non, je dois me faire des idées. Un jour, je comprendrais...
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Mer 1 Aoû - 3:36

- Pourvu que je puisse apprendre de nouvelles choses continuellement, me rendre utile pour autrui et protéger les valeurs qui défendent la paix, je serais comblée, Maître.

C'était une aspiration noble et simple, qu'Aldrian ne ferait rien pour entraver... tant que sa curiosité ne se tournerait pas en direction du Côté Obscur. Nombre de Jedi, aussi assoiffés de connaissance que l'adolescente qui se trouvait devant lui, s'étaient laissés séduire et parfois même piéger par la tentation des arts sombres. L'un des exemples les plus connus n'était autre qu'Exar Kun, un Seigneur Sith qui avait ravagé la République et fait subir de graves pertes à l'Ordre Jedi des millénaires auparavant... mais aussi par delà la tombe, lorsque l'académie Jedi de Luke Skywalker avait réveillé son esprit endormi dans les temples de Yavin 4.

Greystone avait appris principalement les moyens de combattre les adeptes du Côté Obscur, aussi bien avec son sabre à la main qu'en recourant à la Force mais le savoir des arts sombres en lui-même ne l'avait jamais intéressé, tant il avait été dégoûté par les ravages que cela avait pu causer aux Sith avec lesquels il avait croisé le fer.

La petite grimace que la Padawan avait esquissé en l'écoutant lui parler de son futur entraînement au sabre laser le fit sourire intérieurement. Oh il ne doutait pas que faire de la jeune femme une bretteuse hors pair serait un défi délicat à relever mais Aldrian n'était pas inquiet. Ils avaient tout le temps devant eux et même si Lenia ne devenait pas une experte, elle finirait par trouver un style dans lequel elle pourrait s'épanouir.

Sa requête concernant son sabre laser fut plus difficile à faire passer, s'il devait en croire l'ombre furtive dans les yeux de la jeune femme lorsqu'il lui demanda de laisser son arme derrière elle, au Temple. Elle ne comprenait sans doute pas et c'était normal mais c'était un test dont il ne pouvait pas l'exempter. L'Ordre Jedi était devenu beaucoup plus ouvert aux notions d'amour et d'attachement mais il fallait tout de même observer la prudence vis-à-vis de la possession d'objets physiques, qui pouvaient constituer une faiblesse pour ceux qui y étaient trop attachés.

Il pouvait voir le dilemme intérieur dans ses yeux, tandis qu'il lui tendait le sabre de son ancienne Padawan. Après un temps de réflexion, elle finit toutefois pas s'en saisir avec délicatesse avant de s'adresser à lui d'une voix basse, presque inaudible.


- Je... préfère suivre votre conseil. Je laisserais mon sabre-laser dans... nos appartements même si je dois admettre que c'est un peu dur... vous êtes mon Maître maintenant, vous savez plus de choses que moi et donc il vaut mieux que je me remette à votre jugement, même si je n'en saisis pas encore les raisons. Peut-être qu'un jour je comprendrais et puis... un apprenti devrait faire confiance à son Maître. Un gage de confiance en quelque sorte...

Il lui adressa un sourire avant de poser une main sur son épaule. Lorsqu'il lui répondit, sa voix était douce et sérieuse à la fois.

- Crois-moi, je sais à quel point cela peut être difficile. Je ne te demanderai pas d'abandonner les autres objets qui sont importants pour toi mais si un jour peut-être, tu arriveras à relativiser ton désir de les posséder. C'est une leçon importante et compliquée à la fois parce que comme tous les autres êtres pensants de la galaxie, nous mettons de l'importance dans des objets, pour la valeur sentimentale qu'ils représentent à nos yeux. Je n'en suis pas exempt moi-même puisque je suis attaché au vaisseau que m'a légué mon maître et à ceci.

Il passa sa main au niveau du col de sa tunique et attrapa délicatement la chaîne dorée qui s'y trouvait. Tirant doucement sur la chaîne, il la fit sortir par dessus sa tunique et révéla la petite médaille qui y était accrochée. Il s'agissait de ce que certains appelaient un crédit Jedi, c'est-à-dire une médaille commémorative que les Jedi Corelliens faisaient frapper en un petit nombre d'exemplaires lorsque l'un d'entre eux passait au rang de maître. Sur l'une des faces, un visage à moitié effacé y était gravé.

- J'étais très jeune quand je suis arrivé au Temple et en grandissant, je n'avais aucun souvenir de ma famille. Tout ce que je savais, c'était que des gens m'avaient confié à des Jedi sur Mandalore et que j'avais ce médaillon autour du cou. Pendant plus de vingt ans, c'est tout ce que j'ai su de mes origines... jusqu'à ce que mon père me retrouve et me parle de ma naissance sur Mandalore et de ma mère... C'était une Jedi, vois-tu, une Jedi originaire de Corellia et cette vieille médaille est un héritage des Jedi Corelliens de l'ancienne république. Elle est morte en me sauvant la vie et j'avais complètement oublié son visage...

Il caressa un instant le médaillon, ses pensées tournées vers cette femme admirable qui l'avait mis au monde et qui avait donné sa vie pour lui. Même aujourd'hui, son père l'aimait toujours et en dépit des conseils de ses frères et neveux, il n'avait jamais songé à se remarier.

- C'est son nom, Greystone, que je porte alors que je suis né Aldrian Greystone Skirata. C'est important de savoir qui l'on est et d'où l'on vient... je ne l'avais jamais autant réalisé avant cette rencontre. Cela t'aide à te construire, en te donnant des bases solides mais il arrive que l'on ne sache pas, soit parce qu'il ne reste plus personne pour nous le dire, soit parce que ces personnes ignorent qu'on existe.

Aldrian posa délicatement sa main sur la joue de Lenia et lui fit relever la tête, pour que leurs regards se croisent.

- Je sais que tu viens d'un orphelinat sur Dantooine. Je ne te demanderai pas de me parler de cette époque mais si un jour, tu as besoin de te confier, je serai là pour t'écouter. De la même façon, s'il y a quelque chose ou quelqu'un que tu souhaites retrouver... je t'y aiderai. Le Padawan n'est pas le seul à avoir des obligations. Un maître doit former son apprenti dans les voies de la Force mais il doit aussi l'aider à se trouver lui-même.

C'était peut-être un peu tôt mais le Mandalorien n'était pas homme à garder des secrets qui, s'ils étaient dits trop tard, pouvaient avoir de bien plus terribles conséquences que s'ils étaient divulgués trop tôt. Lenia savait désormais qu'elle n'avait pas à craindre qu'il lui enlève tout ce à quoi elle tenait.

Les artefacts eurent néanmoins beaucoup plus de succès, s'il devait en croire la lueur de joie et de curiosité qui s'était allumée dans les yeux bleus de l'adolescente. Aldrian n'avait pas calculé ce coup là... mais son vieil ami, oui. Ce dernier lui avait proposé d'utiliser l'une des salles des archives pour examiner les artefacts, en argumentant que si Lenia acceptait de devenir sa Padawan, elle serait sans doute très enthousiaste à l'idée de les examiner. Visiblement, le bibliothécaire avait, une fois de plus, raison.


- C'est vrai, je peux ? De vrais artéfacts ? Bien sûr que cela me dirait, Maître, j'en serais au contraire plus que ravie ! Bien qu'on dit qu'il y avait des vestiges Jedi là d'où je viens, je n'ai jamais eu l'occasion d'en voir en vrai, sinon dans les holo-livres !

Oui, à en voir le franc sourire qu'elle avait aux lèvres, la jeune Séry était effectivement ravie. D'un geste de la main, il fit léviter l'ancien sabre laser de Lenia jusqu'à elle avant de lui faire signe de le suivre.

- Garde le pour le moment, nous le déposerons dans nos appartements un peu plus tard. Une salle de travail a été préparée avec les artefacts, et tu peux évidemment m'accompagner. Maître Glittertind et moi avons bien failli y laisser notre peau pour les récupérer mais ils sont ici. Il te faudra faire très attention quand tu les manipules par contre. Ils datent pour la plupart de plusieurs millénaires.

Et en lui faisant un clin d’œil, il se dirigea vers l'un des couloirs, l'adolescente sur ses talons. Ils n'eurent pas à aller très loin, la salle de travail se trouvait dans l'un des corridors adjacents. Dotée d'une lumière tamisée pour ne pas abimer les parchemins anciens, elle était pourvue d'une large table de bois de Kashyyyk, de quatre chaises et d'un holoterminal qui leur permettrait d'accéder à toutes les informations des archives.

Néanmoins, ce n'était pas tant le mobilier que ce qui avait été soigneusement déposé sur la table qui était intéressant. Il y avait de très anciens parchemins, que le bibliothécaire avait pris soin de délicatement déplier avant de les encadrer dans des boîtiers en transparacier. Plusieurs sabres lasers d'aspect très anciens s'y trouvaient également, ainsi que des cristaux. L'attention d'Aldrian se porta néanmoins sur l'un des quelques objet de forme octaédrique sur lequel il posa délicatement sa main.

Il s'agissait d'un holocron, comme le prouva la brume qui ne tarda pas à en sortir, avant de dessiner la silhouette d'un Draethos à l'air paisible.


- Salutations, jeunes Jedi. Je suis le maître Jedi Odan-Urr, gardien de la grande bibliothèque d'Ossus. Que désirez-vous savoir ?

- Maître Odan-Urr, je suis le maître Jedi Aldrian Greystone et voici ma Padawan, Lenia Séry. Je pense qu'il y a quelques questions qu'elle souhaiterait vous poser. Répondit le Mandalorien, un sourire aux lèvres, tout en faisant signe à Lenia de s'avancer.
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MessageSujet: Re: La Novice et le Mando [PV Lenia Séry] Lun 6 Aoû - 10:13

Donner une partie de soi-même, c'est se rendre extrêmement vulnérable, un peu trop selon mon point de vue. Lors de ma dure existence à l'orphelinat, j'ai compris assez rapidement la loi qui régissait l'école quand les surveillants n'étaient pas là : celle du plus fort. Tous les petits habitants de ce lieu cachaient leurs faiblesses autant qu'ils le pouvaient, et c'étaient les plus grands et les plus forts qui dictaient les lois en général. Je le sais car j'ai été souffre-douleur le peu de temps que j'y étais restée, parce que j'étais faible ET différente. La Force à mes côtés, mon sabre-laser à la ceinture, je me sens un peu mieux protégée, plus à même de me défendre. Mais quand je dois céder le sabre-laser que j'ai crée, que je connais autant que ma propre main, dont je connais les attributs, forces et limites, c'est comme si je vais au combat sans armure, sans bouclier et sans épée. Comprenez de là ma réserve première. Mais la vie est faite de sacrifices, de concessions mutuelles pour parvenir à avancer. Et puis... je ne suis pas en position de décider à mes yeux, après tout je reste une élève qui peut-être renvoyée à son état premier d'un simple ordre de celui qui était mon Maître désormais. Je ne dis pas qu'il le ferait, je n'en sais rien et il ne m'en donne pas l'impression , mais le risque est là, entier et présent. C'est la vie, dans son âpreté toute entière...

Je dois avoir pris la bonne décision, puisqu'il semble sourire si j'en crois mes yeux humblement baissés de respect et de gêne mêlées. Je ne comprends toujours pas cela dit, j'ai l'affreuse impression de violer cette règle répandue chez mes pairs de ne jamais céder son sabre-laser, du moins en dehors de situations critiques. Un sabre-laser peut à lui seul parfois se montrer garant de notre vie en situations périlleuses. En outre, c'est comme accepter d'une certaine manière de reculer de quelques pas significatifs puisque je dois de nouveau m'habituer à un tout nouveau et tout autre sabre-laser que le mien. D'un manche incurvé je passe de nouveau à un manche droit. Je ne sais pas si je vais y arriver, je l'espère en tout cas...

"Crois-moi, je sais à quel point cela peut être difficile. Je ne te demanderai pas d'abandonner les autres objets qui sont importants pour toi mais si un jour peut-être, tu arriveras à relativiser ton désir de les posséder..."

Une main sur mon épaule, geste qui se veut sans doute rassurant et compréhensif, voire compatissant en certaines occasions. Compréhension... ou une certaine forme de pitié ? Je ne saurais le dire sur le moment. Mon regard se redresse à peine à ses mots, je reste quand même dans mon attitude prudente, mais attentive. Je me détends très légèrement, il n'est pas agressif, il essaye de me faire comprendre quelque chose que j'ai encore bien du mal à en saisir le concept. Mais je me détends et je m'ouvre de nouveau, comme la perle de mer de sa coquille. Même si très honnêtement je doute qu'il puisse comprendre et savoir à quel point c'est dur. Il ne sait pas qu'ils sont tout ce qu'il me reste de mon passé. Il ne sait pas combien cet holo-enregistreur et ce pendentif sont tout ce qu'il me reste, déjà que l'on m'a dépouillée de mon passé et de mes racines... je n'ai plus que cela... je...

"... j'espère que vous aurez raison, Maître. Sans doute... une fois que j'aurais résolu ces questions sans réponses..."

"...C'est une leçon importante et compliquée à la fois parce que comme tous les autres êtres pensants de la galaxie, nous mettons de l'importance dans des objets, pour la valeur sentimentale qu'ils représentent à nos yeux. Je n'en suis pas exempt moi-même puisque je suis attaché au vaisseau que m'a légué mon maître et à ceci."

Certes Maître, certes... mais ces objets sont plus que cela pour moi. Ces objets sont une partie de moi-même, les clés de cette inconnue en moi, ces rivages inconnus de mes souvenirs occultés et des réponses qu'ils contiennent. Je ne peux savoir qui je suis sans eux, puisque mes parents ne sont plus, personne n'a pu ou voulu me renseigner sur eux, et je n'ai personne à qui demander. Les réponses seraient donc en moi-même, et seuls ces objets seraient en mesure de déverrouiller ces portes bloquées. Du moins, c'est mon interprétation. Celle des guérisseurs spirituels Jedi est différente de la mienne, mais je veux croire en mon instinct, au moins sur ce point. Après tout, personne ne me connaît mieux que moi, ou ne me connaît réellement, et puisque moi-même je suis étrangère à ce que je suis en réalité... c'est compliqué, je suis compliquée, je l'admet. Je est une autre, Je est un mystère en mon cas...

Cependant, ma curiosité reprend le dessus quand je le voix extirper de son cou et de sa tunique une chaîne avec un médaillon suspendu à la première. Il ressemble à un crédit galactique ou autre monnaie de ce genre en forme, mais son apparence indique qu'il ne s'agit pas de cela. Il m'a l'air très ancien, mais bien conservé, sans doute précieux à Maître Greystone. Qu'est ce que... il me dit que ce n'est pas bien, et pourtant... essaye-t-il de me faire comprendre quelque chose ? De me rassurer ? Je n'en sais rien, hélas...

"J'étais très jeune quand je suis arrivé au Temple et en grandissant, je n'avais aucun souvenir de ma famille. Tout ce que je savais, c'était que des gens m'avaient confié à des Jedi sur Mandalore et que j'avais ce médaillon autour du cou. Pendant plus de vingt ans, c'est tout ce que j'ai su de mes origines... jusqu'à ce que mon père me retrouve et me parle de ma naissance sur Mandalore et de ma mère... C'était une Jedi, vois-tu, une Jedi originaire de Corellia et cette vieille médaille est un héritage des Jedi Corelliens de l'ancienne république. Elle est morte en me sauvant la vie et j'avais complètement oublié son visage... C'est son nom, Greystone, que je porte alors que je suis né Aldrian Greystone Skirata..."

Je ne sais pas pourquoi il me raconte et me montre tout cela, ce qui m'inquiète autant que cela me surprend dans le bon sens de la chose. Je ne suis pas habituée à ce genre de réactions de la part des adultes, et des Jedi. D'habitude, ils se cachent, il cachent leurs faiblesses. Moi aussi par extension j'en fais de même. Et pourtant... d'une certaine manière, il se rend vulnérable, il me fait confiance en me confiant tout ceci. Pourquoi ? Que cherche-t-il ? Pourtant, quelque chose de doux, chaleureux et lumineux comme sentiment effleure les limbes de mes pensées. De la reconnaissance ? De la curiosité ? De la compréhension ? Un peu de tout cela mélangé ? Je n'en sais rien... mais je me sens honorée de ces confidences, de ces réactions. Je baisse inconsciemment ma garde, je m'ouvre de nouveau sans en prendre réellement conscience. C'est étrange comme pensée... mais nous nous ressemblons sur ce point, sans doute l'un des rares qui nous rapprochent avec les éléments dont je dispose actuellement à ma portée, de connaissance tant que d'observation immédiate... je ne peux articuler le moindre mot ou la moindre pensée sur le moment, trop surprise et un peu perdue...

"C'est important de savoir qui l'on est et d'où l'on vient... je ne l'avais jamais autant réalisé avant cette rencontre. Cela t'aide à te construire, en te donnant des bases solides mais il arrive que l'on ne sache pas, soit parce qu'il ne reste plus personne pour nous le dire, soit parce que ces personnes ignorent qu'on existe."

La phrase qui vaut le milliard de crédits galactiques. Cette remarque résume tout ce qui me manque, tout ce que je recherche avec tant de désespoir tu, silencieux... Je ne sais qui je suis, je ne sais qui j'ai été, je n'ai aucun repère, aucun souvenir de cette époque auquel me fixer avec assurance. Je suis comme un bâtiment dont on aurait ôté les fondations, vulnérable, à la merci du moindre coup de vent pour me faire choir et me briser....

Tout d'un coup sa main se pose sur ma joue, ce qui me fait sursauter de surprise tant je suis perdue dans mes pensées la seconde qui précède. Toutefois, son aura de Force me rassure, lumineuse et éclatante, bienveillante, compréhensive. Ma tête se relève et je croise de nouveau son regard. D'ores et déjà, je sais que je serais encore plus incapable de mentir ou de dissimuler que je ne le suis déjà les fois où je serais confrontée à ce regard. Vu comment mes yeux me trahissent d'ordinaire déjà... pourtant je l'écoute, de nouveau cela sent le sérieux :


"Je sais que tu viens d'un orphelinat sur Dantooine. Je ne te demanderai pas de me parler de cette époque mais si un jour, tu as besoin de te confier, je serai là pour t'écouter. De la même façon, s'il y a quelque chose ou quelqu'un que tu souhaites retrouver... je t'y aiderai. Le Padawan n'est pas le seul à avoir des obligations. Un maître doit former son apprenti dans les voies de la Force mais il doit aussi l'aider à se trouver lui-même."

Un moment estomaquée, stupéfaite et prise de court, je me crispe, me tend et ne sais que faire et que répondre. Mes yeux bleus trahissent de nouveau ce trouble, ce chaos, ce néant, ce vide intérieur qui m'habite et me vampirise en mon coeur et ma confiance. Je ne saurais avoir confiance en moi, si je ne sais qui est ce moi que je suis censée être. On m'a toujours dit de ne pas faire confiance aux adultes. Ma méfiance se sent encore un peu, mais émoussée depuis le début de la conversation. Je... je dois rééquilibrer la balance, à mes yeux. Du moins... avec ce que je peux me permettre de révéler sans crainte. Avant que je ne le connaisse mieux... ou que j'en sache un peu plus aussi. J'hésite quelques minutes avant de répondre d'une voix calme et posée contraire à ce que je ressens sur le moment :

- Je... pour ce qui est à ce que je suis... Je vous avouerais que je n'en sais rien. Je respecte votre proposition et je la prends en considération, Maître. Pardonnez moi si je n'entre pas dans les détails. On m'a dit que j'avais des parents et un frère. On les dit morts à mes quatre ans. J'ai bonne mémoire d'ordinaire, mais c'est... comment vous le représenter...

Allez, tu peux le faire, rééquilibrer justement la balance... allez... je réfléchis quelques brèves secondes avant de reprendre avec réserve mais tout le sérieux du monde, songeant aux mots des guérisseurs spirituels quand ils avaient essayé de m'expliquer :

- Une sorte de vide. Ou plutôt... comme si quelque chose avait dressé un mur infranchissable pour m'en garder. D'eux... je n'ai que des brides de voix, pas de visages. Je ne sais pas qui je suis, si je le saurais un jour et si même... mais je ne voudrais pas vous ennuyer Maître. Je sais qu'un Jedi devrait laisser son passé derrière lui... mais...

Ma voix se tait tout d'un coup, je renonce à poursuivre. J'ai trop parlé, je ne veux pas qu'il me pense faible. Je ne veux pas l'handicaper avec mes problèmes, ce vide en moi. Je suis un vide en partie. Je est un autre, toujours en fuite. Il me fuit. Peut-être ce Maître me fuira lui aussi en voyant mon incompétence. Je baisse le regard, j'ai envie de fuir sur le moment mais ma discipline de Jedi me l'interdit. Je n'ose pas reculer, je me fige, les mots meurent dans ma gorge, mort-nés en mes codes vocales éteintes sur le moment. Je ne parle pas de ces cauchemars qui me hantent en boucle depuis des années, que je suspecte liés à un refoulé naturel ou pas de mon passé. Je me hais. Je déteste me savoir aussi fade, vide et faible. Je ne veux plus être faible, je veux être libre de décider de mes pas, parmi les Jedi, d'aider ceux dans le besoin, de protéger les faibles. Pas me comporter ou pis encore être faible devant un Maître. Comme je viens de le faire magistralement concernant l'escrime et la possession d'objets personnels. Je n'aime pas ces émotions, je les refoule, comme d'ordinaire. Je rebâtis des murailles entre moi et le monde extérieur. Je ne peux aller plus loin aujourd'hui... avec le temps sans doute... je lui jette un regard d'excuse et me replonge dans le silence, dans l'attente d'une remarque peut-être sévère et justifiée de ce que je juge un manquement de ma part...

Pourtant, il ne fait pas mine de revenir sur sa décision, et m'invite même à le suivre, après la proposition d'aller voir des holocrons encore inconnus des plus alléchantes pour la grande curieuse que je reste. Déjà juste le voir, voir l'objet de mes propres yeux, ce serait source d'une immense joie pour moi, comme le démontre mon attitude précédente. Le sourire me revient immédiatement aux lèvres. Avec grand enthousiasme j’acquiesce vivement, les yeux bleus pétillants tandis que je récupère d'une main le sabre-laser que j'allais bientôt laisser derrière moi, et approuve alors :

- Ils viennent d'une époque si lointaine, le savoir qu'ils doivent renfermer doit être unique et précieux ! Vous avez ma parole Maître, je ferais très attention... j'aurais vraiment le droit de les manipuler ? Je... vous me faites là un grand honneur !

J'ai toujours eu un respect fou pour les objets transmetteurs de savoir, du plus simple au plus abstrait, et plus encore pour les plus anciens d'entre eux, du respect et un enthousiasme des plus évidents. Le sourire aux lèvres, j'accompagne mon nouveau Maître, légèrement en arrière avec la distance de respect entre apprentis et Maître. Il me faudra sans doute un peu de temps pour me libérer de ma réserve et discipline naturelles, mais je veux bien croire que Maître Greystone puisse, ait une chance d'y arriver. Déjà que le pas réalisé en ce jour était vraiment digne de salutations respectueuses. Un très léger rire amusé et délicat contenu entre mes lèvres et mon masque de calme, bientôt éteint, vint répondre à son clin d'oeil, le laissant me guider tout en réfléchissant aux réponses que j'avais eu ces dernières minutes. Le déménagement du peu d'affaires que j'avais serait donc à faire dans la journée. Durant le déplacement je songe à l'appareil présent dans le sac qui bat contre ma hanche, en bandoulière sur mon épaule. Trop excitée de joie sur le moment pour ressentir la moindre fatigue, je le payerais sans doute le soir venu. Le corps a ses limites et celles du mien sont particulièrement restreintes. Enfin...

Je suis sous l'emprise de l'émerveillement le plus intense quand nous gagnons l'endroit voulu, radieuse et lumineuse comme jamais. Des objets oh combien anciens et oh combien précieux y étaient soigneusement préservés, étudiés et conservés, que je m'amuse à essayer de deviner et d'identifier de loin. Je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'oeil curieux aux parchemins protégés par un verre spécifique, n'arrivant toutefois à déchiffrer ou même décrypter ce qui était marqué dessus. Mon regard d'azur s'éleva ensuite vers les sabres - Force ce que la Force entourait un peu ces objets ! - puis vers les cristaux. Puis je me concentre de nouveau et rejoins rapidement mon nouveau Maître d'un pas mesuré et discret - je n'ai pas de grandes jambes et je suis petite et légère, donc - voyant le must sans doute de la salle : un véritable holocron ! Son savoir m'était-il accessible ? Le plus souvent, c'étaient les Maîtres et Chevaliers qui y avaient accès, moins souvent des padawans et je ne parle pas des initiés, à cause de certains contenus à ce que j'ai pu comprendre. Fascinée, je regarde Maître Greystone poser sa main dessue, une brume s'élever et moi rester légèrement en retrait, timide et réservée, décidée à savourer ce simple moment. Un élan de gratitude et de sympathie flotta dans la Force, émanant de moi vers mon Maître, un léger sourire aux lèvres, les yeux pétillants de joie simple et pure. Il me faisait confiance, je m'en sentais honorée, plus que je ne pensais être digne de l'être, mais non pas moins touchée.

"Salutations, jeunes Jedi. Je suis le maître Jedi Odan-Urr, gardien de la grande bibliothèque d'Ossus. Que désirez-vous savoir ?"

Fascinée, je regarde la silhouette d'un Draethos émerger de la brume et s'adresser à nous, comme un rappel figé dans l'éternité d'un grand personnage du passé, un Maître Jedi emplit de sagesse. Ossus ! J'en ai entendu parler en cours, et dans les quelques ouvrages que j'avais pu consulter à mon niveau ! Des étoiles pétillent dans mes yeux d'émerveillement sincère mais je reste silencieuse, me contentant fort bien d'un simple rôle de spectateur. Me mettre sous les projecteurs, ce n'est vraiment pas mon...

"Maître Odan-Urr, je suis le maître Jedi Aldrian Greystone et voici ma Padawan, Lenia Séry. Je pense qu'il y a quelques questions qu'elle souhaiterait vous poser"

Pardon Shocked ?! Surprise, il me faut de peu pour que j'en garde la bouche ouverte quelques secondes sans ma maîtrise Jedi. Je suis de la partie moi aussi, modeste et fraîchement padawan de mon état ? Maître ! Je... je tourne mon regard bleuté inquiet vers lui, constatant son sourire aux lèvres et le signe m'invitant à avancer. Bon. Pas que je veuille pas, mais je ne suis pas très rassurée, ne me sentant pas digne de cet honneur. Jetant un dernier regard interrogateur à mon nouveau maître, je m'avance lentement avec respect, regard et tête baissés humblement, réfléchissant à quelque question que je pourrais poser en dépit d'un certain stress. Evidemment, c'est toujours quand je peux poser les questions que ces dernières prennent la fuite à toutes jambes ! Grr ! Me calmant immédiatement, je finis par demander d'une voix posée et douce :

- Bonjour, Maître Odan-Urr. Je... pourriez vous me parler de Meetra Surik, celle que l'on a appelé aussi l'Exilée dans l'Ancienne République, s'il vous plait ?

Pourquoi cette personnalité en particulier ? Sans doute par son aspect mystérieux, les multiples légendes et exploits qui l'entouraient. Je n'ai guère eu de renseignements sur elle en tant que Initiée dans les documents m'étant accessibles dans les Archives, et j'ai entendu des bruits la concernant dans les légendes de Dantooine. Elle me permettrait donc ainsi de mieux comprendre l'un des épisodes de ma planète natale, et aussi d'écouter des renseignements sur la vie d'une légende incarnée. Il me semble qu'elle est aussi mystérieuse que puissante et sage, qui a oublié qui elle était elle aussi fut un temps. Donc j'aurais quelque chose à en retenir, liée à l'histoire de ma planète, de l'ordre et plus encore... si toutefois l'on veut bien me répondre, si cela ne dérange pas mon Maître et si j'ai le droit d'avoir des informations. S'il y avait refus je comprendrais. Dans le doute, je tourne mon regard vers Maître Greystone pour avoir son accord. C'est plus correct je trouve.
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La Novice et le Mando [PV Lenia Séry]

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