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Du bruit qui pense [Pv Bahima]

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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Ven 28 Mar - 12:12

    L'endroit encourageait chez Tirésias une certaine nostalgie, renforcée du fait que le temple où il avait reçu son enseignement avait en quelque sorte disparu. En apparence, la comparaison était inutile, ridicule, mais c'était plutôt dans l'atmosphère que le loup retrouvait des souvenirs, l'âme de son ordre n'étant pas si différente ici que sur Naboo à l'époque. La bonne époque.

    Pourquoi rester ici? Ce n'était pas dans le genre du chevalier de se faire souffrir de la sorte bien que la mémoire avait une place importante dans sa vie et que l'ignorer serait folie, mais derrière cette méditation douloureuse, un réconfort mélangé à l'amusement, une série de sentiments positifs qui reprenaient peu à peu leurs droits dans le cœur serein du jedi qui admirait les lieux. L'architecture pouvait l'occuper pendant des jours, les jardins même l'absorbaient, le laissant dans une admiration totale qui ralentissait ses pas, son regard borgne se perdant à l'occasion sur les novices qui profitaient du beau temps pour recevoir de précieux savoirs que Tirésias avait reçu avant eux, il y a bien longtemps maintenant.

    Inutile de s'imposer, de s'inviter à un cours comme s'il était un héros ou un vétéran connu, le shistavanéen se contentait tout juste de sourire tendrement derrière ce masque lui servant de visage et il continuait son petit bonhomme de chemin, les doigts entrecroisés dans son dos, cachés par les longues manches de son manteau brun alors que des lumières constellaient les parts mécaniques visibles de son être, preuve d'un trafic d'informations plus important que coutume. Son vaisseau devait être en orbite, l'observait même peut-être et se demandait pourquoi il ne remontait pas à bord maintenant que la messe avait été faite pour la disparition du Grand Maître.

    Encore quelques cliquetis métalliques, des bruits dignes du robot qu'il était certainement devenu et le grand chien arrêtait sa balade, face à un petit groupe d'apprentis qui faisait fièrement face à des droïdes leur tirant dessus sous la surveillance d'un maître.

      « - Je suis dans un lieu d'apprentissage alors autant apprendre. »


    Tirésias se retenait mais la réaction agacée de ses compagnons inhumains lui enlevait un léger rire qui lui servait en même temps d'élan pour reprendre son exploration admirative. La prochaine étape était le grand hall où trônait le Grand Holocron… Cet artefact avait été son plus grand allié alors qu'il n'était qu'un padawan et nombre de nuits blanches avait été causées par cette véritable muse qui héritait d'une tendre attention de l'homme-loup lorsque ce dernier grimpait les marches pour atteindre le second étage, sa prothèse caressant la rambarde comme pour être sûr que le chevalier ne rate par un degré, trop attiré par l'holocron qui, comme le temple tout entier, amenait sa série de vieilles histoires dans la tête de fer canine qui chantonnait des rythmes de son enfance, des mélodies poussiéreuses pour beaucoup.

    Encore des salles remplies d'élèves et encore une fois, des paroles que le chevalier avait déjà entendu que ça soit dans la nuance ou dans la forme la plus brute et la plus semblable. Si cela n'avait rien de surprenant à première vue, le cyborg semblait l'être tout de même, comme par politesse ou bien alors l'était-il car il était étonnant pour lui de voire qu'il avait tout retenu, malgré tout ce temps ayant fui, malgré son caractère à l'époque de louveteau arrogant ou plutôt insouciant. Ce qu'il était exactement hier dépendait du point de vue de ses professeurs et de leurs manières d'amoindrir ce qu'on pouvait nommer erreurs de jeunesse.

    Dans les enseignements disposés, les plus intéressants du jour n'étaient pas dans les amphithéâtres mais bel et bien les plus discrets qui se cachaient dans de vastes pièces résolument modestes et rien à faire, Tirésias parvenait à arriver en retard au cours qui avait tout son intérêt du moment, celui de musique dont le titulaire avait intégré récemment le Conseil. Bras croisés en face de lui, cachés dans les manches de son long manteau, le casque caché par la capuche brune, on pouvait deviner ses babines souriantes derrière les plaques d'acier qui expliquaient à elles-seules le pourquoi de cet étrange surnom de Sans-Visage.

      « - Bonjour Maître Vulu Bahima Zacha'ra Jayedon. Suis-je en retard pour la leçon? »


    Le chevalier était clairement présent pour sa propre curiosité. Il avait une bonne oreille du fait de sa race quoique ce n'était pas du niveau d'un bith et tous les appareils qui formaient aujourd'hui son corps étaient à la fois qualités et défauts que Tirésias voulait mettre à profit de la musique qui, d'après certaines races, était l'une des premières formes de langage, admirée et pratiquée par bien des civilisations au point que le jedi se sentait ridicule malgré tous ses savoirs de ne jamais s'être réellement spécialisé dans un instrument. Lui qui était un maître populaire dans les armes, l'ironie était que toute une 'gamme' d'un arsenal réputé lui était encore inconnue et c'était pourquoi il était encore ce même élève qu'il y a plus de dix ans, toujours à vouloir tout savoir, toujours avec cette surprenante capacité de réussir et à s'intéresser plus qu'un autre…
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Bahima Vulu
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Lun 31 Mar - 0:54

    En tant que musicien de renommée galactique depuis mon jeune âge, on m’avait donné, sur Naboo déjà, la charge de dispenser des cours de musique à tout Jedi qui le souhaiterait. Mes cours avaient produit de bons éléments par le passé, et la réputation des prestations de l’orchestre du Temple de Naboo, avant mon départ chez les Sith, n’était plus à faire. Mais la guerre avait décimé mes musiciens, et je dois avouer qu’être l’un des seuls artistes de notre Ordre ne m’enchantait pas. Mille rancors ! Comment les Jedi pouvaient-ils si peu s’intéresser à l’art, alors qu’ils étaient censés être des érudits ?

    En tout cas, j’essayais, depuis mon retour, de reformer un orchestre digne de ce nom, et mon nouveau statut de Maître au Conseil me faisait bénéficier d’une visibilité accrue. Visibilité qui portait déjà ses fruits, puisqu’un jeune Chevalier m’avait déjà contacté. Je m’étais renseigné sur lui après qu’il m’eut demandé des cours. Ancien apprenti des Maîtres Galore et Aldozatot (des noms qui me disaient quelque chose, mais ne m’avaient pas laissé un grand souvenir…), c’était un cyborg Shistavanéen. Chose fort intéressante, son dossier indiquait qu’il rechignait à faire un usage de la Force aussi systématique que les autres Jedi. Peut-être serait-ce un bon musicien, si seulement sa partie cybernétique n’handicapait pas son humanité.

    Il n’avait pas précisé ce qu’il recherchait précisément dans la musique, mais il m’avait paru très motivé, ce qui n’était déjà pas trop mal. Je lui avais donc donné rendez-vous dans l’une des salles de méditations inoccupée du Temple de Tython, qui disposait d’une acoustique potable et d’un décodeur de datapad sur lesquels j’avais enregistré plusieurs pistes musicales. Avant de commencer quoi que ce soit, je voulais parler avec lui et mettre son oreille à l’épreuve.

    Comme je méditais en l’attendant, je le sentis arriver juste avant qu’il n’ouvre la porte. Il me trouva assis face à lui, les yeux grands ouverts, mes robes noires disposées harmonieusement autour de moi. Ma clarinette était dans son étui, dans un coin de la pièce. Il s’inquiéta de son retard, une notion que j’avais du mal à cerner. Ce rigorisme scolaire était contre-productif, et si je comprenais son intérêt dans une classe, je ne voyais guère ce qu’il pouvait apporter de vertueux dans un cours particulier.


      - Bienvenue, Chevalier. Où donc avez-vous trouvé tous mes prénoms ? Vous avez consulté les dossiers du Temple ? Quoi qu’il en soit, un simple « Maître » ou « Maître Vulu » suffira. Ne vous embarrassez pas de tout ça.


    Tandis qu’il s’asseyait en face de moi, légèrement intimidé (ce fut mon impression), je croisais tranquillement mes bras, mettant la main droite dans la manche gauche et vice versa. Ce colosse de poils et de métal devait être assez terrifiant pour quiconque ne savait pas qui il était. La moitié de son visage était mécanique, en plus d’un bras, et ce n’était que ce que ses vêtements ne cachaient pas. Il serait fascinant, je pense, d’étudier comment un tel cyborg appréhenderait la musique.


      - Vous n’avez aucun retard. L’heure que je vous avais donnée n’était pas du tout exhaustive, mais j’apprécie votre sens de l’exactitude, même s’il est contrebalancé par un certain laisser-aller. Bien. Commençons, si vous le voulez bien. Je ne vais pas vous mettre tout de suite un instrument dans les pattes. Il faudra d’abord en trouver un qui vous convienne, mais avant toute chose, je veux que nous parlions un peu. J’aime savoir à qui j’enseigne, alors répondez-moi clairement, et n’hésitez pas à développer : pourquoi voulez-vous faire de la musique ?


    Cette question, d’apparence très simple, pouvait révéler une large part de la personnalité d’un élève, et quel rapport il entretenait au monde, métaphysiquement parlant. Certains voulaient apprendre pour s’en servir comme d’un moyen. D’autres venaient par conformisme, parce que faire de la musique était bien considéré. D’autres encore venaient pour leur propre plaisir quotidien. Peu venaient pour l’art, peu avaient l’ambition d’être un jour des musiciens d’exception. Souvent, les Jedi avaient du mal à distinguer la prétention, proscrite, et l’ambition, qui ma foi était le moteur du monde conscient. Pas une ambition de domination, mais une ambition de gloire, d’être supérieur à soi-même. Pas une soif de renommée, mais un désir de grandeur pour la grandeur ; quoi de plus grand en effet qu’un musicien de génie ? Et surtout, beaucoup de Jedi associaient la pratique de la musique à celle de la Force. Or, si la musique éclairait la Force, et que la Force éclairait la musique, surtout lorsqu’on la percevait comme tissu de sons, à mon instar, il fallait toujours séparer leur pratique. On ne devenait pas musicien en se servant de la Force, mais à force de travail, d’écoute attentive, d’application… C’était la main et l’oreille du Jedi qu’il fallait exercer. L’esprit, lui, était naturellement réceptif, et ceux qui pensaient pouvoir atteindre tous les bienfaits de la musique par sa seule action se trompaient lourdement.

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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Lun 31 Mar - 4:53

    Le manque de surprise du jedi faisait à nouveau sourire l'homme-loup qui remarquait bien vite la solitude de son homologue en enlevant ce vilain casque qui cachait son visage, comme pour tenter de l'effrayer une seconde fois vue que sa simple apparition n'avait rien éveillé de particulier dans ce large regard noir. Rien à faire, cette plaisanterie qui marchait habituellement sur les enfants n'avait aucun effet sur le bith à la légère déception du chevalier qui s'approchait à nouveau, prenant place comme celui-ci lui indiquait. Si Tirésias avait exploré les dossiers du Temple ? Bien sûr. Cela devait être une question rhétorique qui n'héritait d'ailleurs que d'un simple sourire, assez tendre à cause de la naïveté de cette curiosité du musicien, alors que le shistavanéen décidait de l'écouter une fois de plus, acquiesçant sa proposition de le nommer simplement 'Maître Vulu' au besoin en même temps qu'il se décidait à parler, étant persuadé que son supérieur avait fini sa tirade.

      « - Merci Maître Vulu de m'accorder un peu de temps et effectivement, j'ai toujours apprécié consulter les dossiers mais cela doit être indiqué dans le mien que vous avez déjà vous-même lu, n'est-ce pas ? »


    Il aurait été triste que le bith ne soit pas assez intrigué pour jeter un coup d’œil au cas de son élève particulier du jour comme le shistavanéen l'avait fait avec son professeur d'exception, celui que les rumeurs disaient génie des arts et en même temps, personnage inquiétant. Probablement ce passé plus sombre que le chevalier préférait oublier derrière un sourire, mélange de confiance et de bonheur. Qu'il était confortable ce fauteuil ! Rien à voire avec les antiquités dures de son vaisseau.

    Un certain laisser-aller ? Tirésias était idiot de fondre sur son siège alors que son professeur lui faisait justement une reproche à ce sujet mais la situation n'en était que plus amusante bien que le chevalier tentait l'effort de se redresser, de se tenir droit et fier pour montrer sa belle carrure et ses atouts métalliques qui étaient devenus 'lui' avec les années et la force de l'habitude. Si le seul problème paraissait être celui-ci, l'éliminer ne devait pas causer trop de soucis mais ils ne se réunissaient pas dans cette optique à ce que je sache.

    Comment le maître pouvait-il prétendre vouloir savoir qui était le loup ? Vulu devait être au courant de bien des choses mais s'il demandait, qui était Tirésias pour refuser de livrer l'un ou l'autre mystère de sa personne ? Le moment flottait dans le temps, agréable, lent sans l'être et la réflexion prenait place, la main de fer du colosse ébouriffant les poils de sa mâchoire aux faux airs humains. L'humain l'ayant pris sous son bras lorsqu'il était padawan lui avait posé une question très semblable, une demande à propos de la voie qu'il désirait prendre et quoiqu'ici, aucun rang ne pouvait lui être refusé s'il répondait mal, le chien prenait tout de même de la marge pour réfléchir, pour la politesse de ne pas dire une bêtise trop insultante aux organes auditifs de Jayedon.

      « - Il serait plus intéressant de se demander pourquoi d'autres n'en font pas... »


    S'arrêter là ? Mauvaise idée. Le maître voulait que son élève développe et cette phrase n'était là que pour servir d'introduction. Prenant appui avec ses coudes sur ses genoux détruits, l'ancien élève de Galore présentait son horrible truffe balafrée de plus près, un air plus sérieux au museau comme si la concentration était de mise à chaque fois qu'un mot dépassait le portail carnassier de ses dents.

      « - ... Sans mentir, la curiosité. Le besoin de savoir de quoi je suis capable et peu importe si jamais je ne parviens à égaler les orchestres ou dépasser les grands musiciens de jadis, la seule personne que je veux dépasser n'est que moi et seulement moi. Après, la musique est un langage que j'apprécie mais comme l'art oratoire, ne faire qu'écouter me semble plus arrogant que l'essai. Si plus aucune musique ne me plaît dans un coin sauvage de la galaxie, je veux pouvoir l'inventer et émerveiller les enfants et les vieux, faire danser les bêtes et les astres si cela veut dire offrir la joie. »


    Un horrible musicien, voilà ce que ces mots disaient.

    Tirésias ne voyait pas le drame des opéras dans la mélodie d'un instrument tout comme il ne pouvait pas imaginer la violence des percutions soulignant les textes épiques de tavernes; il ne voyait qu'une joie omniprésente, dès fois perverse et cachée, mais toujours là même dans les pleurs d'un violon. Cet homme-bête n'était pas le plus doué pour parler ou flatter l’orgueil d'un bith amoureux de sa clarinette, sa nature d'ermite pouvait bien entendu expliquer pourquoi le loup était un abruti maladroit mais après tout, il était bien ce qu'il semblait être : une bête violente mais une bête curieuse. Venir pour profiter de Vulu ne semblait pas être son genre, ne semblait pas être son but. Il y avait dans son regard d'or et d’émeraude l'envie des savoirs du musicien pour ensuite répandre une Bonne Parole qui n'inquiétait pas l'Ordre auquel les deux jedis étaient affiliés, juste l'envie d'un frisson parcourant ce qui lui restait de ses oreilles si magnifiques auparavant. Comme une envie d'une musique qui allait crescendo !

    Avec une gueule si extravagante, pouvait-il seulement espérer faire sortir quelques notes qui plairaient ? Tirésias s'en moquait pour l'instant, il voulait se plaire à lui-même car après tout, avant d'aimer il fallait d'abord s'aimer soi-même et ce nombrilisme deviendrait amour universel, le même que le jedi éprouvait déjà à travers les autres arts qu'il avait apprit à apprécier. Mais cela devait être aussi inscrit dans son dossier.
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Bahima Vulu
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Lun 31 Mar - 6:59

    Je sentis tout de suite que le Shistavanéen n’était pas un imbécile, et que sa vivacité n’était pas due à ses implants. Un peu rustaud, certes, mais peu m’importait, dans ce contexte. Je n’étais pas avec lui dans un jeu politique. Mon objectif n’était certainement pas de l’impressionner, car nous étions là d’égal à égal… théoriquement, du moins. En fait, à défaut de mener une véritable réflexion sur la musique, comme je l’avais fait à maintes reprises, le Chevalier avait un rapport très spontané à l’art, et je sentais en lui une force de vie rare. Quand il parlait de la joie, il y croyait véritablement. S’il ne ferait peut-être pas un immense virtuose, au moins mettrait-il du sien dans ses productions.


      - Dispenser la joie est un but très louable. Ce n’est pas pour cela que j’enseigne la musique ici, mais si vous vous en servez ainsi, je vous encouragerai de bon gré. Vous savez, Tirésias, les Jedi sont bien souvent tellement tournés vers la Force qu’ils en deviennent absolument contemplatifs. Beaucoup vous diront que non, qu’ils ne sont pas des reclus, mais ils se trompent. Malgré leurs actions, toute leur vie est attachée à la Force. Ils en dépendent, et une fois coupés d’elle, ils sont impuissants.

    Ce que j’exposai là à mon nouvel élève potentiel était l’une des plus grandes tares des deux Ordres, à mon sens. Jedi et Sith travaillaient tant à maîtriser leur pouvoir surhumain qu’ils en oubliaient souvent leur humanité.


      - Ce que je veux vous dire, Chevalier, c’est que vous êtes Shistavanéen avant d’être Jedi. J’ai lu dans votre dossier que vous rechigniez à vous servir de la Force. Je ne sais pas pour quelle raison, mais cela vous donne un intérêt insoupçonné par beaucoup de nos camarades. Si d’aventure vous étiez un jour séparé de la Force, ce qui s’est vu régulièrement, vous pourriez encore compter sur vos autres forces, celles de tout un chacun, et vous ne seriez pas réduit au désespoir. Vos talents, ceux qui ne vous viennent pas de vos midi-chloriens, peuvent donner un sens à votre vie. La musique en fait partie. J’insiste particulièrement pour que vous compreniez qu’il est inutile de venir apprendre ici si vous souhaitez vous servir de la Force pour pratiquer de votre instrument, en accélérant le mouvement de vos doigts ou que sais-je. Bien entendu, vous pourrez le faire pour développer votre aptitude plus rapidement et devenir plus adroit, mais apprenez en priorité à ne pas vous en servir.


    C’était là pour un Jedi, me semblait-il, l’intérêt premier de l’art en général, et de la musique en particulier. Une autre voie pour la pensée, l’extase. Et en même temps un travail acharné pour parvenir à un résultat. J’avais eu la chance d’être naturellement très doué et dans la Force et dans la musique, mais le travail musical s’était toujours avéré bien plus ardu et bien plus formateur que le perfectionnement de mon potentiel de la Force. La Force ne nécessitait aucune jugeote. Elle entretenait, au fur et à mesure qu’on la développait, ce que j’appelais un « rapport magique au monde ». La musique, elle, ramenait le praticien sur terre : il y avait des difficultés que seul l’effort et la persévérance pouvaient surmonter. Savoir jouer et surtout savoir créer étaient des compétences que la Force ne donnait jamais.


      - Vous êtes judicieux, Tirésias, lorsque vous dites qu’il faut essayer et ne pas seulement écouter. Ecouter béatement et s’extasier devant le « génie » de tel ou tel est une imbécilité. Bien entendu, certains sont naturellement mieux disposés que d’autres pour la musique, mais ne jamais essayer et s’en défendre par l’argument « Celui-là est un génie, je ne pourrai jamais l’égaler, alors à quoi bon ? », c’est fuir la difficulté à bon compte. Une vraie lâcheté. Aussi, j’apprécie que vous soyez venu. Commençons la pratique, si vous le voulez bien. Je vais vous passer quelques airs, que vous devrez chanter en même temps que je les jouerai, pour que vous puissiez sentir si vous êtes dans le faux. Je veux juste évaluer votre oreille. J’espère simplement que vous n’avez pas d’implant qui étalonne les sons dans votre machine intégrée, sans vouloir vous vexer. Il n’y a rien de pire que d’essayer de faire de la musique grâce à de l’électronique.

    Je me levai pour aller allumer la console à datapad et prendre ma clarinette, que je sortis de l’étui. Je retournai m’asseoir face à mon potentiel futur élève, et je démarrai la piste sur la console, à distance, grâce à la Force. J’avais choisi un morceau assez connu, mais dont la rythmique en perdait plus d’un, car c’était avant tout le rythme que je voulais éprouver chez mon élève. Certaines personnes avaient inexplicablement un manque de sens rythmique impressionnant, qui les empêchait de produire quoi que ce soit de potable. Et si une oreille un peu fausse pouvait parfaitement et même aisément se corriger, une incompréhension du rythme était une tare presque impossible à effacer, et qui mettait ma tolérance à rude épreuve. Je voulais bien des élèves médiocres, mais pas piètres. La piste s’arrêta. Je me préparai à jouer le thème pour accompagner Tirésias.


      - Attention, chantez le thème. 1, 2, 3, 4, 5…

    Je soufflai dans la clarinette, et le Shistavanéen se mit à chanter.


La musique à laquelle je pensais :
 
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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Lun 31 Mar - 8:16

    L'Art ou la Force, le bith n'appréciait pas trop qu'on compare ces deux choses mais le chevalier n'hésitait pas à le faire par moment. Pourquoi ? Parce qu'on parlait d'alliés, de choses 'vivantes' et non pas d'outils comme certains jedis considéraient la Force comme une arme ou encore certains musiciens considérant leurs talents comme un moyen de gagner facilement et seulement ainsi. Tirésias aimait mettre de la vie dans tout ce qu'il faisait, ça lui accordait une sorte d'intensité le rendant plus humain sans pour autant plonger dans l'exagération, il était shistavanéen, pas zeltron ! Et en plus de ça, c'était un jedi assez sage par moment et il en avait une partie de la philosophie, point qui allait probablement énerver le maître, celui-ci ayant du mal avec l'étroitesse d'esprit à en croire les légendes à son sujet ou bien, les rapports que le cyborg avaient lu avec ses talents à lui avec la technologie. Était-ce légal ? Peut-être pas, mais l'erreur si elle existait n'était pas trop grande, tout juste si on allait lui taper sur la patte après parce qu'il était fouineur.

    Oui, ça l'énervait et il le disait lui-même, le loup l'écoutant avec intérêt que ça soit avec ce qui lui restait d'oreilles ou avec ses divers capteurs qui se mettaient à clignoter à un rythme régulier, comme une respiration virtuelle et incompréhensible pour un être organique. Les mots de cet homme faisait naître une pensée particulière, celui du cas de Tirésias. Il était un peu marginal, se plaisant à tourner dans la Bordure Extérieure et à fréquenter des lieux peu adéquats pour un envoyé de la Force alors dans ce sens, il était reclus. Il vivait également pour cette entité que son ordre vénérait et bien qu'il n'en abusait pas comme la plupart, il la respectait et respectait ceux qui l'adoraient bien que cette voie-là lui semblait être un cran au-dessus de ce qu'il était personnellement capable de faire. Trop scientifique peut-être.

      « - J'ai entendu dire que je survivais bien même lorsqu'on me retirait certains éléments indispensables pour un autre mais je crains ne pas pouvoir prétendre vivre sans la Force. C'est une voie de faible que celle de dépendre mais après tout, si cela peut aider un frère à en sortir plus grand, pourquoi pas ? Comme un musicien faisant de la musique pour soulager les cœurs en peine, je trace mon chemin dans un 'but louable' comme vous le dites. »


    Se confier faisait du bien et aidait Tirésias à développer certains de ses propos sûrement un peu flous pour le maître en face de lui. Il n'y avait pas de tristesse sur la truffe blessée mais l'image affligeante de quelqu'un qui ne voulait plus faire marche arrière, quitte à se laisser-aller vers la Force car après tant d'année à l'éviter un maximum, la nouvelle de son pèlerinage indiquait bien que le shistavanéen tentait de s'approcher de ce pouvoir pur dont la dépendance n'était plus à prouver, une preuve simple étant cette discussion qu'il avait avec Vulu. Même s'il restait capable de décapiter un homme, même si la Force ne lui servait à rien d'après les apparences, l'idée de son absence affectait le canin qui détournait le regard, comme pour imaginer cette vie en solitaire. N'était-il donc qu'un vieil ermite trop attaché à sa canne ?

    Le discours du professeur ramenait assez vite l'intéressé à la réalité et il était réconforté dans ses choix. Un vieux ? Où ça ? Sa race était connue davantage pour les talents de pisteur et de mercenaire, leurs sens surdévelopés le permettant aisément mais malgré tout, la Force rejoignait une fois de plus l'équation et une image sympathique faisait sourire le chien. Il y avait une chose que ces curieux pouvoirs permettaient de faire et que Tirésias voulait essayer un jour, un jour encore lointain pour être totalement honnête.

      « - La Force peut être vue comme un instrument. Pas au sens mauvais du terme bien sûr, je doute qu'un artiste tel que vous puisse voire son compagnon si mélodique comme un vulgaire objet qu'on utilise. Mais avez-vous déjà tenter de simuler une troupe à vous seul grâce à votre maîtrise de la Force ? Cela pourrait être amusant, avec des airs de rêve d'enfant. »


    Tel un magicien à la longue barbe grise, Tirésias s'imaginait chanter en mouvant un monde entier autour de lui d'objets s'animant à son bon désir. Donner vie à de la porcelaine grâce à la Force, faire souffler le vent dans un trombone pour compléter le son d'un autre instrument à cordes. Comment pouvait-il espérer jouer de deux pianos simultanément sans user de ses midi-chloriens ? Oui, l'enseignement accélérait et ce n'était pas dans les intentions du loup qui acceptait les décisions de son supérieur d'un bref mouvement de la tête positif mais ultérieurement, n'était-ce pas là un excellent exercice pour le maniement de sa magie en plus de lui apprendre à ressentir différemment les touches de ses amies blanches et noires ? L'idée le laissait rêveur, à moins que cela soit encore la gestion des fluides de son côté droïde qui partait en vrille et le droguait sans qu'il ne s'en rende compte ? Qui sait ? Tirésias était encore opérationnel, du moins pour discuter et le reste, il fallait voire par la suite.

    Un merveilleux défi se présentait justement et alors que le jedi planait légèrement, il souriait béatement à son maître qui le complimentait en rajoutant qu'ils allaient entamer la pratique. Étrange, Tirésias croyait que la discussion allait être plus longue et son oreille s'agitait déjà aux nouvelles interrogations, ainsi qu'à la rumeur du premier son qui pouvait venir. Inutile d'utiliser la Force et même la technologie était bien fade en ce jour, le loup souriait en acceptant encore une concession à Bahima et portait sa main vers sa tempe de fer, exerçant une petite pression qui éteignait diverses loupiotes et laissait le jedi affaibli mais plus sincère. Le mensonge était une qualité certes, mais cela dépendait des moments et maintenant, il fallait un peu de sincérité, accepter d'être un shistavanéen avant d'être un jedi, avant d'être une machine terrifiante bonne pour les contes pour padawans. De toute manière, de par son sang, il avait une oreille quasi-absolue mais peut-être que ses compétences de solfège allaient le décaler un peu, le bloquer quant à la présentation de ce talent racial qui l'éloignait de l'humain sans le faire aller dans les sphères des biths qui voyaient le son comme un homme voyait les couleurs d'un tableau.

    Tirésias ne voyait pas les choses comme Bahima, dans tous les sens du terme et les rythmes qu'il entendait, il fermait les yeux pour mieux les sentir, oscillant faiblement la tête comme le mouvement répétitif du métronome. Sans les bruits des appareils internes, la triche était moins simple mais également moins nécessaire, le loup pouvait très bien dessiner dans son esprit comme un jeune apprenti pour mieux se représenter ce qu'il devait reproduire, tenter de refaire les partitions bien qu'elles devaient encore être loin de la réalité, le chevalier n'ayant pas réellement les mêmes signes que le maître musicien en face de lui et pourtant, ils voulaient dire les mêmes choses !

    La seconde partie semblait cependant déstabiliser un peu le titan qui rouvrait alors les yeux, inspectant le clarinettiste comme pour s'assurer qu'un piège cruel n'était pas tendu mais qu'est-ce que ça aurait changé ? L'apprenti musicien n'était pas là pour jouer des sons enfantins et répétitifs de foire, il appréciait la petite difficulté tout en la replaçant dans l'ensemble, toujours sur ce 'petit dessin' afin de pouvoir la restituer ensuite. Le par-cœur, encore une spécialité du gaillard. Que de spécialités pour un imbécile !

    Naturellement, le jedi était timide au début de son exercice, la voix un peu enrouée ne portant pas très loin et restant assez grave bien qu'elle augmentait graduellement. Aucun problème pour souffler, une petite plaie à la gorge déformait possiblement le son du shistavanéen qui ne parvenait pas à rougir sous son poil à cause de l'application qu'il mettait à l’œuvre. Sur Naboo, il avait fait quelque chose de très ressemblant : copier une chorégraphie complète, il utilisait les notes produits par ses lèvres comme des petits coups parfois trop brusques mais sans déformer la piste clonée, tentant de rattraper le professeur lorsque le thème changeait légèrement pour ensuite se remettre à niveau, se souvenant des notes avant de les faire quelque fois, donnant des impressions d'hésitations sans pour autant le forcer à recommencer vraiment. Comme s'il traversait un échange de blasters, il pouvait prendre des coups et ralentir mais il continuait à avancer, revenant dans la moyenne par périodes où la musique semblait lui venir plus naturellement quoique sa voix pas très chanteuse pouvait venir gâcher le tout.

      « - Bon bon... »


    Les doigts caressant les bords du siège, le poilu semblait se remémorer sa performance en se boudant en même temps, le regard placé sur le côté et loin. Son œil éteint ne laissait plus l'éclat pourpre fuir par la lentille infra-rouge, restait bonnement dans la ténèbre recouverte ensuite par une main de Tirésias qui massait son visage avant qu'il ne daigne regarder à nouveau son inspecteur, ses mains se retrouvant l'une l'autre pour s'occuper, immobiles sans quoi la plus artificielle des deux se mouvait de manière hiératique, légèrement retenue par sa jumelle. Du stress ou bien un petit problème de programmation ? Probablement la seconde possibilité mais pour quelqu'un ne sachant pas, on pouvait confondre avec une légère inquiétude que le faciès canin ne laissait pas paraître.
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Bahima Vulu
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Mer 9 Avr - 1:28

    Le Shistavanéen semblait mettre beaucoup de cœur à l’ouvrage. Il avait éteint ses circuits, et chantait d’une voix un peu rauque des notes le plus souvent justes. Ce qui me frappa fut sa mémoire. Il n’avait entendu la musique qu’une fois, n’avait pas semblé la reconnaître, mais il avait été capable de me suivre avec justesse, et jamais il n’était sorti de la gamme. Il avait à coup sûr des prédispositions pour la musique, mais il n’avait pas l’air de s’en rendre compte.

    Le résultat n’était pas brillant, mais le chant était une discipline extrêmement difficile, surtout quand on avait les voies respiratoires un peu abîmées. C’était justement cela qui était notable, et qu’il fallait que mon élève comprenne : le cœur ne suffisait pas. La musique était avant tout un travail titanesque, une recherche ardue de la belle forme. J’étais plutôt satisfait du Shistavanéen. J’allais lui donner des cours, pensais-je. Mais il fallait qu’il comprenne bien ce que je voulais avant.


      - C’est bien, Tirésias. Vous avez à n’en pas douter une bonne oreille. Si vous travaillez dans les règles, vous pourrez faire un bon musicien. Je vais me répéter, mais je ne veux pas que vous fassiez usage de la Force pour augmenter votre potentiel physique. Comme lorsque l’on vous a appris à vous battre au sabre, il faut que vous fassiez des exercices sans l’aide de la Force. Ce n’est pas de la Force qu’il faut vous affranchir, car c’est notre vie, mais c’est de son usage. Vous devez être capable de ne pas vous en servir, et même de ne pas la sentir. La musique est une voie détournée, plus ardue mais plus féconde, pour accéder à la beauté. Et c’est une voie que vous pouvez partager.

    La musique avait cela de plus que la Force : elle permettait de créer et de transmettre. La Force, elle, était déjà, et il n’y avait nul besoin de la faire advenir. La musique venait du non-être, et nous la dévoilions. Quoi de plus formidable dans une vie ? Il me fallait cependant dès maintenant mettre le jeune Liffey en garde contre son cœur : seul, il était médiocre.


      - Je dois vous prévenir, avant que nous ne vous trouvions un instrument, que la voie sur laquelle vous vous engagez sera longue et difficile. Vous ne devrez pas vous satisfaire de votre production, et toujours chercher mieux, plus profond, plus grand, plus beau. J’ai vu que vous mettiez beaucoup de votre enthousiasme à chanter. Vous vous concentriez pour laisser parler votre intuition. C’est bien, mais ça ne suffira pas. La musique est un travail conscient et très complexe. Vous allez devoir entraîner votre corps pour vous adapter à l’instrument, puis entraîner votre oreille pour savoir déceler la qualité d’une musique. Voyez-vous, je veux que vous échappiez à cette simplification de la musique, qui consiste à en faire un son agréable. La musique peut être désagréable et grandiose. Faire de l’agréable est facile. Quel que soit l’instrument que vous choisissiez, vous y arriverez très bientôt. Faire de l’art, trouver une forme vraie, parfaite, c’est une autre affaire. Je ne doute pas que vous soyez capable de vous engager sur cette route, mais vous ne devez pas tomber dans les failles qu’elle comporte. Je vous y guiderai, si vous le voulez.

    J’avais mis les choses au clair. Tirésias ne devrait pas se contenter de réjouir et de plaire, il devrait faire du beau, faire advenir des sons aussi magnifiques, aussi vrais que la Force. L’art devait résonner en nous, en grillant les étapes de la compréhension, comme la voix pouvait parfois faire tinter le cristal. Il ne restait plus qu’à trouver un instrument adéquat à Tirésias.


      - Pour vous répondre, oui, j’ai déjà créé l’illusion de tout un orchestre en pleine symphonie, mais cela avait bien moins d’intérêt qu’un véritable orchestre. Quant à jouer de tous les instruments en même temps, grâce à la Force, c’est beaucoup trop complexe, même pour moi. Notre habileté à la manipuler ne peut remplacer une centaine de mains expertes s’affairant toutes à des tâches différentes. Rien ne remplace votre toucher. Ne perdez jamais, au grand jamais, de vue que la musique, c’est du muscle avant tout. Vous devez faire preuve de rigueur et d’exactitude avec vos mains. Vous pourrez vous exercer à créer des illusions de musique, ou à jouer à distance, mais la Force ne saura pas refaire ce que votre main fait. Conservez toujours cette idée. Bien. Je ne vais pas vous tester plus que ça. Votre première performance m’a permis de vous évaluer assez clairement. La suite de votre formation me précisera mes impressions. Il faut maintenant vous choisir un instrument, excepté si vous voulez chanter.

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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Mer 9 Avr - 5:27

    La seule chose dont Tirésias était sûr à propos de sa mémoire, c'était qu'elle était là, bien présente et impressionnante. Qui donc pouvait retenir le rythme dans un combat pour le briser, surprendre en intégrant à une équation déjà complexe des éléments progressivement, que ça soit avec ou sans circuit ? Dans son dossier, c'était peut-être le premier talent remarqué par l'Académie de Naboo et de cette base, il avait apprit à se battre avec les avantages que lui offraient son intellect ainsi que sa race, devenant un adversaire gênant pour ses acolytes lors des épreuves de duel... Un monstre probablement. Plusieurs fois par le passé, le Conseil avait grimacé en imaginant qu'il virerait du côté obscur rapidement à cause de la sauvagerie instinctive qui coulait dans son sang et ses actes apparents et seule la confiance du maître Galore permettait au gamin turbulent de continuer là où un jedi moins diplomate aurait tout juste éviter la cellule à un élève shistavanéen. Les rumeurs sur la boule de poils avaient toujours été présents, se vérifiaient de temps à autre mais bien entendu, restaient souvent des rumeurs, exagérées, grossies à l'extrême, là pour effrayer les plus crédules et les enfants. Ce qu'on entendait sur Tirésias faisait peur mais ce qu'il était vraiment... Un cyborg canin colossal avec un humour dès fois trop décalé pour un humain. Mis à part ça ? Rien de bien fascinant.

    Avec ce même humour, Tirésias écoutait son professeur et riait discrètement du regard, sans vouloir être mauvais, comme toujours. Vivre sans la Force... Il ne savait pas s'il en était capable mais se battre seul, il l'avait souvent fait et s'était illustré dans divers arts martiaux, accueillant avec le sourire un ennemi qui pensait que lui enlever son sabre ou son blaster allait suffire pour le faire flancher. Un Liffey plus méchant se serait amuser à arracher les têtes à mains nues ou avec les dents mais pas celui-ci, même si la décapitation restait un de ses 'jugements' qu'il appréciait pour freiner un fou dans son élan et bien évidemment, cela n'arrivait pas souvent. C'était une bête peut-être mais pas un tueur sanguinaire. Sa bouche n'était pas faite pour le chant, pas pour le carnage non plus, le chevalier n'était même pas doué pour les exposés, et restait muet la plupart du temps, de peur de dire une bêtise avec la maladresse qui allait étrangement de pair avec son intelligence.

      « - Le partage est lui-même l'une des choses les plus belles, je n'ai pas peur de me perdre dans un cycle pareil, maître Vulu alors permettez-moi de suivre cette voie détournée avec votre enseignement. »


    Tirésias finissait sa boutade d'un geste bref de la tête où il acquiesçait ce qu'il avait dit et ce qu'il avait entendu, sans s'attarder plus que cela. Pourquoi ? Un semblant de regret dans sa voix abîmée, tout bêtement un mot qui n'avait aucun rapport s'il était pris dans le contexte mais en dehors... Féconde ? Le terme tournait en boucle dans l'esprit du cyborg qui semblait s'y perdre quelques instants et à en croire ses habitudes, la moindre fenêtre devenait le plus bel échappatoire pour son regard presque fuyant en l'attente d'une reprise en main. C'était un homme et chacun avait ses problèmes après tout, même les jedis, si il devait être un exemple, les regrets disparaissaient naturellement et il souriait de son air franc et confiant à nouveau. Après une brève perdition, le chevalier Tirésias Liffey était à nouveau là, sur son fauteuil sans l'avoir réellement quitté, en pleine possession de ses capacités bien qu'elles fussent diminuées.

    Dur de rester dans ses pensées quand en plus, quelqu'un vous parlait. Vulu était lui aussi toujours là et parlait de la musique, de l'art, les distinguant ou plutôt installait une hiérarchie importante qui avait échappée au début au chevalier qui se trouvait encore une fois surpris dans son ignorance. Tout d'abord, il y avait l'envie de se vanter, de dire qu'une voie difficile ne lui faisait pas peur et après tout, l'Académie elle-même en était un bel exemple ou le fait qu'il ait souhaité entrer un peu plus en symbiose avec la Force plutôt que la fuir, elle qui était coupable quelque part de son état morbide! Tirésias voulait déjà se pardonner des défauts de sa première démonstration, bien que son professeur lui disait d'aller plus loin, de ne jamais être satisfait et encore une fois, le chevalier faisait le lien avec son maniement du sabre dont il ne pouvait pas sourire. Toujours un petit défaut, un petit manque pour trouver l'harmonie, le sublime, et il répétait les même gestes depuis deux décennies à la recherche d'une nuance qui l'émerveillerait à coup sûr. La musique jumelait cet art du jedi mais pour ça encore, il se taisait, souriant d'un air sûr de lui mais toujours poli, penchant légèrement la tête sur le côté pour rassurer le bith.

      « - Ô vous savez, les shistavanéens s'adaptent très vite de ce que j'ai pu entendre sur eux. »


    Ne pas tomber dans quelque chose de trop facile, Tirésias était d'accord et acceptait la proposition du professeur d'un nouveau geste de la truffe mais avant tout, il fallait qu'il essaie seul avant d'aller demander de l'aide à quiconque, qu'il sache de quoi il était capable ! Sûrement que le chien allait se perdre au début mais comment avaient faits les premiers artistes, lorsqu'il n'y avait personne pour leur dire comment souffler, comment actionner les bonnes touches ? Un simple retour aux origines... Non, les mots étaient trop fades pour refléter la vérité, il n'y avait rien de correct ou peut-être un bruit distordu que l'âme du chevalier ne comprenait pas encore. Un sublime ailleurs qu'il devinait peut-être derrière les phrases de Vulu, comme un enfant tentant d'imaginer la galaxie d'avant avec les souvenirs d'un vétéran. Bien sûr, le musicien ne pouvait pas tout lui apprendre, il faudrait à Tirésias du temps pour découvrir par lui-même mais un obstacle plaisait davantage si on était accompagné et bien que Vulu avait ses propres rumeurs à son sujet, son invité semblait le considérer comme un bon ami quoiqu'il ne le connaissait en réalité pas plus que ça.

      « - Nos erreurs sont des signatures complexes, je suppose que c'est pour cela qu'un orchestre est trop compliqué car avec la Force, ce n'est qu'un cœur... Vous parlez de la musique dans ces termes. Un vrai concert, n'est-ce pas une centaine de cœur battant par lui-même, offrant à un ensemble une vue plus personnelle du beau mais est-ce possible que mon idée soit faussée ? »


    Finalement, les épreuves étaient terminées et le chien s'enfonçait dans son siège tout doucement lorsque Vulu exposait la suite de ses projets. Quoi ? Il devait choisir un instrument ? A l'évocation du chant, Tirésias faisait un simple non de la truffe sans préciser pourquoi, supposant qu'il irait s’entraîner pour cela plus tard mais autant commencer par quelque chose de plus crédible... Comment choisir ? Première étape, le chevalier se mettait debout pour dégager ses poumons et avoir une meilleure vue de la pièce, peut-être cherchant un outil du regard qui pourrait le séduire mais avec sa culture générale, tous semblaient se valoir, l'égarant un peu plus et oui, c'était rapide : il avait besoin d'aide, tournant la tête vers le maître des lieux pour le regarder un peu par dessus son épaule.

      « - ... Maître Vulu.. Avez-vous une idée d'un instrument qui pourrait correctement s'allier à moi ? »


    Le premier obstacle était ce dernier. Si Tirésias voulait se débrouiller seul dans ce cas, il lui fallait tout essayer mais il n'était pas persuadé que le bith apprécie qu'une sale bête s'amuse à souffler dans tous les trous des multiples œuvres d'art de la pièce ou bien bloque l'accès à ce lieu de par sa présence et son travail de recherche. Comme un néophyte n'ayant jamais touché à une lame ou un marteau, le jeune chien restait figé en l'attente d'une réponse, respirant paisiblement pour mettre ses méninges en route et pouvoir aider s'il le fallait...
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Bahima Vulu
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Mer 9 Avr - 6:41

    Ce Tirésias avait une vivacité d’esprit qui détonait fort avec mon rationalisme, mais j’aimais bien cela. Derrière son respect taciturne de façade, je sentais qu’il se moquait intérieurement de tout ce qu’il voyait. Un esprit acéré pour une tâche ardue. Décidément, il me faisait bonne impression, ce Shistavanéen. Si d’autres pouvaient le prendre pour un rustre, je pensais qu’il n’en était rien. Il était particulier, assurément, mais en rien imbécile ou mal dégrossi. Ses remarques avaient une innocente pertinence, de celles des enfants, et devoir y répondre comme on répond à un adulte rendait mon discours étrangement décalé.


      - Votre idée est assez juste. Le charme d’un orchestre ne vient pas seulement de la pluralité des voix, mais aussi des pratiques différentes. Si l’on avait quatre fois le même musicien dans un quatuor, ce serait bien plus fade. Justement, c’est en essayant de jouer avec l’autre qu’on fait de grandes choses, pas en faisant tout sans se soucier d’autrui.


    Ses plaisanteries voilées parvenaient même à m’amuser un peu, ce qui n’était pas peu de choses. Il y avait quelque chose d’indescriptible chez l’homme-loup. Alors que je m’attendais à quelqu’un dont la partie robotique était particulièrement sensible dans le comportement, je me retrouvais face à un être dont la vie débordait de toute part, malgré sa faiblesse physique. Il n’était pas rationnel, ni même véritablement raisonnable, semblait-il. Il me parut qu’il fonctionnait beaucoup à l’instinct, uniquement tempéré par les enseignements qu’il avait reçu, si bien qu’il était tout à fait étrange qu’il n’ait jamais basculé dans le camp adverse, celui qui laissait parler ses désirs, sa puissance… J’étais certain qu’en musique, il ne s’imposerait que les bornes que je lui donnerai, et rejetterais les règles des esthètes et des ouvrages d’ « art musical ». Il ferait de belles choses, pour peu qu’il soit travailleur, mais je ne faisais pas de doutes là-dessus. Très rares étaient les Jedi fainéants, et Liffey devait l’être d’autant moins qu’il avait rejoint l’Ordre tardivement et était déjà un Chevalier depuis un moment.

    Je le sentais douter quant à l’instrument à choisir, et il me confirma mon impression. Evidemment, il était difficile de trouver l’instrument adéquat. La clarinette m’était venue car mon père Jayedon m’en avait mis une dans les mains dès mon plus jeune âge. Je n’avais pas souffert en l’abordant, ou bien je ne m’en souvenais plus. J’avais fait du violon, du clavier, des percussions qu’on appelait tablas, et une multitude d’instruments étranges venus de toute la galaxie, mais aucun n’avait surpassé la clarinette, à laquelle j’étais comme substantiellement adapté. C’était cela qu’il faudrait pour Tirésias. Un instrument qui le reconnaisse, qui n’impose pas forcément à son corps de s’arquer de douleur pour en tirer un son. Non qu’il fallût un instrument simple, mais un instrument qui… qui le choisirait, en quelque sorte. Il y avait une sorte de reconnaissance mutuelle que je n’aurais su expliciter.


      - Je ne peux vous dire qu’une chose, Tirésias : essayez ce qui vous tente, mais aussi ce qui ne vous tente pas, car l’inhabituel peut réserver de bonnes surprises. Il faut que le timbre de l’instrument vous plaise, mais ce n’est pas l’essentiel. Il faut que vous sentiez une correspondance entre l’objet et vous. Cela peut prendre plusieurs jours, de nombreux essais, mais ce n’est qu’ainsi que vous trouverez ce qui vous convient. Ça peut même être avec un instrument presque brisé, sans toutes ses cordes ou toutes ses touches. Vous le sentirez, je n’en doute pas. Je ne peux pas mieux vous l’expliquer, je crois.

    Je le vis regarder avec un certain appétit la flopée d’instruments qu’il y avait dans cette salle. J’avais l’impression qu’un instrument à cordes ne lui irait pas, mais la clarinette non plus. J’avais des flûtes Wookies qui, trouvais-je, auraient très bien collé à ce que je savais de lui. Elles ne payaient pas de mine, très longs tubes de bois mal élagués, mais avaient une tessiture large qui permettait de produire des mélodies formidables, du grave à l’aigu sur près de trois octaves. Les plus habiles flûtistes que j’avais écoutés parvenaient même à faire plusieurs sons en même temps. Je n’avais jamais compris comment, mais c’était possible. Cet instrument était particulièrement… vivant quand il était bien joué, et son timbre était étrangement semblable à celui d’un violoncelle, profond. Il demandait en contrepartie beaucoup d’efforts pour réussir à en tirer un son juste, mais mon nouvel élève semblait tout à fait déterminé.


      - Je peux vous suggérer cette flûte. Je n’y suis pas expert, mais peut-être y serez-vous meilleur que moi. Mais vraiment, c’est à vous de trouver.


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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Jeu 10 Avr - 0:11

    Tirésias était un de ces enfants éternels et c'était à cause de cela aussi qu'il était aussi lié à la Force, comme s'il avait abandonné la vieillesse pour être plus proche de l'entité mystérieuse en tant que jedi. Peut-être était-ce une chose que le bith avait ressenti ? Et peut-être même que cela l'énervait, pas par jalousie bien entendu mais plutôt parce que cette symbiose avec la Force, aidée par un taux de midi-chloriens plus élevé que la moyenne, l'empêchait réellement de vivre sans. Mais comme on dit, tout se travaille et le chevalier était loin d'être le dernier d'accord à ce sujet, il y avait du courage dans son cœur, sûrement aussi un peu d'insouciance car il ne faisait pas attention à la part importante de sa vie qui allait partir dans cette œuvre mais de toute manière, Tirésias Liffey n'était pas connu pour vivre dans le regret.

    Décrit dans le regard sombre de son maître, Tirésias semblait encore réserver quelques mystères sur sa personne. Par exemple, pourquoi est-ce qu'une bête comme lui n'était pas plus orienté vers le côté obscur ? La réponse était simple, logique, et rationnel mais tout dire ne servait à rien. Comme dans tout, Tirésias voulait se débrouiller seul et encourageait ses pairs à faire de même alors si Vulu était aussi curieux que ça, une petite séance de réflexion pourrait facilement lui apporter la toute bête réponse. Le shistavanéen était un homme simple, ce professeur n'allait pas tarder à en avoir la certitude et il parlait donc simplement avec le chevalier, sans occulter les parts importantes de son récit, et libérait donc cet homme abandonné dans le doute comme un chien sous la pluie bien que Vulu désirait exprimer une chose où les mots ne suffiraient pas cependant le regard d'or du canin indiquait qu'il avait compris l'idée, sans qu'il n'y ait à l'énoncer. Force ou psychologie ? Dur à déterminer. Au moins, la discussion ne partait pas dans la mauvaise direction à cause d'un manque de vocabulaire stupide, ce qui aurait été dommage.

    Le musicien parlait des instruments que son élève pouvait essayer et ceux-ci étaient évidement légion : l'idée d'un instrument brisé retenait un peu plus l'attention de l'homme des Bordures Extérieures car il se sentait visé, comme s'il s'agissait d'une métaphore à son propos. Le chevalier était brisé mais parvenait encore à faire ses missions sans encombre, alors pourquoi pas un de ces créateurs de son ? Même abîmé, la mission que Tirésias voulait leur donner n'était pas une tâche affectant l'apparence mais bien leur fonction première. Un autre se serait vexé de la comparaison, mais le bith avait un talent oratoire qui faisait que cet énervement léger était parti aussi vite qu'il n'était apparu. Cet incroyable Bahima... Qui restait humble malgré tout ce qu'il savait de plus que le chevalier. Le fait qu'il se décrivait comme n'étant pas un expert faisait sourire le chien, un étrange sourire à la fois tendre et amusé, comme conciliant avec ce recul tout à fait charmant mais il ne fallait pas en oublier le plus important : la flûte.

      « - Je m'en remet à vous. Après tout, vous êtes certainement plus doué que ce que vous oserez rêver. »


    Amusant. C'était un concept qui tournait en rond dans la caboche mécanique du chien qui laissait planer quelques secondes derrière lui. Cette fin, le 'C'est à vous de trouver' avait ce même arrière-goût que les phrases où on guidait une personne pour ensuite lui faire croire que le choix était à lui. C'était comme si le supérieur du chien voulait le voire jouer de cet outil wookie qui, ma foi, intéressait un Tirésias curieux qui s'en approchait sans bruit, la considérant.

    Un aspect assez brute, une sorte de respiration dans l'objet inanimé, une harmonie qui faisait qu'un faux artiste aurait vu la chose comme un tas de boue, trop loin de ses carcans appris dans une académie déviante d'art nouveau mais pour un néophyte ou un être plus lambda, la flûte avait un côté plus mignon qu'il fallait pouvoir déceler et trop tenté pour se retenir car rien ne lui interdisait, Tirésias avançait l'appareil vers ses babines, les humectant très légèrement afin d'adoucir le son sans pour autant baver dans le tube comme le gros dégoûtant qu'il pouvait devenir sur commande.

    Premier essai, un bruit assez neutre. Avec une seconde combinaison, le shistavanéen créait un bruit des plus aiguës possibles dans sa gamme et en souriait car sans être sûr des limites de l'instrument, l'aperçu lui plaisait déjà. Le troisième essai était le plus modulable, un son grave où le chien tentait d'aller plus loin, tirant ce bruit qui tendait vers les plus basses fréquences, un air de machine chaude qui s'éteint, un son qui, s'il devait être représenté spatialement, passait doucement de la face du chien à son dos et descendait celui-ci comme une voix descend dans le ventre pour lui donnait de la texture supplémentaire.

    Mais pour un observateur objectif, Tirésias ressemblait davantage à un gamin cherchant tous les bruits possibles et imaginables de la flûte sans vraiment savoir ce qu'il faisait, chose peu probablement assurément en vue du personnage qu'il était et de ce qu'on pouvait facilement savoir de lui.

      « - C'est un bel instrument mais ne fais-je pas trop penser à un ménestrel ? »


    N'allait pas croire qu'il se vantait déjà, cela viendrait par la suite bien assez tôt. Non. Pour lui, le terme ménestrel désignait un musicien ambulant, virant d'un lieu à un autre car ses rythmes n'étaient pas appréciés, comme un peintre qui se persuade de faire de beaux tableaux mais se faisant sortir à chaque salon dans lequel il apparaissait comme par miracles. Il y avait aussi l'idée d'un personnage de comte, un ménestrel jouant de sa flûte pour faire opérer certains miracles et ravir les enfants, histoire qui miroitait un fond de vérité avec Tirésias qui adorait faire plaisir, surtout aux plus jeunes à la manière d'un Père Noël. Chose à côté de laquelle il ne passerait pas, le connaissant.

    Et appréciant l'instrument, il le caressait du bout des doigts, soufflant dans son tube en changeant l’intervalle entre sa bouche et celui-ci pour faire 'bouger' le son. Cela l'accompagnait lors de sa petite marche entre les autres appareils qu'il pouvait essayer et devant sa tête balafrée, un nouvel instrument qui lui tapait dans l’œil comme dans celui d'un gamin pourri gâté qui s'émerveillait à chaque magasin, voulant par la suite acheter le contenu de ce dernier, en prendre l'argent et pourquoi pas la vendeuse ? -certes, le dernier élément était là pour les 'grands' gamins pourris gâtés- Un superbe nalargon ! Un peu usé par le temps et les doigts impatients d'autres élèves, il restait dans un bon état. Véritable piano dont le clavier dessinait presque un cercle autour du musicien, il était à la fois complexe et populaire, surtout visible dans les tavernes mal fréquentées et le fait que Tirésias semble connaître cet outil-là n'avait rien de bon pour l'impression qu'il donnait mais soit, il en avait déjà vu jouer et c'était là son avantage principal.

      « - Permettez ? »


    Bien sûr que Bahima permettait ! Inutile de perdre plus de temps !

    La flûte mise sur un bord du nouvel instrument, Tirésias se faufilait habillement en son centre, tournant sur lui-même comme s'il n'était qu'un chiot courant après sa queue. Cette excitation durait peut-être trop longtemps, une vingtaine de seconde où le shistavanéen repérait avec méthode les touches ou plutôt les sortes de pédales qui composaient les blanches et les noires de ce piano galactique. Où était le début, la fin ? Un seul moyen de savoir, essayer.

    Avec une patte, le chevalier actionnait le premier mécanisme et semblait créer ainsi une carte virtuelle dans son esprit, établissant avec facilité le reste des sons comme si l'instrument n'était qu'un jeu de logique auquel il avait déjà joué, cent fois gagné et jamais perdu mais lorsque l'intéressé tentait de jouer, sa mine se déformait en un petit crissement qui, loin d'être laid, donnait juste l'impression qu'on avait tapé sur sa tête. Forcément, jouer d'un nalargon sans en utiliser les pédales du bas était une affaire compliquée et peu réjouissante.

      « - Humpf... La dernière fois que j'en ai entendu un en mission, il ne faisait pas tout à fait ce genre de bruit... »
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Bahima Vulu
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MessageSujet: Re: Du bruit qui pense [Pv Bahima] Dim 27 Avr - 23:27

    L’attitude enfantine du Shistavanéen était, bien qu’il ne s’en doutât probablement pas, tout à son honneur, et tout à fait l’attitude qu’il fallait adopter face à la nouveauté de la musique. Je me souvins de mes premiers émois, lorsque je sus produire mes premiers sons. Mon père, Jayedon Vulu, m’avait très vite mis un instrument entre les mains, sans se douter surement qu’il me donnait un immense pouvoir. J’avais découvert l’art tout jeune, avais découvert ma capacité de démiurge. La Force, en comparaison avec le pouvoir de créer que laissait la musique, était bien faible. Nous, Jedi et Sith, pouvions tout manipuler, mais étions face au fait accompli. Nous ne dévoilions rien, ne faisions naître ni beau, ni vrai. A choisir entre Force et musique, je choisirais la musique, à n’en pas douter. Ce pouvoir de faire advenir au monde, de compléter la réalité, qu’y avait-il de plus splendide ?

    Voilà pourquoi, face à la musique, il fallait être un travailleur acharné et un enfant éternellement surpris. Ne pas s’étonner face à la musique était la pire erreur qu’un aspirant créateur pouvait commettre. Aussi, je regardais le Chevalier Liffey avec un sourire intérieur, bienveillant, tandis qu’il vagabondait entre les instruments comme un petit animal qui apprendrait à marcher, et pourrait enfin aller toucher lui-même ce qu’il voit depuis belle lurette sans pouvoir l’atteindre. Il apprécia la flûte, mais s’inquiéta de ce qu’elle lui donnait l’air d’un « ménestrel ». Il n’avait pas tort. Avec cette flûte Wookie, il avait l’air d’un musicien ambulant, d’un enchanteur jeté sur les routes galactiques. Une vision très romantique, mais les mythes romantiques n’avaient pas leur place dans mon cours. Il n’était pas question d’inspiration divine ou de poète maudit, ici. Il n’y avait que des musiciens et des instruments, et aucune magie d’aucune sorte. Croire à une magie ôtait toute l’extase et toute la conscience du pouvoir créateur qu’accordait la musique. Ce pouvoir était bel et bien celui d’une personne, parfois d’un groupe, et certainement pas d’un quelconque dieu inspirant. C’était aussi la raison pour laquelle je ne voulais pas de Force ici. Ces mythes ne valaient que pour le récepteur, l’auditeur. A la limite, paraître ménestrel n’était pas un mal, si l’on n’y croyait pas nous-mêmes. Mais à trop s’enchanter, ce qui était le risque de l’étonnement enfantin, on risquait par se satisfaire et se convaincre des illusions. Je ne fis pas part de mes réflexions au Shistavanéen, qui me semblait être suffisamment brillant pour se les faire lui-même, et me contentai de répondre sobrement, avec un petit rire sincère.


      - En effet, mon ami, vous aviez l’air d’un ménestrel.

    Tandis qu’il furetait de nouveau entre les instruments, soufflant doucement dans la flûte, je sentis qu’il se passait quelque chose. Une perturbation, une excitation presque électrique, qui produisit un bourdonnement joyeux à mes tympans. L’instant d’après, Tirésias se précipitait sur mon nalargon, cette vieille machinerie, toujours apte à joyeusement produire ses sons à la fois nasillards et métalliques, et je vis dans le moment qu’il passa à en examiner le clavier avant d’essayer d’en tirer un son, comme s’il voulait en apprendre chaque touche, une reconnaissance de l’instrument qu’il n’avait pas eu avec la flûte. Cette reconnaissance de l’instrument par le musicien était une absolue nécessité. Un musicien qui ne voulait pas souffrir et s’abaisser aux contraintes de son objet n’atteignait jamais le firmament de son art. L’art, avant tout, était du muscle.

    Il était bon que Tirésias tirât un son discordant du nalargon. Il n’y avait pas meilleur moyen de progresser que de prendre conscience du long chemin à parcourir, mais aussi du fait que ce chemin pouvait être parcouru.


      - Et c’est tout à fait normal. Les meilleurs joueurs de nalargon de la galaxie sont, pour la plupart, des joueurs de cantinas. Je ne saurais expliquer pourquoi on associe ceci aux bas-fonds de la société, mais c’est bien dommage. J’ai l’impression qu’il vous plaît, mais ayez bien conscience, si vous choisissez le nalargon, que votre rapport à l’instrument sera très différent si celui-ci est portable ou s’il ne l’est pas. Voulez-vous que je vous en joue un peu pour vous donner une idée des progrès que vous pourrez faire là-dessus ?

    Sans attendre moi non plus sa réponse, j’attirai à moi un tabouret par la Force pour le mettre là où Tirésias se tenait il y a quelques instants, et m’y installer. Cela faisait un peu de temps que je n’avais pas touché à cet instrument, mais mes réflexes ne s’étaient pas rouillés pour deux sous. Je n’aimais pas tant que ça ce son, qui rappelait la fumée des bâtons de la mort et les tricheurs de cartes, mais il avait quelque chose de complexe, d’à la fois mathématique et instinctif dans le bourdonnement métallique, à l’air presque synthétique de l’instrument qui m’avait toujours fasciné. Me remémorant un morceau classique de ce genre d’atmosphère, « The Chicken », je me mis à en jouer la basse et le thème, donnant à mes deux mains une indépendance complète l’une vis-à-vis de l’autre, exploitant toutes les possibilités que me laissait le nalargon.

    The Chicken:
     

    Une fois le morceau achevé, je laissai la place à mon élève, non sans lui lancer avec une certaine gaieté :


      - Le nalargon ressemblait plus à cela, quand vous l’avez entendu, je me trompe ?



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Du bruit qui pense [Pv Bahima]

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