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Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé]

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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Ven 22 Fév - 4:13

* Tu pourrais rester ici. *

Sil. Elle se tenait là, dans l'ombre embrassant le ciel entre la ramure argentée et les étoiles scintillantes pendues aux branchages. Elle était pâle et brillante, dans le clair de lune, vêtu d'un halo de lumière blanche et vaporeuse, un soupire de cire et un sourire de craie se mêlait sur un visage aux traits insaisissables. Mes ses yeux noirs comme la nuit perçant m'observait comme le chasseur hantant sa proie, et sa longue chevelure lisse de plumes de corbeaux s'agitait dans le bruissement du vent.

* Qu'est-ce que tu dis ? *

Et puis au fond, qu'est-ce que tu fais là, pourquoi réapparais-tu maintenant, ici, au cours de ce voyage trop long, trop loin, dans les profondeurs. Qu'est-ce que tu fais là, après t'être envolé, sans jamais plus revenir, ou même donner de nouvelle. Une carte postale de temps en temps, ça aurait au moins fait plaisir à maman. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu crois que je suis idiote, que je deviens folle ? Non, je sais très bien que tu n'es pas là, que tu ne me parles pas, Lenia est à coté de moi, je n'ai même pas conscience de tout ceci, non tu n'es pas là, tu n'existes pas, tu n'es qu'une projection inconsciente, rien de plus.

* Alors pourquoi me réponds-tu ? *

Ne m'approche pas, c'est déjà bien assez que tu sois là, sur cette planète, perdue au milieu de nulle part, seules, blessées, dans tous l'univers, seules, et toi, tu es là, tu ne devrais pas, non, tu ne devrais même pas être ici, personne ne devrait être ici, cet endroit est dangereux, moi je ne le sais pas, je ne peux pas rester à son pouvoir, son attraction, mais la Jedi le peut, elle, elle se laissera pas avoir.

* Va au diable *

Non, je ne suis pas méchante, ce n'est pas moi qui a détruit notre famille, ce n'est pas moi qui a hais sa propre sœur par pure jalousie. Je ne suis pas partie dans la nuit comme une ombre, en ne laissant derrière moi que la maison en feu, la demeure familiale en ruine, des restes de parents anéantis ici et là, et deux sœurs, deux sœurs qui pleurent aux fenêtres de l'étage en regardant le lointain, elles t'attendent, elles t'attendent en pleurant, elles savent que tu reviendras, et la mort sera avec toi. Et c'est justement ici et maintenant que tu reviens, quand la mort est proche, mais ne t'en fait pas, je ne mourrais pas aujourd'hui, ni demain, je resterais en vie pour revenir vers les miens, parce que j'ai un sens de mes responsabilités, et un cœur. Mais ce sont peut-être des mots que tu ne comprends pas.

* Tu pourrais rester ici *

Depuis quand suis-je aussi méchante ? Non, je ne le suis pas, j'ai été éduqué dans de bonnes valeurs, respectables, qui font de nous des bonnes personnes. Alors pourquoi Sil, pourquoi ? Je ne peux pas rester ici, tu le sais, le cœur de la forêt me dévorerai. Je ne peux pas rester, je meurs si en ces lieux je demeure, je vivrais pour ceux qui attendent ailleurs. Reste parmi les ombres, parmi la nuit et les arbres brillants sur les étoiles, mais laisse moi m'en aller.

L'image disparue, emportée par le souffle du vent, et déjà elle était effacée de mes pensées, comme si jamais elle ne fut, illusion, mirage, sans vie, fantôme du royaume des morts, faisant pour un cours instant sa danse dans celui des vivants. Face à moi, il n'y avait que Lenia, seulement Lenia, pas d'ombre blanche flottante dans le miroitement des étoiles, et rien ne s'était passé, il n'y avait que mon amie et moi, j'avais terminé de parler, et elle s'apprêtait à me répondre, des lueurs se reflétant dans ses yeux.

" ... je ne sais si je suis digne de tant d'éloges après les erreurs de jugement et de manque de confiance en moi que j'ai pu commettre aujourd'hui, mais je te remercie. Cela me réconforte un peu de me savoir un peu utile à quelque chose en dehors de provoquer des désastres. J'aurais du être plus attentive encore dès le départ. Si j'avais détecté la présence de l'émetteur dès le départ rien de cela ne serait arrivé. Je fais encore des erreurs dignes d'une Initiée et indignes de la Padawan que je suis supposée être. Vraiment... je m'exaspère moi-même des fois. Niru pourrait me rétorquer que je devrais appliquer mes propres conseils. "

Elle termina en laissant un petit rire de nervosité s'échappait d'entre ses lèvres. Je demeurais un moment pensive scrutant la forêt autour de nous avant de tourner mon regard vers elle, lui adressant un sourire doux, quoiqu'un peu triste et inquiet. Elle n'était pas la seule a avoir commis des erreurs aujourd'hui. Nous avions été trop confiants, pas assez méfiants, Magnus avait laissé le soin des vérifications à un autre que lui, il ne pouvait faire tout lui-même, et ce voyage n'aurait pas du poser le moindre problème, tout été déjà hautement sécurisé, toutes les personnes travaillant au plus près de la Reine étaient des gens supposés être sûre, en qui pouvais-je donc avoir confiance, si ce n'était même pas en mes propres gardes ou pilotes ? Comment pouvais-je être sûre que Magnus lui-même… quand tous étaient susceptibles de me trahir. Je ne me sentais plus en sécurité, pas même dans mon palais. Notre autre erreur, du moins parmi d'autres, mais l'autre grande erreur, avait été de révéler mon identité au copilote tout à l'heure, et j'étais en partie responsable moi aussi. C'est vrai, c'était un désastre, mais elle n'en était pas responsable loin de là, nous en avions tous notre part et trop d'imprévus avait fait basculer ce voyage dans le cauchemar. Parce que c'était cela, un cauchemar, qui finirait mal.

- Qui dont ?

Demandai-je après qu'elle eu fini sa phrase, reportant mes yeux vers le bois sombre, avant de poursuivre doucement.

- Ne t'inquiète pas, ce " désastre " est loin d'être de ton seul fait, nous faisons toujours preuve d'une grande prudence mais cela n'a pas été suffisant, nous avons été trop confiant, conforté par la sécurité du vaisseau, de ses occupants, et du voyage. Dans des conditions pareilles je me demande en qui je peux encore avoir confiance.

Car ce n'était pas la première fois que le danger venait de mon propre palais, je repensais encore à l'incident, que dis-je, la trahison et tentative de meurtre sur ma personne au sein de mon propre palais par un ennemi impérial. Je ne pouvais plus faire confiance à mes propres gardes chargés d'assurer ma sécurité et ma protection, moi qui n'avait déjà confiance en peu de personnes, le nombre en était encore plus réduit. Finalement, l'endroit le plus sûre maintenant était celui le moins soupçonnable, la maison de ma famille, il y avait celle de Theed, mais celle de la contrée des lacs étaient une cachette encore meilleure. Mais bon, ici, j'étais aussi éloignée de Theed que de la contrée des lacs, et il n'y avait nulle part où je puisse être en sécurité. Seule Lenia pouvait garantir notre sureté, tandis que nous étions coupé même de l'équipage. Au moins en elle je pouvais avoir confiance, tout comme en son maitre, mais c'était bien les seuls des Jedis, car même à eux je n'oserai donner ma totale confiance. Mais j'étais épuisée par tout ce voyage au bout de l'univers, la peur, la douleur, la violence du combat, la chute d'eau. Je me détournai de l'arbre, songeant comme en rêve à un monde sûre et sans crainte où je pourrais me reposer, à mon monde, même si il ne pouvait être parfait, au moins m'était-il connu en chaque endroit et en chaque instant.

" Moi aussi Danaé, je suis fatiguée. Mais nous devons rester éveillées, au moins l'une d'entre nous. Je veillerais, vous vous reposerez en première. J'imagine que vous devez avoir faim... tiens, prends cette ration d'urgence. Je dois admettre que le goût et la texture ne sont pas des plus fameux, mais je ne peux pas me risquer à te donner de la nourriture de ce lieu. Qui sait quels terribles effets ils auraient sur nous. J'en aurais assez pour nous deux pour deux-trois jours, en me rationnant à mon minimum syndical. "

Elle me tendit la ration d'urgence que je pris en la remerciant d'un signe de tête, en effet, j'avais faim, même si je n'en disais rien. J'allais protester quand elle parla de se rationner, quoi encore, on allait pas rester coincer ici pendant des mois tout de même et il était hors de question qu'elle meurt de faim pour que moi je puisse manger, mais elle ne me laissa pas le temps de parler, sentant venir ma protestation à peine avais-je entrouvert la bouche.

" Non, ne dis rien. Demande de Jedi. Je dois te protéger et t'escorter, donc tu passes en priorité. Puis je suis plus solide que je ne le laisse sembler. Je tiendrais jusqu'à l'arrivée des secours. "

Je soupirai en levant les yeux au ciel, consciente que je pourrais dire ce que je voulais et même faire appel à mon autorité, je ne gagnerai pas, je savais combien les Jedis pouvaient être têtus quand il s'agissait de mener une mission à terme. Et puis elle tenait de son maitre, ça faisait depuis longtemps que j'avais abandonné l'idée de tenir tête à Aldrian. Je m'adossai à l'arbre pensive et mangeai doucement la ration, dont le gout comme la texture en effet faisaient tout sauf penser à de la nourriture, mais peu m'importait, même si je grimaçai un peu. Je me demandais tout de même à base de quoi ça pouvait être fait et comment on faisait pour que la nourriture ait un gout pareil. On était loin des tartes aux myrtilles de grand-mère. La zone fut sécurisée et nous nous installâmes près du grand arbre à la ramure protectrice, j'essayais d'apaiser les craintes de Lenia, mais j'avais bien des difficultés, c'était surement un travail de longue haleine pour qu'elle reprenne confiance en elle, mais au moins j'espérai pouvoir l'aider un petit peu. Et puis nous allions avoir visiblement du temps pour parler en tête à tête. J'avais beau insister en tout cas elle ne me croyait vraiment pas, ce n'est pas grave je gagnerai à l'usure. Et puis si elle m'a répondue par la négative une première fois, elle semble plus troublée par les dernières paroles que je lui adresse en réponse aux siennes, sur mes propres doutes et sur la confiance. Elle a besoin d'un petit temps, avant de répondre à nouveau.

" Tu as... sans doute raison. C'est juste difficile pour moi à accepter que je puisse me tromper, faire des erreurs. Quelqu'un... quelqu'un qui je pense m'était très important m'a dit que c'était parce que j'étais faillible, faible que tant de maux survenaient autour de moi. J'ai eu l'impression... ici... de revivre quelque chose que j'ai oublié, que je ne peux rappeler exactement, mais qui fait mal... la même impuissance. Le même péril de mort. Et je suis frustrée de ne pouvoir savoir, de ne pouvoir comprendre. Ou de passer pour idiote en en parlant... désolée... Sinon, je me demandais... je veux dire... j'espère ne pas être impertinente en demandant cela. Si cela te dérange, je comprendrais que tu ne veuille pas me répondre. Mais... connaîtrais-tu depuis longtemps mon Maître ? Je ne sais pas, c'est juste que... vous avez l'air proches, d'une manière ou d'une autre. J'ai pu le voir et le ressentir et je suis... enfin... cela a attisé ma curiosité... depuis notre rencontre dans la Salle de Musique. "


C'était ce que l'on appelait noyer le poisson, sauter du cop à l'âne, esquiver, et j'en passe. Surprise par sa question j'oubliais presque tout ce qu'elle venait de me dire en premier, mais pour pas que ça s'efface de ma mémoire je le rangeais précautionneusement dans un de ses tiroirs, elle ne s'en tirerait pas comme ça. Mais c'est vrai que sur le moment j'étais assez étonnée et ne savais pas quoi répondre. Aldrian ne lui avait visiblement rien dit, et apparemment elle n'avait pas osé poser la question qui animait sa curiosité avant, j'ignorai si il voulait que je lui en parle ou non, en même temps nous étions amis, et il n'y avait à cacher de toute façon, ce n'était pas un secret, juste que je n'étais pas du genre à beaucoup m'étendre sur ma vie privée. Surtout pas sur cet événement de ma vie. Hors ce jour là était lié à ma rencontre avec Aldrian. Je levai mes yeux vers Lenia, elle avait bien le droit de savoir, il fallait juste maintenant que je trouve comment commencer… Mais avant cela, je voulais juste revenir un petit peu sur ce qu'elle avait dit avant, de peur d'oublier.

- Qui c'était ? Celui qui a dit que tu étais faible ?

Je la regardais avec douceur, cherchant dans les profondeurs de ses yeux. Il y avait vraiment d'étranges choses en elle, que je ne comprenais pas bien, et elle non plus d'ailleurs, j'étais inquiète un petit peu, mais je ne savais pas pourquoi. Peut-être ce lieu, c'est vrai, il était dangereux, et il m'avait aussi fait un drôle d'effet, j'y avais aussi revécut des choses étranges, il y avait eu le fantôme de Sil. Je fronçais les sourcils soudain, comprenant quelque chose mais qui m'échappa avant que mes pensées puissent le formuler. Devais-je lui parler de ce que j'avais vu ? Oui, mes soupçons me portaient à croire que tout ça était lié à cet endroit, et que nous étions en danger.

- Tu n'es pas la seule en faite a avoir eu l'impression de revivre quelque chose ici… J'ai revu des… des choses de mon passé, quand je suis tombée, et en bas de la chute d'eau. Et j'ai même eu l'impression tout à l'heure de…

De voir Sil. Je fermis les yeux, coupant net ma phrase. Je ne voulais pas penser à ça, et je ne voulais pas parler d'elle. Je ne voulais pas la voir, et en même temps, je le voulais, je voulais que rien ne soit arrivé, qu'elle soit restée avec nous… Je soupirai, secouant légèrement la tête comme pour l'en chasser. Je me reconcentrai sur son autre question, sur Aldrian, quoi de mieux que de parler pour se changer les idées ? Nous en avions toutes les deux bien besoin. Mais les souvenirs qu'allait rappeler ce récit n'étaient guères meilleurs. Mais bon, soit, commençons par les banalités d'usages.

- Tes instincts t'ont dit vrai, ton maitre et moi sommes de vieux amis. Ca fait plusieurs années que je le connais, quand je l'ai rencontré je n'avais que 11 ans…

Finalement, les banalités étaient vite passées et nous en arrivions rapidement au passé, et aux souvenirs. Mes yeux étaient perdus dans le lointain, je poussais un petit soupir, et hésitante je me mordillais les lèvres avant de poursuivre, replongeant dans les moments les plus sombres de ma vie, pour le moment.

- J'allais assister à un sommet politique à Corellia, et il a été assigné à mon escorte, il était encore chevalier à l'époque…

Les mots se bloquèrent dans ma gorge, je déglutis, rouvrant les yeux, continuant avec peine, tandis que derrière mes yeux défilaient le feu, le sang, et la mort.

- Ca c'est mal passé… Il y a eu un attentat...

J'avais rarement autant de mal à parler, enfin jamais même, j'avais appris à parler parfaitement bien, mais ici, seules, j'étais un peu plus moi-même, moins reine, moins protocolaire, et quand je parlais de ça, je ne pouvais empêcher mes émotions de transparaitre sur mon visage habituellement de cire.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Sam 23 Fév - 22:48

J'aurais fait fort pour ma toute première réelle mission en solitaire en extérieur. Après tout, quoi de plus brillant, dans une mission d'escorte, d'aboutir suite à la trahison inattendue d'un des nôtres, de crasher sur une planète inconnue et potentiellement dangereuse au possible, de menacer de perdre la vie un nombre incalculable de fois et de manquer de peu de perdre définitivement celle dont je devais veiller aux jours et qui avait, au fur et à mesure, prit de l'importance dans mon coeur ? Je ne suis pas à l'aise ici, même au sein de notre abri de fortune à quelques mètres du sol de verdure et de menaces.

Déjà, je n'aime guère me trouver en hauteur trop longtemps, mais au vu de notre situation je fais encore moins la difficile que Danaé, qui je précise ne le fait pas non plus, imaginez alors ! La Force est... si étrange autour de moi. Terriblement précise, mais comment dire... en même floue, troublée, impossible à attraper. Elle me donne mal à la tête si je me concentre trop, comme si une volonté tierce de cette planète me mettait vraiment des bâtons dans les roues dans mes tentatives de joindre quelqu'un par les voies mystérieuses et infinies de la Force qui unissait tous ceux lui étant sensibles, Jedi comme Siths, Jedis Gris comme Jedi Noirs, et au delà...


"Qui dont ?"

La voix de Danaé me rappelle au présent, et je fixe bientôt mon regard du bleu de l'océan dans le sien alors que je terminais mes propos précédents, gênée tant des compliments que j'estimais ne pas mériter le moins du monde que les erreurs d'inexpérience que j'avais pu commettre quelques heures... jours ? Non heures plus tôt. Il ne faut pas que je perde la notion du temps, il faut que je reste concentrée, il faut que nous survivons, toutes les deux. Même si je me demande encore qui va venir nous porter secours... ou si cette planète va réussir à se décider à nous laisser en vie ou nous achever au lieu de rester dans cet horrible et imprévisible entre-deux.

Elle me rappelle étrangement, bien que je ne puisse pas expliquer le pourquoi de la comparaison - avertissement flou de la Force ? Je ne sais... - , une sorte de prédateur sûr de sa victoire qui joue, traumatise, traque jusqu'à l'essoufflement, l'épuisement sa ou ses victimes, se délecte de leurs souffrances, se rie de leurs mésaventures et les guide, doucement, presque tendrement, de manière fort trompeuse et cruelle, droit vers un sordide piège. J'aurais cru que, quand nous serions comme nous le sommes, en sécurité sur les hauteurs, que le sentiment passerait. Bien au contraire. Il reste bien présent... bien trop présent à mon goût pour que je reste confortable et confiante... Danaé ne me laisse pas le temps de répondre et enchaîne presque aussitôt en reportant son clair regard droit sur le bois sombre, ô saisissant contraste :


"Ne t'inquiète pas, ce " désastre " est loin d'être de ton seul fait, nous faisons toujours preuve d'une grande prudence mais cela n'a pas été suffisant, nous avons été trop confiants, confortés par la sécurité du vaisseau, de ses occupants, et du voyage. Dans des conditions pareilles je me demande en qui je peux encore avoir confiance."

Je sais que je dois la rassurer, elle est plus sensible, moins protégée que moi face au doute, à l'inquiétude, à l'insécurité. Je ne suis ni invincible ni parfaite non plus, mais j'ai un reste de Force qui me drape métaphoriquement, bien que drap si fin, du gros des ondes étranges et peu rassurantes de ce lieu. Me rappelant avec surprise son geste de tout à l'heure envers moi - sa main sur mon épaule, je me demande pourquoi je n'ai pas réagis, d'ordinaire je n'aurais pas manquée d'être surprise, même avec Maître Greystone - je réfléchis quelques secondes avant de prendre une décision.

Laissant le débat de "à qui est la faute ?" sachant très bien que ni elle, ni moi, ne céderions, sans doute ayant toutes deux des arguments hautement défendables, je décide de me concentrer sur la fin de sa phrase, et timidement ouvre légèrement mon esprit, très légèrement, vers elle, essayant avec prudence mon empathie de Force autant que je lamaîtrise à mon niveau, et de tenter de partager une sensation de confort et de calme vers elle. Je ne sais si je suis très convaincante, au moins aurais-je essayé. Je referme très vite mon esprit par prudence, réétablis les boucliers en dehors de mon lien si ténu, en écho à cause de cette planète, avec mon Maitre. Tout cela en posant quelques secondes seulement une main hésitante sur l'un de ses avants-bras, et je lui réplique avec une rare assurance de ma part, confortée temporairement par une confiance en moi que je suppose inspirée en partie par la Force et d'autre part ma détermination à notre survie :


- Tu peux avoir confiance en Maître Greystone. Tu peux faire confiance au capitaine Magnus et à tes suivantes. Tu peux me faire confiance, Danaé. Il n'est pas l'heure ou le lieu de douter, avoir confiance en l'un et l'autre, rester unis et serrés sera sans doute notre seule chance de survie. Nous devons avoir confiance parmi les quelques restants de notre équipage. Nous devons garder confiance en nous. Nous devons avoir confiance en la Force. Nous ne devrions pas douter, mais rester concentrées.

C'est alors que je me rend compte de ce que je suis en train dire et à qui je m'adresse, comme si l'assurance donnée par la Force me quittait soudainement, et me ramenait cruellement à ma condition de pauvre padawan solitaire, inexpérimentée, assignée à la protection d'une amie et personne importante, avec son Maître se trouvant injoignable à l'autre bout de la galaxie. Aussitôt je retire ma main, murmurant des excuses sincères et confuses précipitamment, et me permet quelques secondes pour reprendre mon calme Jedi. Ceci fait, j'essaye d'expliciter un peu mon raisonnement à mon amie, avec le peu de connaissances de la vie comme théoriques que j'ai, d'une voix aussi sereine et posée que je le puisse, bien que pas tout à fait assurée de l'intérieur :

- Pardon... je veux juste dire que le doute nous mènerait à des pensées troublées, des pensées troublées à commettre des actions inconsidérées, et des actions inconsidérées à commettre une erreur, et commettre une erreur droit vers notre perte. Il faut... que nous tenions bon, d'une manière comme d'une autre. Puis... tu sais... je veux dire, je pensais ce que j'ai dis... tu peux avoir confiance en moi. Je ne te trahirais pas plus que Maître Greystone ou mes amis. Je ne vous ferais jamais cela, je sais combien ça fait mal sinon. Et puis... mes amis du Temple... mais surtout Maître Greystone et toi... vous n'êtes pas comme les autres "adultes". Je veux croire... non je sais... que je peux vous faire confiance, et réciproquement, je veux le croire.

Je détourne légèrement mon regard vers les cieux si trouble, si nocturnes et pourtant parsemés d'étoiles. Je sais que le Temple Jedi n'interdit plus les attachements vis-à-vis des personnes, contrairement à l'Ancien Ordre, mais nous préconise quand même la plus grande prudence. Je ne sais comment font Maître Greystone ou Danaé, plus encore même que Elora ou Niru, mais avec eux je n'ai pas si peur de baisser mes murailles, risquer de mettre à nu, même temporairement, mon véritable moi derrière le masque sage et réservé de la jeune Jedi que je suis, de la jeune Padawan fraîchement sortie du Temple.

Mais c'est bien l'un des premiers francs aveux de confiance que je fais, avec le geste d'abandonner mon ancien sabre-laser et prendre un confié par Maître Greystone le jour où il a été à ma rencontre aux Archives et m'a prise comme Padawan. Ou quand j'ai joué, involontairement en présence de mon Maître, et volontairement en présence de la Reine, de la musique dans la Tour de Musique du Palais Royal de Naboo il y a quelques mois de cela... déjà quelques mois... Je me rappelle alors de sa première question, à laquelle je n'ai eu le temps de répondre, et avec un léger sourire chaleureux et un peu triste au souvenir de la personne associée au prénom, je lui confie d'une voix douce, calme et posée :


- Quant à Niru... c'est, enfin, c'était une jeune initiée du Temple Jedi. Elle est... partie du Temple récemment. C'était ma seule amie, en dehors de ma meilleure amie, Elora Yunstar. Cinq ans plus jeune que moi, elle aussi. Elle avait quelques problèmes de concentration dans la Force et la méditation. Je l'ai rencontrée un jour, et j'ai essayé de l'aider avec sa méditation et lui remonter le moral. Depuis, nous nous sommes rapprochées et faisions souvent équipe pour les entraînements... avant son départ. Depuis... je suis contente pour elle, mais je me sens parfois un peu seule sans Elora ou Maître Greystone au Temple. Réservée de nature, loin d'être la plus brillante au sabre-laser et au physique, ma réputation au Temple n'est pas forcément l'une des plus rayonnantes vis à vis de mes pairs.

Bien que ce détail me fasse assez mal dans mon estime de moi-même, par fierté je ne le montre pas, chasse cette émotion dans mon inconscient, et tout en détournant légèrement mon regard bleu reflétant trop bien mon long sentiment de solitude, je n'ai pas très envie de m'attarder sur le sujet. J'essaye de le tourner à l'humour de mon mieux, esquissant une ombre de sourire sincère, tentant de garder ma voix posée, calme et sage comme l'eau de source le soir venu. Reportant mon regard bleuté alors pétillant d'une rare lueur amusée, me focalisant sur le seul aspect non blessant de cette situation parfois difficile pour terminer sur une note bien plus légère, sincère et si rare de ma part, un petit trait d'humour subtil, je soulève :

- Tel Maître telle Padawan, je présume ? J'espère néanmoins un jour lui ressembler pour autre chose qu'une question de mauvaise réputation pas justifiée véhiculée par de mauvaises langues. Lui ressembler en autre chose... et le rendre fier, me rendre digne de sa confiance en moi.

Avec un mince soupir discret, j'essaye de m'en convaincre moi-même, que j'en serais capable. De persister à me faire rentrer dans le crâne que si Maître Greystone, en dépit de mon âge avancé, des rumeurs m'entourant, de mes failles, de ma méfiance réservée initiale, avait décidé de venir me rencontrer, me parler en personne et finalement me prendre sous son aile, je pense qu'il doit y avoir une raison, bien que je ne la saisit pas encore. Un frisson me saisit soudainement, comme la voix d'Alviss, comme dans cet horrible cauchemar après la chute des chutes d'eau, me susurre dans ma tête à l'agonie que c'est juste par pitié de moi, pour me manipuler, mais je la chasse avec virulence.

Je sais que ce n'est pas vrai, je sais que je ne dois pas perdre mes moyens, je ne dois pas pas perdre confiance en moi, mais cette planète, sans être pourtant purement obscure, semble renforcer mes doutes, me mettre rudement à l'épreuve à l'instar de Danaé. Je préfère ne pas y penser et remettre cela à une prochaine méditation ou discussion avec Maître Greystone, me concentrant sur ma tâche la plus urgente : nous garder en vie. Et donc satisfaire nos besoins naturels primaires, dans le genre de la faim par exemple. Je décide alors, comme unique représentante Jedi ici, de partager mes rations de secours avec Danaé, lui en laissant le plus naturellement et me rationnant, essayant de suivre le cours le plus logique et le plus sécuritaire question survie. Je la vois bien sur le point de protester vivement, mais à peine ouvre-t-elle la bouche que j'insiste avec douceur mais fermeté. Quelque chose que j'aurais eu du mal à faire quand j'étais encore une Initiée Sénior, comme quoi on dirait que j'ai quand même commencé à faire quelques progrès en conviction verbale...

En la voyant lever les yeux au ciel, bien que visiblement mécontente de ma décision, je ne peux empêcher un franc sourire amusé illuminer mon visage quelques secondes, et un rire contenu de vibrer entre mes lèvres refermées. Je dois garder mon sérieux, autant que possible. Mais je reste satisfaite en la voyant se résoudre à ma décision, que je sais être la bonne pour une fois. Une très rare et éphémère lueur de léger contentement avec le résultat de mon argumentation illumine mon regard du bleu de l'océan, se noyant bientôt dans le sérieux et le calme. J'apprends peut-être lentement au niveau du sabre-laser, je progresse peut-être difficilement question endurance et confiance en moi, mais souvent on oublie que derrière la surface de calme se tapit une once de caractère savamment dissimulée par prudence.

Et je serais presque prête, pour une rare fois, à envisager que je puisse potentiellement être presque au même niveau que mon Maître pour l'entêtement quand je sais que la cause est juste. Quand j'ai assez confiance en moi, que le contexte s'y prête, pas tout le temps encore hélas. Quoique vu l'entêtement subtil de mon Maître, et vu comment il semblerait que je commence, très très doucement, à 'récupérer' comme tout padawan qui se respecte quelques traits de leur Maître, je me demande ce que cela va donner dans quelques années... si je me montre à la hauteur, bien sûr. Même si déjà je me laisse un peu moins faire au Temple quand je me fais embêter par certains de mes pairs en l'absence de mon Maître. Je prends lentement, mais très lentement, quelques soupçons de confiance en moi, et tout en privilégiant bien entendu la diplomatie "pacifiste et entre gens raisonnables" en cas de conflit, il m'est arrivé parfois de moins hésiter à affirmer et défendre plus vigoureusement mon opinion, avec plus de conviction qu'avant. Je commence à moins me laisser faire, parfois quand je suis en forme, au déplaisir de quelques drôles parmi mes pairs...


Mais par la Force, j'ai une bien rude adversaire aujourd'hui, bien que je m'y attendais un peu d'une connaissance de Maître Greystone, qui plus est souveraine de Naboo ! Alors qu'elle était adossée contre le tronc supérieur d'un arbre à manger la ration, moi sagement assise en tailleur et attentive près d'elle à nos alentours, elle essaye visiblement de s'attaquer au coeur du problème avec moi. Je suppose qu'elle me renvoie la politesse, après mon oh si convaincant discours influencé par la Force ! Oh Force, c'était très inspiré et louable tout à l'heure, mais je ne sais si je dois te remercier au vu du rude duel verbal et de volontés auquel je me trouve 'confrontée'.

Patiemment, avec une rude, diplomatique, déterminée et ferme patience habile, Danaé commence doucement à me pousser dans mes derniers retranchements en contrecarrant la moindre tentative de défense et hésitations verbales de ma part. Sentant venir le terrain glissant sur lequel je ne veux pas m'engager ici, et sur lequel je ne me suis pas encore engagé à ce point avec Maître Greystone, je concède subtilement en lui donnant des éléments de réponse qui me rendent plus confuse encore, et tente de changer de sujet aussi habilement que je puisse de mon modeste niveau de jeune padawan, retournant sa curiosité envers moi en ma curiosité envers elle et sa relation amicale avec mon Maître.

Je dois reconnaître que le lien logique entre les deux sujets est assez ténu - se résumant au terme de "passé'" seul je crois - mais c'est mon atout de la dernière chance, ma dernière carte pour tenter d'entrer sur le terrain si rudement gardé de mes incertitudes et sources de mes doutes continus. Ces terres intérieures de mon coeur et de ma mémoire, durement gardées par je ne sais quoi qui me bloque et m'avertit du danger si j'essayais de les trépasser ou de les forcer. Comme si le songe de tout à l'heure était un avertissement... bien que ce n'en était pas. Je veux tellement savoir, savoir enfin la vérité sur moi, comprendre qui je suis, ce qu'il s'est passé mais... j'ai peur. Peur de ce que je peux réaliser, comme ce que je réalise très douloureusement depuis la chute.


"Qui c'était ? Celui qui a dit que tu étais faible ?"

Qui... je me fige, me pétrifie totalement quelques secondes après que la question était posée. Je dois faire appel à tout mon calme Jedi pour rester aussi posée que possible, ne pas paniquer pour une raison obscure que je ne comprends même pas. Je n'aime pas l'inconnu. Je n'aime pas le vide. Je n'aime pas ne pas savoir. Je n'aime pas ne pas connaître sur quoi je mets les pieds. Ne pas paniquer... relaxe toi... je ne dois pas paniquer maintenant. Pas le bon moment. Ne pas céder à la Peur. Il n'y a pas de Peur, il y a la Force. Mettre de l'Ordre dans le Désordre. Favoriser la Raison pour contrôler les Émotions. Il n'y pas de Panique, il y a du Calme. Préférer mon Esprit pour le moment sur les dangereux remous incertains de mon Coeur. Calme toi, Len', pas de raison de paniquer, pas le moment de paniquer, pas le lieu pour paniquer, pas la bonne compagnie pour paniquer. Récupère ton centre de calme, aide-toi de la Force, fait revenir à ta mémoire les enseignements du Code Jedi, rappelle-toi les dires de tes Maîtres, remémore-toi les mises-en-garde avisées de Maître Yunstar lors des leçons, souviens-toi des conseils de Maître Greystone... voilà, tu n'es plus une Initiée, tu es une Padawan, et doit te comporter comme telle...

Une fois le contrôle repris sur moi-même, en quelques longues secondes, certes, j'inspire légèrement, puis expire une dernière fois, rouvrant les yeux que j'avais temporairement fermé pour recouvrer mon centre de calme. Voilà, la Padawan Séry avait reprit doucement le contrôle sur la paniquée jeune Lenia. J'examine la question, je sais qu'elle mérite d'être posée, et que Danaé ne lâchera pas avant d'avoir au moins eu un fragment de réponse. Mais je suis un peu troublée et inquiète de livrer une de ces parts d'ombres de mon passé, chose que je n'ai même pas encore fait avec mon Maître, c'est dire ! Il faudrait que je le fasse, je sais, il faudrait que j'en rassemble le courage, trouver l'occasion...

Focalise-toi Lenia. Ne te déconcentre pas, recentre-toi sur le sujet en cours. Il faut que je prenne une décision. Peut-être qu'en parler un peu avec Danaé, mon amie, me donnerait ensuite la résolution de le faire avec Maître Greystone. De toute manière, soyons logique. Si je m'esquive, je suis certaine que la première occasion venue, en toute logique, elle lui reporterait le peu que je lui a dit justement inquiète pour moi, et je préférais largement évoquer la question en direct plutôt qu'il l'apprenne indirectement. Je les inquiéterais tous deux, et je ne peux, ne veux pas perdre leur confiance, risquer de me trouver seule... Solution numéro deux : lui dire partiellement la vérité, de toute manière elle ne me demande qu'un nom, je ne suis pas obligée de tout lui dire. Je sens que je ne devrais évoquer en précision le songe qu'avec mon Maître. Elle ne sera pas inquiète ainsi, Maître Greystone ne sera pas inquiété, j'aurais le temps d'en parler sereinement avec lui, éclaircir tout cela, m'y confronter avec son aide...


- Alviss. Il est mon frère aîné. Je ne sais pourquoi je ne me souviens que de lui, de sa voix. Avec la Force et des visites chez les guérisseurs spirituels, je cherche la réponse à ces questions depuis des années, sans franc succès.

J'inspire légèrement. Je n'aime pas ce sujet, je veux le quitter aussi vite que possible. Je n'aime pas les souvenirs qu'il ramène. Je n'aime pas les incertitudes qu'il concentre au galop en moi. Je n'aime pas la peur sourde et incompréhensible qu'il essaye de distiller en moi, et que je chasse impitoyablement. Synthétiser, vite. Ne pas entrer dans les détails, conclure. Ne plus aborder ce sujet. Ce sujet me fait mal, me rend confuse, me donne la migraine et me fait douter de tout... tout... mes certitudes... et moi-même... bien que je contrôle et masque soigneusement tout cela derrière le calme Jedi, ma voix sérieuse et calme néanmoins priant en silence de ne pas insister :

- Non, je ne l'ai pas évoqué clairement avec Maître Greystone. Ce n'est pas que je ne lui fasse pas confiance. Mais, Initiée, j'avais encore du mal à accepter de faire pleinement confiance à autrui. Quand il m'a prise comme Padawan, je pense qu'il était au courant mais il ne m'a pas forcée à en parler, tout en m'assurant qu'il serait prêt à m'aider ou que je pourrais me confier sur... ce sujet. Je me sens prête, maintenant, je lui fais assez confiance et je saurais apprécier son aide. Tu sais, Danaé, le jour où il est venu à ma rencontre pour faire ma connaissance, discuter et croire assez en moi pour me prendre comme son apprentie, fait partie de mes meilleurs et plus mémorables souvenirs...


Je m'en veux de ne pas lui en avoir parlé plus tôt, et je ne redoute qu'une seule autre chose en dehors de perdre Danaé et manquer ainsi tant à mon devoir de Jedi que d'amie : ne avoir jamais l'occasion de pouvoir le faire, si je venais à périr ici. Une fois de plus, mes yeux bleutés deviennent plus clairs comme je retente de contacter Maître Greystone une énième fois par notre lien, malmené par quoi que ce soit de cette planète qui le perturbe, le réduit en écho fuyant, difficile à percevoir et plus encore à utiliser. J'ai beau pousser à bloc, en dépit de ma fatigue, mes dons assez affinés de télépathe de Force, rien à faire. Ennuyeux à souhait. Cette planète joue vraiment avec mes nerfs je crois. Très vite, voyant ma énième tentative aussi vaine que les autres, je cesse et soupire légèrement, me focalisant sur Danaé qui reprend la parole et guettant nos alentours avec vigilance en même temps :

"Tu n'es pas la seule en faite a avoir eu l'impression de revivre quelque chose ici… J'ai revu des… des choses de mon passé, quand je suis tombée, et en bas de la chute d'eau. Et j'ai même eu l'impression tout à l'heure de… "

Ah là elle a toute mon attention. Ma prudence me signale là un indice très important pour justifier ma méfiance vis-à-vis de cette planète et ses effets néfastes. Si je ne suis pas la seule à être affectée, cela ne concerne pas le seul plan de la Force. Car Danaé n'y étant pas sensible, à ma connaissance, elle n'aurait pas du être affectée. Voilà qui m'amène à supprimer une hypothèse logique, et de toute manière je ne ressentais pas de présence du côté obscur sur cette planète. Mais voilà qui n'aide certainement à résoudre le mystère non plus ! Elle s'interrompt alors, mais je n'insiste pas, me contentant d'un mince sourire compréhensif, commentant non pas sur ses souvenirs mais lui faisant part de mes réflexions soucieuses sur notre situation :

- Je comprends, ne t'inquiète pas. En revanche ce que tu me dis confirme mon mauvais pressentiment persistant. Quelque chose ne tourne pas rond sur cette planète, bien que je sois incapable de deviner quoi. Je n'ai jamais entendu parler de tel dans les documents des Archives, et pourtant je suis connue comme "Le Petit Rat Des Archives" par mes pairs. Mais logiquement, cela ne me dit rien qui vaille : d'abord attirés comme des aimants, poussés dans des situations de mort imminente et s'en sortir presque indemnes, ou du moins en vie. Mes perceptions de Force brouillées, mon incapacité à même sentir la présence de mon Maître... tu sais à quoi cela me fait penser depuis un moment ? A une sorte de planète-prédatrice qui s'amuserait à jouer et avoir à l'usure ses proies... bien que cela soit totalement impossible et illogique, n'est ce pas ?

Puis c'est au tour de Danaé de changer le sujet et répondre à une de mes questions curieuses. Néanmoins, le changement que j'avais espéré ne sembla pas remplir l'effet escompté, es dire une atmosphère plus détendue pour nous deux. Au contraire, mon amie semblait troublée, et je lui laissait le temps, tout son temps pour parler, difficilement, le choix aussi de ne pas parler. Mais honorée de sa confiance comme elle se mit doucement à parler, avec courage et peur ancienne passée :

"Tes instincts t'ont dit vrai, ton maître et moi sommes de vieux amis. Ça fait plusieurs années que je le connais, quand je l'ai rencontré je n'avais que onze ans… J'allais assister à un sommet politique à Corellia, et il a été assigné à mon escorte, il était encore chevalier à l'époque… Ça c'est mal passé… Il y a eu un attentat..."

Je fais aussitôt certains liens logiques entre leur relation, le peu que je connaissais des histoires de la galaxie, leurs quelques rares discussions auxquelles j'avais assisté, l'histoire de la dague si précieuse. Mes yeux surpris mais compréhensifs, bien que calmes, restèrent un temps à l'observer avec attention. Avant que je n'ose de nouveau me redresser, m'accroupir à sa droite et poser une main timide, hésitante, sur l'une de ses épaules. Grand geste de ma part, et faveur de confiance et amitié que j'accorde très rarement. Mais nous sommes toutes les deux, loin de la civilisation, de la société, isolées, reposant l'une sur l'autre pour assurer notre survie réciproque. Toutes deux nous avions, à notre manière, besoin d'une confidente, d'une aide, d'une amie pour nous écouter, nous faire parler, à mieux connaître et en qui avoir confiance. Ma voix, la mienne, pas purement la Jedi, se fait douce, posée et compréhensive, et pleinement sincère aussi :

- Maître Greystone aurait, d'une manière ou d'une autre, assuré ta protection et aidé à te garder en vie en dépit de cela ? Cette dague à laquelle tu tenais tant... oh, Danaé... je suis désolée, je ne voulais pas rappeler de mauvais souvenirs. Si tu sens que c'est un sujet trop difficile, n'insiste pas, je comprendrais, je te l'assure. Mais, pour citer Maître Greystone, même si je sais que l'on ne se connait que depuis peu et que je ne suis que Padawan, si tu as envies d'en parler, je suis là pour t'écouter. Sinon, je n'en serais pas fâchée, je comprendrais. Enfin, je suppose cela, parce que le peu que j'ai pu entendre de bouches "objectives sur lui' et de ce que j'ai déduis en étant sa Padawan depuis quelques mois, je présume que cela lui ressemblerait bien. Et cela n'augmenterait que plus encore ma sympathie envers toi, et mon respect envers Maître Greystone, déjà bien grands tous deux... Tu sais... tu es vraiment courageuse, et si forte après un tel évènements ! Toi aussi tu as mon respect, à entendre que tu as connu pareille situation !
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 14 Mai - 6:43

« Tu peux avoir confiance en Maître Greystone. Tu peux faire confiance au capitaine Magnus et à tes suivantes. Tu peux me faire confiance, Danaé. Il n'est pas l'heure ou le lieu de douter, avoir confiance en l'un et l'autre, rester unis et serrés sera sans doute notre seule chance de survie. Nous devons avoir confiance parmi les quelques restants de notre équipage. Nous devons garder confiance en nous. Nous devons avoir confiance en la Force. Nous ne devrions pas douter, mais rester concentrées. »

Me dit-elle avec une surprenante sagesse, cette sagesse de Jedi qu’elle partageait avec le plus grand soin, de crainte de pêcher d’orgueil ou d’immodestie en en usant. Son assurance, sa force soudaine, prouvait qu’elle avait de nombreuses ressources cachées en elle. Sa main posée sur mon bras dans un geste rassurant, ses paroles d’apaisements, et le cocon doux et chaud qui nous avait enveloppé de sa paix un instant plus tôt, apportaient comme un souffle, une paix en moi, au cœur de cet océan de bruits et de tumultes. Ce monde me terrifiait, je le crains, elle avait raison, et de loin, je ne devais pas perdre ainsi mes moyens, je devais rester forte et confiante. Je lui souris doucement, alors même que retirant sa main de mon bras, comme si elle se rendait compte à l’instant de sa culpabilité en quelques crimes qui m’échappaient, elle reprit le visage mal assuré et timide pour se confondre en excuses auprès de moi. Je fronçais les sourcils, pas méchamment non, avec douceur et compassion.

« Pardon... je veux juste dire que le doute nous mènerait à des pensées troublées, des pensées troublées à commettre des actions inconsidérées, et des actions inconsidérées à commettre une erreur, et commettre une erreur droit vers notre perte. Il faut... que nous tenions bon, d'une manière comme d'une autre. Puis... tu sais... je veux dire, je pensais ce que j'ai dis... tu peux avoir confiance en moi. Je ne te trahirais pas plus que Maître Greystone ou mes amis. Je ne vous ferais jamais cela, je sais combien ça fait mal sinon. Et puis... mes amis du Temple... mais surtout Maître Greystone et toi... vous n'êtes pas comme les autres "adultes". Je veux croire... non je sais... que je peux vous faire confiance, et réciproquement, je veux le croire. »

Comme elle semblait en un trouble profond je posai à mon tour ma main doucement sur son bras dans un geste de réconfort lui souriant avec tendresse et bienveillance. Qu’avait-elle à se reprocher que de ne faire preuve de sagesse et d’intelligence, elle n’avait pas à s’en blâmer, et ses conseils étaient de bons conseils, que j’avais peut-être trop vite oublié, nous ne devions pas laisser la tempête faire rage au nous comme elle semble faire rage en toute chose qui peuple cette étrange et sombre planète. Nous devions rester forts et unis. Et jamais je n’aurais douté ni d’elle, ni de mon capitaine, de mes suivantes, ou de son maître, c’était là toutes des personnes en qui je remettrais ma vie, c’était d’ailleurs ce que j’étais entrain de faire. J’étais effrayée, je me sentais perdue, mais j’étais en vie toujours, et ça grâce à l’union de nos forces pour survivre à ce monde hostile. Que nous veut-il ? Nous dévorer dans quelques estomacs d’horribles créatures ? Si j’avais su qu’une simple visite de courtoisie nous emporterait si loin de notre but, pour nous égarer ainsi, je soupirai, si j’avais pu, si j’avais pu, je ne l’aurais su, il n’y avait aucune alternative au fait d’être ici, et d’y vivre, ou d’y mourir. Ma vie était entre les mains de forces qui me dépassaient, je n’aimais pas que ma vie ne dépende pas de moi. Je plongeai mes yeux dans les siens pour lui répondre, de cette voix mêlée d’une tendresse amicale et d’une sagesse royale.

- Tu as raison, nous ne devons pas douter en ce moment, nous devons nous soutenir les uns les autres, pour rester forts. Et jamais je n’aurais raison de douter des miens. Tes conseils sont sages et précieux jeune Jedi. Tu peux me faire confiance comme j’en ferais de même.

Je lui adressai un sourire, puis détournai mon visage à mon tour, observant le ciel et les étoiles. Je lui livrais ma vie sans hésiter, mais j’avais peur, et ça j’avais plus de mal à le lui confier. Cet endroit était un enfer, et j’avais peur, si peur, d’en rester prisonnière, dans ce tombeau glacé, dans l’écorce et la roche, dans le feu et le torrent, d’une terre de monstres où vogue comme un soupire le brouillard ténébreux de quelques nuits sombres où se dévorent les espérances perdues, et les âmes oubliées. Nous avait-on déjà oubliés ? Combien de temps était-il passé ? Combien de jours ? Aucun. Comme elle me parlait de son amie qui lui manquait, à nouveau elle trouva l’occasion de se sous-estimer et de se décrédibiliser, je la regardais, un peu sévère, mais toujours avec la douceur et l’estime que je lui portais, la laissant continuer pour entendre ce qu’elle avait à dire avant d’intervenir.

« Tel Maître telle Padawan, je présume ? J'espère néanmoins un jour lui ressembler pour autre chose qu'une question de mauvaise réputation pas justifiée véhiculée par de mauvaises langues. Lui ressembler en autre chose... et le rendre fier, me rendre digne de sa confiance en moi. »

Je connaissais Aldrian, je le connais même très bien, il était déjà fier d’elle, et lui faisait confiance, il savait en l’envoyant avec moi que quoiqu’il arrive elle me protégerait jusqu’au bout. Elle était encore jeune, elle n’était pas parfaite, mais elle était douée pour ce qu’elle faisait, elle y arriverait à force de travail et d’efforts, j’en étais certaine, je ne doutais pas d’elle une seule seconde. Elle lui ressemblait déjà, si ça pouvait la rassurer, je réprimais d’ailleurs un petit rire, parce qu’à y regarder de près c’est vrai qu’il y avait déjà du Aldrian en elle, je ne puis empêcher de sourire, amusée, cependant.

- En effet tu lui ressembles beaucoup… Et je pense que tu lui ressembleras encore plus avec le temps.

J'attendis un moment avant qu'elle ne réponde à ma question, elle semblait l'avoir mis mal à l'aise et je m'en voulais un peu de lui avoir demander, c'était privé, mais nous étions amies non ? En tout cas c'est mon amitié qui m'y avait poussé. Je restais là, observant la nuit sombre tandis que je ne sais quelles pensées voyageaient en elle, jusqu'à qu'à voix basse elle me livre enfin ce que son silence gardait caché derrière toutes les protections dont elle s'entourait.

" Alviss. Il est mon frère aîné. Je ne sais pourquoi je ne me souviens que de lui, de sa voix. Avec la Force et des visites chez les guérisseurs spirituels, je cherche la réponse à ces questions depuis des années, sans franc succès. "

Le passé, la mémoire, est un royaume plein d'ombres, et lorsque l'on y voyage l'on n'en revient jamais complètement indemne. Le passé de ma jeune amie semblait le terrain de graves troubles, et elle en faisait les frais bien malheureusement. La mémoire lui reviendrait peut-être, avec le temps, mais serait-ce une bonne chose ? Que découvrira-t-elle derrière le traumatisme qui a causé ce trouble de sa mémoire ? Lorsqu'elle tirera le voile, qu'il se déchirera, quittant ses yeux qu'il masque, dévoilant la vérité de son passé… Elle sera face à face avec le secret, elle y rencontrera une autre personne, une autre elle-même, différente, qui appartiendra au passé, mais dont la violente incursion dans son existence éclatée et morcelée la marquera forcement. Très vite, et sans me laisser le temps de répondre, elle continua, à sa voix et à la vitesse de ses enchainements je comprenais que le sujet était clos, trop douloureux pour elle, je le comprenais.

" Non, je ne l'ai pas évoqué clairement avec Maître Greystone. Ce n'est pas que je ne lui fasse pas confiance. Mais, Initiée, j'avais encore du mal à accepter de faire pleinement confiance à autrui. Quand il m'a prise comme Padawan, je pense qu'il était au courant mais il ne m'a pas forcée à en parler, tout en m'assurant qu'il serait prêt à m'aider ou que je pourrais me confier sur... ce sujet. Je me sens prête, maintenant, je lui fais assez confiance et je saurais apprécier son aide. Tu sais, Danaé, le jour où il est venu à ma rencontre pour faire ma connaissance, discuter et croire assez en moi pour me prendre comme son apprentie, fait partie de mes meilleurs et plus mémorables souvenirs... "

Aldrian était un maitre idéal pour elle, et elle une apprentie idéale pour lui, ils allaient bien ensembles, j'étais certaine qu'il l'aiderait. Mais peut-être, le plus ne serait pas pour elle de faire le chemin qui lui ramènerait ses souvenirs perdus, mais de vivre ensuite avec. C'était là, à mon avis, qu'elle aurait le plus besoin de la compréhension d'Aldrian. Le voyage qu'elle entreprenait était dangereux, et je ne lui aurais pas conseillé de le faire seule. Le passé fait ce que nous sommes, bien sûre, ce qu'elle a vécu, même si elle l'a oublié, a fait ce qu'elle est devenue, mais personne ne sait ce qu'il en adviendrait à si nouveau, par sa mémoire, elle revivait ce passé là.

Le monde est rempli d'ombres, oui, mais cette planète le semble particulièrement. Je n'aime pas cette endroit, et j'aimerai pouvoir en partir immédiatement, son attrait singulier, comme un plaisir qui me commande plus que je ne peux le contrôler est effrayant, et cette faculté de faire émerger ces images de mon passé en moi… Tout cela ne me rassure pas. Je commence à avoir peur et je ne sais si je serais capable de faire face. Et sa réponse, affirmant mes doutes, n'arrangea rien. Une planète prédatrice ? C'était possible ? Et quel genre de prédateur ? Ce n'était vraiment pas du tout rassurant…

- Une planète prédatrice ?

Demandai-je avec un peu d'affolement en entendant un pareil terme.

- Sais-tu quel genre d'aventures encore pourraient nous attendre ?

Je la regardai, et la peur était claire en moi, au moins elle était là, sa présence était encore le seul soutien auquel me raccrocher, si jamais j'avais du traverser tout cela seule je ne sais si je m'en serais sortie. J'en doute. Dès que nous serons reposé et capable de reprendre notre route nous devrons immédiatement rejoindre le vaisseau et partir dès que les réparations seraient terminées. A présent je me moquais bien du danger que représentait notre traitre, toutes mes pensées étaient focalisées sur la menace immédiate qui pesait de plus en plus lourd dans l'air noirâtre. Mais l'épuisement gagnant sur moi, j'allais sombrer bientôt. Avant cela, nous livrant à quelques confidences que permettaient notre amitié, Lenia me fit parler de ce jour sombre qui me fit rencontrer son maitre. Ce n'était pas sans émotion qu'avec prudence j'abordais ce récit dont le seul souvenir suffisait à balayer tous mes présents doutes pour les remplacer par le récit de cette traumatisante aventure. Elle mit sa main sur mon épaule, apaisant par le calme qui émanait de sa personne les craintes intérieures qui me traversaient.

" Maître Greystone aurait, d'une manière ou d'une autre, assuré ta protection et aidé à te garder en vie en dépit de cela ? Cette dague à laquelle tu tenais tant... oh, Danaé... je suis désolée, je ne voulais pas rappeler de mauvais souvenirs. Si tu sens que c'est un sujet trop difficile, n'insiste pas, je comprendrais, je te l'assure. Mais, pour citer Maître Greystone, même si je sais que l'on ne se connait que depuis peu et que je ne suis que Padawan, si tu as envies d'en parler, je suis là pour t'écouter. Sinon, je n'en serais pas fâchée, je comprendrais. Enfin, je suppose cela, parce que le peu que j'ai pu entendre de bouches "objectives sur lui' et de ce que j'ai déduis en étant sa Padawan depuis quelques mois, je présume que cela lui ressemblerait bien. Et cela n'augmenterait que plus encore ma sympathie envers toi, et mon respect envers Maître Greystone, déjà bien grands tous deux... Tu sais... tu es vraiment courageuse, et si forte après un tel évènements ! Toi aussi tu as mon respect, à entendre que tu as connu pareille situation ! "

Je lui adressai un sourire, un petit peu faible, en cause les émotions et les pensées violentes qui se déversait dans mon esprit troublé, je mis ma main sur la sienne en murmurant un " merci " avant de continuer de parler, lentement et à voix basse, après avoir pris quelques secondes pour réfléchir et penser à ses paroles.

- Oui, il m'a protégé, oh il n'y a pas grand-chose à raconter. Ils ont fait exploser une bombe dans l'assemblée, j'ai failli mourir écraser par les décombres, mais il m'en a protégé. Mais en suite les terroristes nous ont assailli, ils voulaient tuer les cibles qui auraient survécue à l'explosion, j'en faisais parti, j'ignore pourquoi… Aldrian m'a sauvé la vie, une deuxième fois…

J'évitai d'utiliser en la présence d'autres Jedis le prénom seulement de mon ami, ce n'était pas respectueux vis-à-vis de son rang dans l'Ordre, mais c'était mon meilleur ami, et cela m'échappait parfois, j'espérai qu'elle ne m'en tiendrait pas rigueur. Je pris un moment, gardant à nouveau le silence, plongé dans les souvenirs d'un autre temps, lointains, qui revenaient en moi sous les formes d'images faite de sang et de morts, ce que j'avais vu là-bas…

- C'était indéfinissable… J'ai vu… j'ai regardé, il me l'avait interdit, mais je n'ai pas pu y échapper…


(HS : j'ai un nouveau clavier je peux enfin écrire à nouveau...)
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 14 Mai - 11:53

- Tu as raison, nous ne devons pas douter en ce moment, nous devons nous soutenir les uns les autres, pour rester forts. Et jamais je n’aurais raison de douter des miens. Tes conseils sont sages et précieux jeune Jedi. Tu peux me faire confiance comme j’en ferais de même.

Je laisse un léger sourire quelque peu encore fragile question assurance flotter sur mes lèvres fines. Avant que je ne perde l'assurance que je venais tout juste de me découvrir, comme si la Force m'abandonne de nouveau à moi-même, laissant la face de la jeune Jedi en devenir à celle, solitaire, de la jeune fille encore fragile et peu assurée. Son regard, aussi amical et tendre que sa voix, vire soudain à la sévérité comme je redescends dans mes mauvaises habitudes de dépréciation de moi-même. J'hésite, je me cherche encore, et tant de réponses me manquent. Je ne sais qui je suis, comment je dois être, et qui je suis appelée à devenir dans un futur plus ou moins proche. Puisque je ne sais même pas qui j'ai été par le passé, et donc ignore pourquoi je suis ce que je suis présentement. A me rendre folle je vous jure ! Si mes conseils sont justes et sages, j'ai bien du mal à accepter de moi-même suivre mes propres conseils...

- En effet tu lui ressembles beaucoup… Et je pense que tu lui ressembleras encore plus avec le temps.

Surprise du compliment après ce que j'envisageais être un petit trait d'humour pour détendre l'atmosphère, je retourne vivement mon regard du bleu de l'océan droit dans le sien. D'abord ne sachant trop comment interpréter le rire que je sens qu'elle contient, puis ses paroles amusées, je finis par réaliser la portée hautement méliorative de ses propos, et ne peux empêcher un léger fard rosé de teinter mes joues pales... enfin, ce que l'on peut voir d'elles à travers les quelques espaces laissés à découvert par les bandages. Je peux difficilement envisager un compliment aussi beau de sa part... et que, certes, je ne m'estime pas encore assez digne pour le porter. Moi... ressembler à Maître Greystone ? Beaucoup, qui plus est ? ... Que nenni ! Voyons ! Je ne suis pas aussi sage, puissante et respectable que lui ! Je suis loin d'avoir de sa force, qu'elle soit physique, mentale, que de persuasion en diplomatie ! Non, vraiment, je ne...

J'ai envie de protester dès les premiers mots, mais la seconde moitié de la phrase m'ôte pour un petit moment la parole, bien que je secoue brièvement, avec vivacité et à l'horizontale, ma tête, les joues légèrement rosies. Et encore, elle n'a pas accès à mes pensées, heureusement pour moi ! Non, je ne lui ressemble pas, je suis nettement moins... je... enfin, vous comprenez quoi ! Et je ne suis absolument pas certaine d'arriver un jour à sa cheville. Déjà, si j'arrive au niveau de sa première Padawan - que j'apprécie, ne vous méprenez pas sur mes mots, mais que j'admire - je serais très contente de moi. Je... de là, je ne pense pas que j'atteindrais son niveau, du moins pas avant qu'il ne soit malheureusement parti rejoindre la Force - de vieillesse, j'y compte bien ! - et que moi-même je ne sois sur le point de trépasser sur le poids des ans de cette trop brève existence qui a été alloué aux membres de l'espèce humaine. Bien entendu, si je survis jusque là, et donc si nous survivons toutes deux de cette horrible planète. Je protégerais Danaé, non seulement Reine, mais surtout mon amie. Nous survivrons, nous nous épanouirons. Nous ne tomberons pas ici.

- Une planète prédatrice ?

A peine je masque mon soulagement et ma reconnaissance de la voir ne pas insister sur ce sujet douloureux pour moi qui est mon passé, source d'inquiétudes sans fin, terrorisantes à souhait. Cette planète ne me mets pas à l'aise, la Force elle-même est troublée, peu rassurante. Je me sens fragile avec son support alors amoindri. Je me sens vulnérable, comme si je me retrouve dépourvue de toute protection comme de toute arme, en dépit de la présence de mon sabre-laser à ma ceinture. J'ai peur, bien que je refuse de le montrer derrière la façade de calme Jedi. J'ai au moins aussi peur que Danaé face à tous ces événements que je ne peux comprendre. Qui dépassent entièrement toute capacité logique et réaliste. Inspire... il n'y a pas de Peur, il y a la Force. Calme... Paix... mais la Force est si ténue, comme un trop mince filet d'air bien trop rare dans une atmosphère aussi oppressante. Maître... quelqu'un... que quelqu'un puisse entendre ma voix, mon murmure que j'essaye désespérément de convoyer à l'aide des chemins de la Force... que j'ai tant de mal à percevoir...


- Sais-tu quel genre d'aventures encore pourraient nous attendre ?

Perchée sur notre refuge, je refuse de regarder en bas et porte mon regard sur nos environs, un temps silencieuse et tentant de conserver notre calme. Nous étions toutes deux blessées, avions toutes deux un mauvais pressentiment et nous étions toutes deux très inquiètes, incertaines sur la démarche à suivre. Moi j'essaye désespérément de me rappeler des leçons de survie tant des instructeurs du Temple que certaines recommandations de Maître Greystone. Sith ! Il doit bien y avoir quelque chose, une solution enfouie quelque part dans mes connaissances, non ? Il doit y en avoir une ! J'ai en sainte horreur les équations avec, d'un, trop d'inconnues, et de deux sans solution apparente ! J'observe avec un oeil certes vigilant, mais déjà fatigué l'horizon, avant de répondre d'une voix prudente en dépit de son aspect posé, méfiante tout en admettant mon impuissance et mon inaptitude passagère à savoir précisément :

- C'est l'impression que cela me donne... je ne sais pas, Danaé, et c'est précisément ce qui m'inquiète. Mon emprise sur la Force est encore jeune, et étrangement troublée sur cette planète, mais le peu d'informations que je puisse recevoir me soucie grandement. Si nous essayons de réunir ce que nous savons déjà, aussi moindres que ne soient ces données...

J'essaye alors de me relever sur mes jambes éreintées par les batailles et la fatigue grandissante. Mes jambes tremblent, je sens des picotements désagréables gagner tout mon corps, mais je me refuse au sommeil ou même à la méditation. Le bien-être et la protection de Danaé passent avant les miens. Je ne peux pas trop bouger, le lieu est exigu et je n'ai pas envie de risquer de faire tomber notre refuge sylvestre nous gardant des dangers mortels du sol terrestre. Prenant appui contre l'un des troncs proches, je croise les bras sur mon torse, l'air songeur, calme mais visiblement inquiet, avant que je ne reprenne en essayant de résumer aussi brièvement que possible :

- Certaines questions sans réponses me hantent. Ce qu'il s'est passé avec les troncs, ces voix étranges, cette atmosphère... non naturelle, notre... survie, ce sommeil... je ne ressens pas rien qui ne soit du côté obscur, mais... je ne suis pas tranquille. Quelque chose se trame ici, et mon instinct me souffle d'être sur mes gardes. Il semblerait... que nous ne pouvons pour l'heure ne compter sur nous-mêmes. Et rester aussi unies qu'attentives.

Puis nous en sommes revenues aux confidences, comme nous nous montrons toutes deux de plus en plus en confiance l'une envers l'autre, et aussi pour rester éveillées autant que possible. J'ai alors posé une main sur son épaule, essayant de la rassurer et de l'apaiser autant que je le puisse, lui assurant mon soutien et ma compréhension, lui proposant d'en parler sans la forcer pour autant. Une technique dont l'efficacité n'est plus à prouver, en tout cas elle a très bien marché sur moi quand Maître Greystone l'avait utilisée un certain nombre, enfin plutôt un nombre certain, de fois à mon égard. Je garde un sourire apaisant sur mes lèvres comme qu'elle pose l'une de ses mains sur la mienne, essayant de lui transmettre de ma sérénité et de mon amitié :

- Oui, il m'a protégé, oh il n'y a pas grand-chose à raconter. Ils ont fait exploser une bombe dans l'assemblée, j'ai failli mourir écraser par les décombres, mais il m'en a protégé. Mais en suite les terroristes nous ont assailli, ils voulaient tuer les cibles qui auraient survécu à l'explosion, j'en faisais parti, j'ignore pourquoi… Aldrian m'a sauvé la vie, une deuxième fois…

Quoique j'en ait été surprise sur le moment, je ne lui en tient pas rigueur. Après tout, ils sont de vieux amis, non ? Même si je me doute, personnellement, que j'aurais du mal à l'appeler par son prénom seul, même quand je serais devenue Chevalier... si je le deviens un jour. L'adaptation serait longue, et je le respecte trop pour qu'elle puisse être rapide, quant bien même il m'inviterait à le faire. Mais je reste attentive à ses propos, laissant ma main sur son épaule, alors qu'elle poursuit, apparemment choquée encore, ce qui est normal :

- C'était indéfinissable… J'ai vu… j'ai regardé, il me l'avait interdit, mais je n'ai pas pu y échapper…

Je me rappelle des conflits et guerres civiles sur Dantooine, quelque peu. On en parlait, et on voyait parfois les conséquences au delà des murs de l'orphelinat. J'essaye de compatir, de comprendre, et assure de mon mieux mon soutien. Quoique la fatigue commence à me reprendre, comme ma prise se fragilise sur son épaule et mes yeux fatigués ont du mal à se concentrer. Néanmoins, têtue, je murmure avec douceur et à voix basse :

- ... dis toi que ce qui est fait, est fait. C'est derrière toi, laisse le temps panser les blessures. Je sais combien c'est dur, crois moi. Je sais. Mais je suis là, ici, avec toi... je te remercie de m'en avoir parlé, j'en garderais le secret jusque dans ma tombe et au delà. Je... que dis-tu de te reposer ? La journée a été longue, je peux prendre la première veille... tu es plus fatiguée que moi, et je...
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Jeu 23 Mai - 7:51

" C'est l'impression que cela me donne... je ne sais pas, Danaé, et c'est précisément ce qui m'inquiète. Mon emprise sur la Force est encore jeune, et étrangement troublée sur cette planète, mais le peu d'informations que je puisse recevoir me soucie grandement. Si nous essayons de réunir ce que nous savons déjà, aussi moindres que ne soient ces données... "

Garder son calme et agir de façon intelligente, réfléchie, la panique n'aidait pas à réfléchir, mais tout au contraire elle brouillait les esprits et les cœurs d'émotions dépassant l'entendement. Etait-ce qui était entrain de m'arriver et faisait trembler mes mains, frémir toute ma peau ? J'étais préparée à affronter les obstacles, à survivre dans des situations dangereuses, du moins en théorie et les entrainements n'étaient jamais que des entrainements… Voila pourquoi on se faisait escorter par des gardes et si besoin était des Jedis. Non, je devais l'admettre, je ne me sentais pas prête à faire face à cette situation, mais je le ferais de mon mieux, je le devais, ce n'était même pas prouver que j'en étais capable, mais parce que ma vie en dépendait, et que ma vie cela ne concernait pas uniquement moi. Mais devant de pareils événements comment devrais-je… Ne pas paniquer, réagir, avancer… Je pris une inspiration lente fermant mes yeux le temps de me concentrer, de me recentrer, sur une chose précise, la fin de sa phrase, elle s'était levée elle aussi, se concentrant elle aussi, se remémorant, et pendant qu'elle déroulait le fils de sa pensée à haute voix, moi aussi je me remémorais. Pour éviter de plonger à nouveau dans une crise de panique comme celle qui m'avait éprise tout à l'heure je prenais un regard détaché, froid, méthodique et observateur, comme sur un champ de bataille, pour étudier la situation sans en être déroutée ni dépasser, rester maitre. Que c'était-il passé ? Il y avait eu les loups sur la colline, des loups géants, particulièrement agressifs, la poursuite, puis la chute, un miracle que nous ayons survécu, il y avait aussi ces visions, les rêves, puis, les hallucinations, les voix, les silhouettes qui marchent, ces arbres, ces chants, ces lumières, et bien avant même le crash du vaisseau, l'attraction, cet étourdissement, comment nous nous étions mystérieusement posé en plein milieu de cette clairière ? … C'était surnaturel, j'avais vu beaucoup de choses étranges dans ma vie mais ça c'était de loin le mystère le plus profond auquel j'avais été confronté.

" Certaines questions sans réponses me hantent. Ce qu'il s'est passé avec les troncs, ces voix étranges, cette atmosphère... non naturelle, notre... survie, ce sommeil... je ne ressens pas rien qui ne soit du côté obscur, mais... je ne suis pas tranquille. Quelque chose se trame ici, et mon instinct me souffle d'être sur mes gardes. Il semblerait... que nous ne pouvons pour l'heure ne compter sur nous-mêmes. Et rester aussi unies qu'attentives. "

Hanté, c'était bien le mot, j'avais le sentiment pressent, urgent, qui serrait mon cœur, qu'une chose, une présence, une ombre, maléfique, hantait ces lieux, c'était même pire que cela, ce n'étaient pas ces lieux qui semblaient hantés, ils nous hantaient, comme si c'était vivant, que ça agissait, que ça avait sa propre volonté. Je ne me rendis compte qu'à ce moment que j'étais de nouveau debout, je m'étais levée, et maintenant j'observais, autour de moi, les ombres, et les lueurs, leurs jeux comme une danse à travers les feuillages, tournant sur moi-même lentement, je cherchais à percer les ombres. J'avais peur qu'à nouveau je vois une de ces choses étranges, peur qu'elle vienne, ou d'entendre encore ce chant, et de voir passer entre les ombres les silhouettes blanches. Le sommeil, je n'y pensais plus, j'étais épuisée pourtant, si épuisée, nous nous étions battue pour la vie, pourtant, le sommeil, je n'y pensais plus. J'éprouvais un sentiment différent et proche de la fatigue, c'était comme une somnolence, une léthargie, mais qui ne me plongeait pas dans l'endormissement pour autant, mais qui me gardait juste assez éveillée, sans m'endormir. J'étais comme dans un état d'entre deux, flottante, parmi les ombres, et j'avais peur de devenir une de ces ombres. C'était étrange. Il fallait parler, et ne pas rester seul en soi-même, cet endroit faisait ressortir les ténèbres, et à trop regarder dedans l'on finissait par devenir fou. Pour occuper mes pensées, pour les détourner de cette folie ambiante, je me livrai à Lenia sur les points obscures de mon passé, des récits qu'avec personne d'autres je n'avais ainsi partagé, j'étais discrète et disais très peu de choses sur moi-même, il était rare que je me confie ainsi. Après avoir remémoré à haute voix ce douloureux souvenir de Corellia Lenia de ses paroles réconfortantes chercha à me rassurer, mais la langueur qui semblait m'avoir éprise paraissait sur elle avoir un effet encore plus néfaste et elle semblait si épuisé que j'eu peur qu'elle s'écroule. J'avais peur d'être seule.

" ... dis toi que ce qui est fait, est fait. C'est derrière toi, laisse le temps panser les blessures. Je sais combien c'est dur, crois moi. Je sais. Mais je suis là, ici, avec toi... je te remercie de m'en avoir parlé, j'en garderais le secret jusque dans ma tombe et au delà. Je... que dis-tu de te reposer ? La journée a été longue, je peux prendre la première veille... tu es plus fatiguée que moi, et je... "

Je tournai ma tête vers Lenia, sa phrase s'était suspendue dans les airs, le silence avait enveloppé son murmure de sa fièvre et ses paupières closes dormaient sur son visage. Comme elle semblait si faible soudain je la soutins et l'aidai à s'allonger.

- Lenia ?

Je m'accroupis à côté d'elle pour lui secouer doucement l'épaule, mais elle n'eu aucune réaction, sans doute aurais-je parlé plus fort ou l'aurais-je secoué avec plus de vigueur l'aurais-je réveillé, mais ses traits tirés et les derniers égarements de sa voix exprimaient une si grande fatigue que je préférai qu'elle profite d'un peu de repos. Je pouvais tenir, la fatigue m'avait étrangement épargnée, cela n'était sans doute que temporaire, mais par chance tandis qu'elle dormait et récupérait un peu de ses forces je me sentais capable de veiller. Mais seule dans cette nuit mystérieuse, sur cette planète si étrangère à tout ce dont j'ai connaissance, je ne me sentais pas tranquille, je dois avouer que sans la protection de Lenia j'étais même assez effrayée. Un hululement volatile, comme d'une chouette, retentit à l'est dans le bois sauvage et me fis sursauter, je déglutis et m'assis près de Lenia, observant les obscurités, ma dague dégainée serrée entre mes doigts. Si nous étions attaqué je craignais de ne pas faire une très bonne défense, je n'aurais qu'à réveiller Lenia s'il le fallait. Mais j'étais bien capable de lui accorder un peu de répit, et à peur la paranoïa rien ne montrait que nous n'étions dans un danger immédiat. Les alentours semblaient tranquille, seulement agité par les bruits de la forêt. Ce n'était que cela, le bruissement du vent dans le feuillage semblait crier comme la mort dans le désert, l'animal nocturne était si petit et l'ombre qu'il projetait monstrueuse, le reflet des étoiles dans le manteau argenté dardait au sol ces tâches cobalt qui dansaient, des lucioles ou des feu follets, ils étaient comme brûlant au dessus du sol, et ils ondulaient lentement, comme une flamme, je ne pouvais m'empêcher de les regarder ils étaient si jolis, si brillants. Cette attraction me fit peur et je m'en détournai, m'y arrachant de force, et avec douleur tandis que je subissais la souffrance de l'éloignement de leur lueur à mes yeux avides. Je fermis les yeux, juste un instant, je voulais reprendre ma concentration, je devais rester concentrée, et éveillée, mais pourtant une fois les yeux clos une terreur m'envahis soudaine, car devant moi des plaines noircies balayées de vent et de pluie frémissaient, et dans leurs hautes herbes couraient une ombre. Sursautant je revins à moi, un regard affolé autour de nous m'appris qu'il n'y avait rien ici, seulement des mauvais rêves. Si soudainement j'avais sombré, je faisais un bien piètre garde. Je regardai Lenia, et pendant un moment, gardant toujours les oreilles tendues, je ne faisais que l'observer elle, j'avais tellement peur de voir apparaitre une autre de ces choses étranges dans mon champ de vision, et de m'endormir rien qu'en clignant des paupières, que je m'astreignait à garder les yeux bien ouverts et fixé sur elle, ainsi je ne dormais pas et ne risquais pas de voir de choses qui m'effraieraient, pour veiller je me reposai sur mon ouïe. Me sentais-je fatigué ? Je ne saurais dire, oui et non, il y avait toujours cette vague somnolence qui guettait que je me désarme, mais je demeurais alerte et je me sentais encore capable de tenir le guet que l'on m'avait confié. Pour combien de temps encore ? Je tiendrais le temps qu'il me fallait, je dois dire que le seul inconvénient que je trouvais à que mon amie trouve enfin un peu de repos dans le sommeil était que je me retrouvais privée de sa compagnie et ainsi seule dans la nuit, dans cette nuit, de ténèbres et de chimères monstrueuses, la peur avait tout à son loisir de me faire boire sans jamais finir son poison mortel.

Longtemps je restais là, si bien que mon esprit peu à peu s'évadait d'entre mes iris immobiles, pour voguer sur les rives des rêves lointains qui dominaient notre sommeil sans pour autant que je dorme veillant toujours à garder mes yeux bien ouverts. Mais un murmure, d'abord si faible que ses paroles étrangères et mélancoliques ne pouvaient être que le fruit de l'imaginaire, doucement vint à mes oreilles comme se mêlant à la musique du bruissement des feuilles, de l'écoulement de l'eau lointaine. Ses volutes d'enchantement se mirent à danser et le chant discret d'abord se dessina dans l'ombragement des ténèbres, insidieux comme un air vicié. Je n'eu aucun sursaut, ni cri de frayeur, simplement, lentement, j'avais détourné mon regard de Lenia, et l'avait fixé sur la source du chant que je devinais être se reflet d'étoile en filaments d'argent et d'or fané ondulant doucement à la surface du sol si lisse qu'il semblait fait d'eau. Impossible. D'un mouvement comme s'il n'était pas le mien je m'étais relevée, et longtemps ainsi je continuai de l'observer, mes bras ballants pendaient de chaque côté de mon corps dont je ne semblais plus vraiment moi-même actionner les membres, mes poings ne serraient plus rien, avais-je rangé ma dague dans son fourreau ou avait-elle glissée parmi les racines noueuses de notre grand arbre ? Je l'ignorai, fascinée par cette évanescence que je ne pouvais quitter des yeux. Cette auréole de lumière pure, à la voix des anges mélodieuses comme la voix de la harpe, symphonique comme le chant de la plus belle nature. Et ses couleurs, à force de l'observer, ne me semblait plus tout à fait les mêmes, non, ce n'était pas seulement de l'or et de l'argent, mais sous les reflets changeant, le feu dansant se parait d'un joyaux flambants, rubis étincelants, émeraudes verdoyants, saphirs aquatique, et même le violet crépusculaire, ou l'orange de l'aube, le diamant pure, le cœur blanc, le rose de la fraicheur du matin, le turquoise des mers tropicales et l'éclat de l'orage foudroyant. Comme il semblait me parler, mais que je ne pouvais le comprendre, et comme sa beauté merveilleuse m'attirait risiblement, d'un pas j'avançai vers son iridescent firmament. Un second me permit de l'entendre plus clairement, qu'était-ce que cette jeune et belle voix qui chantait ? C'était une fille, une enfant, son timbre était pure comme un diamant vierge. Je me dirigeais vers elle, mais à chaque pas que je faisais, je semblais toujours étrangement être exactement à la même distance, je voulais me rapprocher pour mieux la voir et l'entendre, pour pouvoir lui parler moi aussi, mais elle n'était toujours qu'à trois pas de moi, mais jamais plus près, ni plus loin cependant, mais si éloignée encore. Derrière moi, les ombres refermaient un rideau épais de ténèbres, et déjà toutes les lueurs étoilées s'endormaient dans le ciel, une nuit d'encre dominait la ramure, lointaine était notre cachette sûre, il me semblait encore être sur le petit auvent protecteur de racines noueuses, proche de mon amie qui me protégée, mais déjà j'étais loin, et encore plus encore étais-je de me douter du chemin que j'avais emprunté. Il n'y avait plus que la lueur iridescente, seulement et seulement elle, qui me guidait à travers la forêt, vers le diamant pure, la splendeur qui chantait à travers elle, vers l'île sacré où dormait l'exquise extase de la perfection qui l'avait engendrée. Et je la désirai tant à présent que rien ne pouvait m'en détourner.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Ven 24 Mai - 6:29


"... La journée a été longue, je peux prendre la première veille... tu es plus fatiguée que moi, et je..."

Oh là. Je sens que mes pensées commencent à se désorganiser, ce n'est pas bon signe d'ordinaire. Pourquoi tout se trouble autant autour de moi ? Les formes... les couleurs... l'arrière-fond naturel si périlleux... puis le visage de Danaé, petit à petit. Pourquoi est-ce que je me sens aussi fatiguée tout d'un coup ? L'épuisement qui me rattrape, maintenant que l'adrénaline du danger imminent n'est plus ? Oh... ce n'est pas le bon moment, pas du tout même, je dois tenir ! Et pourtant... je sens ma prise sur l'épaule de mon amie et Reine de Naboo s'effriter puis se relâcher tout d'un coup. Cette langueur... ce drain soudain d'énergie... oh Force... mes paupières papillonnent en vain pour essayer de me garder éveillée, mais pas la peine, je n'arrive pas à me défaire de l'étreinte pressante et possessive de Morphée, ce dieu universel du sommeil. Non... Danaé doit être encore plus fatiguée que moi, ce n'est pas le moment...

Mais mes paupières finissent par se refermer, alors que lutte et se débat encore ma conscience et mon esprit. Je sens Danaé qui m'attrape, alors qu'une pointe de fièvre commence à me gagner au front. Je suppose que mes "miracles" tout à l'heure contre les loups mutés commencent à se faire ressentir et quémandent maintenant leur prix. Je la sens me soutenir, puis m'aider à m'allonger, alors que mes jambes cessent peu à peu de me tenir et que mes muscles se relâchent d'eux-mêmes. Non... je ne veux pas dormir... dormir... Danaé a besoin de moi... je ne veux pas dormir.... je ne veux pas cauchemarder une fois de plus... je suis censée être la protectrice, non la protégée... mais je me sens si fatiguée tout d'un coup, déjà j'entends à peine la voix de Danaé qui se noie petit à petit dans le néant du silence et du trou noir de la conscience qui avale, un à un, les sens qui me soutiennent d'ordinaire. Je ne vois plus rien, j'ai à peine connaissance de la nature de la surface sur laquelle je repose alors, j'entends de moins en moins...


- Lenia ?

Du mouvement près de moi... le mauvais pressentiment qui ne s'éteint pas, au contraire, il croit.... les sons qui se confondent et les ombres qui me réclament impérativement... la Force que je perçois de moins en moins, oh Maître, je sais que je ne devrais pas dormir, je sais, mais voyez, mon corps ne répond plus aux invitations, voire même aux ordres, de mon esprit qui lui aussi m'abandonne. Je ne vais pas tenir éternellement, en effet c'est une bataille interne, avec moi-même, perdue d'avance et maintenant je suis obligée, malgré moi, de battre en retraite. Mes blessures, bien qu'à peu près pansées je pense maintenant, me relancent douloureusement et ma tête commence à tourner. Et surgit la Nuit effroyable, invincible, imprévisible... imbattable.

Peut-être qu'Alvis avait raison, finalement. Peut-être qu'effectivement, seule, laissée à moi-même, je suis terriblement faible et impuissante. Curieusement ne viennent ni rêves ni mauvais songes. Non. En effet, la seule chose qui emplit mon esprit ensommeillé sur le moment est le noir le plus complet, le néant. Un sommeil sans rêves, sans troubles... mais incroyablement long, sans que je n'en ai connaissance. D'ordinaire, je déteste le noir, bien qu'il puisse m'arriver d'en porter sur moi, par exemple sur l'une de mes deux tenues civiles. Le noir, c'est la couleur de la nuit, de l'inconnu, du néant, du vide, de la mort et du deuil. Le noir, c'est une des couleurs des Jedis Noirs, une des Sith parfois. Le noir, c'est la couleur des assassins de toute sorte. Une couleur si froide que par certains elle n'est considérée comme couleur à proprement dit, mais comme néantisation de toutes les couleurs, d'anéantissement complet... pis encore que le blanc. Le noir.... c'est aussi la couleur de la solitude et du désespoir. De la peur, et source, puits qui laisse naître ces terribles engeances d'horreur qui nous hantent au plus profond de nous. Le noir, c'est l'oubli, aussi, la malédiction la plus sombre et la plus terrible qu'il soit. Le noir, c'est le mal, les ténèbres, la trahison qui peut nous attendre au tournant. Je... je n'aime pas le noir, vraiment. Ce maudit noir...

Finalement, peut-être que ce n'est pas totalement le noir qui s'est abattu sur moi. Je dois halluciner un peu, il faut que je renforce mes encore fragiles barrières mentales. En effet, le noir mental, à l'instar d'un mauvais brouillard sordide, cruel, et épais, se diffuse lentement, tout en restant présent quelque part. Pourtant je me sens si fatiguée encore... je... non je n'arrive pas... je n'arrive pas à m'en tirer. Plongée dans mon sommeil si mystérieux, je me redresse mentalement, appuyée sur mes coudes, observant mes alentours d'un oeil inquiet bien qu'étrangement placide. Qu'est-ce qui chasse les ténèbres à ce point ? Ah... une petite boule de lumières, d'un bleu si clair qu'on le penserait presque blanc. C'est... si beau. Suis-je en train de délirer, moi aussi ? Je ne l'espère pas, ce serait inquiétant sinon. Pourtant, aucune impression de danger ne ressort de cette étrange apparition mentale. Non, au contraire... étrange, mais ô combien fascinant. Limite, s'il ne me restait pas un zeste de prudence naturelle, je pourrais presque me complaire dans ce genre de délire, pourtant emplit d'espoir, incarné par une si petite et éphémère, intangible manifestation. Serait-ce un feu follet, comme le disent certaines légendes de chez moi ? De ma belle Dantooine, bien qu'impériale, que j'espère revoir un jour, dont j'espère pouvoir, un jour, fouler à nouveau ce sol si cher, mon sol natal. "Lève-toi, réveille-toi. Ta tâche n'est pas finie, il n'est pas l'heure encore de te reposer". C'est ce que semble me souffler cette étrange sphère, que j'imagine produite par ma seule conscience. Devrais-je l'écouter, ou bien... ?

Étonnée devant l'étrange phénomène, je finis par me redresser, toujours sertie de ce brouillard épais, noir, que je suppose symboliser, pour moi, le sommeil et son, enfin, ses dangers multiples. Debout sur mes pieds, mon regard bleuté se réveille doucement en pensée, pétillant de curiosité en dépit de son inquiétude indéniable. Curieuse, j'essaye de l'attraper une première fois, mais la maligne m'échappe à la dernière minute. Mécontente, j'essaye une deuxième. Encore loupé, je crains. Par tous les Siths depuis les origines, je vais bien finir par mettre la main dessus, non ? Trois fois, quatre fois, sans que je n'obtienne plus de succès. En plus elle s'éloigne la bougre, s'arrête, comme pour me provoquer à la suivre. Attends une petite minute toi, je n'en ai pas fini avec toi, loin de là ! Reviens... ! Mes pieds se mettent en action touts seuls, et me voilà amenée à lui courir après, alors que derrière moi les ténèbres reprennent leurs droits... temporairement. En effet, petit à petit, je remarque que l'éclat de la sphère que mon esprit imagine s'intensifie, et chasse de plus en plus la nébuleuse du sommeil, comme je continue de la pourchasser, et petit à petit de me rapprocher d'elle. Ah, je vous jure, mon esprit a une capacité imaginative du tonnerre ! Petit à petit, cette salle sans fin de mon intérieur s'éclaircit, jusqu'à ce que, parfaitement synchronisé avec le moment où mes doigts arrivent enfin à emprisonner la boule lumineuse de mes pensées, tout s'illumine, à l'instar d'un flash incroyablement aveuglant... et douloureux, force m'est de l'admettre. Alors seulement les pièces du puzzle s’emboîtent, et d'un coup, en harmonie avec ma réalisation, la lueur m'aveugle et je...

Je me réveille subitement, yeux qui s'ouvrent immédiatement,  redressée brutalement en position semi-allongée - semi-assise, en un geste brutal et vif... un petit peu trop vif d'ailleurs je crois. Oh, quelles jolies couleurs, bien qu'encore un peu floues... par la Force... je devrais pourtant le savoir, qu'après une perte de connaissance - endormissement, il n'est jamais bon de se redresser tout d'un coup aussi brutalement ! Ce n'est bon ni pour le corps - qui a besoin de réactiver au rythme "éveillé" les fonctions vitales - que l'esprit - qui, de même, a besoin de réajuster les organes sensoriels, et les sens en général, voire les pensées tout court. Mais... ce sentiment d'urgence, qu'un malheur risque d'arriver ? D'où vient-il ? Ah ! Enfin ! On dirait que j'ai récupéré un peu d'énergie, physique, mentale, comme spirituelle ! Je me sens un peu plus légère, bien que la douleur me tiraille encore dans mes muscles fatigués, mes plaies pansées mais pas toutes refermées sous les bandages, et la migraine qui a décidé d'élire domicile dans mon crâne. Au moins, je suis vivante, je respire, et on dirait que je peux me remettre debout sans trop grande crainte. Tout a l'air de fonctionner comme il se doit, j'espère que Danaé n'a pas...

- ... Danaé ? Où es...? Danaé !

Paniquée, je me dresse immédiatement sur mes deux jambes, prenant appui sur le tronc d'un des arbres. Où est-elle passée ? Pourquoi est-ce que je suis toute seule ? Mon coeur bat furieusement dans ma poitrine  d'inquiétude alors que je me glace petit à petit en me rendant compte de son absence notoire. Maudit corps qui est le mien, Maître Yunstar a beau dire et me redire que je ne devrais pas te haïr, sur ce moment je te déteste cordialement alors que tu m'abandonnes pile quand j'aurais besoin que tu me soutiennes ! Pourquoi m'as-tu si lâchement délaissée au sommeil tout à l'heure ? Danaé ! J'inspire profondément pour tenter de puiser de nouveau dans le calme Jedi. Paniquer ne m'aidera en rien, je l'ai dis et redis à Danaé tout à l'heure, à moi d'appliquer mes propres paroles de sagesse Jedi. Bon, alors... reprendre mon calme, inspirer... le faire rapidement, mais efficacement ! Ordre de priorité ? Alors... je sens vaguement encore la présence de Danaé, éloignée, je ne sais pas exactement où, mais dans les environs. Elle s'éloigne, mais il ne faut pas que je me précipite bêtement sous l'influence de mes émotions. Déjà, il faut que je retente mon appel mental au secours pour assurer nos arrières - enfin, espérer les assurer si quelqu'un - idéalement mon Maître - arrive à m'entendre. Je n'aime pas cela, faire attendre quelqu'un que je sais potentiellement en danger, mais il faut temporairement que je cesse d'écouter mon coeur au profit de ma raison. Que je laisse alors la Jedi prendre le pas sur la jeune femme...

Ravalant ma frustration, je n'ai pas le temps de me plonger en méditation... en revanche, je peux tout à fait retenter un message mental. Pas un général - j'ai bien peur de n'en avoir les forces suffisantes tant pour le projeter au maximum que le restreindre au groupe de personnes que je veux atteindre, les Jedi, surtout si je veux garder assez d'énergie pour endurer et affronter le moindre danger. Il ne faut pas que je surestimes la maigre partie de mes forces récupérées... me forçant à écouter ces impératifs dirigées vers et par moi-même, basées sur les leçons de survie au Temple, je prends appui contre l'un des troncs, prête à affronter la migraine, fermant les yeux pour mieux me concentrer et fermant au minimum de prudence mes sens physiques pour mieux affiner ceux de Force. Voilà, le mal de tête revient, mais je reste concentrée... je cherche l'endroit mental où est supposé se trouver mon lien d'entraînement de Force  Maître - Apprentie. Ténu, dilué encore, mais au moins je le perçois... un  peu, il ne faut pas que je gâche ma chance du moment.

Je me focalise dessus autant que me le permettent ma fatigue, ma migraine et les perturbations mystérieuses de cette planète inconnue - que je ne sais même pas si elle se trouve dans les régions inconnues ou seulement une des bordures extérieures de la galaxie - nettement plus concentrée que la dernière fois où j'ai essayé d'envoyer un message à Maître Greystone. Je dois être concentrée, faire vite et bien, à défaut de n'avoir su appliquer parfaitement le "Vigilance constante !" tant aimés par mon Maître et son droïd de combat mandalorien Aran lors de certains entraînements - subis - sous la surveillance de ce dernier. Inspirant profondément, je rassemble autant de forces que je peux utiliser sans trop de risques - pas comme la dernière fois, qui je pense est l'une des raisons plurielles qui m'a poussée à m'écrouler de fatigue tout à l'heure - essayant de retrouver la sensation éphémère, fugace et passagère que j'avais réussi à vaguement ressentir tout à l'heure. Celle même qui m'indiquait que, l'espace d'un trop bref instant, j'avais réussi à atteindre/ressentir vaguement le destinataire de mon message mental d'appel au secours et à l'aide.

Toute seule, je n'arriverais à rien, je ne suis qu'une Padawan et ma modestie cette fois a raison, je le sais. Je reconnais mes faiblesses comme mes limites. Par contre, je peux gagner du temps et protéger Danaé à mon corps défendant jusque là... si j'arrive à tenir jusqu'à ce que d'hypothétiques secours nous parviennent... Sachant qu'il ne faut pas que je gaspille mes forces fraîchement et partiellement recouvrées, je me focalise, têtue, et essayer de synthétiser mon deuxième message aussi brièvement et clairement que je le puisse, perdant ma connexion de Force, plus fugace que malheureusement prévu juste après :

    "Maître, est-ce que...  m'entendez ? Je prie la F... soit le cas.. j'aurais vraiment besoin de votre aide. Rien.. ne s'est passé comme prévu. Des pirates... traître à bord... détournés de... route prévue.... crashés.. sur planète inconnue... bizarre... attaque... Danaé et moi seules... séparées des autres... des blessés... danger... imminent et permanent... phénomènes... inquiétants... perturbent... Force... je..."


Bon, j'espère au moins qu'il aura compris, les perturbations sont encore présentes et moi j'ai mal à la tête. Pas le temps ni les forces d'en refaire un, Danaé a besoin de moi ! Fronçant des sourcils alors que je m'apprête à bondir à sa suite, un éclat métallisé retient mon attention, me faisant m'agenouiller avec inquiétude au sol alors que je ramasse, mains tremblantes, l'arme blanche qui repose sur le lit de verdure. Cette lame... dague rouge... ne me dites pas que... Danaé ! L'urgence battant de nouveau furieusement dans mon corps, je malmène ce dernier à peine remis et m'élance à la suite de la Reine de Naboo, sabre-laser déjà en main droite, la gauche étant encore inutilisable je crains si j'en crois la douleur par dessous le bandage l'entourant. Mais très vite je me rends compte que je ne sais pas où elle est partie exactement, les traces pouvant être pistées s'arrêtant très vite. Le mauvais pressentiment croît en moi, mais hélas je n'ai pas encore le pouvoir de Force permettant de traquer les présences des personnes précisément. Sith ! Il faut pourtant que je rejoigne son chevet, aussi vite que possible ! Comment faire... essayant de contenir tant bien que mal mon impatience et ma frustration apeurée, je me rappelle très rapidement ce que nous avions évoqué quelques temps plus tôt. Je n'aime pas prendre des décisions sans avoir longtemps pesé dessus, mais je n'ai pas le choix ici, alors qu'un plan du désespoir s'établit dans mon esprit. Et je n'ai que lui... bien que je ne l'aime clairement pas. Mais ai-je seulement le choix dans la présente situation ? Avec une dernière amère pensée pour moi-même, je tranche :

"Je n'ai aucune idée d'où elle a pu aller, elle n'a pas de balise, et la Force ne peut pas m'aider. En revanche, si mon hypothèse se confirme, il y a un moyen de la rejoindre. Le même qui l'a éloignée de moi. Si ce sont les hallucinations qui l'ont éloignée de moi... alors ce seront ces mêmes hallucinations qui me guideront vers elle. Si je ne me laisse pas piéger par les illusions... j'ai une chance d'y arriver. Puis, de toute manière, je n'ai pas trop le choix. Maître, j'espère ne pas faire une mauvaise décision... mais ainsi soit-il. Force, je m'en remets à toi. Puisse tu me garder de la folie..."

C'est un plan complètement dingue et insensé, mais après tout, qu'est-ce qui a du sens dans toute cette histoire, ou cette planète-même ? Rien. Je sais que je ne supporte que difficilement - voire pas du tout - l'illogique, l'improbable et l'irrationnel, mais ici je suis plongée dans un monde concentré d'inexplicable, de surnaturel, monde totalement fantastique dans son sens premier le plus puissant : phénomènes qu'on ne peut pas plus nier qu'expliquer avec la raison, à l'influence grandissante, terriblement puissante, croissante... et effrayante, je dois l'admettre. Peut-être en partie cela explique-t-il ma migraine soudaine... je ne peux rien comprendre, même avec toutes mon savoir, mes connaissances, mes modestes expériences, à ce qu'il se passe ici, et donc décider, agir au meilleur de  mes capacités. J'ai toujours préféré la planification à l'improvisation... que ce fusse un bien, et que ce fusse un mal d'ailleurs.

Baissant donc consciemment, bien que légèrement, ma garde et ma méfiance, j'attends patiemment que les illusions viennent m'affecter également. Allez, venez... je... non, je n'ai pas peur ! Enfin, si, un petit peu. J'ai peur que la situation ne m'échappe un peu plus et qu'il n'advienne quelque chose à Danaé en mon absence. Enfin les hallucinations se décident à faire leur apparition - je savais que "la force maléfique mystérieuse" de la planète ne saurait résister longtemps à l'appel tentateur d'une deuxième victime de ses maléfices - et résolue, tout en me gardant un bouclier mental de raison, je les suis, voire les poursuis comme une démenée. Céder à la folie... seulement en très faible partie et en donner toute l'apparence sans que ce ne soit le cas. Il faut que le jeu théâtral improvisé tienne bon et soit convaincant, sinon mon "guide" cesserait de me mener, en dépit de ses plans funestes, vers celle que je veux retrouver. Comme il croit que je ne sais résister à son appel de perdition dans les mirages omniprésents avec mon aide,  il ne résiste pas à mon appel non plus de tromperie dans le démantèlement très prochain de ses projets, ironiquement avec son aide. Raisonnement totalement fou, mais au point où j'en suis... à savoir que folie et génie se distinguent peu, et que seule cette forme teintée de logique pure désespérée peut m'assister alors que je suis bien seule pour aider et porter secours de mon mieux à mon amie vulnérable perdue dans l'illusion.

Les minutes me paraissent des heures, tant l'inquiétude de la perdre m'est grande. Au delà de la simple notion d'échec de mission, notre situation, aussi désespérée soit-elle, m'a fait réaliser combien la Reine de Naboo m'est devenue importante en si peu de temps, d'échanges vocaux et musicaux, de rencontres et discussions. J'avais gagné tout juste ma première vraie amie - en dehors de ma meilleure amie et collègue Padawan Elora Yunstar - hors du cadre du Temple Jedi, et je n'étais, et ne suis d'ailleurs, pas décidée à la perdre de sitôt, voire à la perdre tout court. Je pensais chacun de mes mots quand je lui ai juré, dans le vaisseau, et ai renouvelé suite au crash, que je la protégerais, dussé-je mettre en jeu, en péril voire même sacrifier ma vie dans le processus. C'est une de mes faiblesses :  je ne me fais que peu d'amis et de proches, et tant en conséquence que à cause de la conséquence, je tiens profondément à eux. Il ne me viendrait jamais à l'esprit de les trahir, les abandonner, que de les laisser derrière moi en situation dangereuse. Les liens sont ma deuxième épée de Damoclès, même si cette dernière est entièrement acceptée et assumée. S'il y a des qualités que je ne peux démentir, c'est que je suis loyale envers les êtres qui me sont chers, et c'est tant parce que, que c'est pourquoi, ils ne sont pas beaucoup à avoir ma confiance, mon amitié et cette promesse de ma part.

Je sens mes traits se détendre un peu alors qu'enfin, un peu essoufflée certes, je l'aperçois et avec un dernier effort la rattrape. Elle marche comme un zombie, ce qui me laisse à penser qu'elle est sous l'influence d'une forme d'hypnose, de délire ou d'illusion, en somme rien qui ne me plaise. Je me poste devant elle, ayant entre temps reposé mon sabre à ma ceinture  pour tenir de ma main encore valide sa dague, dans l'idée de la lui rendre quand elle aurait reprit conscience, à quelques mètres, et insiste d'une voix suppliante et inquiète :

- Danaé ! Arrête-toi, je t'en prie ! Ce n'est qu'une illusion, rien n'est vrai de tout ce que tu vois ! Ecoute ma voix, et reviens à la raison, je t'en supplie ! Quelque chose ici se joue de toi, et nous mène droit vers son piège pour nous nuire !

Je n'ai pas l'impression qu'elle ne m'écoute - ou ne m'entende même - alors qu'elle s'approche de mon niveau, toujours avec ce regard hypnotisé. Prenant le problème à pleines mains comme le wookie par les épaules, je l'interrompt dans sa démarche en saisissant d'une vive poigne décidée son poignet, de ma main gauche bandée, n'ayant pas peur de rouvrir mes blessures si je puis arrêter mon amie de suivre cette dangereuse folie. Folie que je repousse moi-même furieusement à l'aide de mes boucliers mentaux, bien qu'encore jeune, maintenant qu'elle a accomplit la tâche que j'attendais d'elle en me conduisant auprès de Danaé. Ceci fait, je compte la surprendre, et de là, la sortir de son état hypnotique, en prenant soudainement un ton de voix que j'ai rarement fait entendre jusque là et suppléé d'un petit peu d'empathie de Force pour lui faire ressentir tant mon inquiétude pour elle que ma détermination à me faire entendre par elle. J'use, en effet, d'une voix ferme et assurée que je ne me connaissais jusque lors pas beaucoup. Celle d'une jeune Jedi qui me surprend moi-même d'ailleurs par sa force inattendue, reprenant pour la tirer de sa torpeur les tournures officielles et protocolaires que j'avais jusque lors sciemment abandonné. Si l'amie ne peut lui faire entendre raison, peut-être qu'un petit et bref passage à l'escorte Jedi le pourra, elle, j'espère du moins  :

- Majesté, je me permets d'insister. Je vous demanderais donc de bien vouloir m'écouter, et de revenir à vos esprits. Je n'ai nullement envie que vous alliez vous jeter dans un danger imminent. Je ne vous laisserais pas commettre cette folie déraisonnée, et vous prie de vous ressaisir ! Nous ne sommes pas en sécurité en ce lieu ! Éveillez-vous dès maintenant !

Par la Force, Danaé, ressaisis-toi ! Mes yeux du bleu de l'océan brillent d"inquiétude pour elle, espérant qu'elle comprenne le but de ma manoeuvre et le péril dans lequel elle allait se jeter sans s'en rendre compte. Une fois que j'ai l'impression qu'elle se reprend, se réveille, je détend mes traits sérieux et laisse volontairement un sincère sourire soulagé glisser mes lèvres et adoucir mon expressivité pour qu'elle comprenne que je voulais juste qu'elle se ressaisisse et que pour rien je ne reviendrais sur notre amitié. Avec un sourire apaisant, et un regard soulagé, amical, chaleureux et compréhensif, je lui tend sa dague et tente d'alléger l'atmosphère en osant un très bref et petit trait d'humour, agrémenté d'un petit clin d'oeil :

- Bien réveillée maintenant ? Bien. Tiens, tu allais encore oublier ceci derrière toi, je n'imaginais pas que tu serais aussi distraite et étourdie que moi, tu sais ?

Riant doucement - je suppose le contre-coup de l'inquiétude parce que ce n'est pas la meilleure blague que j'ai fais - je secoue la tête pour me ressaisir, et reprend un pan de mon sérieux en observant nos alentours. Je n'aime pas cela, bien que je ne sache pas plus où nous nous trouvons, sinon nettement plus loin de notre refuge et plus encore du vaisseau. Et pire encore, si possible, seules, avec cette impression de danger mortel et trop proche qui persiste. Tendue, sur mes gardes cette fois et bien réveillée, je saisis mon sabre-laser en main, inactif cependant, et commente avec le plus de calme possible, à nouveau l'amie sérieuse :

- Bon, ce n'est pas tout, mais je me demande où nous sommes cette fois. Je ne sens pas de présences hostiles comme les loups, mais la Force n'a pas baissé sa mise-en-garde. Qu'est-ce qu'on fait ? Nous sommes trop loin du refuge, plus encore du vaisseau... et, Force, je me demande ce que tout cela signifie. Et ce que cette île renferme de si terrible pour dégager une aura aussi sombre...



Dernière édition par Lenia Séry le Jeu 27 Juin - 0:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Ven 31 Mai - 13:06

Un noir d'encre, et dans la perle une lueur de nacre. D'or et de blanc pâle, ondulante sur du sable cendré. Je me perdais dans ses profondeurs étoilées où défilaient les images des prairies et des fleuves tranquilles. Sous la splendeur d'un soleil luminescent comme dans la chaleur de l'été miroitait le lac à la surface lisse comme le verre poli, et les ondes de couleurs violettes et oranges glissaient en cygnes d'arc-en-ciel. La brume pourpre et indigo au pied de la cascade immense trottait dans le lit blanc de l'écume. L'eau comme une pluie dévorait les pierres plates grises lézardées de stries brunes et vertes moussues. Des éclats scintillants comme de l'argent ou de la poussière de diamants se fixaient sur la couverture bleu d'outremer. Mon regard ne pouvait se défaire, il avait toute mon attention à présent, et je cherchais, à travers lui, l'autre monde, derrière le voile de nuit, la paradisiaque Naboo aux terres vastes d'herbes douces et à l'eau saphir. Et plus j'approchais, plus je le sentais, proche, brûlant sur ma peau, ses flammes léchant mon corps. Je le voyais, au bout de mes doigts près à s'en saisir, et mon regard plongeant de plus en plus dans les profondeurs, s'éloignant du rivage vers les abysses les plus sombres de l'espèce humaine, et tout y était si brillant, si lumineux. Je plongeais toujours plus loin dans le mirage si beau, ses contours de plus en plus définis et précis qu'il ne pouvait être que vrai, et soudain du mirage naquit une ombre comme un poisson géant aux écailles pourpres et grises, doté d'ailes squelettiques à la bouche barbue crachant des flammes noires d'enfer et ses yeux étaient deux émeraudes luisantes où brillaient en leur centre quatre iris d'ambres. Sa gueule exhalait des vapeurs de souffre empoisonnée, l'air s'y pétrifiait, tout en son contact se transformait en pierre puis se consumait en cendres. Dans son sillage il semait mort et désolation, cadavre rongé par ses crocs d'acier pourrissant étalé en trois rangés de scies dans sa mâchoire découverte d'ivoire corbeau. Il était sublime. Exaltant une puissance sans borne ni limite autre que celle même de l'univers. Ses ailes dominaient l'est et l'ouest, son bec allongé au dessus de sa bouche transperçait ciel et nuée, sa queue à six têtes de chiens au six langues de serpents cracheurs de feu dévorait toute la terre sur son passage. La chimère avait un nom, elle s'appelait Néant. Cette sensation, d'une chute grisante, dans le vide sans fin, l'immortalité du gouffre temporel où je m'étais jetée, à travers la brèche de la folie. Nulle peur, nul amour, nulle colère, nul désespoir, nulle crainte, nul regret, dans cet océan d'infiniment vide. Seul demeurait entre moi et le Néant, la lueur blanche courant les herbe fraîche perlée de rosée d'une aurore qui ne viendrait plus jamais. Et le chant des sirène suspendues sur les cailloux stellaires qu'on avait l'affront de nommer étoiles, leurs paroles des larves, glissantes de branches en branches jusqu'à leur mort étendu sur le sol brûlé dans une mare de sang. Une mélodie pétrifiée dans le marbre de ma mémoire, revenue de mon enfance, des profondeurs de mes souvenirs, le chant de la sirène, traitresse qui faisait jeter les navires sur ses pointes acérées. Le chant de l'amour, de la haine, de la passion, de la fureur, tout cet écoulement de lave qui mourrait dévorée par la gueule béante de Néant. Il était proche, si proche, je pouvais sentir sa chaleur caresser ma peau, je voulais le toucher, qu'il me dévore, que je devienne Néant, lueur parmi les lueurs, dans les lueurs mortes, une lumière plus belle que les étoiles, où brillerait toujours l'immortelle cité au cœur des grands lacs et des plaines verdoyantes.

" Danaé ! Arrête-toi, je t'en prie ! Ce n'est qu'une illusion, rien n'est vrai de tout ce que tu vois ! Ecoute ma voix, et reviens à la raison, je t'en supplie ! Quelque chose ici se joue de toi, et nous mène droit vers son piège pour nous nuire ! "

Je suis trahie, et le Néant s'échappe au-delà des montagnes que je ne peux franchir, cachée par l'obscurité leurs chemins mystérieux me demeurent étrangers. Je lutte pour regagner l'océan profond, quand la rive se rapproche, et m'éloigne de Néant, si beau et si puissant, lui seul peut me rendre ma beauté de reine, et l'amour, et la fureur et la passion que la sagesse m'a dérobé. Je suis obligée de me concentrer à présent pour regagner les abysses, les contours s'effritent, et ce qui était si nette et brillant semble soudain s'effondrer et tout est noir et tout est lointain. Mais dans l'ombre, je la perçois encore, la silhouette couleur jasmin, ses cheveux battus par le vent, des yeux d'émeraudes et de cobalt dans sa robe d'argent et de saphir où tout étincelle comme la lueur du soleil de l'aube. Elle chante, cette chanson d'il y a mille an, et qui raconte l'histoire d'un navire perdu dans la brume, sur les mers lointaines, qui voguait vers l'abyme des sirènes, monstres du fond de l'océan, elle raconte la mort du capitaine, tuée par la sirène qui chantait pour lui, allongée sur la grève, elle avait pris le corps de la défunte femme du capitaine, mais celui-ci l'ignorait et croyant voir son épouse se jeta à l'eau et se noya. C'était son histoire préférée, elle du matin au soir, elle chantait la balade du capitaine et de sa sirène dans les mers brumeuses. La silhouette se dissipa peu à peu dans le brouillard et me laissa seule avec la nuit noire.

" Majesté, je me permets d'insister. Je vous demanderais donc de bien vouloir m'écouter, et de revenir à vos esprits. Je n'ai nullement envie que vous alliez vous jeter dans un danger imminent. Je ne vous laisserais pas commettre cette folie déraisonnée, et vous prie de vous ressaisir ! Nous ne sommes pas en sécurité en ce lieu ! Éveillez-vous dès maintenant ! "

Je dus me soutenir à son épaule pour ne pas m'effondrer, mes jambes tremblaient et c'était comme si sous mes pieds le sol se dérobait. Mes yeux s'entrouvrirent et son visage se dessina dans la clarté pâle, la seule, si diffuse et diaphane, capable d'éclairer le cœur sombre de la forêt hantée. Ma tête me brûlait, ma vision était trouble, mes oreilles bourdonnaient violemment. Je du prendre une minute longue pour revenir à la réalité, observant autour de moi, effrayée, ne reconnaissant rien de notre abris de fortune, où étions-nous encore ? Et pourquoi ? J'étais incapable de me souvenir de ce qui nous avait amené là, et je ne voulais pas le savoir, cet endroit était terrifiant.

" Bien réveillée maintenant ? Bien. Tiens, tu allais encore oublier ceci derrière toi, je n'imaginais pas que tu serais aussi distraite et étourdie que moi, tu sais ? "

Elle me tendit ma dague, comment pouvait-elle plaisanter dans un moment pareil, l'esprit encore très embrumé je pris la dague et la rangeais dans son fourreau, mes gestes étaient lents, maladroits, difficiles, je chancelais encore sur mes jambes cotonneuses, j'avais besoin de repos, tout mon corps me faisait terriblement souffrir, comme si j'avais été piétée par un de ces gros machins qui vivait sur Naboo, je n'arrivais même plus à me souvenir du nom, à vrai dire une grande partie de ma mémoire était plongée encore dans une si totale obscurité que c'était à peine si je me souvenais encore de comment je m'appelais. Mais l'impression d'un danger mortel m'empêchais de perdre totalement pied. Je regardai le visage de la Jedi, à nouveau je fus prise de vertige et manquais de m'écrouler, me soutenant à elle.

- Lenia ? Où sommes-nous ? Comment sommes-nous arrivé ici ?

Mes yeux se refermèrent, et je crus défaillir, mais je me repris et parvins à rouvrir les yeux, derrière Lenia, dans l'ombre profonde de la forêt, il me semblait apercevoir une chose, étrange, si étrange. Je jurais même avoir vu une tentacule géante passer autour d'un tronc, quelque chose, une vieille histoire, me revenait en mémoire, tandis que la brume épaisse s'éclaircissait peu à peu, une vieille histoire que me contait ma grand-mère, oui, sur les monstres mythiques, qui n'existent pas, Barracle, Glooth… Silan. Des monstres si puissants qu'ils pouvaient manipuler la force…

- Lenia… Tu… Tu connais l'histoire du Silan ? La créature mythique… C'est idiot… Ca n'existe pas le Silan… Mais ce qui est derrière toi… Ca y ressemble beaucoup…

Oui, c'était comme ma grand-mère le racontait, je déglutis et reculai d'un pas, regardant autour de moi, découvrant les crânes jonchant le sol, une odeur de pourriture régnait dans l'air vicié, les lumières mourraient sur les arbres qui prenaient l'allure de monstres tortueux… C'était les tentacules qui s'entortillaient autour de leurs silhouettes de cadavres… Il y avait sous l'ombre des branchages entortillé de serpents la lueur de cinq yeux brillants d'émeraude aux iris de cobalt… Le bruit des ossements broyés par le monstre qui avançait parmi les ombres me fit sursauter. Je sentis une chose humide s'entortiller autour de ma cheville et je poussai un cri de terreur avant d'être soulevée dans les airs…




(Le Silan est une créature mythique de la planète Arorua, une planète tropicale et paumée apparemment, il y a très très peu d'info sur le net à son sujet et c'est que de l'anglais, du coup j'ai pris la base et après on a qu'à inventer autour, je sais juste que c'est un monstre mythique tentaculaire imprégné de force obscure sensé ne pas exister mais sur lesquels de vaillants Jedis bien connu de nous sont un jour tombés… bon courage j'ai envie de dire)
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Ven 31 Mai - 21:06

(HJ Maître Greystone, vous avez le feu vert pour intervenir après ce post de ma part. Merci Danaé pour ce sujet, et à vous pour le sauvetage  Razz MP  moi au moindre problème, et surtout me dire si le post vous convient à tous deux HJ Wink)


Son manque de réaction initial me fait peur, son manque d'expressivité aussi. Ses yeux bleus-mauves sont démunis de leur lumière habituelle, non fixes, comme s'ils étaient rivés sur un point précis et que je me trouve dans l'incapacité de voir, puisque je m'attache maintenant avec fermeté à la raison, au plan rationnel. Comme si Danaé se trouve dans un monde où je ne me trouve pas, mais se déroulant presque en même temps, conjointement, que celui dans lequel je me trouve.

Mes doigts restent fermement ancrés sur son poignet, alors que je contiens difficilement la peur sourde que je ressens dans les confins de mon esprit, avant de se relâcher un peu quand Danaé se retourne vers moi, enfin. Et, comme au sortir d'un bien mauvais et trop long songe, sembler perdre ses forces, et sa majesté qui était aussi mon amie du prendre appui sur l'une de mes frêles épaules fatiguées pour ne pas s'effondrer. Ignorant la douleur réveillée à ce contact, qui émanait d'une paire de larges griffures sur cette épaule dissimulée sous quelques épaisseurs de bandages, je tiens bon. Le soulagement de la voir revenir à la normale me donne de la force, alors que je ressens par mon empathie de force sa peur et son incompréhension généralisée de comment elle avait atterrit là, et moi par définition, par extension.


Visiblement, ma tentative de plaisanterie n'eut pas l'effet escompté, comme mon amie me dévisageait d'un air très surpris et incompréhensif. Mais comme je le disais aussi, ce vain essai d'humour était autant une forme d'expression de la nervosité mêlé au soulagement d'avoir recouvré mon amie, et je n'y croyais pas vraiment de sa réussite pour être totalement honnête. Je ne sais pas très bien, à vrai dire et moi-même, pourquoi est-ce que je mets à rire tout d'un coup. Je ne pensais même pas avoir l'énergie suffisante pour se faire, alors comment ? Peut-être est-ce la folie de ce lieu qui finit par me gagner ? Non... ma capacité rationnelle et scientifique de raisonnement a l'air encore bien présente et pas trop amochée dans mon esprit. Je le sens. La Force ne m'a pas totalement abandonnée, laissée à moi-même aux bêtes et ombres de cette terrible planète. Aussi sourd, diffus et étouffé que soit son murmure, aussi entrecoupée et fragile que soit ma connexion d'ordinaire forte avec Elle, cette majestueuse gardienne de lumière intangible, invisible et chaleureuse demeurait à mes côtés. Encore.


- Lenia ? Où sommes-nous ? Comment sommes-nous arrivées ici ?


Je l'observe avec grande inquiétude et aussi calmement que je le puisse, scrutant avec minutie son expression et son attitude. Je suis étonnée, après tout je pensais qu'elle le saurait précisément, après s'être échappée de notre refuge et m'avoir autant inquiétée alors que je la poursuivais. Très curieux, vraiment. Ce qui confirme donc une de mes pires hypothèses, improbables, illogiques, mais désormais malheureusement vérifiée : elle était sous l'effet d'une forme d'hypnose, sans doute de la même force mystérieuse qui m'avait défaussé de mes forces et sombrer dans un sommeil à peine réparateur. Qui m'avait assommé en quelque sorte pour tenter de me dérober ma protégée. Maître, vraiment, je suis inquiète là, j'aurais bien apprécié votre présence et votre conseil au vu d'une pareille situation, qui semble bien m'échapper et me dépasser complètement. Tendue, je glisse dans un murmure alors que je sonde sans arrêt nos environs de plus en plus inquiétants à chaque minute qui passe :


- J'aurais espéré que tu puisse me le dire, tu semblais savoir où tu allais en tout cas tout à l'heure. J'ai eu du mal à te retrouver après la mauvaise surprise constatée à mon réveil. S'il te plait, Danaé, ne me refais jamais quelque chose de la sorte ! J'étais morte d'inquiétude qu'il puisse t'être arrivé un malheur.


Je ne ressens rien de précis et pourtant l'impression de danger ne décroît nullement, bien au contraire. Peut-être courrons nous droit vers les réponses à nos interminables questions, mais sûrement en tout cas nous nous rapprochons d'un sourd et périlleux danger en approche. La migraine n'arrange nullement mes perceptions floutée de par sa nature persistante et lancinante qui embrume quelque peu mon esprit. Nous ne sommes toutes deux pas en état de combattre, Danaé que je soutiens semble épuisée, et moi-même je suis presque à bout de mes forces, et en tout cas clairement au delà de mes limites raisonnables. Je malmène tant mon esprit que mon corps pour rester debout et bien éveillée cette fois, je ne sais pas combien de temps encore vais-je perdurer. Une chose est sûre : il faut que l'on s'éloigne d'ici à tout prix. Maintenant, si possible, même si un mauvais pressentiment me glisse qu'il est peut-être déjà trop tard. Je sais, je suis pessimiste d'ordinaire, mais là quand même ça fait un moment que la mauvaise impression dure et perdure dans mon esprit. Ce qui me turlupine grandement alors que j'essaye de raisonner au plus vite qu'il me soit possible dans mon état actuel de très grande fatigue physique comme mentale :


- Je crains de ne pas le savoir plus que toi. Quelque part sur cette planète, je jugerais à environ deux kilomètres de notre refuge vers l'Ouest si je ne m'abuse. Mais on ne peut vraiment se fier à mon sens de l'orientation, alors bon, ce ne sont que des approximations de ma part. Trop loin à mon goût cela dit.


J'observe d'un oeil méfiant l'île proche, et nos alentours décidément trop silencieux pour moi. Cela sent le traquenard à plein nez, mais je n'arrive pas à en définir sa nature précise, il me manque trop de données initiales pour réussir à réaliser cette analyse. Nous ne sommes décidément pas encore tirées d'affaire, si j'en crois ce que me souffle mon instinct et le très, très faible écho de Force que je suis encore capable de ressentir.Inspirant profondément, de plus en plus mal à l'aise et étrangement de plus en plus étourdie malgré moi, je conclues d'une voix basse et douce, quoique soucieuse derrière le calme :


- Ce qui nous a conduit ici ? Les hallucinations machiavéliques de cette planète. Je t'ai vue partir au loin, elles t'avaient piégées et tu étais trop loin pour que je puisse te délivrer immédiatement. Donc je me suis laissée temporairement guidée par ces illusions pour te retrouver et te rattraper, tout en me protégeant derrière le meilleur bouclier mental de raison et de logique que je puisse établir. Je n'avais pas ce sentiment auparavant... oppressant... étouffant... mais j'ai l'impression qu'il a redoublé depuis notre arrivée en ce lieu... oh que je n'aime pas cela. Vraiment pas.


Inquiète et moi-même un peu apeurée malgré moi, essayant de rester calme malgré tout pour continuer de faire mes devoirs envers mon Ordre, envers mon amie, mon Maître et aussi moi-même. Quelque chose ici me perturbe. Je n'avais pas remarqué avant quand nous en étions encore loin, et mon inexpérience dans le domaine ne m'a pas aidée non plus. Mais maintenant que je suis assez "calme" et "reposée" pour y réfléchir deux minutes, certains symptômes que nous avons connu jusque là me rappellent bien quelque chose que j'ai déjà lu quelque part, et autre chose que j'ai déjà entendu de la bouche d'un instructeur du Praexum Jedi. Voilà un petit moment, mais ça sonne bien trop familier et détestable à la fois... avec un esprit plus clair, des liens logiques se tissent dans mon esprit, faisant le lien entre ma logique, mon savoir et ma mémoire. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais je n'aime pas ça. Tout d'un coup, ma voix se fait plus tendue, nerveuse et aux aguets alors que je décide, avant que Danaé ne me coupe en plein élan :


- Danaé, il faut qu'on quitte cet endroit. Qu'on s'éloigne d'ici, maintenant. Je viens de me souvenir de quelque chose, il faut vraiment que l'on ne perde pas plus de temps et que l'on revienne à nôtre...

- Lenia… Tu… Tu connais l'histoire du Silan ? La créature mythique…


Le Silan... le Silan ? Qu'est-ce que le Silan vient faire dans toute cette histoire ? Je lui jette un regard perplexe et très peu rassuré, me demandant si elle n'est pas en train de paniquer ou de délirer une fois de plus. Surtout que mon mauvais pressentiment croît à la vitesse d'une étoile filante dans l'espace. Avant d'approuver distraitement, concentrée sur cette vague nébuleuse que je sens se resserrer petit à petit sur nous et qui m'étouffe déjà bien trop à mon goût. Oui, le Silan, une créature normalement fictive et mythique, que certains disent pire même que ce fléau naturel qu'est le rancor. Des monstres vicieux et très intelligents, redoutables, des prédateurs que les mythes disaient capables de manipuler la Force, surtout celle du côté sombre. Les holos-livres nous mettaient en garde contre elles, mais je les ai toujours considérées comme de simples légendes. Après tout, il n'y a jamais eu de preuves concrètes et logiques de leur existence à ce que je sache, pas vrai ? Enfin... je crois... il me semble du moins. Pourquoi est-ce que je suis saisie d'un doute tout à coup ?


- ... C'est idiot… Ca n'existe pas le Silan…


Sans vouloir vexer mon amie, mon moi rationnel approuverait vivement, mais mon instinct m'empêche de suivre son avis. J'attends donc avec une patience nerveuse qu'elle termine son propos, mon corps tendu alors que tout semble s'obscurcir autour de nous et que l'atmosphère se fait nettement plus lourde. Force, je sais que quelque chose perturbe très fortement mes sens et ma connexion à la Force, mais j'ai beau ne rien voir de concrètement périlleux, quelque chose fait sonner une alarme de danger de proximité dans ma tête. La Force ? Mon instinct ? Autre chose ? Quelqu'un ? Je n'en sais rien... perturbant. Je ne suis pas rassurée. Quelque chose me glace déjà l'échine, comme une menace grondante, invisible, et en approche bien trop furtive et rapide...


- ... Mais ce qui est derrière toi… Ca y ressemble beaucoup…


... Pardon ? Oh non. Non de non, ne me dites pas que... l'horrible réalisation à cette suggestion frappe vigoureusement mon esprit, alors que toutes les équations à maintes inconnues trouvent leur solution et que les liens logiques se réunissent tous vers la même terrible conclusion. Oh Force. Et si... par un mystérieux et cruel hasard... la supposée fiction n'était pas si fictive, et que le mythe bien digne de faire partie des histoires à terroriser les initiés n'en était pas un ? Mais s'il était plutôt bien une réalité concrète et mortelle. Heu.... Là du coup mes certitudes sont clairement ébranlées en l'espace de quelques secondes.  

Le cri de terreur de Danaé m'arrache à mon horrible réalisation, alors que très vite je redresse ma tête à moitié recouverte - à la hauteur du front et du crâne - de bandages salis désormais et blêmis en voyant la vision d'horreur pure qui m'attend. Danaé, entre cieux et terres, soulevée en l'air par une monstrueuse tentacule d'une abomination que je ne croyais exister que dans les contes et les livres de l'Ordre Jedi. Autour de nous, un paysage aussi chaotique que malheureusement séant à la créature maléfique qui semble nous avoir attirées jusque dans son nid : cette structure en forme de tour en terre.... ces... ces ossements partout.... je sens mon ventre se retourner et la nausée menacer de me gagner, mais je les défausse face à la situation critique la plus immédiate. Maître, vous n'allez pas me croire, mais je crois qu'on a touché le jackpot malheureusement question absurdités improbables et illogiques pourtant irréfutables dans leur existence même : un... un Silan. Un vrai Silan en chair et en... chair. Et en dents bien acérées réparties sur de triples rangées. J'ai peur. J'ai peur pour Danaé, j'ai peur pour notre propre survie. J'ai peur.


"Ce... un Silan ? Mais ce n'est pas supposé n'être qu'une créature mythique ça ? Ces engeances de malice... cette monstruosité..."


Néanmoins, je ne peux pas rester à attendre trois plombes là. Danaé est en danger, et ça je ne peux l'autoriser. Quitte à mettre ma vie en péril, elle ne périra pas aujourd'hui. Essayant d'ignorer ma peur de mon mieux, je plonge dans cette détermination nouvelle et très vite mon sabre-laser se retrouve dans ma main droite, la lame à la couleur du vert de la vie illuminant quelque peu le sombre environnement à la lumière tamisée, filtré par les murs noirs. Oh Force. Je dois faire quelque chose, même si je ne sais absolument pas quoi faire ! Comment je suis supposée combattre, ou même survire seulement à cette chose ? Je ne suis qu'une Padawan seule, épuisée, blessée et perdue, désespérée ! Mais je n'abandonnerais pas Danaé, donc je n'ai pas le choix. Ma raison me hurle de m'enfuir immédiatement, ma rationalité m'informant que j'ai approximativement 0.01% de chance de m'en sortir vivante ainsi que Danaé. Et pas loin de 0.0001% de chance de gagner contre cette horrible créature. Pour une fois la réflexion ne m'aide pas à garder mon calme, au contraire elle me terrifie. Alors je fais quelque chose que je ne ferais jamais d'ordinaire...

Je fonce sans réfléchir alors que la tentacule qui tient Danaé en l'air est encore loin du nid où doit se trouver les terribles têtes. Evitant de justesse d'autres membres du mollusque carnivore qui essayent de m'attraper, je m'accroche avec l'énergie du désespoir de la main gauche bandée à cette dernière... qui se met à me secouer comme un prunier pour me déloger de là. Repliant mes jambes sous moi pour éviter un autre appendice de chair de m'attraper, je ne réfléchir pas une seule seconde, grimaçante de douleur, et d'un souple mouvement du poignet droit découpe l'appendice tenant mon amie prisonnière. Qui de surprise relâche sa proie - avec le moignon découpé - et je laisse volontiers mes doigts glisser pour me laisser tomber et amortir comme je le peux la chute de Danaé. Heureusement, nous n'étions encore pas très haut comme j'ai réagis assez rapidement. Mais mon corps proteste fortement contre cet ultime affront à son égard, et me le fait payer en vagues de douleur sourde. Malgré tout, têtue, j'essaye d'en faire fi et poste Danaé derrière moi, comme nous sommes obligées de nous replier, moi essayant de couper autant de tentacules que je le puisse, mais elles me semblent toujours plus nombreuses, trois revenant remplacer celle que j'arrive à abattre. Paniquée et débordée, j'envoie une pensée du désespoir à mon Maître, peu sûre qu'elle lui parvienne :



    "Maître ! J'ai vraiment besoin de votre aide là ! Une horreur à tentacules et dents acérées... sensible à la Force obscure... débordée... je ne vais pas tenir longtemps... Danaé blessée...elle a besoin d'aide... je suis dépassée... "



Nous serions donc retrouvées sur Arorua, je ne sais trop comment, mais là n'est pas la préoccupation la plus urgente. Le climat tropical... les illusions venues d'une manipulation pervertie de la Force... la sensation de danger sourde et perpétuelle... tout s'éclaire maintenant, sous une horrible et mortelle lumière. Je sens mes boucliers mentaux s'affaisser petit à petit avec mes forces, moi-même ayant du mal à gérer ma panique grandissante. Noooon, Danaé, ne perd pas conscience maintenant ! Ce n'est pas le moment ! Pas le bon moment du tout ! Je ne peux pas combattre - ou au moins tenir de mon mieux à cette horreur - si je dois en plus protéger une personne immobile !

Et je n'ai certes pas la force de te porter maintenant ! Danaé, non, par la Force... et c'est qu'il insiste l'autre en plus ! Je n'ai pas envie que nous soyons réduites à l'état d'ossements parmi ces ossements moi ! Oh là là, je ne vais pas tenir éternellement, je ne peux pas me servir de ma mobilité à cause de ces tentacules innombrables qui s'en prennent à moi maintenant - seule cible encore consciente et assez attractive par ma sensibilité à la Force - mon Soresu encore jeune ne me sert presque à rien toute seule, et aucun pouvoir de Force ne peut clairement m'aider au vu de mes connaissances d'apprentie. Et aucune de mes connaissances tout court ne me donnent le moyen de faire reculer cette horreur... ce n'était pas écrit dans les livres... et personne ne l'a dit...


Sans jamais lâcher prise de mon sabre-laser - le seul instrument qui sauvegarde nos vies jusque là, c'est la seule chose dont je sois certaine sur le moment, une fois de plus je laisse la Force me guider, et un moment démembrer une ou deux des innombrable mandibules qui nous assaillent, dévorant mes réserves de puissance physique et mentales déjà très amoindries. A un moment, malheureusement, je ne peux plus tenir le rythme, je reste une humaine et une modeste padawan approchant à peine de ses seize ans. Une tentacule, que je n'avais pas eu le temps de parer ou de repousser d'un bouclier de Force de plus en plus faible, vient me fouetter sèchement et violemment dans les côtes. Avant même que je n'ai le temps de formuler la moindre esquisse de pensée, un deuxième mandibule m'attrape à la gorge et me propulse sans la moindre merci dans le mur contre lequel repose Danaé, tout en me maintenant dans son horrible étreinte. Paralysée complètement de la colonne vertébrale sous le choc, mes doigts peinent à garder leur emprise sur la crosse de mon sabre-laser, alors que je débats en vain et faiblement de l'étau de fer autour de ma gorge. Non, non, non de non ! Ma panique se fait plus grande alors que ma vision se trouble et que l'air commence à manquer, et ma concentration ainsi que le reste maigre de mes forces à décliner. Comptez sur mon corps pour me lâcher au pire moment, surtout que des tentacules s'approchent aussi de Danaé immobile. Non... mes doigts ne trouvent plus la force de tenir mon sabre, qui s'éteint en chutant dans un bruit sourd près de Danaé, alors que je pense avec douleur intense, panique débordante, peur et frustrée de mon impuissante à venir en aide - protéger mon amie ainsi que remplir la mission qui m'a été donnée :



    "Maître... je suis désolée... je ne peux rien faire. Trop puissant... épuisée... Danaé... en danger. Impuissante... je... ne veux pas qu'elle... s'il vous plait... aidez Danaé... Silan... aidez Danaé. Je..."



Je ne sais même pas si mon appel parviendra à temps... ou parviendra tout court. Je suis épuisée, l'air me manque, l'étau se resserre alors que je suis impuissante et que le monstre commence à me soulever... Danaé aussi ? Je ne sais pas... je ne vois plus rien, mes yeux se ferment doucement et ma tête commence à tourner, alors que la douleur intense comme sourde traverse tout mon corps malmenée  à l'instar d'un courant électrique sur une surface aquatique. J'ai si mal... mais je ne peux rien faire... impuissante... combat perdu d'avance... je ne voulais pas échouer, je voulais protéger Danaé... honorer la confiance de mon Maître... protéger mon amie... je suis désolée... j'ai si mal... mal partout, je ne suis plus qu'une poupée de chiffon de Padawan, et pourtant j'étais la dernière maigre barrière défendant Danaé. Une poupée de chiffon de sang, de bure et de bandages, vidée de toute énergie, de toute réserve de Force, et sans doute très bientôt d'air... Danaé... Maître... si désolée...

Mon Maître n'arrivera pas à notre aide. Les secours ne viendront pas nous aider. Le capitaine et l'équipage de Danaé seront condamnés soit à une mort lente et douloureuse, ou devront repartir le coeur lourd sans leur protégée. Naboo aura perdu sa Reine, la République une précieuse alliée, et mon Maître...  une amie à lui. Tout cela parce que j'ai été impuissante à la protéger... parce que je n'ai pas réussi à la protéger... j'ai échoué ma mission auprès de l'Ordre, de mon Maître et de mon amie... je déteste échouer... être impuissante... ne pouvoir aider mes amis... je suis fatiguée... si fatiguée... est-ce la fin pour moi ? Déjà, si tôt ? A croire que je mérite ma mauvaise réputation au Temple. Je n'ai même pas été capable de protéger mon amie... si faible... épuisée... Force... je...

Je n'ose plus espérer qu'une aide miraculeuse  nous vienne en aide. J'ai échoué à contacter mon Maître. Je n'ai pas réussi à les aider, quelle piètre escorte je fais à mes yeux... mes sens se troublent un à un, et je m'apprête, ma volonté de plus en plus vaincue, à m'abandonner avec nombre de regrets et de remords devant mon impuissance aux ténèbres froides qui m'attendent, certaine que je terminerais ici mes jours. Mais j'ai nettement plus de chagrin à l'idée que je ne puisse préserver Danaé de ce même sort.... je voudrais faire quelque chose, mais je n'ai plus aucune force, mon corps ne me répond plus, et petit à petit mon esprit commence à m'abandonner aussi. Maître Greystone... je suis...

Je ne sais si c'est mon cerveau défaillant de plus en plus qui me donne des hallucinations, alors que l'air se raréfie, mais j'ai l'impression d'entendre des sons confus en approche... une présence connue et floue sur le moment dans la Force... alors que le noir menace de me gagner petit à petit. Que les minces minutes qui viennent de s'écouler depuis l'attaque de ce monstre durent des heures, une éternité. Serais-ce une illusion de plus... ou une raison de ne pas perdre espoir malgré tout ? Je ne saurais le dire... je ne vais pas tenir longtemps... si quelqu'un ou quelque chose pouvait me tirer de cet étau, je serais ravie de continuer de me battre. Je ne veux pas... trop tôt...


Dernière édition par Lenia Greystone le Mer 27 Nov - 19:19, édité 1 fois (Raison : Code couleur + lisibilité + détails)
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 17 Déc - 9:15

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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé]

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Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé]

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