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Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé]

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MessageSujet: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Lun 14 Jan - 20:10

(HJ Et voilà ! j'espère que cela te convient, sinon MP moi et j'éditerais !  Razz  HJ)

Je suis d'une humeur incroyablement bonne en cette fin de matinée. Pourtant, dans la vie d'un Jedi, que ce soit le début ou la fin de semaine, cela importait peu. La masse de travail et d'études restait la même, de jour en jour. Et quand ce n'était pas pour étudier, dans le nid sûr et tranquille du Temple des Chevaliers de lumière, on était toujours occupés à droite et à gauche, dans des missions aussi variées en objectifs qu'imprévisibles en difficulté. Et le pire dans tout cela est que nous les enchaînons les unes après les autres ces derniers temps, avec à peine assez de temps de "relâche" studieuse au Temple... disons quelques rares fois. Le quotidien de tout Chevalier Jedi, me direz-vous. Mais aussi... celui de tout Maître Jedi, et logiquement donc de tout padawan. Oh, Maître Greystone m'avait bien prévenue, et en soi cela ne me dérange nullement - bien au contraire ! - mais c'est quand même éreintant parfois ! Mais bon, au moins on peut dire que j'en vois de l'espace interstellaire... et des planètes, fort heureusement ! Je n'ai pas à me plaindre, au moins je me sens un minimum utile à quelque chose...

Cependant je ne peux pas toujours accompagner mon Maître Jedi, Maître Aldrian Greystone. Soit parce que la mission est trop dangereuse et incertaine pour qu'un padawan accompagne son instructeur pour de longues années, soit parce que cette dernière ne requière pas forcément sa présence, voire pas du tout. Et, je suis certaine que je vais vous étonner, c'est précisément dans ces deux dernières situations que je m'ennuie le plus ! .. aurais-je finalement cessé de n'être que "le rat des Archives" et attrapé le virus des missions par milliers  ? Je ne sais réellement que répondre. En tout cas, une chose est absolument certaine : aussi vrai que je respecte et que j'admire mon Maître, je ne m'ennuies jamais au cours de ces excursions... disons, pas toujours très sécurisées et sécurisantes. Soit. Mais bon, c'est "nettement" mieux que des cours à répétition !

Donc, pour en revenir à mon sujet, je suis d'une humeur radieuse cette fin de matinée là. Pourtant, rien n'aurait du favoriser cet état mental et moral rayonnant de ma part. Je résume en synthétique : mon Maître était parti en mission - sans moi, oh grand hélas ! - depuis plusieurs jours, sans me donner une date précise de retour, sinon que cela ne serait "normalement" - et je dis bien normalement - pas trop long. Comment cela je suis sceptique ? Aucune mauvaise intention contre mon Maître, ce n'est vraiment pas mon genre de douter de sa parole, mais disons... que je commence à connaître un peu la rengaine et le quotidien aussi.

Donc, Maître Greystone parti à l'extérieur, j'étais de nouveau "condamnée" au train-train habituel du "Exercices physiques ou mentaux de Force - Etudes prolongées - Repos". Ne vous méprenez pas, j'aime bien les cours. Je n'ai rien contre les instructeurs présents de manière permanente au Temple. J'en reconnais l'utilité constante, même pour les exercices physiques. J'entends déjà Maître Greystone ajouter un "surtout" me concernant. Je l'imagine assez bien me le souligner avec toujours ce sourire rassurant et confiant, mais aussi cette voix calme et posée, ajoutée à une sorte d'aura qui ne pousse qu'au respect de l'autorité et de la personne. Disons que je commence un petit peu à le connaître, après tout cela fait déjà quelques mois, quasiment un an, qu'il m'a prise sous son aile comme padawan. Je ne lui serais jamais assez reconnaissante sur ce point. Non, vraiment, je vous assure. Sans doute pour cela que je suis aussi motivée à m'appliquer et à vouloir le rendre fier...

Ce matin - alors que je méditais sans un bruit lors des heures prévues à cet effet au lever du jour - mon comlink d'ordinaire assez silencieux sauf pour les urgences a commencé à biper. D'abord discrètement, puis moins au fur et à mesure que les secondes passaient. Le son assez dérangeant m'a tirée de ma profonde méditation, et mon agacement d'être tirée d'une méditation délicate se lisait sur mon visage. Seulement, cela n'a duré que quelques secondes. Pourquoi ? Je ne connais qu'un seul cas de figure à ce genre de situation : Maître Greystone avait quelque chose d'important à me dire, ou une "mission" à me conférer pour l'aider. Généralement, exécuter des recherches plus poussées comme je suis à portée des Archives du Temple ou de celles du Palais Royal de Naboo. Dans tous les cas, mon ennui s'était aussitôt envolé, et me forçant à ne pas courir mais seulement marcher vite sur mes petites jambes, j'ai quitté la salle aussi vite que je l'ai pu. Une fois arrivée dans le couloir, j'ai aussitôt pris l'appel, et écouté avec autant de joie que de sérieux mon interlocuteur, étant bien Maître Greystone...

J'ai un peu bridé mon enthousiasme d'ailleurs sur le moment, quand j'ai entendu le tout petit fond inquiet dans sa voix si calme et chaleureuse. Oh, ceux ne le connaissant pas ne le remarquerait sans doute pas. Seulement, au même titre que certains Maîtres et Chevaliers du Temple lui étant proches, je commence à le connaître. Ne me dites pas que c'est à cause de mon empathie de Force alliée à ma télépathie, ce n'est pas le cas. Allons, je ne suis qu'une padawan, même d'un âge avancé ! Je n'ai certainement pas la maîtrise ou le pouvoir suffisant pour ressentir l'esprit de mon Maître de si loin, du moins avec autant de finesse ! Néanmoins, même si notre lien de Force Maître-Padawan est encore relativement jeune, je sais au moins qu'il est encore vivant, et en forme. Déjà, cela me rassure. Pas de mauvaises nouvelles ou mauvaises surprises en vue. Semblant aussi pressé que soucieux dans sa voix, je ne pose pas de questions superflues et l'écoute avec toute mon attention comme il me transmet sa requête. Tout d'abord, je n'en reviens pas. Dans le doute, je demande confirmation, histoire de savoir si j'ai bien entendu ce qu'il me demande. Je crois que cela l'amuse autant que cela l'ennuie un peu que je me mésestime, à l'autre bout des ondes. Mais il me confirme, et me presse d'y aller, m'assurant que nous resterons en contact et exigeant que, en cas d'urgence, je n'hésite pas à le contacter ou contacter le Temple Jedi. Surtout ne pas hésiter. Bien retenu. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, j'avais rassemblé le minimum syndical d'affaires dans les poches à ma ceinture prévues à cet effet. C'est à dire, un kit de premiers secours - on ne sait jamais, même si c'est censé être une mission sans risques, connaissant ma malchance - quelques ustensiles électroniques et provisions pratiques en cas d'urgence, le databloc de mon passé dont je ne me sépare jamais, mon médaillon, mon comlink logiquement, un datapad et enfin, mais pas le moindre... mon sabre-laser.

Ainsi, je me suis hâtée d'aller à nos quartiers récupérer mon manteau brun de voyage Jedi, long, ample et muni d'une capuche tant pour protéger des intempéries que son identité des fois. Prévoyante, je suis allée faire le nécessaire pour informer la bonne personne de mon absence, donner clairement les raisons de ma sortie temporaire du temple, donner la durée supposée de l'absence, mais ce fut plus rapide que prévu. Visiblement, Maître Greystone les a prévenu avant de m'appeler de la mission qu'il comptait me confier...

Me rendant aussi rapidement que je le pouvais dans les hangars du Temple, je me suis hâtée vers mon chasseur "local" d'un certain âge mais bien entretenu, baptisé par mes soins "Vent de l'Aube". Faisant les dernières vérifications de base sur son état, et celui de l'astro-droïd de base qui m'accompagnerait pour le cours trajet, je me suis hissée dans le cockpit avec aisance. Et en quelques minutes, avec les autorisations, je m'étais envolée dans les cieux de la belle Naboo, avec une destination bien précise : le spatioport de la planète, et plus précisément celui du Palais de Naboo. Pourquoi me demanderiez-vous ? Vous verrez bien. Un mince sourire aux lèvres, en dépit de mon sérieux, je songe et récapitule tout en restant attentive lors du pilotage :


"Bon, alors... qu'est-ce que m'a dit Maître Greystone ? Une mission d'escorte en quelque sorte. Supposée sans risques, c'est pourquoi il m'envoie seule. Il serait néanmoins venu s'il n'était pas en mission, et ne le fait que parce qu'il est inquiet et qu'il a assez confiance en moi pour remplir cette mission normalement sans aucun danger. Je suis tenue de le tenir informé tout au long de la durée de la mission, surtout en cas d'urgence. Je dois escorter et accompagner la Reine de Naboo, Anastasia Danaé, lors d'un cours voyage vers une planète proche et normalement pacifique. La route galactique empruntée est normalement totalement sûre. Curieux. Tout semble normal, alors pourquoi... moi et pas un autre Jedi ? Je ne sais pas... mais je ne douterais pas de ses paroles, ne remettrais pas en question sa confiance et ne le décevrais pas dans sa confiance, parole de Padawan Séry !"

Cela dit, en dépit du fait d'être inquiète en raison de son inquiétude, je suis contente à l'idée d'escorter une personnalité que déjà, je connais un peu, et qu'en plus je commence à apprécier sincèrement. Comment est-ce que je connais la Reine de Naboo, moi, pauvre petite padawan alpha au sein du Temple Jedi ? Très simple... et c'est un peu de ma faute aussi. Aaaaah j'ai tellement honte de cet épisode là ! Cela doit remonter à trois ou quatre mois je pense, dans mes toutes premières semaines d'apprentissage avec maître Greystone. Vous vous souvenez, ces recherches que je devais faire pour lui à la Bibliothèque du Palais de Naboo en son absence ? Oui, ces fameuses recherches. Que par ailleurs, j'avais effectuées dans les temps impartis, mais m'étais laissée distraire par ma curiosité sur le chemin du retour. La musique m'avait hypnotisée, attirée et retenue dans une zone du palais où je n'avais strictement rien à faire là. Imaginez ma honte quand Maître Greystone, prévenu par je-ne-sais-quel instinct, avait rejoint le palais et m'avait prise en flagrant délit de distraction, jouant de la flûte traversière. Ohhh j'en ai encore bien honte  Embarassed  

En soit, cela n'a vexé ni la Reine, ni mon Maître. Je n'ai jamais compris pourquoi. Même sa punition... n'était pas aussi dure que celle que j'estimais mériter. Une curieuse punition, surtout qu'il l'a dite avec cet amusement un peu ennuyé devant ma discipline et trop grande rigueur en souriant. Revoir la Reine, dans une petite période déterminée, de manière régulière et pratiquer la musique avec elle. J'aurais pu honnêtement recevoir pire. C'est une des choses à la fois fascinantes, merveilleuses dans le sens ancien du terme, et surprenantes de mon Maître : il sait comment punir, mais sans jamais me ridiculiser ou me mettre mal à l'aise à l'excès. Et surtout... il sait comment s'y faire avec moi. Il sait doser entre fermeté, sévérité justement équilibrée, compréhension et réconfort, apaisement selon la situation. Je respecte entièrement Maître Greystone. Entre nous, je n'en reviens toujours pas d'avoir été aussi chanceuse, ce jour là où je m'étais assoupie pour la énième fois dans les Archives du Temps. Où il était venu me rencontrer, désireux de reprendre un padawan, et moi étant une initiée désespérée, âgée sans Maître. Nous sommes très vite bien entendus, à ma grande surprise. Mais très bonne surprise !


Ah voilà le spatioport concerné en vue ! Suivant le protocole habituel, quand une voix officielle me demande de donner mon identification comme je suis en approche, je branche l'intercom et répond d'une voix calme et posée :

- Ici Lenia Séry, padawan Jedi aux commandes du "Vent de l'Aube". Je viens de la part du Temple Jedi, qui a du vous prévenir de mon arrivée imminente...

Je n'ai pas longtemps à attendre. Juste quelques minutes. Visiblement, le Temple vient juste de les prévenir. Dès qu'une piste m'est désignée, j'exécute avec soin les manoeuvres d'approche, commençant à être habituée à la longue au fil de mes nombreuses allées et venues entre le Palais et le Temple. Atterrissant avec soin et doigté, je réduis mon allure jusqu'à m'arrêter juste là où je le dois. Arrêtant les moteurs et coupant rapidement le courant dans mon appareil, je descend de l'appareil, le laissant aux bons soins du spatioport royal le temps de ma mission. Je perds encore quelques minutes, malgré moi, pour confirmer mon identité, montrer mon autorisation et les données de la mission et me faire indiquer le chemin. Soucieuse de les avoir fait attendre - et me demandant si on leur avait précisé "quel" membre du Temple devait les rejoindre - je hâte le pas. Je suis un peu nerveuse, mais je ne le montre pas. J'espère qu'ils ne vont pas me regarder de haut parce que je ne suis qu'une padawan, visible dans ma tenue et surtout la tresse rituelle sur ma gauche. Mais je ne montre rien de tout cela, gardant cette attitude sûre, calme et posée qui est la mienne en mission ou société hors du Temple. Padawan je suis, padawan je reste.

Heureusement je n'étais pas très loin visiblement du hangar où je devais me rendre, puisque je reconnais aisément la silhouette typique du vaisseau de la famille royale de Naboo. Aux lignes bien reconnaissables, vaisseau aussi connu pour sa vitesse que son manque cruel d'armements d'attaque comme de défenses. En dehors du bouclier, je présume, minimum vital. Bien correspondant à la politique pacifiste des dirigeants de la belle planète. Me retenant avec maîtrise de sourire joyeusement en voyant la Reine que je connais, je me suffit d'un léger sourire respectueux et de cette attitude confiante masquant - tant pour eux que pour moi-même - mes incertitudes bien cachées. Je m'arrête à distance respectueuse, veillant à garder une attitude polie, réservée mais posée et confiante. Je hoche légèrement la tête comme salutations initiales à la compagnie, et un petit peu plus prononcé vis à vis de la Reine de Naboo. Quand je la redresse, si mon visage est totalement calme et réservé, prudent, mes yeux d'un bleu de mer pétillent légèrement de bonne humeur, les traîtres. Je salue d'une voix calme, douce et posée, confiante, cette légère révérence respectueuse des codes vers la dirigeante de Naboo,  :


- Mes plus respectueuses salutations,  Majesté. J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre.  Je suis dépêchée auprès de vous par le Temple Jedi et  Maître Greystone , afin de vous accompagner au cours de votre voyage.  J'en suis honorée, Majesté. Et je veillerais avec la plus grande attention à remplir efficacement mon rôle tout au long de votre déplacement et jusqu'à la fin de ce dernier.

Je dois vous reconnaître, même si je ne le montre pas, que cela me fait un peu drôle de parler de manière si distante, respectueuse et officielle avec quelqu'un que je commence à considérer comme l'une des rares amies que j'ai jamais eu. Surtout depuis la curieuse et inquiétante disparition de Niru... là n'est pas le sujet. Attendant avec politesse sa réponse, je laisse à peine entrapercevoir - l'oeil avisé de quelqu'un me connaissant un peu s'en rendrait compte - de ma bonne humeur à l'idée de la revoir derrière le sourire cordial et respectueux que j'affiche. Après tout, on est quand même en public là, je dois respecter mon image de Padawan exemplaire et sérieuse, réservée mais assurée, et elle son statut de Reine. Je me demande - et j'espère un peu, certes - si nous aurons l'occasion de baisser ces barrières sociales et normatives pour continuer à faire plus ample connaissance... au delà même d'une supposée banale mission d'escorte sans le moindre danger.


Dernière édition par Lenia Greystone le Mar 17 Déc - 9:16, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 15 Jan - 5:04

Au palais ce matin l'humeur était joyeuse et comme pétillante d'une joie et d'une gaieté annonciatrice d'heureux événements, et il faut dire qu'ils étaient les bienvenues dans le climat actuel. Heureux événements ou plutôt un heureux voyage, car aujourd'hui nous prenions la route de Mandalore pour une rencontre diplomatique sous le signe de l'amitié qui règne entre nos deux peuples depuis maintes années déjà, un voyage ordinaire, tranquille, et qui devrait être sans le moindre accident. Nous prenions la route des hangars royaux avec le Capitaine Magnus lorsqu'un appel retentit sur son comlink qu'il empressa de prendre car il s'agissait là d'un message du temple Jedi.

" Ici le Capitaine Magnus, je vous écoute. "

L'hologramme de la secrétaire du palais relayant le message expliqua rapidement la situation et le Capitaine haussa un sourcil de surprise, il demanda alors de quel Jedi venait la requête, et qui serait envoyé pour nous accompagner, et il ne fut pas très étonné de savoir qu'il s'agissait de Maitre Greystone qui nous envoyait sa padawan. Il se tourna vers la reine, mais à vrai dire l'inquiétude du Jedi n'avait pas l'air d'avoir altéré ni sa confiance ni sa tranquillité quant à notre route.

" Le Temple nous envois un Jedi en escorte, Maitre Greystone semble penser que notre voyage nécessite un gardien, mais je suis sûre qu'il s'inquiète de trop, tout se passera très bien. "

J'hochai la tête et lui sourit, puis nous montâmes dans la navette qui devait nous conduire à notre vaisseau. Celui-ci avait déjà été chargé de nos bagages, pas grand-chose si ce n'est le strict nécessaire à un déplacement royal, ce qui avait largement de quoi remplir la soute ceci-dit. La Reine arborait une tenue de voyage royale des plus simples et agréables. Oui simple, malgré les apparences, car la longue robe sobre aux couleurs foncées possédaient nombreux volants à la dentelle fine et ouvragée tombant tout autour d'elle et formant une courte traine à ses pieds cachés par le tissu, le buste était un corset perlé d'argent, les épaulières étaient d'un tissu bouffant, mais les longues manches dessinaient la silhouette fine de ses bras, son visage était de blanc, le maquillage traditionnel, et les cheveux étaient noyés sous une imposante coiffe surmontée d'un diadème d'argent, imposante, oui mais moins que mes autres coiffes à vrai dire. Une tenue de voyage simple et sobre donc. Pareillement les servantes étaient vêtus de leurs robes orangées traditionnelles qui permettaient de cacher leur visage pour ne pas qu'on puisse démasquer nos artifices pour me protéger.

La navette relia rapidement le hangar séparé des autres où dormait là tranquille la Nef Royale, un grand et beau vaisseau argenté, à l'image de l'art de construction, et des valeurs esthétiques et philosophiques de Naboo, philosophiques car il était dénué d'armements et qu'il ne comportait comme défense qu'un simple bouclier, mais très solide cependant. Nous étions presque près à partir, le pilote et le copilote étaient prêts, l'équipage composé de deux suivantes, de mon capitaine et de la reine était prêt à embarquer, les bagages étaient déjà en soute, les astromécanos étaient prêts à l'emploi, en faite il ne nous manquait qu'une seule chose, un Jedi. Nous attendîmes moins de quelques minutes avant que Vent de l'Aube ne se pose non loin et que la jeune padawan qui nous accompagnait nous rejoigne en toute hâte. Elle apparut dans la porte d'entrée habillée de sa tenue simple de padawan beige et marron, ainsi que d'un ample manteau à capuchon brun. Elle vint à nous, elle avait un visage doux et sage, encadré de ses cheveux bruns. Elle nous salua avec respect :


" Mes plus respectueuses salutations, Majesté. J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre. Je suis dépêchée auprès de vous par le Temple Jedi et Maître Greystone, afin de vous accompagner au cours de votre voyage. J'en suis honorée, Majesté. Et je veillerais avec la plus grande attention à remplir efficacement mon rôle tout au long de votre déplacement et jusqu'à la fin de ce dernier. "

La compagnie salua la jeune Jedi avec respect, il s'agissait de Lenia Séry, la padawan de maitre Greystone, nous avions déjà eu l'occasion de nous rencontrer, il y a quelque mois de cela, lorsqu'elle avait été surprise par moi-même en flagrant délit de curiosité. La reine lui parla respectueusement.

" Nous sommes honorés nous aussi de votre présence jeune Jedi "

Nous étions ravis en vérité, malgré l'expression neutre et posée de la reine, que ce soit elle qui nous accompagne, je l'appréciais assez, tout comme j'avais apprécié notre étrange rencontre où elle était venue au sein même de mon palais me surprendre tandis que je jouais de la musique. Avant d'être elle-même surprise à son tour… C'était une personne agréable au caractère des plus doux et apaisant, j'avais pu être témoin cependant d'une facette un peu plus naturelle d'elle-même, que le visage du Jedi soigné qu'elle présentait en cet instant, une facette un peu plus nerveuse, sensible, et timide, qui faisait ressortir une Lenia Séry semblant beaucoup plus jeune et fragile. Mais elle n'en était pas moins une excellente Jedi, d'autant plus qu'elle avait un excellent maitre. Mais il était difficile de se lier à un Jedi en vérité, si celui-ci demeurait toujours neutre et impassible. J'appréciais le naturel que pouvait avoir cette jeune fille, à peine plus jeune que moi. En y resongeant, je m'étais fait la pensée, que si je n'étais pas reine, que si j'avais une vie normale, que si je n'étais pas entourée d'un protocole et d'une artificialité diplomatique, j'aurais due avoir des amies d'à peu près mon âge comme l'aurait pu être Lenia Séry, si elle-même n'était pas emprunte de tout ce protocole et cet ordre Jedi. Mais j'espérai que malgré tout cela, nous pourrions continuer cette relation de sympathie qui s'était établie entre nous, car je l'appréciais autant que je la respectais. Non pas que je manquais d'ami, en faite il était rare que je sois seule, mais je manquais de véritables amis, autre que la compagnie des politiciens traitres, des conseillers égocentriques, des jaloux et des envieux, des hypocrites… Mes seuls vrais amis étaient en peu de nombre en réalité, et Aldrian était le meilleur d'entre eux. Si bien que même très entourée, je me sentais souvent bien seule.

Mais aujourd'hui, aucun signe de mélancolie ni de solitude sur les visages radieux, l'humeur était meilleur que tout autre jour, le soleil était haut et brillant dans le ciel dégagé, Naboo pétillait de vie et de joie, et quant à nous, nous prenions le large pour un bon voyage. Alors rien n'était capable de brouiller notre bonne humeur, en cette journée où tout allait parfaitement.


" Allons-y, Jedi Séry nous prenons la route vers Mandalore, je suis sûre que tout se passera très bien, malgré les inquiétudes de votre maitre. "

Rassura le Capitaine Magnus tout en adressant lui aussi ses salutations à la Jedi, et en annonçant le départ. Nous embarquâmes dans le vaisseau, la reine en tête accompagnée de deux suivantes, puis le Capitaine invita la Jedi à monter en refermant la marche, jetant un dernier regard sur le hangar où fourmillait l'activité des pilotes et des droides s'affairant ici et là au déroulement de leur bonne journée qui semblait de bonne fortune sous le ciel dégagé et serein. Nous nous installâmes dans la salle des passagers, les moteurs du vaisseaux s'allumèrent, et nous décollâmes du hangar filant au-dessus de Theed, puis de la plaine, survolant la forêt immense tandis que nous élevions dans les hauteurs, sortant bientôt de l'atmosphère de Naboo pour rejoindre l'espace, mettant le cap sur Mandalore.

" Nous allons entrer en hyper espace. "

Prévint le pilote avant de s'exécuter. Notre voyage venait dont de commencer, et tout le monde semblait d'une humeur toute à fait sereine, et calme, le Capitaine lui-même si prompt à s'inquiéter était sûre de lui et déterminé, sans la moindre ombre sur le visage, nous autre étions calme et l'atmosphère était détendue, bien que réglée par le protocole qui avait tendance à toujours tout rendre tout plus ennuyeux qui ne devrait l'être. Une discussion polie et d'agréé débuta, sur Mandalore, tandis que le capitaine demandais à la jeune fille si elle s'était déjà rendue là-bas. Tout était pour le mieux, nous filions vers notre destination, dans un voyage sans la moindre incidence.

Disiez-vous ? Tandis que nous sortions brutalement de l'hyperespace bien avant notre destination, nous retrouvant sur une route visiblement imprévue.

" Je vais voir ce qui se passe… "

Le Capitaine qui venait visiblement de passer de la confiance à l'inquiétude alla dans la salle de pilotage.

" Je ne comprend pas, nous sommes sortit sans raison de l'hyperespace, et nous avons dévié de notre trajectoire, pourtant les instruments n'indiquent rien de notre changement de position et il n'y a rien sur le radar… Attendez… Il y a un vaisseau en approche. "

Le pilote qui était entrain d'expliquer la situation tout en cherchant ce qui avait bien pu se passer pour que l'hyperespace fasse défaut vit sur le radar soudain apparaitre un autre vaisseau dont les indications semblaient tout sauf rassurantes. Le capitaine après avoir donné des instructions revint en hâte nous tenir informé.

" Notre système de commande à été piraté, et un vaisseau mercenaire fait route vers nous, il semblerait que votre maitre avait raison de s'inquiéter. "

Dit-il avec rapidité, s'adressant à la fin à la padawan. Ils avaient essayé de masquer notre identité, mais il était déjà trop tard, avant même notre sortie de l'hyperespace, les pirates savaient déjà quel vaisseau exactement ils s'apprêtaient à aborder. Mais nos pilotes étaient les meilleurs de Naboo, et je les tenais moi-même en une très haute estime. Avec les droides, ils parvinrent à sécuriser le programme pour que nous puissions reprendre les commandes, mais les pirates ne comptaient pas nous laisser partir, de plus nous n'avions pas d'armement pour nous défendre en cas d'abordage, la situation à vrai dire ne se présentait pas très bien. Nous ne montrions aucun signe d'inquiétude à l'extérieur cependant, gardant notre prestance et notre calme autant que nous le pouvions. Soudain un hologramme apparu sur l'écran de la pièce, l'image était celle d'un homme plutôt grand tout vêtu d'une combinaison spatiale noire, son visage caché par l'ombre d'un grand chapeau sur sa tête, il s'adressa ainsi à nous, sa voix était autoritaire et moqueuse :

" Bonjour Majesté, je suis le Capitaine Orilius du vaisseau pirate le Constellaire Noir, préparez-vous à être abordé, toute résistance serait bien entendue vaine. "

Il ricana avant de couper la transmission. J'haussai un sourcil dépréciateur et la course poursuite débuta tandis que Magnus donnait l'ordre de prendre le large et de les semer aux pilotes. Il était soucieux et très inquiet maintenant, il savait que sans armement nous n'avions que peu de chance, et peu sur quoi compter pour résister au vaisseau pirate à part notre habileté à piloter. Mais ni lui ni moi n'accepterai de capituler, et confier la reine de Naboo à des pirates s'avérait encore plus dangereux qu'essayer de leur échapper. Heureusement, comme bien souvent lorsque nous devions faire un voyage, et surtout depuis tous ces conflits avec l'Empire, le Capitaine Magnus avait insisté avant de partir pour que Kaleesy prenne ma place, c'était elle dans le costume de la Reine, assez silencieuse depuis le début du voyage car elle connaissait mon amitié pour la jedi et avait peur de se trahir, et moi j'étais dans celui de sa suivante, se tenant debout juste sur sa gauche dans le costume orangé qui cachait mon visage. Je n'aimais pas avoir recours à ce stratagème, mais sans cela le Capitaine aurait été trop nerveux. Je n'aimais pas non plus l'idée de tromper la jeune Jedi que j'appréciais.

" Jedi Séry, pourriez-vous apporter votre aide au Capitaine Magnus et à nos pilotes pour trouver un moyen d'échapper à ces pirates si vous plait. Ma suivante vous accompagnera. "

Rajouta la reine en me regardant pour me désigner après avoir fait sa demande auprès de Lenia. En me demandant de rester avec le Jedi elle s'assurait que je sois en sécurité. Et que faisait-elle d'elle-même alors ? Je n'aimais pas ça. Je m'inclinai légèrement avant d'aller me placer à coté de Lenia.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 15 Jan - 13:53


" Nous sommes honorés nous aussi de votre présence jeune Jedi "

Intérieurement, je fronce légèrement des sourcils. Ce n'est pas la Reine que je connais qui parle derrière ce visage. Mais si je ne montre rien, mes yeux d'un bleu de mer  s'éclaircissent et s'étrécissent de manière infime, comme je me concentre quelque peu au plan de la Force. Effectivement, ce n'est pas Danaé. Cependant, cette dernière n'est pas loin non plus, je présume parmi l'une des suivantes. Je ne suis ni devineresse ni chamane ni je ne sais quoi, je suis seulement Jedi. Et même une padawan, plus encore quelqu'un d'aussi sensible que moi à la Force en dépit de mes jeunes années, peut aisément distinguer une doublure de la vrai personne. Je dois reconnaître que, les premières minutes, j'aurais pu effectivement me tromper, mais la Force elle permet de dépasser les apparences physiques et matérielles, puisqu'elle sonde les esprits, les présences, les âmes. Néanmoins, je ne montre rien de ma devinette, gardant ce sourire réservé et paisible, tandis que j'approuve d'un léger signe de tête respectueux. Mes yeux bleus se fixent l'espace de quelques secondes vers l'une des servantes, un infime mais sincère sourire amical passant comme une ombre sur mes lèvres, avant que je ne tourne de nouveau mon attention à la "Reine" et au capitaine à ses côtés :

" Allons-y, Jedi Séry nous prenons la route vers Mandalore, je suis sûr que tout se passera très bien, malgré les inquiétudes de votre maître. "

J'approuve une fois de plus d'un léger hochement de tête, retenant en pensée la destination que l'on n'avait pas eu le temps de me préciser dans la précipiation. Mandalore... ce n'était pas si loin avec les technologies actuelles, et autant que je le sache, un monde que l'on disait aussi magnifique, chargé d'histoire que pacifique.... attendez deux minutes ! Mandalore... Maître Greystone m'en avait parlé ! Mais oui, quand il m'avait confié ses origines, l'importance de connaître ses racines ! Mon enthousiasme augmente d'un cran à cette réalisation : même si je dois rester sérieuse et attentive, je vais sur la planète d'origine de Maître Greystone ! Peut-être suite à ce bref voyage pourrais-je mieux le comprendre ? Ma curiosité naturelle se mêle à la bienveillance respectueuse, admirative et chaleureuse que je ressens envers ce dernier.  Cordialement, je réplique avec sincérité et un calme inébranlable, un mince sourire aux lèvres :

- Je l'espère, il n'y a pas de raison à ce que ce voyage ne se déroule pas dans les meilleures conditions. Néanmoins, si quelque chose n'advenait pas comme prévu, je serais là pour vous assister de mon mieux et rassurer mon Maître. On n'est jamais trop prudents je présume...

Calmement et avec la plus grande attention, j'observe la Reine et deux de ses suivantes monter dans le superbe et rapide vaisseau spatial de couleur argentée. Pour être honnête, bien que je respecte entièrement la politique pacifique de cette planète, cela m'ennuie un peu qu'il n'y ait aucun système de défense ou de réplique sur le vaisseau. Ou même que je ne puisse prendre avec moi mon chasseur de combat, le Masamune. Cela m'aurait rassurée d'avoir de quoi répondre concrètement à une attaque. Mais je comprends les réserves du Temple, je suis jeune et je n'ai pas encore fait assez de missions. Surtout que je ne suis pas accompagnée de mon Maître. Qu'est-ce que j'aimerais qu'il soit là... ses inquiétudes ne me rassurent pas non plus. Je présume qu'il n'y a pas de dangers à redouter, mais je fais assez confiance au jugement de mon Maître pour ne pas rester inattentive. La Force parfois nous fait don d'une sorte de "sixième sens" indescriptible et imprécis pour nous avertir des dangers. J'espère que ce n'est pas le cas dans la présente situation. Puisse la Force nous en garder...

Je ferme la marche avec le capitaine Magnus. Si je donne l'impression d'être totalement calme et sereine, à vrai dire je suis un peu nerveuse. J'ai de quoi ! C'est la première fois que je réalise une mission toute seule en dehors du Temple Jedi... en dehors de Naboo même, dans l'espace ! Et une mission aussi importante qu'escorter, ni plus ni moins, la Reine de la planète dans un vaisseau plus taillé pour le voyage confortable et la rapidité que le combat. Quelles responsabilités ! Et le tout avec Maître Greystone à distance... Et c'est en plus l'une de mes premières missions hors de Naboo, et la première dans un vaisseau autre que celui de mon Maître, le Firebird. Ici, je devais redoubler de vigilance et assurer seule la protection de ses passagers si les gardes et les pilotes ne suffisaient plus. C'est quand même assez stressant pour une jeune fille de quinze-seize ans comme moi... mais bon ! Si Maître Greystone pense que j'en suis capable, c'est qu'il doit avoir raison d'une manière ou d'une autre, du moins une bonne raison de le penser. Je suis honorée de la responsabilité, mais un peu nerveuse quand même... je ne sais pas pourquoi. Le mauvais pressentiment de mon Maître m'aurait-il contaminé ? Je dois rester attentive...

Ainsi je demeure une présence discrète et silencieuse. Non pas que je sois asociale, mais je suis aux aguets, tant de mes sens physiques que métaphysiques, tant avec mes organes de perception sensorielle que sur le plan de la Force. Pour l'instant, R.A.S. Rien A Signaler. Tant mieux, mais ce n'est que le commencement. Nous venons tout juste de quitter Naboo, et je m'efforce de rester concentrée sur ma tâche. Je brûle d'envie de parler à Danaé, que je sais cachée parmi l'une des suivantes sans que je ne lui laissa le moindre indice concernant le fait que je sache qui elle est. Je la surveille du coin de l'oeil, de l'autre la "Reine". Il fallait garder l'illusion, j'en étais consciente. Ma tâche officielle était de protéger celle qui avait le rôle de la Reine. Mais je sais que ma tâche officieuse, celle que je devais réellement poursuivre, était de protéger la véritable Reine dissimulée parmi l'une des suivantes, tout en assurant de maintenir l'illusion. Une stratégie de protection qui avait fonctionné à maintes reprises dans l'histoire de la royauté de Naboo, parfois sauvant la vie de leur Reine. J'admire sincèrement ces servantes à la loyauté et amitié sans failles envers leur souveraine. Elles en ont, un de ces courages...



" Nous allons entrer en hyper espace. "


La boule dans mon estomac refuse décidément de me quitter, la vilaine. Il faut que je me détende. Après tout, ce voyage est supposément sans risques, n'est ce pas ? La route spatiale empruntée est l'une des plus sûres qu'il existe, les pirates de l'espace attaquent rarement à cet endroit, les Siths n'ont aucune raison de se montrer, pas plus que les impériaux. Je l'espère... parce que même si je suis une Jedi, même si j'ai mon sabre-laser, mon esprit et ma maîtrise relative de la Force, je reste quand même simplement une padawan. Je ne suis pas à l'aise. Pas le voyage interstellaire en soit, mais pour une raison bien présente sans que je ne puisse la définir précisément. Le capitaine - Magnus je crois de son nom - semble vouloir m'intégrer à la joyeuse discussion qui avait commencé dans le cokpit, me demandant si j'étais déjà allée sur Mandalore ou si c'était ma première fois. Mes traits, en dépit de mon calme bien préservé, se froncent légèrement devant le mauvais pressentiment qui se fait de plus en plus fort, en dépit que ma voix reste amicale, douce et posée :


- Pas encore, capitaine Magnus. Je n'en ai entendu parler que par les Archives Jedi, les enseignements du Temple ou plus encore de mon Maître. En revanche, j'en ai entendu le plus grand bien, et je sais qu'il s'agit d'une planète fascinante, aussi chargée de beauté que d'histoire, et au peuple fier. Je... n'ai pas encore eu beaucoup l'occasion de voyager hors de Naboo avec Maître Greystone.

Après tout, cela ne fait qu'à peine un an que je ne suis l'apprentie de Maître Greystone, ayant passé les dix dernières années de ma vie strictement dans la sécurité et l'isolement du Temple Jedi sur Naboo, et les cinq premières sur le sol dangereux, sous domination impériale maintenant, de Dantooine. Je ne connais réellement que ces deux planètes, mais je compte bien me rattraper dès que l'occasion se présentera ! Bon, certes, je n'ai pas beaucoup voyagé, je suis encore un peu "verte" en mission, mais j'ai pu améliorer mes connaissances  théoriques et mes compétences de base de Jedi durant tout ce temps. Mon lien assez proche avec la Force se tend tout d'un coup, pressant comme pour me mettre en garde. Ce qui fait que mes traits se durcissent tout à coup, comme je sonde la Force pour essayer d'en savoir plus, mais je n'ai pas besoin d'attendre longtemps avait de faire l'amer constat. Les inquiétudes de Maître Greystone se trouvèrent justifiées en l'espace de quelques secondes, et d'un constat peu rassurant : le vaisseau venait de sortir, sans le moindre avertissement, de l'hyper-espace. Merveilleux. Ne cédant pas à la panique et me servant de mes neurones pour essayer d'identifier la menace grandissante, j'élabore rapidement des scénariis possibles d'assaillants comme les autres présents essayent de comprendre la situation :


" Je vais voir ce qu'il se passe… "

Le Capitaine qui venait visiblement de passer de la confiance à l'inquiétude alla dans la salle de pilotage. Mais moi je ne devais pas paniquer. Je n'en ai pas le droit, ce n'est pas le moment. J'hésite un instant à me servir de mon comlink, avant de me raviser. Je ne suis même pas sûre encore qu'il s'agisse d'une embuscade. Il faut d'abord que je comprenne la source du problème... voyons. Cela nous laisse pour l'heure : une avarie mécanique quelconque de l'hyper-propulseur, une panne électronique quelconque, ou la solution que je redoute le plus : une embuscade. Surtout avec ce mauvais pressentiment grandissant en moi. La Force est tendue. Je n'aime pas cela. Mais alors vraiment pas cela...

" Je ne comprend pas, nous sommes sortis sans raison de l'hyperespace, et nous avons dévié de notre trajectoire, pourtant les instruments n'indiquent rien de notre changement de position et il n'y a rien sur le radar… Attendez… Il y a un vaisseau en approche. "

A peine avait-il terminé son propos qu'un cheminement logique m'avait menée vers une conclusion que je déteste réellement : une embuscade. L'occasion était trop belle de leur point de vue : après avoir assassiné la chancelière de la République lors de la terrible bataille de Bastion, quoi de mieux que de mettre la main sur une des personnalités les plus influents de la la Républiques, la Reine de Naboo ? Si c'était des impériaux, pour la capturer et s'emparer de Naboo, mettant ainsi les populations de la planète et les Jedi dans un sérieux problème. Pour les Sith... je crois que je préfère ne pas y penser, nous serions fichus. Donc, pas des Siths, heureusement, ils nous auraient déjà pris d'assaut et j'aurais ressenti leur présence maléfique à l'heure qu'il est. Cela ne laisse donc que deux possibilités, aussi peu réjouissante l'une que l'autre : des ou un chasseur de primes bien entraîné(s) ou des pirates de l'espace. Bon, au moins normalement je peux un minimum me débrouiller pour gagner du temps et mettre en sécurité celle(s) que j'escorte contre eux. Néanmoins, quand mon pressentiment - et celui de mon Maître aussi - se voient confirmés, je me retiens de jurer "Sith" par correction et me tend, cette fois à 200% aux aguets. Je reste près de la "Reine" et de ses suivantes pour intervenir en cas de besoin. Une attaque surprise ! Il y a des fois Maître où j'aimerais que vous n'ayez pas toujours raison pour vos inquiétudes, ce n'est rien contre vous, mais... Bizarrement,  je ne suis qu'à peine surprise quand le capitaine revient nous expliquer la situation. J'en étais arrivée à la même conclusion.

" Notre système de commande a été piraté, et un vaisseau mercenaire fait route vers nous, il semblerait que votre maître avait raison de s'inquiéter. "

Oh joie... Sith ! Je ne perds rien de ma constance, refusant de me laisser aller à la panique, le mode "padawan sérieuse en mission" activé et mettant le plus possible en veille le mode "jeune Jedi pas rassurée du tout sur la fin de cette histoire" . Bon, le bon point est qu'au moins, il y a un Jedi ici... le problème, c'est que c'est moi, humble padawan. Maître Greystone ? Que devrais-je faire ? Je parviens à la conclusion que je ne devrais pas perdre de temps et prioriser d'abord la protection et la sécurité de celle que je dois protéger, et après contacter le Temple ou mon Maître une fois dans un lieu sûr. Ou au mieux, échapper au danger et continuer tant bien que mal vers notre destination. Les semer déjà. En plus ma spécialité repose plus sur les chasseurs que les vaisseaux interstellaires question pilotage, j'ai bien entendu les bases, mais j'ai encore bien des choses à apprendre sur ce point. J'allais proposer mon humble avis sur la démarche la plus prudente qu'un hologramme fit soudainement son apparition, me coupant dans ma lancée :

" Bonjour Majesté, je suis le Capitaine Orilius du vaisseau pirate le Constellaire Noir, préparez-vous à être abordé, toute résistance serait bien entendue vaine. "

Comme si on allait se laisser aborder gentiment comme des couards effrayés, tiens ! Je sais que les pilotes, les gardes d'élite de la Reine ne le sont pas plus que moi. En plus, rien que sa voix et son apparence m'irrite déjà. Arrogant, sûr de lui, sûr de sa maîtrise sur les choses. Je ne montre rien de mes pensées, un sourcil dubitatif légèrement haussé et mes yeux d'un bleu océan brillant de détermination résolue. Pourquoi les pirates se répètent-ils toujours entre eux, dans leurs paroles comme dans leurs actions ? C'est ennuyeux et peu original au possible !  Concentration. Priorité numéro une, échapper à ces gredins. Encore, si nous étions sur le Firebird, ou si j'étais dans le Masamune, j'aurais sans doute engagé le combat. Seulement là le vaisseau était démuni d'armements, et il suffirait d'un rayon tracteur ou suffisamment d'artillerie lourde pour faire tomber le bouclier. Mettre de la distance semblait pour l'heure la meilleure des solutions. Encore, si je n'étais pas la seule Jedi, et aussi pas seulement une apprentie, mais au vu de la situation...

" Jedi Séry, pourriez-vous apporter votre aide au Capitaine Magnus et à nos pilotes pour trouver un moyen d'échapper à ces pirates si vous plait. Ma suivante vous accompagnera. "

J'approuve d'un hochement de tête, m'assurant que Danaé restait à mes côtés tout en analysant rapidement les données procurées par les pilotes et les consoles du vaisseau. Je ne suis peut-être pas aussi expérimentée en stratégie militaire que mon Maître ou d'autres padawans de mon âge, mais pas assez stupide non plus pour risquer une confrontation. Ce vaisseau était plus taillé pour la vitesse de vol et le confort intérieur que le combat, comme bien des vaisseaux sénatoriaux d'ailleurs. En plus, il bénéficiait de pilotes chevronnés, sans doute parmi les plus brillants de la galaxie. Il fallait que j'ébauche un plan, et vite. J'aurais bien aimé que Maître Greystone puisse me dire la démarche la plus sûre, mais je sais que je n'ai pas de temps à perdre pour l'heure à essayer de contacter le Temple ou ce dernier. Je ne serais guère surprise à vrai dire que les pirates aient brouillé nos communications, c'est une caractéristique d'assaut propre à ces derniers. Nous n'avions peut-être pas de griffes pour nous défendre, une armure faible, mais nous avions des ailes solides pour nous éloigner de la menance. Je ne suis pas longue à prendre une décision, priant pour ne pas me tromper, et offre mon opinion au capitaine Magnus avec ma modestie naturelle, gardant comme je le pouvais mon calme Jedi et contrôler ma nervosité :


-  Je ne suis pas aussi connaisseuse que vous de ce vaisseau, son équipage ou en général, néanmoins il me semblerait prudent et avisé d'éviter le combat autant que possible. Nous ne pouvons pas effectuer de saut dans l'hyperespace en raison de leur proximité, et il faut éviter le contact dans le cas où ils aient un rayon tracteur. Nous n'avons pas d'armement pour les repousser, et le bouclier ne résisterait pas longtemps à un assaut prolongé.  En somme, il ne me paraît pas prudent de risquer un combat que nous ne pourrions pas gagner. Cependant...

Concentrée pour garder mes réflexions logiques et estimer tant par la Force que les données informatiques leur distance,  estimer la vitesse moyenne du vaisseau ennemi et observer avec attention notre position supposée dans l'espace et nos environs, je reprends rapidement d'une voix calme et posée, douce mais déterminée :

- J'ai cru comprendre que ce vaisseau a de très bonnes performances motrices, une capacité d'accélération et de vitesse plus que respectable. Et je sais que vous et vos pilotes êtes considérés parmi les meilleurs de la galaxie. Ce qui nous laisse une possibilité de repli stratégique. Nous ne pouvons pas non plus fuir en ligne droite, puisque nous ne pourrions endurer trop de tirs avant que le bouclier ne tombe. De ce fait, nous pourrions essayer de les semer dans le champs d'astéroïdes proche, notre vaisseau devant être logiquement plus rapide et plus maniable que le leur plus armé. En outre, ce dernier semble être la voie la plus courte vers la planète alliée la plus proche. Une fois ceci effectué, essayer de contacter la planète républicaine la plus proche, gagner du temps et appeler des renforts au besoin. Ce n'est que mon humble avis, je m'en remets à vous , capitaine Magnus, et à sa Majesté pour la décision finale. Quelle que soit votre choix, vous aurez mon assistance pleine et entière à votre disposition. Je protégerais sa majesté, à mon corps défendant si la situation l'exigeait.

Ceci fait, j'attends avec un calme apparent les commentaires et décisions des concernés. Je me demande si Danaé a sentit mon double discours entre la "Reine" et elle. C'est autant en tant que Padawan Jedi en mission que récente amie de Danaé que je m'adresse quand je jure de remplir ma mission et d'assurer sa protection quoi qu'il m'en coûte. Sinon, ni Maître Greystone, ni moi-même ne nous le pardonnerions. Je n'ai pas le droit à l'erreur, et je le sais.


(HJ : Idem, j'ai lu tes Mps ! Indique moi si édition nécessaire ^^ HJ)


Dernière édition par Lenia Séry le Mar 1 Oct - 15:33, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 15 Jan - 16:03

Encore une fois l'instinct et les sens d'Aldrian ne l'avait pas trompé, j'aurais voulu que cela soit une erreur, mais au fond de moi je savais qu'il y avait peut de chance que ce soit le cas, intérieurement je le remerciais car même au plus loin de la galaxie il veillait toujours sur moi. L'ombre du pirate avait envahi la salle, de sa haute stature autoritaire et victorieuse, nous toisant, supérieur, il ne savait pas à qui il parlait, autant que mon peuple refusait la violence, jamais il ne se laissait faire, nous étions forts et braves. La reine m'envoya avec Lenia Séry, me demandant de rester auprès d'elle, je n'avais pas dit un mot depuis le début, gardant mon visage bien caché sous mon long voile orangé, craignant de me faire découvrir, me demandant si cela n'était déjà pas le cas. Il était plus dure de tromper ceux qui faisaient usage de la Force, car ils voyaient dans l'âme. Je restais dont à son coté, tandis que nous gagnions la salle de pilotage avec le Capitaine Magnus pour une rapide mise au plan et tenter un plan d'attaque, ou tout du moins d'évasion présentement.

" J'aurais du prendre une escorte de chasseurs… "

Fulmina-t-il en murmurant mécontent de lui-même, je lui adressai un regard doux, cherchant à l'apaiser, ce n'était pas sa faute, il n'avait pas à se reprocher, c'était un excellent Capitaine, à part Aldrian, je ne connaissais personne qui put mieux que lui assurer ma protection, jamais il ne m'avait fait défaut. Ils discutèrent stratégie, expliquant l'entièreté de la situation à la Jedi, et lui demandant son avis, et je les écoutais silencieuse, réagissant de temps en temps à certains dires par un langage secret de regards et d'expressions adressé à Magnus qui me surveillait du coin de l'œil pour connaitre mon avis.

" Je ne suis pas aussi connaisseuse que vous de ce vaisseau, son équipage ou en général, néanmoins il me semblerait prudent et avisé d'éviter autant que possible. Nous ne pouvons pas effectuer de saut dans l'hyperespace en raison de leur proximité, et il faut éviter le contact dans le cas où ils aient un rayon tracteur. Nous n'avons pas d'armement pour les repousser, et le bouclier ne résisterait pas longtemps à un assaut prolongé. En somme, il ne me paraît pas prudent de risquer un combat que nous ne pourrions pas gagner. Cependant...
J'ai cru comprendre que ce vaisseau a de très bonnes performances motrices, une capacité d'accélération et de vitesse plus que respectable. Et je sais que vous et vos pilotes êtes considérés parmi les meilleurs de la galaxie. Ce qui nous laisse une possibilité de repli stratégique. Nous ne pouvons pas non plus fuir en ligne droite, puisque nous ne pourrions endurer trop de tirs avant que le bouclier ne tombe. De ce fait, nous pourrions essayer de les semer dans le champs d'astéroïdes proche, notre vaisseau devant être logiquement plus rapide et plus maniable que le leur plus armé. En outre, ce dernier semble être la voie la plus courte vers la planète alliée la plus proche. Une fois ceci effectué, essayer de contacter la planète républicaine la plus proche, gagner du temps et appeler des renforts au besoin. Ce n'est que mon humble avis, je m'en remets à vous , capitaine Magnus, et à sa Majesté pour la décision finale. Quelle que soit votre choix, vous aurez mon assistance pleine et entière à votre disposition. Je protégerais sa majesté, à mon corps défendant si la situation l'exigeait. "


Ils écoutèrent la Jedi avec une grande attention, celle-ci telle que je la connaissais, bien qu'elle cachait ce qu'elle ressentait à la perfection sous son visage calme et impassible de Jedi, était assez tendue et peu sûre d'elle. Cela devait lui être étrange qu'un homme tel que Magnus, ayant un peu plus d'une trentaine d'années, et une expérience militaire et du terrain plus que fournie, prête l'oreille aux avis d'une jeune fille de 15 années. Mais ses paroles étaient sages, elle était une bonne Jedi, et donnait de bon conseils. Du coup de l'œil j'observai les écrans de navigation, ainsi que le fameux champ d'astéroïdes dont elle parlait pour notre replie, c'était un vaste champ stellaire remplie de gros cailloux qui fusaient dans l'espace, habité de monstres étranges, un endroit très dangereux où il n'était pas évident de naviguer, encore plus si l'on été poursuivis. Mais en effet, si nous étions sûre de perdre dans le combat, nous pouvions avoir notre chance dans la course, car nous étions très rapides et souple, les vaisseaux de Naboo mal armé était d'une redoutable efficacité quand il s'agissait de passer au travers des mailles du filet, et nos pilotes étaient les meilleurs de tout le système. J'avais confiance en eux, ils en seraient capables. Pour ce qui était d'appeler des renforts il semblerait comme le craignait à peu près tout le monde dans cette pièce que nos systèmes de communications soient déjà brouillés, donc pour l'instant il était inutile d'espérer le moindre secours extérieur, et prions pour ne pas voir arriver un vaisseau impérial, ça serait vraiment pire que tout, alors que nous sommes tout seul dans un coin de la galaxie pris au piège. Je jetai un coup d'œil à Lenia sur la fin de ses paroles, pas très sûre de ce qu'elle voulait dire. Mais je n'avais pas vraiment le temps de me poser ce genre de questions.

" Nous ne laisserons pas la Reine aux mains de ses pirates, vous avez raison, nous ne tiendrons pas au combat, mais nous sommes assez rapide… "

Commença le Capitaine en jaugeant le pour et le contre tandis que le vaisseau slalomait déjà poursuivit par les pirates, tachant de rester à bonne distance pour éviter un rayon tracteur. Soudain, ils ouvrirent le feu sur nous, plusieurs tirent passèrent sur les cotés, et le vaisseau fit une embardée violente à droite, passant entre les tirs, pour les éviter tant bien que mal. Je m'accrochais à une poignet sur le coté pour éviter de me cogner. Magnus me lança un regard vif et perçu mon petit hochement de tête. Ma décision était prise.

" Prenez la direction du champ d'astéroïdes. "

Ordonna-t-il aux pilotes qui s'exécutèrent et virèrent de bord en direction du nuage houleux et brumeux de roc et de métaux voletant en une masse terrifiante au loin dans l'obscurité. Le vaisseau fusa dans les ombres, et c'est ici que la vrai poursuite commença. Nous pénétrâmes dans le champ, plus rapide que le vent, le pilotage était tantôt souple, tantôt brutal pour tenter de surprendre nos poursuivants. Ceux-ci s'étaient jetés à notre poursuite dans le champ, leur vaisseau était plus gros et plus lent et aurait des difficultés à nous suivre alors que léger comme la plume nous foncions entre les immenses blocs de pierre tournoyant autour de nous. Plusieurs nous frôlèrent de près, mais en soi ils n'étaient pas trop compliqués à éviter pour des pilotes aguerris, mais les tirs derrière nous rendaient les choses un petit plus difficiles.

" Poussez les boucliers arrières au maximum. "

Cria Magnus, juste avant qu'un tir nous atteigne de plein fouet, heureusement amortis par le bouclier, je chancelais et me rattrapai au bord de la console, tenant fermement la poignet sur mon coté. Nous virèrent de bord et nous engagèrent dans une trouée obscure où d'immenses ombres s'entrecroisée tout autour de nous. Les pirates ne lâchaient pas, et nous ne les sèmerions pas aussi facilement, mais nous pouvions le faire. Un tir nous manqua de près et fit exploser en mille morceaux un gros rocher tout proche, nous dûmes virer à nouveau de bord, mais une ombre colossale s'opposa à nous, nous descendirent de hauteur et passèrent entre deux gigantesques astéroïdes, mais voila que les pirates gagnaient du terrain, et ayant prévu notre mouvement pour éviter le rocher, ils apparurent sur notre flanc où un nouveau tir vint frapper nos boucliers. Cette fois la secousse fut bien plus violente et Magnus saisit mon bras avant que je ne tombe, plusieurs signaux clignotant apparurent sur l'écran de contrôle.

" Ils ont endommagé les boucliers, si nous encaissons encore d'autres tirs ils vont céder. "

Indiqua le copilote qui faisait déjà de son mieux dans ce vaste champ sans fin où les dangers venaient de tout coté et nous encerclaient. Ils envoyèrent des astromécanos dehors réparer le bouclier endommagé. Mais un nouveau tir nous toucha et des signaux d'alarmes retentirent stridents, une aile avait été touchée, ce qui allait rendre le pilotage beaucoup moins aisé. Une torche de fumée s'éleva au dehors à notre suite. Cependant les pirates commençaient à peiner à nous suivre, tandis que nous nous enfoncions de plus en plus loin. Mais un coup de plus et nous y laisserions probablement la vie. Je commençais à paniquer, ma respiration se faisant plus rapide et difficile, tandis que nous observions les droïdes se faire décimer sur le vaisseau un à un, alors qu'ils s'activaient pour réparer les dégâts.

" Les boucliers sont de nouveau au maximum. "

Indiqua le pilote, alors qu'il ne nous restait plus que deux droïdes encore en état. Ceux-ci furent ramené à l'intérieur du vaisseau, nous devions pour l'instant faire avec notre aile endommagée, nous ne pourrions la réparer qu'une fois au sol, et nous ne pouvions nous permettre d'y laisser tout nos droïdes. Mais les boucliers étaient réparés, c'était déjà ça.

" On gagne du terrain… "

Continua-t-il, tandis que plusieurs voyants d'alertes s'étaient éteins, ce qui était plutôt rassurant, quand soudain sur le radar un étrange projectile fonça sur nous, silencieux dans le noir, avant que retentisse une violent explosion qui nous perça les tympans.

" Une charge sonique ! "

S'écria Magnus dans le désordre bruyant qui régnait encore autour de nous. Je n'entendais plus rien, j'avais mis mes mains sur mes oreilles pour les protéger, le bruit de la décharge avait de quoi vous rendre sourd pour quelques minutes. Magnus m'avait rattrapé et me soutint doucement. Mais le pilote ne se laissa pas déstabiliser, il fonça pour échapper à l'onde sonique qui courrait après nous et faisait tout exploser sur son passage. Si elle nous touchait, nous exploserions comme ces rochers. Elle allait nous percuter quand il fit une violente embardée et la repris par en-dessous, l'évitant de justesse, tout en zigzaguant entre les divers projectiles. Nous passâmes au travers d'un passage au cœur d'un astéroïde avant de passer entre deux autres très serrés en nous déportant à la verticale. Là dans la nuée de roches en morceaux et de métaux voletant, apparue une espèce de congloméra de pierres scintillante comme de l'argent. Reprenant mes esprits et me redressant j'observai l'immense rocher un peu sur notre gauche parmi l'océan mouvementé où nous errions, tandis que derrière le vaisseau pirate était loin et se débattait pour franchir le champ de son propre désastre maintenant rempli de ruines pierreuses.

- Par là, dirigez-vous vers ce rocher, il y a une anfractuosité juste en dessous, posez-vous juste là, c'est de l'argent, la couleur du vaisseau se fondera avec l'astéroïde.

Indiquai-je aux pilotes qui obtempérèrent, virant sur le coté pour se diriger vers le creux en forme d'éperon que je leur montrais, ils se posèrent doucement à sa surface.

- Maintenant rendons nous invisible à leurs radars.

Ils coupèrent les moteurs et tout ce qui pouvait être coupé afin de nous faire disparaitre des écrans. Un silence lourd tomba sur nous, tandis que nous étions plongé dans l'obscurité la plus totale, on entendait plus que le bruit de nos respirations, et nos cœurs battant à tout rompre.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 15 Jan - 20:59

Pendant quelques minutes je retiens ma respiration. Si je suis habituée à être observée par les adultes, comme les Maîtres Jedi ou Maître Greystone, je n'aime pas toujours cela quand il s'agit d'autres types de personnes. Fussent-elles de bonnes connaissances, et plus encore liées à de mauvais souvenirs. Je n'ai pas l'impression d'avoir fait une erreur, du moins sur le plan logique. J'ai beau ne pas être spécialiste et être totalement inexpérimentée dans le domaine, je me sers de mes connaissances, mon ancienne curiosité et de ma logique pour essayer de trouver des solutions. Pas un seul plan "A", mais au moins un plan "A" et un plan "B"... d'ordinaire. Là nous manquons cruellement de temps et je ne dois pas en perdre davantage. Je remarque, tant comme mouvement de la Force que du coin de l'oeil, une suivante tourner son regard encapuchonné dans ma direction à la fin de mes propos. Confirmation, même si c'était involontaire, je sais où est Danaé parmi toute cette belle compagnie. Mes paroles l'ont peut-être surprise. Elle ne me connait pas encore assez bien. Moi je sais pourquoi j'agis ainsi. Je ne suis peut-être pas des plus courageuses si je suis toute seule, mais en compagnie de mon Maître ou de gens que j'aspire sincèrement à protéger, je ne suis plus une froussarde.

" Nous ne laisserons pas la Reine aux mains de ces pirates, vous avez raison, nous ne tiendrons pas au combat, mais nous sommes assez rapides… "

Je sens mes épaules s'affaisser nettement, en dépit de mon contrôle ordinaire, pour trahir mon sentiment de relaxation, de pression s'ôtant de mes épaules et de mon esprit à ces mots. Je n'aime pas prendre des décisions aussi capitales en l'absence de mon Maître. Cela ne me rassure pas. Mais je n'ai pas le choix, et étant la seule représentante - aussi modeste soit-elle - de l'Ordre Jedi à qui l'on demandait son avis, je me dois de faire honneur aux enseignements du Temple et continuer de remplir ma mission. J'ai eu néanmoins peur d'avoir raconté des bêtises, mais il ne semblerait pas. Actuellement, il prenait en considération mon opinion. Wouah. Shocked Alors ça, je n'y suis pas habituée du tout. Si je reste silencieuse, mes yeux bleus trahissent mon étonnement profond vis à vis de cette situation, mais c'est bien tout ce qui me trompe. Pour l'instant, je suis au contrôle de moi-même. Pourvu que cela dure, tant que la situation ne dégénère pas trop....

" Prenez la direction du champ d'astéroïdes. "

... Ai-je vraiment eu une bonne idée en proposant cette solution ? Je ne sais pas, mais il est trop tard pour revenir sur mon avis. Pourtant, je suis censée être facilement apeurée, prudente à l'excès, et non pas aller tenter le diable dans un champs qui nous donnait autant de chances de survie dans l'espace que de traverser un champs de mine sur terre ferme. C'est dire. Une embardée soudaine et imprévue secoua le vaisseau, et c'est là que je remercia en silence les Maîtres instructeurs, dont Maître Yunstar, d'avoir tant insisté sur l'importance de l'équilibre. Promptement, j'encaisse la secousse, oscillant un peu avant de réussir à attraper et m'accrocher au coin du bureau d'une console, mes doigts fins l'enserrant avec le plus de force possible tout en essayant de me stabiliser sur mes jambes et mes pieds. Point d'équilibre, point d'équi... ah j'y suis ! Restant près de la servante - que je soupçonne clairement, non même, que je sais être Danaé - je m'assure d'avoir un point d'ancrage à portée pour me rattraper en cas de nouvelle secousse. J'aurais tant aimé que mes pouvoirs de Force encore balbutiants de padawan soient plus puissants et puissent servir à quelque chose. Une course-poursuite digne des plus rudes courses de podracers commença dans le champs d'astéroïdes, alors que je songe mentalement tout en sachant très bien qu'avec la distance Maître Greystone n'entendra pas ma pensée :

"J'espère vraiment ne pas avoir proposé une mauvaise solution, Maître... que j'aimerais que vous puissiez être là, ou au moins m'entendre... j''espère que je ne fais pas de bourde..."

Je vous ai promis d'être prudente, de faire attention à Danaé et à moi même... Maître. Et pourtant c'est bien moi qui ai proposé de s'enfuir en passant par le champs d'astéroïdes. Sur des critères logiques, certes, purement théoriques et cognitifs, presque instinctifs, mais c'est moi qui ait contribué à le suggérer. Pourvu que je ne vienne pas à le regretter... pourvu qu'on s'en sorte... inspirant légèrement, puisant autant que je le peux dans le calme de la Force, mes doigts effleurent le métal frais et ferme du sabre-laser pendant à ma ceinture. Maître Greystone, Danaé, je ne vous décevrais pas. Je ne paniquerais pas. Reprenant courage et redressant la tête, de nouveau calme, je sonde la Force pour tenter de devenir vaguement l'avancée des choses. L'impression de danger imminent reste toujours aussi forte, presque écrasante, mais au moins elle n'augmente plus. Tant mieux, car honnêtement je ne vois pas comment les choses peuvent plus mal tourner sur moment... enfin, je dis cela, je crois que je ne veux pas savoir en fait. Pas pour le moment... qu'aurais fait Maître Greystone à ma place ? J'essaye de me le demander... seulement, je ne suis pas lui, juste... moi-même.

" Poussez les boucliers arrières au maximum. "

Je vois les tirs, à travers les hublots, qui nous frôlent si dangereusement près derrière la protection bleutée des boucliers d'énergie. Combien de temps résisteraient-ils encore ? Nous étions presque comme pris en sandwich ! Devant, et autour de nous, un nombre incalculable de gros bloc de pierres célestes prêts à nous écrabouiller et/ou nous faire exploser à la moindre erreur de pilotage ou la moindre malchance envers nous. Derrière nous, un nombre tout aussi incalculable de tirs de plasma, envoyés par un gros vaisseau d'assaut pirate, qui assure notre arrêt de mort s'il nous touche ou qu'il nous rattrape. Au vu de leur attitude, je me demande si la prime potentielle affectant sa majesté ne comporte pas la mention "Morte ou vive, vive de préférence". A voir comment ils nous canardent, ils ne voudraient pas nous supprimer qu'ils n'en feraient pas autrement ! C'est un peu stressant de savoir que notre vie repose sur un brin de chance et l'expertise des pilotes... aussi bons soient-ils.

" Ils ont endommagé les boucliers, si nous encaissons encore d'autres tirs ils vont céder. "

Une énième secousse, plus violente, vint faire trembler le navire intergalactique, et me faire perdre ma prise sur l'angle du bureau de la console. Surprise, je ne dois qu'à mes réflexes le fait que j'ai pu éviter un objet à capacité contondante - au moins assommante ! - en approche rapide dans ma direction et reprendre ma prise avec plus de fermeté. Bien que je me force à un minimum de calme, les traits de mon faciès restent légèrement tendus et ma mâchoire un peu serrée. Maître, pourquoi est-ce que c'est toujours quand vous n'êtes précisément pas dans les parages que des choses graves surviennent. N'empêche que, j'aurais bien aimé voir le Firebird dans ces minutes là. Au diable ma fierté de Jedi, je suis quand même capable de sentir lorsqu'une situation est aussi critique que la nôtre.

Ne pouvant plus attendre plus longtemps, comme les secousses s'intensifiaient et qu'une aile était abîmée, je sortis mon comlink et tenta de l'activer. Le Temple ? Aucun signal. Maître Greystone ? Pas plus de chance. Je peste entre mes dents et essaye une nouvelle fois quand une autre secousse me ôta l'appareil de communication des mains. Paniquée, m'agripant d'une seule main, je le fais revenir vers moi à l'aide d'un petit tour de télékinésie de Force. Pas le bon moment pour le perdre ou le mettre hors service ! Donc, pas de communications. Superbe journée, vraiment.


" Les boucliers sont de nouveau au maximum. "

Aaaaaah enfin une bonne nouvelle Very Happy ! Un peu plus rassurée, je laisse mes traits se détendre de nouveau quelque peu, ma nervosité reculant d'un pas comme mon calme Jedi avançait d'un autre. Bon, nous ne sommes pas encore fichus, il semblerait. Désespérée, j'essaye de joindre mon Maître par notre lien de Force, mais ni le lien, ni moi ne sommes assez puissants et assez sereins pour que cela fonctionne. Je n'arrive pas me concentrer, secouée dans tous les sens, comme nous sommes en fuite pour protéger nos précieuses vies. Chaque seconde est comme un nuage de sabres-laser allumés au dessus de nos têtes, comme pour rappeler que nous pouvons très bien passer de l'existence au trépas à chaque instant qui s'écoulait à la vitesse du vent ou de l'éclair. Ne sachant trop quoi faire sur le moment, je garde un oeil et reste à portée de Danaé, songeant avec une légère auto-dérision dans ma voix mentale à toute l'ironie de la situation où je suis impuissante, me mettant en destinateur imaginaire une représentation mentale de Maître Greystone, pas le vrai bien entendu puisque je ne peux le joindre :

"Maître ? Vous me recevez ? Ici Lenia. Pour ne pas changer à l'ordinaire, votre pressentiment était avéré. Pardon ? Oh oui tout va bien, tout le monde est encore sain et sauf. Non, nous ne sommes pas encore arrivés à Mandalore. On a été contraints de prendre un détour. Oh, nous avons 'juste' comme un 'petit' problème. Pas grand chose, juste un gros vaisseau pirate armé jusqu'aux dents qui nous poursuis et veut nous réduire en pelote d'épingles. Ah, et j'oubliais ! Nous traversons actuellement un champs d'astéroïdes capables de nous tuer à chaque seconde qui passe ? Mais non, non, à part cela tout va très bien, la traversée se passe comme un charme !"

... entre nous je n'oserais jamais le lui sortir comme cela en vrai, je suis bien trop réservée et bien trop respectueuse envers lui pour ce faire. Mais bon, je suppose que même moi, Jedi mais humaine, j'ai aussi besoin de décompresser deux minutes, de dédramatiser un court instant par l'ironie pour ensuite me ressaisir. Le pire est que cela marche. Voyons les choses du bon côté : la Force semble nous guider et veiller sur nous, puisque nous ne sommes pas encore détruits et les astéroïdes ne nous ont pas fait trop de mal, et nos poursuivants perdent du terrain. J'espère que ma légère anxiété derrière le masque de calme ne se remarque pas trop. J'ai peut-être légèrement baissé ma propre vigilance sur mon expressivité il y a quelques minutes.

" On gagne du terrain… "

Ouiiiiiiiiii ! La stratégie marche cheers Je vais remplir cette mission, avoir l'occasion de discuter plus calmement avec Danaé, revoir un jour le Temple Jedi, revoir mon Maître ! Bon, ce n'est pas encore fini, mais quand même ! Si je reste un peu au contrôle de moi-même, je ne peux empêcher un léger sourire un peu soulagé de glisser sur mes lèvres...

"... Une charge sonique ! "

... Bon, vous pouvez dire au revoir au sourire un peu soulagé. Il repassera plus tard. Presque pas d'avertissement. Juste une ligne fonçant droit sur nous sur le radar. Des secousses, du bruit tout autour, donnant presque la migraine, mais pas le temps de se déconcentrer. Serrant intensément mes dents sous la douleur soudaine attaquant mes tympans, je suis sonnée quelques bonnes minutes, surprise. Puis je me reprends, chassant temporairement la douleur de mes pensées - je verrais avec elle une fois en sécurité - et reporte mon attention sur celle que je dois escorter, qui indique un espace minéral d'argent stellaire où nous pouvions nous cacher. Je suis assez méfiante, mais nous n'avons pas le choix dans l'état que nous sommes. Il fallait saisir cette occasion en or de les perdre pour de bon, et lécher nos plaies ensuite. J'approuve d'un léger signe de tête et sonde une fois de plus la Force. Pas d'autres dangers, elle semble même approuver. Enfin, c'est moins aisé que cela à définir, mais c'est la sensation que je ressens. Et jamais, oh grand jamais, je ne mettrais en doute les suggestions imprécises et implicites de la Force.

Puis ce fut le néant. Se perdre dans l'argent du corps céleste... pourvu que cela fonctionne. J'entendrais presque battre dans ma poitrine mon propre coeur, tantôt avec la furie de l'inquiétude, ponctuée par le relâchement posé d'un instant de calme Jedi. Me plaçant à côté de Danaé, je ferme les yeux. Comme en entraînement au Temple, je me ferme à la vue et m'ouvre mon sens de l'audition, et à mes sens de Force. J'inspire légèrement, essayant de concentrer la Force autour de moi, mais ce n'est pas facile, puis de la disperser en douceur pour essayer de ressentir une partie du monde nous entourant par Elle. Comme en méditation. C'est presque une méditation. Pour être prête à bondir au moindre ennemi essayant de venir faire du mal à Danaé. Mon corps se relaxe comme mon esprit, et je prends vaguement conscience des présences non sensitives à la Force qui m'entourent. Je présume, sans bien pouvoir encore les distinguer : Les pilotes, Capitaine Magnus, les suivantes, les gardes, la fausse Reine, Danaé. Oui, Danaé est bien là, elle je peux m'en assurer. Souriant doucement, je tente d'étendre mes perceptions.

C'est bien moins net, très imprécis, mais au moins je sens vaguement les présences hostiles, mais pas si proches de nous. Je ne vois pas où je suis, je ne le ressens pas. Revenant plus à mes sens physiques, je me concentre sur mon ouïe et mon empathie de Force. Seulement des impressions vagues et distantes. Je n'aime pas attendre, mais vraiment... mais il le faut. J'ai confiance en la Force, je veux croire qu'elle nous protégera encore un peu plus... je n'ai pas envie que Maître Greystone n'ait à subir la perte d'une amie, Danaé, et puis la perte d'une padawan, moi. Non, je me reprends. Rassemblant ma confiance et mon courage, je me force à rester calme et réaliste. On a toutes nos chances de s'en sortir. Rien n'est joué encore.


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mer 16 Jan - 6:01

Autant dire que j'avais eu sacrément peur, même si je ne l'avais pas montré, mais le son de mes battements de cœur très rapides et forts résonnant dans le silence qui venait de tout inonder trahissait mes émotions. Magnus se tourna vers moi et me fixa, je fis un petit oui de la tête, un mouvement presque imperceptible. Puis il se tourna vers la padawan qui elle était restée très calme et confiante, du moins c'est l'impression que nous avions :

" Pouvez-vous savoir si ils sont encore là grâce à vos dons de Jedi ? "

Plusieurs minutes avaient passées depuis que nous avions coupé le moteur et nous étions fait invisible contre la roche couleur d'argent, mais aucun n'avait le courage de rallumer les moteurs et de regarder le radar, car si eux aussi étaient cachés non loin, ils nous repéreraient, et le vaisseau n'était pas en état de subir un second assaut. Mais nous ne pouvions pas clairement resté ici trop longtemps, même dans notre petite cachette enfoncée dans l'astéroïde, ce genre d'endroit demeurait tout de même dangereux. Silencieuse, lorsque le Capitaine posa sa question à la jeune Jedi, je m'éclipsai dans son dos, sortant sans un bruit, pour aller voir si tout allait bien à l'arrière. Dans la salle des passagers je retrouvai la reine et l'autre suivante, Xyan, à voix basse je leur expliquai rapidement tout ce qui venait de se passer, et demandai si tout allait bien, je répondais pour ma part à leurs questions secrètes me concernant par notre code. Même si j'avais eu le sentiment que Lenia Séry avait percé à jour notre tromperie, nous devions tout de même continuer de donner l'illusion, c'était important, à vrai dire même les pilotes ne savaient pas qui j'étais. Je m'inclinai devant la reine puis me rendis dans la salle des machine pour aller voir l'état des droïdes, pour ceux qui étaient toujours parmi nous en tout cas, ils étaient couvert de saletés mais en bon état, c'était rassurant. Puis je revins ensuite dans la salle de pilotage où la discussion s'était poursuivis à voix basse, venant me replacer derrière la Jedi, toujours très silencieuse.

Finalement la décision fut prise de repartir, après un petit temps, les pirates n'avaient pu l'air dans les parages, ils n'étaient peut-être pas loin, ou même cachés quelque part derrière l'un de ces rochers, mais nous avions besoin de nous poser quelque part pour procéder à d'urgente réparation du vaisseau, et avec notre aile abimée nous ne pouvons pas aller très loin, pas la peine de compter sur l'hyperespace non plus.


" Je me demande si ils avaient un contrat précis sur la Reine… Ils avaient l'air plutôt déterminé à nous tuer autant qu'à nous capturer, si il y a une manigance de l'Empire derrière tout ça nous ferions mieux d'être extrêmement prudent. "

Je ne dis rien, demeurant impassible et effacée sous mon costume, mais au fond de moi, j'étais terrifiée. J'avais l'habitude que ma vie soit menacée, c'est souvent le cas pour un souverain, encore plus en temps de guerre, mais ça ne me rappelait que trop bien un vieux souvenir dont la peur ne m'avait jamais quittée. Si seulement Aldrian était là… Je soupirai doucement, fermant les yeux, expulsant toute mon angoisse hors de moi. Au moins nous avions sa padawan, c'était déjà une très bonne chose, et Lenia Séry était très compétente… Quelque part je m'en voulais aussi, je me sentais coupable de mettre autant de vies en danger sur ce vaisseau, Lenia devenue une amie, j'avais beaucoup de tendresse pour elle, et elle était en danger, sur ce vaisseau, à cause de moi…

Nous rallumâmes les moteurs et sur le radar nous ne vîmes rien d'indiqué, nous redécollâmes donc car il nous fallait partir d'ici, prudemment, mais vivement, nous sortîmes du champ d'astéroïdes, je fus plutôt rassurée de nous voir enfin hors de cet endroit horrible, mais un nouveau problème semblait se présenter à nous, tandis que l'espace vide et noir se présentait à nous.


" On dirait que les instruments sont déréglés… Regardez la carte, nous sommes complètement perdu, comment avons-nous pu être autant écarté de notre route dans l'hyperespace ? "

Sur le tableau de bord la carte n'indiquai rien que du vide, tout comme le radar… un mauvais pressentiment s'empara de moi tandis qu'à l'arrêt nous réfléchissions à la situation. Il ne fallait pas que l'on reste arrêté, nous devions resté en mouvement, je fis un signe au Capitaine qui se pencha alors sur la vitre pour regarder au-dehors.

" Il faut qu'on avance, ne restons pas immobile… "

Dit-il en cherchant quelque part signe d'une planète où de quoique ce soit où nous pourrions trouvé refuge. Il appuya sur le bouton du communicateur pour appeler la République au secours mais celui-ci était complètement brouillé.

" Nous sommes aveugles "

S'écria-t-il, quand soudain de nouveaux coups résonnèrent, nous virèrent violemment de bord pour les éviter mais les pirates arrivaient vite tandis que nous foncions à toute vitesse pour nous mettre hors de leur portée. Ils étaient restés cachés assez loin pour que nous ne puissions pas les repérer, assez loin pour qu'ils passent même inaperçus sous l'écoute des sens du Jedi. Nos instruments étaient complètement déréglés et il nous avait été impossible de les repérer. Pire, nous ne pouvions voir ce qui arrivait sur nous.

" Je ne peux pas éviter des tirs que je ne vois pas ! "

Le pilote était paniqué, si jamais on nous lançait un missile ou autre chose, nous ne pourrions le savoir. Mais quelle solution nous restait-il ?

" On tente le tout pour le tout, un saut dans l'hyperespace, enfin si l'hyper navigateur fonctionne encore… "

Dit Magnus et le copilote le regarda avec de grand yeux, comme si il était devenu complètement fou.

" Dans l'état où est le vaisseau ? Vous voulez vraiment sauter dans l'hyperespace ? "

S'interrogea-t-il, quand un coup vint heurter violemment les boucliers, je me rattrapai vivement au rebord et lançai un regard inquiet à Lenia.

" Est-ce que l'hyper navigateur est en état de marche ? "

Demanda Magnus, le copilote vérifia, et en effet, les astromécanos qui étaient à l'œuvre depuis l'intérieur pour remettre le système sur pied avaient commencé par sécurité l'hyper navigation. Il hocha la tête et enclencha la procédure de saut dans l'hyper espace, néanmoins nous ne pouvions faire qu'un petit saut, car le vaisseau était trop endommagé pour se risquer à une grande route spatiale. Personnellement, je trouvai déjà ça complètement fou mais on avait visiblement oublié de me demander mon avis.

Le système s'enclencha et nous plongeâmes dans la route spatiale, probablement le vaisseau nous avait-il suivi, nous ne pouvions pas le savoir de toute façon, en tout cas nous ressortîmes à peine quelques minutes plus tard, dans l'espace vaste et sans limite, des étoiles brillaient autour de nous, plusieurs planètes mortes et inhabitables semblaient comme flotter dans l'espace.


" Où sommes-nous ? "

Demandai-je, mais à vrai dire personne n'était capable de le dire, nous avions fait un saut à l'aveugle pour nous échapper, mais la carte était inutilisable et aucun de nous n'avait jamais vu cet endroit de la galaxie. Nous étions visiblement perdu, et nos communications ainsi que nombreux systèmes de navigation demeuraient toujours brouillés. Nous étions hors du brouillage du vaisseau pirate, cependant des interférence semblaient nous empêcher de reprendre complètement le contrôle du vaisseau. L'on se déplaçait, lentement, dérivant dans l'espace, dérivant ? Non, quelque chose nous attirait.

" Il y a une planète, là. "

Montra le copilote, c'était la planète même vers laquelle nous nous dirigions sans le vouloir, elle était entourée de nuages gris opaques si bien que nous ne pouvions pas bien voir sa surface.

" Elle attire le vaisseau, ce ne sont pas des nuages qui l'entoure, mais un champ magnétique… "

Le pilote essaya tant bien que mal de résister à l'attraction, mais le vaisseau n'en fit rien, continuant de se diriger lentement vers la planète, comme si c'était une autre force qui nous pilotait. Le système d'analyse des planètes fonctionna de nouveau, grésillant, cet endroit n'était pas sur la carte galactique, mais le système analysant rapidement la planète et elle semblait viable et son air respirable, cependant elle ne pouvait nous donner aucune autre information dessus, ni sur là où nous nous trouvons.

" Je n'aime pas ça… Nous ne savons même pas ce qu'est cette planète, nous ne pouvons pas y emmener la reine, c'est trop dangereux. "

Rétorqua Magnus en voyant qu'on s'approchait toujours de plus en plus. Une étrange atmosphère semblait flotter autour de nous, nous devrions être paniqué, mais tout était calme, s'était comme si nous nous endormions, comme dans un rêve, nous nous sentions comme épuisé, et toute angoisse avait disparu, la planète émettait d'étranges signaux, c'était comme si elle nous appelait, elle voulait qu'elle vienne, et nous aussi, peu à peu, nous voulions.

" On peut pas y résister… "

Dit lentement le pilote, luttant pour ne pas sombrer, il s'accrochait aux commandes, tandis qu'à présent nous étions sur le point de franchir le nuage magnétique entourant la planète, à ce moment précis, tout sembla devenir profondément noir, j'avais l'impression de disparaitre. Mes yeux se fermèrent et je m'effondrai, comme si je m'endormais, tous, un à un, nous perdîmes connaissance, et laissâmes le vaisseau sombrer tandis que nous errions dans le néant.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mer 16 Jan - 15:46

" Pouvez-vous savoir s'ils sont encore là grâce à vos dons de Jedi ? "

Une voix grave vient interrompre ma mince tentative de perception de la Force de mon entourage et mon environnement. Seulement, ce n'est nullement dans ma spécialité, j'en ai peur... et j'ai encore mal à la tête de la charge sonique, qui, comme son appellation l'indique... m'avait bien sonnée là bas ! Une voix grave, donc masculine. Indéniablement. Quelque part sur ma gauche, plus loin que Danaé mais pas très loin non plus. Je mets quelques minutes à répondre, tentant de nouveau de convoquer la Force, avant de répondre d'une voix douce et basse, faussement tranquille :

- Mes dons ne sont pas encore très développés pour en être certaine... mais au moins ils ne sont pas dans nos environs, je peux vous l'assurer. Peut-être que nous avons réussi à les perdre...

J'ai soudainement conscience que la suivante - étant Danaé - s'éloigne de moi, cela me fait me tendre. Je n'aime pas ne pas avoir la "véritable" Reine cachée n'étant pas à mes côtés. En même temps, je ne peux pas me permettre de rester loin de la console de pilotage, on a besoin de moi. Sûr, si l'on se faisait attaquer et aborder, je ferais tout mon possible pour remplir ma mission tout en maintenant aussi longtemps que je le pourrais l'illusion de la "fausse" Reine. Néanmoins, je ne me détends que lorsque la fausse suivante revient à mes côtés, laissant échapper le souffle que j'ai jusque lors retenu. Je suis tendue, mes sens aux aguets. Je suis nerveuse, la situation n'est vraiment pas à notre avantage. Et je n'ai aucun moyen de contacter le Temple Jedi ou même Maître Greystone pour les informer de notre situation. Et l'équipage ne peut non plus contacter la moindre force alliée républicaine proche ou Naboo. Un silence radio qui ne me rassure guère... je n'aime pas cela. Je n'aime pas comment la situation nous échappe... et je ne sais pas pourquoi, mais je reste réservée sur la décision de remettre en marche les machineries et repartir. Je sais que l'on ne peut rester éternellement ici, mais n'est-ce pas un peu trop...

" Je me demande s'ils avaient un contrat précis sur la Reine… Ils avaient l'air plutôt déterminés à nous tuer autant qu'à nous capturer, s'il y a une manigance de l'Empire derrière tout ça nous ferions mieux d'être extrêmement prudents. "

Je ferme les yeux soudainement, comme la lumière revient dévoiler l'intérieur et l'extérieur du vaisseau. Je m'étais habituée à l'obscurité à la longue, mais cette lumière ne me rassure pas étrangement. J'aide la fausse suivante à se redresser, mes sourcils restent froncés, comme je réfléchis à voix basse avant de jurer, un éclat soucieux glissant dans mon regard d'océan suite à une impression d'avertissement vague et diffus de la Force :

- Ils n'agissent pas de manière logique... pourquoi vouloir nous détruire quand ils pourraient gagner plus à capturer sa majesté ? ... Ce n'est pas logique, de ce que j'ai pu entendre des méthodes impériales. Restons prudents et en mouvement en effet... c'est trop étrange et nous sommes trop exposés en restant ici...

J'inspire profondément. Je n'ai pas le droit de paniquer, pas encore, pas maintenant, voire pas du tout. Je suis une aspirante Chevalière Jedi, je suis une Padawan qui, en dépit d'avoir été prise tardivement sous l'aile d'un Maître Jedi, a un âge qui pourrait presque l'apparenter au "seniors" des apprentis du Temple Jedi. Mon Maître Jedi n'est pas n'importe qui, mais Maître Aldrian Greystone. Je dois faire honneur à ses enseignements et au savoir que j'ai accumulé tout au long de cette décennie d'études et d'apprentissages Jedi. Mais surtout... mon regard se tourne vers la suivante, intrigué. Je rougis légèrement, j'ai cru ressentir quelque chose, comme une vague impression de sentiment négatif. Si je ne peux lire sa physionomie faciale, au moins je peux en déceler de vagues indices potentiels dans sa posture. Prenant sur moi, je lui esquisse quelques secondes durant un sourire rassurant et confiant. Puisque je ne peux parler à voix haute... timidement, je me concentre et de mon esprit essaye de ressentir le sien. Ceci fait, j'établis le contact mental juste le temps d'une pensée entre nous. Une seule pensée, avant que je ne l'interrompe de nouveau par respect de la privauté de son esprit et aussi du mien :

"Ne vous inquiétez pas, Danaé. Nous allons nous en sortir, tôt ou tard... tant que nous restons calmes et prudentes, nous y arriverons. Paniquer ne nous aiderait en rien... même si je vous concède que la situation n'est pas des meilleures. Wink "

Mon visage ne laisse cependant rien trahir du petit tour de Force que je viens d'employer. Les gens oublient souvent que je suis télépathe si j'en sens le besoin, bien que je ne m'en sers que peu souvent, en dehors d'avec mon Maître ou ceux du Temple. Je suis assez bonne dans ce domaine, en dehors de toute flatterie superflue. Je me focalise de nouveau sur les instruments de navigation, de mesure et des données que l'on récupère, écoutant avec attention les remarques des pilotes et du capitaine :

" On dirait que les instruments sont déréglés… Regardez la carte, nous sommes complètement perdus, comment avons-nous pu être autant écartés de notre route dans l'hyperespace ? "

Sur le tableau de bord la carte n'indiquai rien que du vide, tout comme le radar. Décidément, je n'aime pas cela. Je ne suis pas une spécialiste des cartes stellaires, très loin de là, et je n'ai pas le pouvoir de la Force de les deviner. Que je le regrette en cet instant... je serre légèrement l'un de mes poings d'une impuissance que je commence à franchement ne pas apprécier. Génial. Après avoir été invisibles, nous voilà maintenant aveugles ! Il ne manquerait plus que nous soyons sourds et muets, et le tableau des désastres serait complet...

" Il faut qu'on avance, ne restons pas immobile… nous sommes aveugles !"

Merveilleux ! Les choses vont en s'arrangeant on dirait bien ! Alors, pour résumer : nous ne sommes plus invisibles, nous sommes rendus vulnérables par l'attaque, nous sommes aveugles, nous sommes probablement sourds puisque nous sommes muets. Si cela continue, nous allons devenir paralysés, voire terrassés dans les minutes qui viendront ! Oh là là là ! Qu'est ce mes pensées s'agitent derrière mon masque de calme Jedi ! La jeune fille naturelle de mon coeur oscille entre l'effroi, l'inquiétude la plus extrême et un pessimisme notoire, tandis que la Jedi s'efforce à rester calme et réaliste, à ne pas paniquer et tenter de décider de quoi faire non sur le moment mais en avance. Me rendant, moi au milieu de ces deux influences, un tantinet nerveuse derrière le calme apparent. Il faut que je réfléchisse, bien, mais vite aussi !

" Je ne peux pas éviter des tirs que je ne vois pas ! "

Et voilà qu'ils s'y remettent ! Je ne peux pas empêcher une ombre de panique et de honte de tirer les traits de mon visage quelques secondes avant que je ne me reprenne. Qu'est ce que je déteste mes capacités limitées ! Si même au plan de la Force je deviens limitée, qu'est ce que l'on va faire de moi ? Dans la panique, je tente en vain encore de contacter mon Maître par notre lien de Force, essayant de garder mon calme. Néanmoins, je me fige totalement quand le capitaine Magnus fait la décision insensée à laquelle, je dois reconnaître, nous sommes réduits selon mon cheminement logique de base :

" On tente le tout pour le tout, un saut dans l'hyperespace, enfin si l'hyper navigateur fonctionne encore… "

" Dans l'état où est le vaisseau ? Vous voulez vraiment sauter dans l'hyperespace ? "


Un coup vint heurter violemment les boucliers, ce qui interrompit de nouveau la question. Je m'agrippe moi aussi de mon mieux et au regard inquiet de la fausse suivante Danaé que je devine plus ou moins de son attitude et des vagues impressions que je ressens émaner d'elle, j'essaye de mon mieux - pas parfaitement cependant - de lui retourner un regard déterminé essayant de lui transmettre de mon calme Jedi, ignorant ma propre panique volontairement - et là je dis merci l'entraînement Jedi ! Néanmoins, je suis à deux doigts de partager les yeux ronds du pilote devant la proposition du capitaine Magnus. Nous risquerions d'exploser en minuscules particules de poussière dans l'espace interstellaire, avec très peu de chance de réussite. J'allais exprimer ma réserve sur cette décision quand une nouvelle secousse m'interrompt, et que la décision semble être prise par cette question débordant d'autorité du capitaine :

" Est-ce que l'hyper navigateur est en état de marche ? "

Les choses s'écoulèrent si vite que j'ai à peine le temps de me préparer et de prendre conscience des décisions faites, on ne me demande pas plus mon avis qu'il semblerait Danaé, et déjà nous nous lançons dans un saut hyperstatial court mais désespéré. Serrant mes dents, je renforce ma prise, fermant les yeux tout en marmonnant une silencieuse prière mentale à la Force, dans le genre "Puisse la Force veiller sur nous" ou quelque chose de proche. J'avoue avoir franchement peur de l'intérieur, je me demande si Maître Greystone est capable d'en recevoir de minces échos de l'autre bout de l'espace où il doit se trouver. D'un côté, cela voudrait dire qu'il entendrait le SOS mental que je désespère de lui envoyer depuis tout à l'heure, au diable ma fierté. D'un autre... il serait probablement très inquiet, dérangé dans sa mission que je sais il n'hésiterait pas à mettre en suspens si Danaé et moi étions en danger de mort immédiat si prévenu. Et entre nous, je ne sais même pas s'il pouvait nous venir en aide en cet instant... pas plus que le Temple que je n'arrive pas plus, si ce n'est encore moins, à contacter mentalement. La distance devait être plus grande...

" Où sommes-nous ? "

Cette voix venant de ma droite, et au vu de son intonation, je sais que c'est Danaé. La question est d'ailleurs très judicieuse et très bonne. Je n'ai moi-même aucune idée de l'endroit où nous nous trouvons dans ce gigantesque labyrinthe qu'est l'espace interstellaire. Bordure Médiane ? Bordure Extérieure ? Univers étendus ? Pas dans le Centre ou les systèmes périphériques néanmoins... Les Espaces Inconnus ? Je n'en sais rien... je suis totalement perdue, et désespérée de l'intérieur. Masquant un soupir un peu exaspéré derrière le calme Jedi, j'énonce avec grand contrôle de mes émotions en ressortant mon comlink :

- Je vais voir si j'arrive à contacter quelqu'un. Si nous ne sommes plus sous le brouillage pirate... avec un peu de chance...

Néanmoins, Force m'est de constater, en même temps que ceux des communications du vaisseau, que des interférences m'empêchent d'atteindre qui que ce soit. Même de mon comlink, c'est dire ! J'ai beau tout essayer en fréquences sécurisées - Républicaines, celle du Temple Jedi, celle de mon Maître rien ne marche - ou voir si j'ai du réseau avec celles non sécurisées... je n'ai tout bonnement aucun signal. Puis de toute manière, jamais je ne me serais risquée sur un canal non sécurisé. Nous ne savons pas si les pirates nous ont suivis, et ils pourraient retrouver nos traces suite à un appel ou une émission malheureux. Je ne prendrais pas ce risque dans notre situation. Certains auraient assez peu de scrupules à ne pas respecter le code des navigateurs de l'espace, qui était de venir en aide à un vaisseau endommagé ayant émit un SOS. Avec impuissance, je secoue négativement la tête pour indiquer que je n'ai pas plus de chance qu'eux, mes épaules s'affaissant légèrement d'impuissance frustrée. Et pas plus au niveau de la Force. Où que l'on se trouve, j'étais trop loin de mon Maître ou du Temple pour essayer de les contacter par les réseaux de la Force, aidée de ma télépathie. J'étais aussi aveugle, muette et sourde qu'eux il semblerait...

" Il y a une planète, là. Elle attire le vaisseau, ce ne sont pas des nuages qui l'entoure, mais un champ magnétique… "

Surprise et un peu emplie d'espoir, j'avoue, mon regard s'illumine légèrement comme je regarde de loin les informations apparaissant de la planète, par l'hologramme de cette dernière qui vient de s'afficher. Je ne sais si c'est une planète amie ou ennemie, ou même neutre, son nom ne me dit strictement rien. Je n'en ai jamais entendu parler. Je ne sais si c'est prudent ou pas. Mais nous avons désespérément besoin d'atterrir quelque part pour réparer les dégâts que nous avons reçus et faire le point sur notre situation. Mais je n'aime pas notre manque d'informations, et le fait qu'elle nous attire comme un aimant. Ainsi, quand le capitaine Magnus fait remarquer ce fait, je ne peux qu'approuver d'un vif signe de tête :

" Je n'aime pas ça… Nous ne savons même pas ce qu'est cette planète, nous ne pouvons pas y emmener la reine, c'est trop dangereux.

J'ajoute, enfin complète et soulève, d'une voix que je m'efforce de garder calme et assurée, même si cela devient de plus en plus difficile comme la situation s'aggrave, croisant mes bras contre ma bure de Jedi, mes sourcils froncés et entièrement concentrée :

- Nous ne savons pas si elle est habitée, quel genre de faune ou de flore y résident, quels dangers s'y trouvent, ou encore si vie intelligente et civilisée il y a. Rien ne nous assure qu'elle soit hostile ou alliée. Je ne sais pas s'il est avisé de se poser sur un endroit dont on ne sait rien... n'est ce pas prendre un peu trop de risques ? Il y a trop d'inconnues, trop de choses dont nous ne savons rien... je n'aime pas cela... la Force est... étrange... quelque chose cloche. Je le sens... je ne suis pas tranquille...

" On ne peut pas y résister… "

Oui, mais cela ne veut pas forcément dire qu'on doit y aller quand même ! Il faut que nous résistions ! Mon mauvais pressentiment semble se confirmer alors que quelque chose semble troubler mes sens. Un peu plus résistance que l'équipage par mon entraînement Jedi. J'essaye d'insister, les voyant tous commencer doucement à s'assoupir, m'écriant avec force :

- Non ! Ne perdez pas connaissance, ce n'est pas le moment ! Il faut que nous nous en allions... maintenant ! Quelque chose ne va pas... Capitaine ? Capitaine ! Mademoiselle ? Mademoiselle ! Non, pas vous aussi ! Non, résistez, je vous en prie ! Sinon on va se... oh non... pas encore ! Non de non !

Bientôt ne restent de pleinement conscients que le pilote et moi-même, alors que je me bats désespérément pour ne pas perdre connaissance. Je sens que nous allons nous écraser. Et pas de capsules de secours sur le vaisseau, bien entendu. Ce serait tout ou rien. Inspirant profondément, je prends une décision comme je ne les aime pas. Je reviens vers Danaé, après un dernier échange visuel avec le pilote. Il faut que j'essaye autant que je peux d'amortir le choc... Maître... par pitié... mes pensées sont en totale panique, comme sifflent avec panique les alarmes. Je sens aussi que mes sens commencent à tourner. Non... faiblement, d'un pas hésitant, mal assuré, je me dirige vers la fausse suivante. Ne pas tomber inconsciente. Pas encore. A moitié consciente, je sais pourtant que la Reine aurait besoin de ma protection, la mission d'abord. La tête tourne... la Force devait me guider sans doute, car je ne réfléchis plus bien. Finalement... je ne comprends pas. Je ne ressens pas de menace, et pourtant... pourtant. Je ne suis sûre de rien. Le choc va être terrible sans doute. Je vais avoir mal. Maîtres... Maître Greystone... je ne veux pas.... je ne peux pas... ma mission...

Le noir et la brume s'emparent de moi. Je n'ai que le temps d'envoyer une pensée paniquée à Maître Greystone, sans savoir même si elle lui parviendra. Je n'ai pas le temps de contrôler la peur qui teinte ma voix mentale, ainsi que ma panique. Juste de rassembler comme je peux la Force autour de moi comme bouclier maladroit et désespéré :

"Maître !!!!!!!"

Et puis ce fut le néant. Le choc. La douleur. L'inquiétude. Et puis... rien. Rien.


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mer 16 Jan - 17:59

Au début il fait complètement sombre, je me sens flotter dans le vide, là où il n'y a rien que le néant, je m'égare hors de l'espace et du temps, je ne saurais dire où je suis, si je suis morte, je l'ignore, je ne sais plus même qui je suis, je ne me rappelle de rien, l'univers s'est comme effacé de ma mémoire, je suis seule, dans l'obscurité. Puis cela me revins, doucement, et cela me rassure, car je me sens un peu moins perdue, oui, je sais qui je suis, je suis Danaé, je suis Reine d'un vaste monde, un beau monde, mais si lointain. Où suis-je ? Je ne serais y répondre. Comment y suis-je arrivé ? Je ne vois plus rien en avant de ma mémoire, j'ai l'impression de naviguer dans un océan, si profond, loin, loin de tous rivages. Mais peu à peu, se déroule devant mes yeux les derniers événements qui avaient suivis mon départ de Naboo à bord de mon vaisseau d'argent, accompagné de mes deux suivantes, l'une d'elle avait prit ma place, il y avait aussi mon Capitaine, il avait été complètement fou, un saut dans l'hyperespace, mais nous étions pris par des pirates, et les instruments qui ne répondaient pas, les pilotes avaient fait de leur mieux dans le vaste champs d'astéroïdes, il y avait comme une voix dans ma tête, oui, c'était Lenia Séry, la jeune Jedi qui nous accompagnait, elle avait fait tout ce qu'elle avait pu, et non en vain visiblement car je ne me sentais pas morte, non, de plus en plus je ressentais la vie.

Il faut que je réfléchisse, qu'est-ce qui s'est passé ? J'avais entendu sa pensée dans ma tête, étrange non ? J'avais du rêver. Il me semblait que j'avais rêvé toute ma vie, tellement à présent elle me semblait si loin et flou. Mais non, les rivages apparaissaient à l'horizon, les contours se dessinaient avec plus de précision. Nous avions du sauter dans l'hyperespace malgré la proximité de notre poursuivant, et surtout les graves dégâts qu'avait subis notre vaisseau, il était fou, d'avoir pris cette décision, mais nous n'avions pas eu le choix. Puis nous sommes arrivés ici, dans le néant, nous étions seuls, et perdus, dans l'espace vide, il n'y avait rien, nous avions bien essayé de contacter l'extérieur mais les systèmes ne répondaient plus, plus rien d'ailleurs ne répondait, tout était brouillé… Mais attendez, si elle a pensé dans ma tête ça veut dire qu'elle savait que c'était moi ? Je dois me concentrer, ensuite, il y a eu la planète dans son voile de ténèbres et de nuages, un nuage magnétique précisait le pilote, et elle nous attirait à elle, elle nous attirait, le vaisseau entier, nous ne pouvions rien y faire. On ne savait même pas son nom… Où étions-nous ? Je l'ignore. Il est temps que je me réveille. Mais que s'est-il passé ? Je me suis endormie ? Quand la planète nous a attiré à elle, je paniquais au début, puis je me suis sentie calme, détendue, et je me suis sentie partir loin, si loin, sur la mer, je me suis comme endormie… Mais nous avions du nous cracher ? Mon dieu, et les autres ? Et mon Capitaine ? Kaleesy ? Lenia ? Mes amis assez fou pour suivre une Reine… Qu'y avait-il de plus dangereux qu'une Reine ? Dès qu'on était à coté d'une Reine ou du Roi, on devait toujours se mettre en position de se sacrifier pour sa protection, à condition de ne pas être là pour la tuer… Et puis il y avait des guerres, des conflits, des champs d'astéroïdes, des attentats, des navires en perditions… Où sommes-nous ? Lenia aide-moi… J'avais voulu l'appeler tout à l'heure, je l'avais entendue, mais j'étais trop loin déjà dans les ténèbres, j'avais voulu l'appeler, je ne sais pour quoi dire, j'avais peur, mais en même temps je n'avais pas peur, je voulais la rassurer, lui dire qu'ici tout allait bien, mais aussi lui dire de me secourir, d'empêcher les ténèbres de me prendre. Etions-nous mort ? Etais-je morte ? Quelle façon idiote de mourir, en voyage pour Mandalore, qu'y avait-il de plus beau que Mandalore ? Une si splendide planète… Bien sûre mon amie la duchesse se serait empressée de répondre " Naboo n'est assurément qu'encore plus merveilleuse " C'est vrai que Naboo est merveilleuse, reverrai-je un jour ma terre lointaine ? Où est-il déjà trop tard pour revenir, pour se réveiller… Je me suis accrochée, je me suis accrochée du mieux que j'ai pu, j'ai lutté, pour que mon esprit tienne éveillé, pour que mes jambes restent debout, pour que mes mains s'accrochent au rebord, pour que mes yeux restent ouverts… Mais quand la voix vous disait " Va, endors toi, soit paisible car ici il n'y a que la paix… " Pourquoi lutter ? Pourquoi rester éveiller ? Nous nous sommes battus, mais elle a prit possession de nous, et nous sommes tombés… Le vaisseau a sombrer, comment aurions-nous pu survivre ? C'était impossible. Et pourtant, vous savez que ça fait mal de tomber, non c'est vrai, on perd connaissance, comme ça, au milieu du fil de sa phrase, et on se cogne en tombant. La douleur est vague, diffuse. Et puis le crashe n'a rien du arranger… La douleur, ou plutôt les douleurs, j'ai faiblement mal dans le dos, dans le bas du dos, mais j'ai surtout une douleur plus forte à la tête, au-dessus de mon front. Je sens quelque chose de chaud glisser sur ma peau.

Il serait temps de te réveiller maintenant, ils vont avoir peur, ils vont s'inquiéter, je m'inquiète aussi pour eux, où sont-ils ? Lenia… Je n'aurais jamais du l'entrainer là-dedans… Si jamais nous sommes morts à cause de moi je me tuerai. Tu dis n'importes quoi… Je suis contente qu'elle soit là, mais j'espère juste qu'elle va bien. Est-ce que j'ai peur ? Non, il est temps de se reprendre, et de revenir. On a pas le temps de trainer au lit. J'aimerai tant être chez moi… A Naboo, à mon vrai chez moi, ma petite maison du sud de Theed, avec maman et papa, autour de la table de la salle à manger, et puis il y aurait Sotha, ma grande sœur, et il y aurait même Sil peut-être, notre sœur disparue, oui Sil, elle pourrait être là, et tout pourrait être alors parfait. Quelque chose de froid glisse sur ma joue, de froid et mouillé, qui tombe dans mon cou, me chatouille. Non, c'est impossible, elle ne reviendra plus. Saviez-vous que ma famille était à Theed depuis plus de cinq générations… Ce n'était que tardivement que mes Grands-parents s'étaient installés dans la contrée des lacs définitivement… Tu dis n'importes quoi… Allez, il n'est plus temps maintenant, de grandes choses t'attendent, tu dois être à Mandalore dans il y a une heure. Tu es en retard.

C'est l'après-midi, le soleil tourne à l'ouest, ses rayons doux et si brillants traversent la vitre et caresse mon visage, ils illuminent tout de leur puissante lumière blanche et dorée. J'expire lentement, je sens l'air frais passer entre mes lèvres, je veux bouger, mais je me rends compte que je ne peux pas, me suis-je cassée quelque chose dans ma chute ? J'espère que non… Suis-je entravée de quelque façon ? J'entrouvre mes paupières, mais la lueur m'éblouit et je dois plusieurs fois cligner des yeux avant de percevoir quoique ce soit. Les formes sont indistinctes, flous, entourée d'un halo de lumière brillante, je suis dans un rêve, bien que j'hésite, tout semble si blanc, c'est peut-être là la mort finalement ? Non, sinon je n'aurais pas si mal à tête. Je porte mes doigts à mon cuir chevelus, mon voile avait glissé de ma tête, là je touche quelque chose de mou et d'humide, j'ai un peu mal, mais ça va, je ramène mes doigts devant mes yeux, ils sont rougis par le sang, c'est bien ce que je craignais. Mais ça n'a pas l'air très grave cependant, juste une égratignure, je ne sens déjà plus de sang couler, enfin j'espère ne pas en avoir trop perdu non plus quand même, mais non, je ne me sens pas mal au point d'avoir perdu beaucoup de sang, non, je me sens même plutôt bien, je me sens calme, et reposée, comme si j'avais dormi des jours entiers…

Je veux me redresser, mais encore une fois, je ne parvins à bouger, il y a quelque chose sur moi, ou plutôt quelqu'un, le corps pèse à peu près le même poids que le mien, mais il est plus fort et un peu plus lourd. Il y a un de ces silences… Suis-je la seule éveillée ? J'espère que tout le monde va bien, mon dieu, faite qu'ils n'aient rien… Je repousse doucement la forme sur moi, c'est Lenia Séry, dont les cheveux bruns recouvre la tête, je me redresse assisse et la prenant dans mes bras me dégage tout en la déposant délicatement au sol. J'inspecte brièvement son état et l'appelle par son prénom d'une voix douce, elle ne réagit pas, je remarque une déchirure de sa tunique à son bras, il y a une plaie, elle a du se couper en tombant, sa ne saigne que très légèrement. Je l'appelle encore, son corps remue doucement, mais soudain j'entends une voix derrière moi. Je me retourne et vois étendu le Capitaine qui entrouvre les yeux, revenant doucement à ses esprits. Je me lève, un peu trop vivement je dois dire, je chancèle et me rattrape au rebord de la console, manquant de tomber, puis me dirige vers lui, mais sa vois déraillant m'indique faiblement " Le pilote ". Alors regardant dans la direction des commandes je vois le crane baignant dans le sang du pilote inconscient, je suis prise d'effroi et me dirige immédiatement vers lui. Je relève doucement son visage, Magnus qui se relève difficilement, blessé semble-t-il à la jambe, vient m'aider à le soulever pour l'étendre par terre, il respire et son pouls est régulier, c'est déjà ça. J'inspecte sa blessure avec une grande délicatesse et attention, mais je ne suis malheureusement pas le médecin de la famille, ça c'est ma grande sœur, mais bon heureusement grâce à elle j'ai aussi deux trois notions de bases, et puis les cours de survie donnés par mon Capitaine semble aussi sur le point de trouver une occasion d'être utiles.


" Vous êtes blessée ? "

Remarque-t-il soudain en me regardant, je le rassure et lui demande d'aller me chercher la trousse de premiers soins, et de voir au passage si mes deux suivantes vont bien. Il s'exécute et sort quelques minutes. Pendant ce temps j'enlève le voile qui était tombé sur mes épaules, j'en déchire un large pan que je pose avec douceur sur le crâne du pilote. Le copilote aussi se réveille, par chance il n'a qu'un large hématome au visage, enfin, si on peut parler de chance, il est sonné et je lui dis d'attendre qu'il est repris ses esprits avant de bouger. Je retourne à mon blessé, quand Magnus revint avec la trousse.

" Kaleesy va bien à part quelques bleus, mais Xyan est blessée, mais c'est léger, ça va allé, je vais retourner après d'elles, vous n'avez besoin de rien ? "

Nous demande-t-il après m'avoir informé de la santé de mes deux amie, je suis inquiète mais il me rassure bien vite, je répond non, et lui demande d'aller s'occuper des suivantes, il nous laisse donc, sortant de la salle. Le copilote dans le brouillard se rend à peine compte que Magnus vient de parler de Kaleesy et non de la Reine, il lui faut un peu de temps pour faire la déduction que je ne suis pas une suivante, mais la véritable Reine. Il vint m'aider, inquiet pour son compagnon, tandis que je passe mon voile arrangé en un oreiller sous sa tête.

" Je peux faire quelque chose ? "

Demande-t-il, je sens aussi que ça s'agite derrière moi, la jedi revient certainement à elle, mais le pilote lui continu de perdre du sang, je dois m'en occuper maintenant. Je demande donc au copilote d'aller voir Lenia, tandis que je m'occupe de son ami. J'ouvre la boite des premiers secours et cherche à l'intérieur du désinfectant et des bandes de gaze stérilisées. J'humecte la plaie et fait un pansement dessus pour réduire les saignements, je n'ai pas les enseignements nécessaires pour faire des points de sutures, mais visiblement l'hémorragie cesse, et le brave pilote se réveille peu à peu en toussotant tandis que j'enroule sa tête dans des bandages.

" Restez allongé, ne bougez pas, vous avez été blessé à la tête. Je revins. "

Lui dis-je doucement en posant ma main sur son épaule, puis je me relève pour me rendre au chevet de Lenia qui se réveille peu à peu. Je regarde à nouveau sa plaie et fait aussi un rapide pansement dessus, utilisant une bande de gaze après avoir désinfecté la plaie. Ca va, personne n'a l'air trop gravement blessé… Du moins je l'espère, je ne sais pas ce qu'à Xyan…

" Lenia, comment vous sentez vous ? Vous vous êtes blessé au bras légèrement, je vous ai fait un pansement… "

Je passe une main sur son front et dégage des mèches de cheveux sur son visage. A ce moment Magnus revient et me demande comment va le pilote, je lui explique rapidement son état et mes soins et demande des nouvelles de mes suivantes.

" Xyan a fait une mauvaise chute pendant l'atterrissage forcé, elle disait que ça allait, mais je crains qu'elle n'est un os de la jambe cassé, je lui ai fait une attelle et lui ai donné des calmants pour la douleur. Kaleesy est auprès d'elle. Maintenant ce que je me demande c'est comme sommes nous encore tous vivants, et comment le vaisseau et nous-mêmes sommes-nous encore en un seul morceau et à peine blessé alors que nous nous sommes vraisemblablement crashé… Vous vous souvenez de quelque chose ? La dernière chose dont je me rappelle c'est que le vaisseau sombrait à travers les nuages venteux. "

Je secoue la tête doucement, à vrai dire, moi non plus je ne comprend pas, jusqu'alors j'étais prise dans l'urgence de m'occuper de tout le monde, et je n'avais pas encore fait attention aux circonstances plus qu'étranges de tout ceci. Je me relève et regarde à travers la vitre du vaisseau, celle-ci n'est même pas rayée. Dans la lumière qui m'avait parue aveuglante toute à l'heure mais à laquelle je me suis maintenant habituée je discerne un fouillis de couleurs et de formes s'entremêlant dans des rayons d'or et d'argent tombant avec douceur en taches d'ombres et de lumière à travers un réseau de ce qui semble être des branchages à quelque mètres du vaisseau.

" Voila une étrange énigme… "

Dis-je, juste avant que le copilote et le capitaine ne viennent soulever le corps du pilote à semi conscient pour aller le déposer sur une table au fond du vaisseau à coté de Xyan pour s'occuper de lui.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Jeu 17 Jan - 0:40

Il est assez intéressant de constater comment, et combien, en l'espace de quelques fractions de secondes, l'on peut passer du noir au blanc ou du blanc au noir. L'on peut passer de l'existence à la non-existence, où l'on peut passer du réel au virtuel, où l'on peut passer du concret à l'abstrait, que l'on peut passer de la conscience à l'inconscience, voire à la non-conscience. La preuve en est, je commence à dérailler sérieusement. Force. J'espère que je ne suis pas sérieusement blessée. Je m'en voudrais que, pour ma première mission hors de Naboo en solitaire, je me sois blessée sérieusement ou que je sois en péril de mort. Maître Greystone ne me laisserait plus jamais, du moins plus pour un bon moment, aller en mission.... je ne veux pas. Ne veux pas. Veux pas... pourtant j'ai si mal, si mal... je dois me concentrer. J'ai mal chuté, sans doute, ma cheville me fait mal. Maudite cheville. Encore cette fichue cheville... Pourquoi ? Mais au moins je pense... enfin... peut-être que je ne pense pas vraiment. Pas consciemment.... peut-être que je rêve ?

Je me suis toujours demandée ce qu'il arrive aux Jedi qui perdent la vie sur le champs de bataille, de maladie ou de mort naturelle. Les textes et les professeurs disent souvent que les âmes de ces guerriers de lumière tombées ne font plus qu'un avec l'étreinte permanente et rassurante de la Force. Je me suis toujours demandée s'ils disaient vrai. Parce que, après tout, selon les textes, on dit que certaines âmes sont revenues temporairement sous la forme de fantômes - esprits pour guider certaines personnes. Alors, que penser d'elles ? Qu'elles étaient réellement les âmes défuntes revenues pour guider ceux ou celui dans le besoin, pour servir les volontés de la Force ? Ou qu'elles n'étaient plus que des manifestations, des incarnations empruntées par la Force pour s'adresser à ceux qu'elle ressent avoir le besoin de guider ? Je ne sais pas... je n'en sais rien... je ne sais plus... je ne sais plus rien... plus rien... plus rien...

Mon corps me dit que j'ai mal à la cheville et au bras, mais mon esprit est étrangement en paix. Je ne comprends pas. Ce n'est pas logique... maître ? Êtes vous là ? Je ne crois pas... Maître ?! Où êtes vous ? J'ai besoin de vous, j'ai besoin de votre aide, je suis perdue... Maître ! Maître !!!! .... mais je crois que je suis désespérément seule... pourquoi est-ce que je ne le sens pas ? Parce que je suis morte ? J'ai peur. J'ai vraiment peur. Je suis seule, et j'ai peur. J'ai mal, aussi en arrière- fond. Je suis perdue. Je suis désespérée et désemparée... Maître ! Quelqu'un ! Maître... personne. Je n'aime pas être toute seule. La solitude et les obscurités de ma conscience attirent les mauvais souvenirs... je ne dois pas avoir peur. Une voix me dit cela dans ma tête... serait-ce la Force ? Un Jedi ? Un Sith ? Un Jedi gris ? Un être sensible à la Force ? Le Côté Obscur ? Le Côté Lumineux ? Je ne sais pas... je ne sais plus... je ne sais plus rien. Je suis perdue. Et perdue au pire des endroits. Non pas seulement dans le fin fond de l'espace, non... pas seulement sur une planète lointaine et inconnue... non... pire que cela, pire que tout. En moi-même. Dans ma tête. Si proche et si loin... peut-être dans un rêve ?

Mes souvenirs sont un véritable chaos, pourtant quelque chose venant de moi essaye de me motiver à les rassembler. Dure tâche... pourtant je voudrais tellement être tranquille, dans ce cocon de paix. Mais non, on refuse de m'y laisser. "On" veut que je me bouge, je ne sais pas qui c'est... Qui est là ? Qui... ? ... Oh et puis zut. Essayons de contenter cette voix. Voyons... oui... une mission... Maître Greystone me contactant par comlink... inquiet... quelle mission ? Qu'est ce que je devais faire ? Où ? Comment ? Avec qui ? Pourquoi ? Dans quel objectif ? Que faisais-je ? Essayons encore... non. Oui. Oui... une mission d'escorte et de protection. Je devais accompagner et protéger quelqu'un. Quelqu'un d'important pour la République... mais aussi pour moi ? Oui... Bon, voilà, déjà le "Pourquoi" de résolu. Maintenant. Le "Que faisais-je" et 'Que devais-je faire". Un vaisseau. Oui, un vaisseau non armé d'ailleurs. Quelle folie ! Je n'étais donc pas dans le Firebird. Non, j'étais toute seule. Sans autre Jedi. Avec des civils importants... qui... revenons au vaisseau. J'ai dis vaisseau non armé. Argenté aussi. Rapide. Qu'est ce qui répond à ces critères ? Un vaisseau sénatorial ? Non... pas assez luxueux et maniable comme celui-ci... alors ? Un vaisseau royal ! Non armé... le vaisseau de Naboo ! La Reine de Naboo ! Danaé ! ... et ses suivantes, enfin deux je crois. Un pilote et un copilote aussi supposément. Et ce capitaine... quel était son nom déjà... quelque chose commençant par "M" quelque chose. M... et terminant par "us"... Ouiiiii ! Magnus ! Le Capitaine Magnus ! ... allaient-ils bien ? Ai-je réussi en partie ma mission... ?

Donc, voilà pour le "Avec qui". Et me menant logiquement vers le "En quel but". Un voyage d'escorte. Sur un vaisseau. De Naboo vers... vers cette planète qui avait un lien avec mon Maître. Je me suis faite cette réflexion avant. Donc, Maître Greystone m'avait une fois parlé de... en rapport avec ses origines... enfin une moitié d'entre elles. "M" encore, encore cette maudite lettre "M". Quelle planète... assurément pas l'horrible Mustafar. Pas non plus Mos Espa, ça c'est une localité de Tatooine. Normalement. Non, pas Mon Calamari, ça c'est une autre race d'être vivant qui vivent très bien sous l'eau, et en général assez sympas. Aaaaah ! "M" quelque chose... et rien à voir avec le "Makashi", ça c'est une forme de combat au sabre-laser. Ah voilà ! J'y suis ! Mandalore ! Ouiiiiiii Mandalore ! On allait vers Mandalore depuis Naboo... oui mais cette route spatiale n'est pas censée être l'une des plus sûres et le trajet de courte durée ? Alors pourquoi suis-je blessée et sonnée ? Quelque chose a du mal se passer...

Éliminons par évidence décroissante les scénariis possibles : pas une attaque Sith, sinon je ne ressentirais pas la Force, je ne serais plus assoupie et j'aurais probablement nettement plus mal. Et je le sentiras dans la Force, une sorte de nausée ou de malaise... non, tout est calme. Etrange. Pas une attaque impériale non plus. C'était pas une attaque dans leurs méthodes. Et on s'en est sortis, donc non, décidément. Une attaque républicaine serait totalement absurde, nous en faisons partie ! Je déraille. Concentration Lenia ! Focalise ! Ce qui ne laisse plus que Chasseur de primes... mais non, nous sommes vivants et libres, donc non. Donc plus que... pirates ! Pirates de l'espace ! Ouiiiiiii je me souviens maintenant ! Une attaque, une fuite désespérée, un champs d'astéroïdes, une charge sonique... ou deux ? Bref. Une aile touchée. Panique à bord. Pas de communications, pas d'instruments de navigation et perdus. Disparus. Puis après.... après... c'est flou. Le sentiment d'étrangeté dans la Force. L'assoupissement. Après.... rien. Enfin, non. Le crash logiquement je pense.... alors pourquoi suis-je encore en vie, ou presque en un morceau ? Je ne sais pas. Pas logique. Irrationnel au possible. Il faut que je me réveille...


J'ai vaguement conscience que quelque chose - ou quelqu'un ? Je l''espère - se remue et bouge de dessous moi. Je pense être en position allongée, mais je ne ressens qu'en partie le métal froid du sol du cockpit. Suis-je encore au dortoir au Temple Jedi ? Non, j'ai dis que j'étais en mission. Et pas non plus dans ma cabine du Firebird. J'ai dis mission solo. Je ne suis pas sur Dantooine - je n'y suis jamais revenue depuis mon entrée au Temple. Je sens que je vais encore dérailler, je ne suis pas en état de réfléchir... en état de choc post atterrissage brutal et forcé ? Je ne sais... je ne suis sûre de rien. Ma mémoire est confuse. Même si je sais maintenant ce que j'ai fais, pourquoi je suis là et tout... des souvenirs ne sont pas à leur place normale, et se mêlent aux autres. Tiens... ? Non, je veux dormir encore. Il est encore trop tôt, le soleil vient à peine de se lever, j'ai encore du temps...

"Il est l'heure de se réveiller, Novice Séry."

Hmm... si tôt ? Heu... attendez quelque chose cloche là. Depuis quand m'a-t-on appelée "Novice" ? Je ne suis plus une Initiée depuis bientôt quatre-cinq mois ! Maître Greystone ne m'a jamais plus appelée comme cela ! En général, quand c'est arrivé, j'avais plutôt droit au "Padawan", ou encore "Lenia", passe encore, mais jamais plus "Novice !" Même ceux du Temple ne m'appellent plus comme cela ! Si on les comprends, au pire une autre variante aurait été "Padawan Séry". On m'appelle rarement par mon nom et mon prénom ensembles. Sinon quand je passe des contrôles d'identification en mission, et encore. Pas tout le temps... donc je rêve bien. Je suis perdue dans mes souvenirs... celui-là date du jour où Maître Greystone m'a prise en Apprentissage...où est la porte de sortie ? Je ne sais pas... il faut que je cherche... cela doit pas être bien loin... mon esprit est parfois pire que le dédale de Minos pour m'y retrouver, ou pire encore que les ruines de l'Académie Jedi de Dantooine... l'Enclave... le sous-sol... depuis quand que je sais cela moi ? J'ai déjà été là-bas ? Comment se fait-ce ?

Mon nom. Mon prénom plutôt... on m'appelle. Qui ? On me secoue. Pourtant quand "j'ouvre" les yeux, je ne suis pas dans un vaisseau ou l'extérieur. Non. Je suis dans des couloirs sombres, et froids, fragiles. Inquiétants. Une grande salle brisée en partie. Une gigantesque fontaine cassée au milieu, avec quelques grandes plantes réparties. Le lierre dévorant les lieux... où ? Qui... ? Paresseusement, je "redresse la tête" et regarde quelqu'un plus grand que moi me regarder juste devant un couloir. Il a l'air grand et un peu impatient. Il rouspète. Encore. Qui... je crois que je le connais. Un garçon. Des cheveux bruns légèrement plus clairs que moi, en désordre. Des yeux bleus-gris plus clairs que les miens... qui ? Il n'a pas l'air très âgé... un nom échappe en réalité dans un murmure presque inaudible de mes lèvres, sans que je ne m'en rende compte, entre les deux eaux que sont le rêve virtuel et la présente réalité :


- ... Al... Alviss ? C'est toi ?

Son visage est flou, si flou, je ne vois que les couleurs. Sa taille approximativement me donne son âge. Mais sa voix... n'est pas celle que j'ai entendu. Non... elle est masculine, et celle que j'ai perçu, elle, est bien féminine et connue. Connue de surcroît. On m'a déplacée je crois. Je pense que l'on me manipule d'une manière ou d'une autre. Inquiète je me débats un peu, avant de me calmer. Cela ne fait pas mal, quoi que l'on me fasse. Cela... soulage en un sens. J'ai moins mal. Je suis plus concentrée. Par réflexe, je cherche dans la Force des renseignements sur ma situation en général. Je ne suis pas en danger immédiat, c'est l'impression qui prédomine. Pas en compagnie dangereuse. Je ne connais pas ce courant de Force, il m'est... presque étranger. Pas agressif, mais inconnu. Je suis perdue. Maintenant, me concentrer sur moi. Je suis allongée. J'ai moins mal au bras, mais j'ai encore mal à la cheville, bien que ce soit surmontable en cas d'urgence. Petit travail mental... j'accélère, de mes maigres talents tout de padawan en guérison de Force, un petit peu les soins des plaies minimes, les pansant au moins. Ceci fait, j'identifie, j'admets et je relègue dans un coin de mon esprit la douleur de ma cheville, la plus urgente. Cela fait un peu moins mal, c'est déjà cela. Maître Greystone n'est pas là. Pas de Jedi ou de Siths autour de moi, je pense. Suis-je en état de me relever... ?

" Vous êtes blessée ? ... Kaleesy va bien à part quelques bleus, mais Xyan est blessée, mais c'est léger, ça va aller, je vais retourner après d'elles, vous n'avez besoin de rien ? "

Cette voix... définitivement le Capitaine. Une voix tendue, il a du se blesser, j'espère pas trop gravement. Il faut que je me réveille, peut-être que mes modestes dons de guérisseuse de base pourraient être utiles... Kaleesy... Xyan... des suivantes de Danaé. Il doit parler à Danaé. Donc cette dernière est consciente. Blessée ? Oh j'espère pas sérieusement... petit à petit, je remet en route mes sens, les uns après les autres. Aller en douceur. Les sens de Force. L'ouïe. Les plus urgents. Le toucher. Deux autres voix. Danaé, et soit le copilote ou le pilote, je ne sais plus. Ok, vérifié. Ensuite il faut que je réveille...

" Lenia, comment vous sentez vous ? Vous vous êtes blessée au bras légèrement, je vous ai fait un pansement… "

J'inspire profondément. Odorat, remis en route. Bon, alors pour l'instant, Sens de Force, Ouïe, Toucher, Goût, Odorat vérifiés. Passons au dernier, et non pas moins important... Danaé a l'air inquiète. Je dois la rassurer. La tête encore sonnée. Je m'assure tant en pensée que par la Force que c'est bien elle, avant de sentir une main sur mon front. Danaé. Grommelant légèrement, je me redresse tout en douceur et en lenteur. Trouve un support derrière moi. Position assise. Je murmure cette voix d'une voix plus calme montrant que je reviens à moi, ma première préoccupation :

- ... Danaé ? Vous... n'êtes pas blessée ? Et vos suivantes ? Le pilote ? Que... que la Force soit louée que nous soyons encore en vie... Tout le monde est encore là ?

Puis je me rappelle soudainement de sa question, et approuve doucement de la tête pour la remercier de ses premiers soins. Enfin je me risque à ouvrir les yeux. La lumière m'aveugle un peu, je dois m'y prendre à plusieurs reprises avant que ma vision ne se précise et que je ne vois correctement. Vaisseau en bon état. Extérieur. Beau Temps. Danaé à mon chevet. Je tourne légèrement ma tête, voyant le Capitaine Magnus, le pilote et le copilote non loin. Pour la reporter ensuite sur Danaé et lui offrir un léger sourire chaleureux et rassurant, comme ma voix a reprit de son assurance et que je me sens nettement mieux, presque opérationnelle si j'ose dire :

- Encore un peu sonnée, mais bien votre Majesté, je vous remercie néanmoins de votre préoccupation et de vos bons soins. Mon bras ne me fait plus mal. Tout sembler marcher correctement. Je... suppose que le vaisseau n'est pas en état de repartir après un tel choc... miraculeux que nous en soyons sortis presque indemnes... quelle est notre présente situation ? Puis-je aider d'une quelconque manière ?

J'essaye alors de me redresser, lentement. J'y arrive, bien que je garde un appui prudent de l'une de mes mains contre la console inutile. Le temps de quelques secondes... me stabiliser sur mes pieds... mes jambes.... voilà. La tête ne tourne plus. Mon bras titille légèrement mais sans plus. Ma cheville droite est encore douloureuse mais c'est tolérable si j'y applique un bandage de premiers secours pour l'immobiliser un minimum. Vous savez, ces sortes de tissus-gels qui maintiennent un minimum l'os/l'articulation/le membre malmené ? J'en ai un dans mes poches, je le sais. En plus cela calme la douleur en attendant le traitement. Pour ce faire, je prends appui contre la console dans mon dos, me défausse temporairement de ma botte, ôte ma chaussette pour révéler la zone touchée et l'inspecter. Bon, cela ne gonfle pas trop et je peux la mouvoir si je ne fais pas de folie. Du moins, si je l'immobilise tout de suite. Patiemment, avec soin, j'applique le gel thérapeutique de manière à constituer un bandage bien ajusté, juste assez serré pour maintenir la cheville sans me gêner dans le mouvement. En l'espace de quelques secondes, l'affaire est résolue pour moi, et je remets ma chaussette et ma botte en place, nettement mieux.

" Xyan a fait une mauvaise chute pendant l'atterrissage forcé, elle disait que ça allait, mais je crains qu'elle n'ait un os de la jambe de cassé, je lui ai fait une attelle et lui ai donné des calmants pour la douleur. Kaleesy est auprès d'elle. Maintenant ce que je me demande c'est comment sommes nous encore tous vivants, et comment le vaisseau et nous-mêmes sommes-nous encore en un seul morceau et à peine blessés alors que nous nous sommes vraisemblablement crashé… Vous vous souvenez de quelque chose ? La dernière chose dont je me rappelle c'est que le vaisseau sombrait à travers les nuages venteux. "

J'essaye de réfléchir en silence à la question. Avec le pilote, je suis probablement la dernière à avoir perdu connaissance. Mais mes souvenirs sont encore un peu brouillés... alors... une fois avoir réuni au mieux ce que je sais, je réponds d'une voix plus calme et posée, douce :

- Nous sombrions en effet. Et nous avons tous, petit à petit, perdu mystérieusement connaissance. La Force était... étrange. Ni mauvaise ni bonne, juste... étrange. Comme un appel ou quelque chose. Du peu que je me souvienne, ayant perdu connaissance peu avant l'impact, nous étions en chute libre à vitesse élevée. C'est un miracle que nous soyons entiers, je ne peux l'expliquer. Le pilote a finit par perdre connaissance, et je n'ai pas tardé après lui. Le reste m'est confus jusqu'à mon réveil... étrange...

Je ne peux qu'approuver les propos de Danaé, comme je reste non loin d'elle. Sait-on jamais. Je ne me ferais pas avoir deux fois de suite par une attaque surprise ! Bon maintenant, inspection de mon matériel. Le plus urgent d'abord... je m'écarte un peu à distance raisonnable. Mon sabre-laser, enfin l'ancien de la première padawan de Maître Greystone, a-t-il enduré le choc ? C'est ma seule arme de défense, autre que la Force... inspirant à fond, je l'inspecte avec minutie. Rien de l'extérieur. Voyons l'intérieur. Je le prends rapidement dans ma main droite, assumant une posture volontairement neutre, et presse le bouton d'activation de la poignée bien droite. A mon grand soulagement, en un sifflement, la lame laser bleutée fait son apparition. Je teste quelques mouvements rotatifs, mais tout a l'air en l'ordre. Ouf. Je le désactive aussitôt, le remettant à ma ceinture, avant de contrôler mon comlink. Moins bonne nouvelle de ce côté là. Je fais une légère grimace, que j'explicite rapidement :

- Mon comlink a eu moins de chance que votre vaisseau, il est... disons hors de service pour le moment. Plus de chance avec votre système de communications ? Subit-il toujours les interférences ?

Je grimace encore à cette pensée. Je ne sens pas mon Maître dans le lien de Force, et ma propre perception de la Force... est étrange. Irrégulière. Différente. Je n'aime pas cela. Il ne faudrait pas que nous restions aussi vulnérables et plutôt hâter les réparations pour reprendre notre route aussi vite que possible. Nos poursuivants pourraient retrouver notre trace par malchance. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé depuis notre départ, mais je me doute qu'il s'agisse de plusieurs heures. Mandalore doit se demander ce que nous faisons. Naboo où nous sommes passés. Le Temple-Jedi pourquoi je ne suis pas joignable et où nous sommes. Et Maître Greystone... je ne préfère pas y penser. Je me demande si lui arrive au moins à me sentir assez de la distance dans la Force pour savoir que je suis en vie et que je vais bien. Cette planète interfère-t-elle aussi sur la dimension de la Force ? Je ne sais pas... j'aimerais pourtant. Sinon j'en connais un qui, surtout si mon comlink est hors de service et de toute manière sous des interférences et si je me suis potentiellement "évaporée" de la Force, va s'inquiéter au bout d'un moment pas si long que cela. Je n'ai pas envie de voir un Maître Greystone inquiet. Surtout quand il est lui-même en mission, je n'ai pas envie de l'en distraire. Je suis inquiète. Je n'ai toujours pas senti sa présence ou une tentative de contact par la Force avec lui. Ce n'est pas normal. Un peu plus tendue par ce fait, cet isolement et ce silence tant radio que dans la Force, ma voix est légèrement plus tendue que d'ordinaire bien que je me force au calme et à la réflexion logique :

- Le plus urgent est d'assurer tant la sécurité de la Reine que les réparations, au vu de notre situation, il me semble. Nous sommes un peu trop exposés sur... cette étrange planète. Capitaine Magnus, que suggéreriez-vous que nous fassions en premier lieu ? Quelle est l'importance des dommages reçus par le vaisseau ?

Réfléchir rationnellement m'aide à ne pas paniquer. D'abord, faire en sorte que la situation soit la moins précaire et urgente possible. Donc, logiquement, si je réfléchis bien, il serait bon de faire une estimation de l'étendue des dégâts, savoir le temps qu'ils prendront à être réparés même au minimum si besoin, avec ce dont le vaisseau dispose en droïds mécaniciens et en pièces détachées de rechange. Je ne sais par contre qu'est ce qu'il est le plus urgent entre rétablir les communications dans les deux sens et réparer les dommages du vaisseau, en particulier l'aile la plus touchée . Nous localiser dans la carte de l'espace me semblerait aussi une priorité importante. Selon l'importance des dégâts et le temps/possibilités de réparations, il serait aussi sans doute bon de voir ce que nous pouvons faire pour notre propre sécurité. Nous devons impérativement reprendre notre route, en toute sécurité, au plus tôt. Mais pas en précipitation. Je regarde le capitaine en attendant sa réponse, de nouveau aux côtés de Danaé. Je la protégerais, quoi qu'il advienne. J'espère quand même que les choses vont un peu s'arranger... et au plus vite dans les conditions les plus sécuritaires qu'il nous soit possible. Je préfère me remettre au jugement des experts sur ce point, ce que je ne suis absolument pas. Je suis juste une protection, une escorte, un conseil minime... juste une jeune padawan.


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Jeu 17 Jan - 5:05

Heureuse sœur que Sotha qui avait partagé avec moi son savoir de la médecine, car ici il y avait fort à faire. Plusieurs d'entre nous étaient blessés, et nous nous affairions en attendant qu'ils se réveillent, les plus graves étaient le pilote et Xyan, mais heureusement le vaisseau était bien fournis en équipement de soin et nous avions un médecin droïde pour la suite des opérations ainsi que divers autres choses qui nous seraient utiles. Je m'étais penchée sur Lenia Séry en l'appelant doucement pour qu'elle se réveille, elle avait murmuré quelque chose, dans son sommeil, tout doucement, sans que je comprenne très bien au début, quelque chose comme un nom, mais déjà il était diffus et vague bien que j'essaye de m'en souvenir. Le Capitaine claudiquait d'une salle à l'autre, s'occupant des blessés urgents, je le priais de prendre quelques instants pour se soigner, ce qu'il refusa, mais qu'il finit tout de même par faire quelques minutes plus tard, quand il fut lui-même rassuré sur ma suivante et le pilote.

Enfin notre jeune amie Jedi émergeait du sommeil, se redressant lentement sur son séant en parlant à voix basse comme encore endormie. Je la soutiens pour l'aider à se redresser, certains diraient de moi que j'ai un petit coté maternel parfois avec les autres, ce n'est pas faux, d'autant plus que je suis assez inquiète, bien que je me doive de demeurer calme et de ne pas montrer ce que je ressens. Je n'ai pas peur en soi, j'avais peur tout à l'heure, j'avais tord de paniquer, maintenant le peu de peur qu'il me reste sont pour nos deux compagnons blessés, et nous n'avons pas le temps d'avoir peur, cela nous ferait perdre de trop précieuse minutes et nous feraient prendre de mauvaises décisions.


" ... Danaé ? Vous... n'êtes pas blessée ? Et vos suivantes ? Le pilote ? Que... que la Force soit louée que nous soyons encore en vie... Tout le monde est encore là ? "

Danaé, cela fait longtemps que l'on ne m'appelle plus comme ça, à part quelques rares personnes connaissant mon véritable prénom, Aldrian à du le lui dire, la plus part des gens qui ne me connaissent pas vraiment ne m'appellent que par mon nom de règne. C'est étrange comme sensation, quand plus personne ne vous appelle par votre propre prénom, peu à peu il cesse de vous appartenir, quelque chose se brise en vous, quand vous perdez votre identité, pour n'être plus qu'une image. Je suis un peu surprise, mais je souris doucement, mais mon visage redevient grave, au sujet de mes suivantes et du pilote.

" Blessée ? Je vais bien, ne vous inquiétez pas. L'une de mes suivantes et le pilote ont reçus de mauvaises blessures, nous nous sommes occupés des soins de premiers secours, et le vaisseau est bien équipé en terme d'assistance médicale, heureusement parce que mes capacités en la matière ne pourront aller bien plus loin. Comment vous sentez-vous ? "

J'en avais oublié ma propre blessure, elle restait comme une douleur sourde, lancinante, brûlante, perdue dans mon cuir chevelu, seule quelques tâches de sang sur mon front, et un espace plus pourpre et plus sombre sur mes cheveux la laissait voir. En parlant de mes cheveux, ils étaient passé derrière mon col, mais maintenant que je n'ai plus mon voile, pas la peine que je les laisse rentré sous mon manteau orange. De plus, j'ai l'impression qu'il fait de plus en plus chaud. J'enlève la cape par-dessus ma longue robe de suivante et la pose sur le rebords, mes cheveux bruns sombres bouclés retombent en liberté dans mon dos. Je grimace un peu en m'étirant, je me suis cognée dans le bas du dos en tombant et la douleur ne semble pas vouloir s'effacer.

" Encore un peu sonnée, mais bien votre Majesté, je vous remercie néanmoins de votre préoccupation et de vos bons soins. Mon bras ne me fait plus mal. Tout sembler marcher correctement. Je... suppose que le vaisseau n'est pas en état de repartir après un tel choc... miraculeux que nous en soyons sortis presque indemnes... quelle est notre présente situation ? Puis-je aider d'une quelconque manière ? "

Elle avait l'air d'aller un peu mieux, cela me rassura, elle se releva avec quelques difficultés cependant, je n'avais pas remarqué qu'elle était blessée à la cheville, en même temps il m'aurait difficile de le savoir d'un simple coup d'œil, tandis qu'elle s'appliquait un gel de soin et une bande je lui répondait et lui exposait la situation. Du moins pour le peu que nous en savions… En faite pas grand-chose. Juste que nous nous étions crashé, et visiblement sans trop de dégâts, par quelques chances que ce fut ou providence, que le pilote était blessé à la tête et aurait besoin de soin, il ne pourrait donc pas nous sortir d'ici lui-même, mais le Capitaine et moi-même étions capables de piloter le vaisseau… Enfin, Magnus n'aimait pas tellement que je pilote, il disait souvent que le pilotage avec moi c'était comme les armes à rayons, ça n'avait jamais été mon fort. Personnellement je trouvais cela exagéré, nous nous étions très bien sortis de notre avarie au retour de notre tumultueux voyage de Christophsis où j'avais du m'occuper du pilotage. Bon, ma façon de piloter était peut-être un peu chaotique, mais nous étions vivants, preuve que j'en étais tout à fait capable. Cependant je ne pourrais démentir la rumeur concernant mon maniement des armes… Magnus revint vers nous, porteur de nouvelles qui m'inquiétaient un peu je dois dire. Je portais ma main à la tête tandis qu'il parlait à la Jedi, j'avais mal, et je trouvais qu'il faisait vraiment très très chaud. Etais-je la seule à trouver l'air de plus en plus étouffant dans le vaisseau et la chaleur de plus en plus insoutenable ? Des gouttes de sueurs perlaient sur mon front et dans ma nuque. En les écoutant j'essayai moi-même de me souvenir, mais tout était très flou, je savais juste que j'avais perdu connaissance… et… Que s'est-il passé après ?

" Nous sombrions en effet. Et nous avons tous, petit à petit, perdu mystérieusement connaissance. La Force était... étrange. Ni mauvaise ni bonne, juste... étrange. Comme un appel ou quelque chose. Du peu que je me souvienne, ayant perdu connaissance peu avant l'impact, nous étions en chute libre à vitesse élevée. C'est un miracle que nous soyons entiers, je ne peux l'expliquer. Le pilote a finit par perdre connaissance, et je n'ai pas tardé après lui. Le reste m'est confus jusqu'à mon réveil... étrange... "

Et plus qu'étrange, c'est fou ce que ce vaisseau était étouffant. Je pris une longue inspiration, mais j'avais l'impression de ne pas trouver d'air. Celui était lourd et stagnant. En chute libre ? Mon regard était porté vers l'extérieur, comment nous étions-nous posé ? Si tout le monde avait perdu connaissance, qui avait fait atterrir le vaisseau ? Ce voyage sans incidence était de plus en plus truffé d'accidents et de hasards. Des hasards ? Je ne pense pas, en tout cas l'attaque des pirates n'en était pas un. Du moins il n'y avait pas d'autres explications à mon avis, selon les déductions que j'avais faite. Je scrutais le dehors, mais ne voyais pas grand-chose, comme si il voile nous séparait de l'extérieur, un voile très clair et lumineux. Il me sembla voir comme une ombre passée au loin, j'eu un frisson et clignai des paupières, mais elle avait déjà disparu, et semblait s'effacer de ma mémoire. Je laissai un instant la Jedi qui vérifiait son équipement, il était bon de savoir son sabre laser opérationnel, nous avions des armes, mais un Jedi c'était un véritable atout pour les situations de crises. Je me rendais au chevet de Xyan allongée sur l'une des tables à coté de celle du pilote, le droïde médecin était entrain de s'occuper de sa jambe, Kaleesy lui tenait la main doucement. Je m'enquis de leur état auprès du droïde qui me rassura vivement tout en s'affairant.

" Mon comlink a eu moins de chance que votre vaisseau, il est... disons hors de service pour le moment. Plus de chance avec votre système de communications ? Subit-il toujours les interférences ? "

Revenant vers Lenia j'allais m'asseoir au siège de copilote et tentais de rallumer les systèmes, j'essayais plusieurs fois de faire démarrer le vaisseau en vain, jusqu'à qu'enfin il semble lui aussi se réveiller. Les écrans étaient tous brouillés, et lorsque j'essayai le bouton de communication, sur quelques canaux que ce fut, nous n'entendions que de brouillons grésillements. Un astromécano nous rejoins dans la salle de pilotage, tandis que son comparse rejoignait la salle des machine, il se brancha et tenta de rétablir les systèmes de communication, sans succès.

" Nos systèmes sont complètement brouillés, ça doit provenir du nuage magnétique autour de la planète, et des dégâts que nous avons subis, il va falloir que l'on règle ça vite, je ne tiens pas à rester bloquer ici plus longtemps. "

Je pianotai sur le clavier, essayant de joindre désespérément quelqu'un, j'envoyais un signal SOS dans le vide, espérant que l'on nous entendrait quelque part… L'on se mettrait de toute façon assez vite à notre recherche, je ne sais depuis combien de temps nous avions disparu, mais on ne perd pas une Reine comme ça, ils allaient bien nous envoyer des secours. J'ouvrais la carte, mais elle semblait hors d'usage, je cherchai à afficher notre dernière position et y parvins après un peu de temps, nous avions déviés de l'hyperespace et étions sortis près d'une région de l'espace proche de la bordure extérieur, connue pour ses routes de pirates et ses repères de brigands. Comment cela s'était-il produit ? Je fronçais les sourcils, réfléchissant, ce n'était pas normal, de puis, j'avais le sentiment que la solution était toute proche, sans parvenir pourtant à la voir… Comment nous étions-nous égarés ? Comment des pirates avaient-ils connaissance de notre passage sur cette route ? Comment avaient-ils pu faire dévier le vaisseau de l'extérieur ? C'était impossible…

"Le plus urgent est d'assurer tant la sécurité de la Reine que les réparations, au vu de notre situation, il me semble. Nous sommes un peu trop exposés sur... cette étrange planète. Capitaine Magnus, que suggéreriez-vous que nous fassions en premier lieu ? Quelle est l'importance des dommages reçus par le vaisseau ? "

Celui-ci avait lancé une expertise par les droïdes et pendant qu'ils analysaient l'état du vaisseau il réfléchissait lui-même à la meilleur marche à suivre. J'étais toujours assise, plongée dans mes réflexions, ne les écoutant presque plus, il y avait un problème, ça n'allait pas. Je fermai les yeux un moment, il fallait que je me concentre, je repassais lentement de fil des événements dans ma tête depuis notre départ. Les résultats de l'analyse arrivèrent bien vite et Magnus put les transmettre à la Jedi, ils étaient juste derrière moi à parler, mais je ne les entendais qu'à peine. Toute mes pensées étaient tournés vers une énigme qui se révélait à moi peu à peu.

" D'après le rapport de l'analyse l'aile droite a besoin d'importantes réparations, nous avons aussi un problème moteur, de moindre envergure, mais qui a besoin d'être réglé avant de pouvoir espérer redécoller, l'hyper propulsion est en état, et nos droïdes peuvent eux-mêmes effectuer les réparations, nous disposons aussi des pièces de rechanges, c'est une chance que nous soyons aussi peu touché, malgré tout il faudra quelques heures avant de pouvoir redécoller… Les droïdes vont se mettre immédiatement au travail, et il faudrait aussi sécuriser la zone, dépêchons-nous, nous n'avons pas de temps à perdre ici, nous ne savons même pas depuis combien de temps nous devions être arrivé sur Mandalore. De toute façon notre absence finira par être remarqué et la République ne tardera pas à nous rechercher. Il y a quelque chose d'anormal ( dit-il en regardant le rapport sur le tableau holographique ), notre système de commande à été parasité par un virus informatique de brouillage… Comment… "

S'interrogea-t-il, puis ses yeux se posèrent sur moi, tandis que je me tournai vers lui et lui tendait un petit objet dans ma paume. Je l'avais trouvé en tâtonnant sous le tableau de bord, comme pour me rassurer en me disant que mes hypothèses étaient certainement fausses. Mais j'avais malheureusement finis par trouver ce que je cherchai du coté du copilote, un émetteur pirate. Nous avions un traitre à bord. Nous ne dîmes rien, le Capitaine se contenta d'observer l'objet, troublé, puis visiblement irrité, tandis qu'il fronçait les sourcils. Il avait son arme en main à présent et il sortit pour se rendre dans la salle des passagers, je sortis à sa suite avec la Jedi, ôtant le blaster à mon ceinturon. Nous ne vîmes que le pilote et Xyan allongés sur les tables, Kaleesy toujours auprès d'elle tournant un visage inquiet en voyant l'expression du Capitaine, elle tourna son regard vers moi.

" Où est passé le copilote ? "

Demandai-je à ma suivante qui sembla ne pas comprendre au début, puis elle vit l'émetteur dans ma main et mon blaster dans l'autre. Elle sortit immédiatement le sien avant de répondre après un petite réflexion nécessaire, car elle n'avait pas bien fait attention aux faits et gestes du copilote et qu'elle aussi était surprise.

" Il est allé à l'arrière, il a dit qu'il voulait vérifier l'équipement… "

Le Capitaine Magnus me fit signe de rester en arrière, il était d'autant plus énervé que le copilote l'avait entendu tout à l'heure et qu'il savait à présent que c'était moi la véritable Reine, et non Kaleesy. Il se dirigea vers la soute, mais la porte était bloquée, il enleva le cadran près de la porte et provoqua un cour circuit pour l'ouvrir. Il pénétra à l'intérieur, il y faisait sombre, mais une lumière plongeait en travers de la pièce, le Capitaine disparu sur la gauche avant de revenir vers nous après avoir inspecté la pièce.

" La porte de dehors est ouverte, il s'est enfuis, les armes ne sont plus à bord du vaisseau, il a du les faire disparaitre avant-même notre départ, c'est lui qui s'est occupé des dernières vérifications, je n'ai fais qu'un tour de sécurité, je n'ai pas regardé dans les caisses… "

Je croisai les bras sur ma poitrine, mécontente, et visiblement troublée. Mes sourcils étaient froncés et j'étais plutôt en colère. Pas contre mon Capitaine, non, mais en colère que l'on se soit fait doubler par l'un de nos propres pilotes, juste sous notre nez, et que la vie d'autant de personnes qui me sont chères aient été mise en danger par ce traitre.

" Il faut le retrouver, il pourrait avoir accès à des systèmes de communications opérationnels et demander du renforts, à moins que nous soyons déjà dans son propre piège, cela dit j'en doute, je n'ai pas l'impression qu'il avait dans l'idée de venir ici, il était contre l'idée du saut dans l'hyper espace, moi aussi cela dit mais il n'avait pas à discuter les ordres, et puis le piège se trouvait essentiellement dans le champs d'astéroïdes, c'est lui qui a modifié notre trajectoire et nous à fait sortir de l'hyper espace, on nous a tendu une embuscade, et grâce à l'émetteur espion nous étions suivis à la trace, il leur suffisait d'attendre de nous avoir dans leur ligne de mire, j'ignore pour qui il travaillait et qui nous a attaqué mais je veux le découvrir... Il a aussi appris qui j'étais en réalité, vous aviez eu raison de vous méfier et de nous faire échanger d'identité avec Kaleesy avant notre départ… Nous ne sommes plus en sécurité ici, il connait notre position, nous sommes faiblement armés, et heureusement pour nous nous disposons d'un Jedi, ce à quoi il ne s'était pas attendu. Nous devons aussi vérifier qu'il n'est pas posé d'autres pièges sur le vaisseau et nous assurer que les réparations soient rapidement faite, le virus devrait pouvoir être déjoué par nos droïdes, du moins je l'espère. "

Le Capitaine ne céda pas à la panique, cependant il s'en voulait et s'excusa brièvement d'en avoir trop dit tout à l'heure, et d'avoir révélé sans le vouloir que j'étais la reine. Mais nous n'avions pas vraiment le temps de nous en vouloir, nous devions monter un plan, et plus je ne l'en tiendrais pas pour responsable de toute façon, nous nous étions tous retrouvé dans une mauvaise situation, nous étions sonnés et dans l'urgence. Magnus se tourna vers la Jedi pour lui parler :

" Seriez-vous capable de suivre une piste ? Peut-être pourriez vous rattraper le copilote ou au moins nous apprendre dans quelle direction il est partit. Aussi la Reine ne peux pas rester ici, notre position est compromise, nous devons la mettre en sécurité, nous devons sécurisez la zone et trouver un endroit assez éloigné et protégé pour établir un campement. "

Je me tournai vers lui, nous ne pouvions pas tous nous déplacer jusqu'à un campement, et notre effectif était très limité.

" Nos deux blessé ne pourrons pas se déplacer du vaisseau, et le vaisseau ne pourra pas non plus être déplacé avant d'avoir été réparé, en plus si nous le perdons nous risquerions d'être coincés ici beaucoup plus longtemps que nous ne le souhaiterions, plus nous passons de temps ici, plus nous nous exposons. Il faut que quelqu'un reste pour veiller sur les blesser et garder le vaisseau pendant les réparations pour le protéger de toute tentative de sabotage extérieure, il faudrait aussi le camoufler. "

Le Capitaine me répliqua vivement :

" Mais vous ne pouvez rester ici, et nous ne sommes que trois à pouvoir nous battre, si tenté que je considère Kaleesy comme un soldat, ce qui n'est pas le cas malgré ses compétences de combat. Il faut qu'on vous mette à l'abris. "

Kaleesy s'approcha de moi et posa sa main sur mon épaule comme pour me rassurer.

" Je ne me séparerez pas de vous, j'ai juré de vous protéger et de vous accompagner où que vous alliez et quelque soit les dangers. "

Je posai ma main sur la sienne et soupirai doucement, la situation était complexe, et dangereuse qui plus est, je n'étais pas du genre à avoir froid aux yeux, j'étais plutôt tête brûlée dans mon genre, mais je savais aussi que je devais être prudente et que parfois il fallait que j'accepte d'être protégée, même si je n'aimais pas l'idée que des personnes veulent sacrifier leur vie pour défendre de la mienne. Elle n'avait pas plus de valeur que la leur, et même bien moins face au courage et à la force dont ils faisaient preuve.

" Jedi Séry, que nous conseillez-vous ? "

Demandai-je à mon amie, je comprenais les points de vues de chacun, mais il était tout aussi important de défendre le vaisseau et les blessés que ma vie, je savais que j'étais en sécurité avec Lenia, et j'avais une formation de survie, j'étais peut-être Reine mais j'étais aussi capable de me débrouiller dans la nature. Je me voyais mal laisser le vaisseau à la seule défense du Capitaine et j'aurais préféré que Kaleesy reste aussi. Nous devions vite nous mettre d'accord sur la marche à suivre cependant, et agir avec sagesse surtout et prudence. L'idéal aurait été de pouvoir tendre un piège à notre traitre avant qu'il ne nous en tende un, mais nous étions trop peu nombreux, nous avions de lourds dégâts, et des blessés… La situation était délicate, et pas vraiment à notre avantage.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Jeu 17 Jan - 13:41

(HJ MP si édition nécessaire HJ)

La confusion se disperse petit à petit de ma tête, mes alentours me paraissent de plus en plus précis au fil des minutes qui s'écoulent. Préoccupation numéro un, priorité maximale : la Reine... non Danaé. Enfin sa majesté aussi. Mais pour moi, pour la jeune femme derrière la Jedi, il s'agissait de Danaé en premier lieu. Surtout maintenant que j'ai appris son prénom, il n'y pas si longtemps... depuis les trois quatre mois séparant notre dernière rencontre à la Bibliothèque royale du Palais de Naboo, enfin non, la Tour de Musique... lui accordant ma pleine attention, je l'écoute enfin me répondre, essayer de me rassurer tout en m'informant des données qui me manquent encore dans ma présente phase d'éveil :

" Blessée ? Je vais bien, ne vous inquiétez pas. L'une de mes suivantes et le pilote ont reçus de mauvaises blessures, nous nous sommes occupés des soins de premiers secours, et le vaisseau est bien équipé en terme d'assistance médicale, heureusement parce que mes capacités en la matière ne pourront aller bien plus loin. Comment vous sentez-vous ? "

Je grimace légèrement à ces nouvelles. J'aurais du... cela n'aurait pas du se passer ainsi... un Jedi plus compétent que moi aurait pu changer les choses, j'en suis persuadée. Autre analyse de mon corps, pas d'autre blessure urgente de détectée. Par contre, pour Danaé... son sourire me conforte un peu, avant que ne revienne le sérieux. Mon regard l'implorant de me faire confiance, je tends lentement, timidement, une de mes mains vers sa tête, là où est visible une blessure. Elle est blessée, même si elle dit qu'elle va bien. Je me redresse avec lenteur, mes doigts à quelques centimètres de la plaie, comme je ferme les yeux en murmurant avec douceur :

- Mes pouvoirs de Force sont encore trop jeunes... pour la soigner en totalité... mais au moins puis-je vous soulager en partie. Faites moi confiance.... je sais ce que je fais. Votre blessure... je vais la panser. Mais il faudrait que l'on s'en occupe, quelqu'un...

Je me concentre, je concentre la Force autour de moi. Silencieuse, les traits tirés de concentration, je réunis mes forces tout en laissant communiquer à la Force le pouvoir que je souhaite utiliser d'elle, la manière dont je veux l'employer pour aider mon prochain de mes maigres talents d'encore jeune padawan, bien que douée et très sensible à la Force. Très vite, à mon soulagement, Elle répond à ma prière et je sens cette sorte de vague rassurante et chaleureuse, cette énergie positive et bénéfique, bien qu'encore jeune, glisser, s'écouler comme un doux ruisselet invisible et intangible autour de mes doigts. Cela ne dure que quelques minutes avant que l'effet ne s'arrête, et déjà je trouve que la plaie a une nette meilleure allure. Mais je ne peux pas faire plus, autant je le voudrais. Il faudrait qu'avec le temps j'améliore mes connaissance et j'aiguise mes compétences. Je lui souris avec douceur, de mon vrai sourire, avant de s'occuper de moi et de vérifier méticuleuse mon équipement. Je réalise rapidement que mon comlink est hors d'usage, à mon grand désarroi, mais je ne me laisse pas désarçonner et essaye de me comporter autant que possible comme me le demanderait ma fonction de padawan Jedi.

" Nos systèmes sont complètement brouillés, ça doit provenir du nuage magnétique autour de la planète, et des dégâts que nous avons subis, il va falloir que l'on règle ça vite, je ne tiens pas à rester bloquer ici plus longtemps.

Je ne peux qu'approuver ce constat, observant d'un oeil vigilant les droïds astro-mécaniciens qui s'activent pour essayer de résorber certains dommages électroniques et informatiques. Néanmoins, je suis aussi préoccupée que Danaé. Quelque chose ne colle pas logiquement. Certes, le nuage magnétique de la planète - si tant est qu'il y en est un d'aussi puissant - peut brouiller nos systèmes, imaginons. Mais quelque chose n'est pas logique. Une donnée, une inconnue pourtant importante m'échappe. Je n'aime pas cela. Mais vraiment pas cela. Ma mine, bien que calme, est quand même soucieuse et songeuse, je réfléchis aussi vite que mon cerveau en récupération rapide mais progressive de ses pleines capacités cognitives me le permet. Il ne faut pas que l'on s'attarde ici, je le sais. Pourquoi je le sais ? Je ne sais pas, mais une chose dont je sois certaine, c'est que je le sache comme une vérité première, et vraiment urgente.

" D'après le rapport de l'analyse l'aile droite a besoin d'importantes réparations, nous avons aussi un problème moteur, de moindre envergure, mais qui a besoin d'être réglé avant de pouvoir espérer redécoller, l'hyper propulsion est en état, et nos droïdes peuvent eux-mêmes effectuer les réparations, nous disposons aussi des pièces de rechanges, c'est une chance que nous soyons aussi peu touché, malgré tout il faudra quelques heures avant de pouvoir redécoller… Les droïdes vont se mettre immédiatement au travail, et il faudrait aussi sécuriser la zone, dépêchons-nous, nous n'avons pas de temps à perdre ici, nous ne savons même pas depuis combien de temps nous devions être arrivé sur Mandalore. De toute façon notre absence finira par être remarquée et la République ne tardera pas à nous rechercher..."

J'écoute avec attention le capitaine Magnus alors qu'il nous expose notre situation mécaniquement parlant, et cela ne me réconforte qu'à moitié. Bon, si je résume : des dégâts, en effet, mais réparables dans les meilleures des conditions en quelques heures, avec des pièces de rechange disponibles actuellement. Tant mieux. J'approuve vivement pour l'idée de sécuriser la zone. J'observe attentivement nos alentours : je suppose que nous avons dû atterrir dans la clairière d'un petit bois sauvage, par miracle absolu. La République et le Temple Jedi remarquerons assez vite, je pense et j'espère, nos absences réciproques et inexpliquées. Les premiers, parce que nous ne sommes jamais arrivés à destination aux heures convenues, pas du tout même, à Mandalore, et parce que nous avons disparu des radars, ne donnons plus de nouvelles et que nul ne sait où nous sommes et si nous sommes encore là. Les seconds risqueraient d'être prévenus soit par les premiers si nous tardons trop - ce qui, les connaissant, nous laisse peu de marge de manoeuvre, si ce n'est pas du tout - soit par ma "volatilisation" potentielle de la Force, dans le pire des cas. Soit, tout simplement parce que je n'aurais pas donnée de nouvelles - ce qui est totalement contraire à mes habitudes, ils connaissent mon sérieux - ni se serait rentrée quand je l'aurais indiqué en premier lieu. Mais quelque chose cloche encore...

"Il y a quelque chose d'anormal, notre système de commande à été parasité par un virus informatique de brouillage… Comment… "

Le Capitaine Magnus fit cette remarque très avisée en observant le rapport sur le tableau holographique. Les yeux bleus se durcissent plus encore quand je vois ce que tend avec un visage sombre sa réelle majesté. Un émetteur pirate ! Comment ai-je fais pour ne pas le remarquer ? Pourtant, j'avais bien observé le vaisseau lors du trajet et rien vu d'anormal... cela dit, je ne suis pas aussi douée en informatique que ne l'est Maître Greystone. Oh je suis désolée Maître... confuse... le copilote. Je ne vois que lui. Pas le pilote, lui avait agit normalement. Mais maintenant que j'ai l'évidence sous mes yeux... le copilote. Ah si seulement je n'étais pas qu'une padawan et qu'un Chevalier ait été à ma place, il s'en serait rendu compte et rien de cela ne serait advenu ! De légère honte, je baisse quelques secondes ma tête, inspirant profondément pour garder ma consistance. De toute manière le mal est fait, maintenant il est temps d'y remédier autant que nous le permettent nos compétences et mon inexpérience... je murmure, me redressant presque aussitôt, toute ma vigilance en éveil :

- Le copilote ! Où... ?

Danaé termine pour moi la question que je voulais poser, et de plus en plus peu rassurée sur l'issue de cette mission. Sans la moindre hésitation, prête à dégainer mon sabre-laser à la moindre menace ou à user de la Force pour nous défendre par une déflexion de tirs ou un bouclier de Force d'urgence, je me joins au Capitaine Magnus et bien sûr Danaé, cette fois peu décidée à ne pas la suivre comme son ombre, surtout avec un potentiel danger armé. Nous revenons vers la salle des passagers, où nous retrouvons l'autre suivante Kaleesy je crois, et la doublure de sa majesté, Xyan si je ne me trompe pas entre les deux....

" Où est passé le copilote ? "

" Il est allé à l'arrière, il a dit qu'il voulait vérifier l'équipement… "

Mes sourcils se froncent plus nettement encore, alors que mes traits se durcissent. Je ne la sens pas toute cette histoire... attendez. Elle a bien dit l'équipement ? Dans le genre, pièces de rechange ou armes de défense ? Mon regard d'un bleu d'océan s'étrécit nettement, alors que je m'efforce pour que mon visage - et moi-même- restions un minimum calmes dans cette situation plus que critique. Magnus semble partager la même idée que moi, comme il va vérifier en me laissant, ainsi qu'à Kaleesy, la sécurité de la Reine en tant que gardes rapprochées. Avec une distance de prudence en retrait, nous le suivons jusqu'à l'entrée, et me servant de mes minces talents de Force ainsi que mes sens physiques, je grommelle entre mes dents. Il a filé, ce gredin et traître de service ! Je ne pense pas que Maître Greystone aurait approuvé ma colère passagère, fort heureusement éphémère comme je me reprends de suite.

" La porte de dehors est ouverte, il s'est enfui, les armes ne sont plus à bord du vaisseau, il a du les faire disparaître avant-même notre départ, c'est lui qui s'est occupé des dernières vérifications, je n'ai fais qu'un tour de sécurité, je n'ai pas regardé dans les caisses… "

Merveilleux... Sith ! Nous nous sommes bien fais avoir, pire, quand il n'y a aucun Maître Jedi ou Chevalier Jedi pour me guider.... non, je corrige. Quand il n'y a pas Maître Greystone pour m'aider. Je n'aime pas devoir prendre des décisions, pire encore quand je sais que des éléments, des inconnues, vont forcément risquer d'altérer mes planifications soignées en cas de crise. Prenant sur moi pour ne pas céder à la tension ambiante, je scanne de mes modestes dons de Force les environs. Cette fois je ne laisserais rien m'échapper, rien du...

" Il faut le retrouver, il pourrait avoir accès à des systèmes de communications opérationnels et demander du renforts, à moins que nous soyons déjà dans son propre piège, cela dit j'en doute, je n'ai pas l'impression qu'il avait dans l'idée de venir ici, il était contre l'idée du saut dans l'hyper espace, moi aussi cela dit mais il n'avait pas à discuter les ordres, et puis le piège se trouvait essentiellement dans le champs d'astéroïdes, c'est lui qui a modifié notre trajectoire et nous à fait sortir de l'hyper espace, on nous a tendu une embuscade, et grâce à l'émetteur espion nous étions suivis à la trace, il leur suffisait d'attendre de nous avoir dans leur ligne de mire, j'ignore pour qui il travaillait et qui nous a attaqué mais je veux le découvrir... Il a aussi appris qui j'étais en réalité, vous aviez eu raison de vous méfier et de nous faire échanger d'identité avec Kaleesy avant notre départ… Nous ne sommes plus en sécurité ici, il connait notre position, nous sommes faiblement armés, et heureusement pour nous nous disposons d'un Jedi, ce à quoi il ne s'était pas attendu. Nous devons aussi vérifier qu'il n'est pas posé d'autres pièges sur le vaisseau et nous assurer que les réparations soient rapidement faite, le virus devrait pouvoir être déjoué par nos droïdes, du moins je l'espère. "

Je ressens vaguement la colère légitime de Danaé, et je me demande si elle est en colère contre moi aussi. Elle aurait le droit, après tout moi aussi j'ai été... ah que je n'aime pas le reconnaître quand j'ai perdu... je baisse infiniment ma tête, mon regard d'océan dévoilant quelque peu mon trouble et ma propre honte. Danaé a bien résumé l'horrible traquenard. J'essaye de réfléchir et de ne pas laisser mes doutes et mes regrets prendre le meilleur de moi-même. Je suis en partie responsable - à mes yeux - du problème, je veux essayer d'y remédier autant qu'il me soit possible. Je commente, mes doigts serrés quelque peu plus sur la poignée métallique de mon sabre-laser sans l'allumer, d'une voix certes calme, mais nettement plus sombre aussi après cette terrible réalisation :

- Je l'espère aussi, majesté. Ce... sinistre individu nous a mis dans une position délicate. Si nous étions plus nombreux, nous aurions pu partir le capturer, le rendre hors d'état de nuire et l'interroger mais... ce n'est pas le cas. J'aurais du être plus prudente... j'ai cru l'être, mais visiblement pas suffisamment. Nous avons encore plus de raison de ne pas tarder, de décider certes rapidement mais efficacement de ce que nous devons faire...

Il n'était en effet pas le temps de se demander à qui c'était la faute, déjà parce que les responsabilités étaient sans doute partagées, mais aussi, je dois l'admettre malgré moi, parce que les faits n'étaient pas forcément prévisibles. Néanmoins, je remercie, sans doute pour la énième fois, mon Maître de s'être fié à son instinct et d'avoir dépêché quelqu'un du Temple pour les accompagner. La seule chose que je pourrais actuellement discuter était sa décision - et celle du Conseil je n'en doute pas - que l'escorte soit ma personne, une modeste padawan n'ayant encore que peu d'expérience en missions interplanétaires et spatiales. Du moins, je ne voyais et je ne vois toujours pas leurs raisons, si tant est qu'il y en est... je n'ai cependant pas le temps de m'interroger sur ce problème mineur, comme semble le rappeler le capitaine Magnus, se tournant de nouveau vers moi après visiblement présenter des excuses à sa majesté :

" Seriez-vous capable de suivre une piste ? Peut-être pourriez vous rattraper le copilote ou au moins nous apprendre dans quelle direction il est parti. Aussi la Reine ne peut pas rester ici, notre position est compromise, nous devons la mettre en sécurité, nous devons sécuriser la zone et trouver un endroit assez éloigné et protégé pour établir un campement. "

Je médite rapidement sur ses questions et ses constats. En serais-je capable... si j'étais une Chevalière Jedi accomplie, comme l'ancienne padawan de Maître Greystone, Johanna Direwolf, j'aurais dis oui assurément, mais ce n'est pas le cas. Je doute d'ailleurs que je serais jamais aussi douée que... non, pas le moment d'y penser. Avec un léger soupir devant mes propres limites, j'admets d'une voix aussi calme et posée qu'il me soit possible en dépit de ma tension bien présente et tout juste bridée par mon "calme Jedi" :

- Mon... contrôle de la Force ne me permet pas encore ce genre de prouesses, Capitaine. Je ne suis encore qu'une Padawan, et depuis moins d'un an. Si nous étions plus nombreux et mieux armés, moins pressés, en analysant le terrain et déduisant logiquement, peut-être. Ou encore si tout autre Chevalier, Maître Jedi ou Padawan Jedi était là pour m'assister... ou mieux encore Maître Greystone, ce qui n'est hélas pas le cas. Je ne sais s'il est bon de nous séparer au vu de notre situation, cependant...

Je n'aime pas reconnaître mes propres limites, surtout pas dans ce genre de situations. Mon corps est nettement plus tendu et droit, je suis en colère contre moi-même et ma propre limitation. J'aimerais tant pouvoir en faire plus... je n'ai que mon sabre-laser, ma maîtrise encore jeune de la Force et mes capacités de déduction et de logique naturelles comme armes et boucliers. Maîtres du Conseil... Maître Yunstar... Maître... que devrais-je faire ? Que devrais-je... ?

" Nos deux blessés ne pourront pas se déplacer du vaisseau, et le vaisseau ne pourra pas non plus être déplacé avant d'avoir été réparé, en plus si nous le perdons nous risquerions d'être coincés ici beaucoup plus longtemps que nous ne le souhaiterions, plus nous passons de temps ici, plus nous nous exposons. Il faut que quelqu'un reste pour veiller sur les blessés et garder le vaisseau pendant les réparations pour le protéger de toute tentative de sabotage extérieur, il faudrait aussi le camoufler. "

Sa majesté venait de soulever un point tout aussi juste. Tant de choses à faire, peu de temps pour les faire, toutes semblant aussi prioritaires les unes que les autres, et ne sachant pas par laquelle commencer : assurer notre sécurité ? Le bon état de notre seul moyen de sortir de cette planète sans secours ? La protection de la Reine ? La mise hors d'état de nuire du traître ? Que faire des blessés non déplaçables ? Toutes ces urgences tourbillonnent dans ma tête alors que j'essaye comme je le peux de les ordonner, les hiérarchiser tout en écoutant les remarques des autres partis de la discussion, silencieuse et réflexive.

" Mais vous ne pouvez rester ici, et nous ne sommes que trois à pouvoir nous battre, si tant est que je considère Kaleesy comme un soldat, ce qui n'est pas le cas malgré ses compétences de combat. Il faut qu'on vous mette à l'abri. "

Oui, mais où s'abriter ? Il faudrait faire un campement sûr, ni trop près ni trop loin du vaisseau, tout en laissant quelqu'un faire la garde des blessés et de ce dernier. Ou prendre le risque de déplacer les blessés. Des lits médicaux ? Voyons, au niveau des blessures... une jambe cassée ? Peut-être bougée avec beaucoup de précaution sur une chaise ou un lit. La blessure du pilote me préoccupe davantage. Dans ce cas, il faudrait ab-so-lu-ment un lit, sinon non déplaçable. Nous tournons en rond ! Quant à mes capacités de combat... je masque mes propres doutes. J'ai beau être l'apprentie de Maître Greystone, je ne suis pas la plus douée au sabre-laser, bien que je puisse me défendre contre des ennemis "normaux" et protéger un minimum mon entourage, je suis plus défensive qu'offensive. Peut-être n'est-ce pas plus mal, je n'en sais rien. Trois à pouvoir nous battre... soit, sans doute, Magnus, Kaleesy et moi. Oui, moi. Donc deux véritablement capables de se défendre, c'est trop peu. Nettement trop peu...

" Je ne me séparerais pas de vous, j'ai juré de vous protéger et de vous accompagner où que vous alliez et quels que soient les dangers. "

La loyauté de sa suivante me donne chaud au coeur, sa suivante, mais je fais aussi l'amer constat qu'elle ne pourrait suffire à protéger la Reine. Je pense, en toute logique, que malgré moi et par ma sensibilité à la Force, il semblerait que je sois la plus à même de veiller efficacement à la sécurité de Danaé, autant l'idée me déplaise que l'on dépende autant de mes modestes compétences à mes yeux. Magnus sinon ferait un bon garde, mais cela ne suffirait pas, je m'en doute aussi. Même avec moi, cela continue toujours d'être juste. Maître...

" Jedi Séry, que nous conseillez-vous ? "

La question au million de crédits galactiques. Et autant je n'aime pas cela, que la situation soit à ce point désespérée pour que l'on en vienne à ce résultat : me demander mon opinion, et visiblement d'influence dans les démarches qui vont suivre. J'aurais mille fois plus préféré avoir une moindre ombre de contact avec Maître Greystone ou le Temple Jedi pour avoir un avis, pas seulement le mien... le mien. L'espace de quelques brèves minutes, mon regard bleuté d'océan s'éclaircit légèrement vers l'opalin délicat, se fait plus distant et non fixé comme j'essaye une dernière fois de pousser mes dons de Force à leur maximum pour essayer de contacter Maître Greystone, le Temple, quelqu'un du Temple, un Jedi, peu importe, mais quelqu'un des miens... sans succès. Tout ce que je reçois des courants de la Force, étant pourtant fine et assez douée dans le domaine, n'est que grésillements ou silence, à m'en donner presque la migraine. J'abandonne en voyant que je n'arrive à rien, rassemble mes pensées et inspire profondément. Je suis nerveuse devant tant de responsabilités sans le conseil de mon responsable et ami principal ou de mes responsables du Temple. Mais je n'ai pas le choix. J'inspire légèrement avant de me lancer avec prudence, sérieux extrême et un brin d'hésitation entachant mon "calme Jedi" :

- Autant j'aurais préféré connaître l'avis du Temple Jedi, d'un tierce Jedi ou mieux de Maître Greystone vis-à-vis de cette situation avant de me prononcer, il semblerait que je ne parvienne même pas à les contacter par la Force. Je ne suis certes pas aussi expérimentée que vous, mais à mon humble avis...

Je m'interrompt quelques secondes, rassemblant mon calme et mes pensées, avant de poursuivre presque aussitôt, connaissant l'urgence de la situation en me servant de la logique et des faits dont je sois certaine :

- Si je résume, nous sommes dans une situation délicate. Nous avons maintes choses à faire, et aussi urgentes les unes que les autres elles paraissent, au vu de notre petit effectif, nous devrions les hiérarchiser et leur donner des priorités, pour rester efficaces. Dans la logique des choses, il me semble que le plus important soit avant tout assurer la sécurité de la Reine et la notre, puisque nous sommes encore plus dépendants les uns des autres dans notre situation. Établir un campement n'est pas une mauvaise idée, mais nous devons le faire ni trop loin, ni trop près du vaisseau, pour le garder à l'oeil. Et, si possible, dans un endroit à peu près sécuritaire. Si possible, bien entendu. Un endroit où l'on pourrait tant assurer notre protection, défendre notre position que voir venir notre cher traître, pendant que les réparations seront en cours...

J'espère ne pas raconter de bêtises. Comme le jour où mon Maître m'avait prise en apprentissage et posé des questions, je réponds avec le plus d'organisation que je le puis, et le plus d'efficacité logique. Je reprends mon souffle avant de poursuivre, les dévisageant chacun à leur tour, cherchant, inconsciemment, un peu leur approbation et l'assurance que je ne raconte pas n'importe quoi :

- La Reine doit impérativement être escortée par l'un d'entre nous, je doute que nos ennemis nous laissent longtemps tranquilles si nous restons les bras croisés. L'un d'entre nous doit aussi en effet garder le vaisseau, mais je pense préférable qu'en cas de danger immédiat et de situation plus désespérée encore, cette personne accepte de rejoindre les autres et que l'on se défende en unité. Le vaisseau me semble légèrement moins vital que de nous garder en vie, dans le pire du pire des cas. Et encore, tout dépend du nombre et de la nature de nos ennemis. Si l'ennemi est seul, le campement est jouable. Si l'ennemi ne l'est pas, et si les réparations sont achevées ou presque, le vaisseau pourrait aussi être une bonne base de défense. Concernant les blessés... nous ne pouvons en effet les laisser sans défense. Peuvent-ils être déplacés si vous avez des lits médicaux ? La blessure du pilote est celle qui me préoccupe le plus. Je sais que la situation est délicate, je sais que je ne suis pas encore très expérimentée. Mais je pense qu'il faut que nous veillions à rester le plus groupés possibles, comme nous sommes peu nombreux. Nous ne pouvons estimer précisément la menace, le nombre des ennemis, et ne permettre personne de rester seul longtemps. Nous devons tenir bon jusqu'à ce que les réparations ne s'achèvent, et prendre aussi peu de risques que possible. Après, il y a trop d'inconnues dans la présente situation pour que je puisse proposer un plan assuré et certain. Je ne suis qu'une Padawan... croyez bien que j'aurais préféré moi aussi qu'un Jedi plus expérimenté que moi soit avec nous... ou à ma place. Je suis navrée de ne savoir que faire de plus, Majesté, Capitaine, madame Kaleesy. Cela ne reste que ma modeste opinion... la décision repose sur vous Capitaine, et vous Majesté. Je ferais tout mon possible pour que nous nous en sortions, ou trouvions de l'aide... ou défendre nos positions. Nous ne devons pas rendre les armes, c'est encore trop tôt pour cela. Quoi que vous décidiez pour notre sauvegarde, je vous donnerais toute l'aide qu'il me sera possible.

Je me tais, après avoir tant parlé, baissant très légèrement la tête tout en veillant difficilement à rester calme et posée que je le peux. Mes yeux bleus dévoilent sans doute mon regret sincère de ne pouvoir et ne savoir que faire de plus pour les assister. Je veillerais à leur protection, je ne faillirais pas, dus-je les protéger ou assurer leur repli à mon corps défendant en situation critique. Je refuse de perdre encore espoir. Je crois en la Force, nous avons encore de minces chances de nous en sortir. Si nous restons calmes, concentrés, unis et réfléchis, nous augmenterons nos probabilités de réussite, c'est tout ce que ma logique pure, théorique, et mon instinct me souffle, jusqu'à ce que nous puissions rétablir les communications. Et si ce traître de copilote vient dans les parages... je n'hésiterais pas à... à... le mettre hors d'état de nuire s'il cherchait à menacer la moindre vie de l'équipage. Je ne me ferais pas encore avoir. Plus jamais comme cette fois avec le sénateur véreux et le chasseur de prime Sulfure. Jamais plus. Ma détermination reste brûlante, tranchant avec mon calme frais, ma légère nervosité presque électrique. Il me tarde de voir Mandalore, ou au pire Naboo, ou au pire les secours républicains ou Jedi. Si moment de calme il y a, je tenterais des réparations de fortune de mon comlink, ou d'encore de retenter ma chance avec la Force... quand je ne serais pas en train de défendre, de protéger avec eux chèrement la vie de celle que j'escorte... de son équipage... en quelques mots : notre survie en général.


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Dim 27 Jan - 14:15

" Mes pouvoirs de Force sont encore trop jeunes... pour la soigner en totalité... mais au moins puis-je vous soulager en partie. Faites moi confiance.... je sais ce que je fais. Votre blessure... je vais la panser. Mais il faudrait que l'on s'en occupe, quelqu'un... "

Ma petite plaie à la tête dont j'avais fais passer la douleur lancinante au second plan de mes préoccupations pour pouvoir m'occuper de mon équipage ne semblait pas être passée inaperçue aux yeux attentifs du Jedi. J'aurais du m'en douter, quoique Aldrian pouvait être pire que ça quand il en allait de ma santé ou de ma sécurité (imaginez si les deux sont menacés… ce qui pourrait présentement être le cas). Elle s'approcha doucement de moi, assez timidement, et mis sa main juste au-dessus de la plaie sur mon front, au bout de quelques instants une chaleur douce commença à m'envahir à l'endroit sous ses mains, la douleur s'estompa lentement et je ne ressentis rapidement presque plus rien, comme si la zone était anesthésiée. Je lui souris, les yeux fermés, avant de la remercier d'une voix douce :

- Merci Lenia, c'est très bien comme ça ne vous inquiétez pas pour moi.

La blessure n'était pas totalement guérie, mais ça suffisait largement, je ne la sentais presque plus d'ailleurs, ce n'était plus qu'un mince filet de douleur diffus, et encore je ne la sentais que si je me concentrais dessus. J'avais horreur de compliquer les choses en réalité, je n'aimais pas l'inégalité que mon rang pouvait instaurer avec les autres, je n'aimais pas regarder les autres s'activer pendant que je devais me tenir tranquille " dignement " en ne faisant rien, et j'aimais encore moins me plaindre alors que nous étions dans des situations difficiles. Je connaissais d'autres gouverneurs qui régnaient comme si ils avaient été habitués depuis leur naissance à écraser ou mépriser les autres, et à se faire servir. C'est parfois le cas dans les monarchies héréditaires, ou même dans certaines familles de la haute société particulièrement éminentes et puissantes. Mais je n'avais pas eu cette éducation, je suis d'une famille aisée et noble de Theed, je n'ai jamais manqué de rien, cependant j'ai reçu certaines valeurs de Naboo qui m'empêche de devenir comme ce genre de personnes. Même si en temps que reine je suis parfois obligée de me plier à certaines normes. En tout cas je considère que lorsqu'on est perdu dans l'espace, sur un monde inconnu, que notre vaisseau et en panne, et qu'on a toute sorte de problème divers et dangereux, ce n'est vraiment pas le moment de s'asseoir pour regarder les autres essayer de survivre, et encore, plutôt de faire en sorte que vous surviviez. Tout on se plaignant. Présentement je suis toute à fait ravie d'être capable grâce à l'entrainement de mon Capitaine de me débrouiller dans un environnement sauvage et hostile, enfin de me débrouiller, de survivre en tout cas.

Et il semblerait que notre entrainement à la survie allait bientôt devenir de plus en plus le bienvenue. Je déteste les traitres, la trahison c'est quelque chose que je ne supporte pas. En tout cas, nos récentes découvertes permettaient d'éclaircirent bien des mystères, tandis que d'autres restaient en suspens. Grâce à nos déductions et à l'émetteur espion caché sous le tableau de bord nous pouvions à présent comprendre comment nous avons pu être aussi facilement détourné et pris au piège. Le doute n'était plus permis, l'ennemi était à bord, et il s'agissait de mon propre copilote. Enfin, à bord, plus maintenant, il s'était enfuis, et maintenant nous ne pouvions demeurer dans l'attente, nous devions agir vite, faire un plan était le seul moyen d'assurer notre survie. Mais il y avait malheureusement beaucoup trop de zones d'ombres, à commencer par savoir si notre venue ici était prévue, et donc si nous étions dans un traquenard rigoureusement orchestré par les pirates qui avaient mené cette attaque contre nous, ou si notre avarie, notre égarement dans l'espace, et les circonstances très étranges de notre arrivée sur cette planète étaient d'autant d'événements hasardeux pour nous que pour l'espion. Une autre question que nous ne pourrions certainement pas éclaircir pour le moment était aussi celle du commanditaire, je doute que ce soit l'Empire, mais cette hypothèse est suffisamment inquiétante pour me préoccuper.

Je suis en colère à vrai dire, oui c'est vrai, ça ne m'arrive pas souvent, une colère mesurée, intérieure, et froide pour le moment, mais d'aucun qui me fréquentait depuis longtemps et me connaissaient assez bien, soit bien peu de personne, connaissaient mon tempérament explosif soigneusement caché par la neutralité et le calme de mes traits. Mais la colère commençait à se sentir dans ma voix qui avait perdu de sa douceur pour devenir plus grave et autoritaire. Comment avait-il osé me trahir ? N'y avait-il rien ni personne en quoi je puisse avoir confiance ? Comment avant-il réussi son coup ? Non, bien sure je n'en voulais pas à Magnus, il avait suivi la procédure standard pour un simple voyage personnel dont pas grand monde était au courant, je n'en voulais pas à Lenia non plus, ni à personne ici, à part à ce traitre sur qui toute mes pensées étaient dirigées à présent.

" Je l'espère aussi, majesté. Ce... sinistre individu nous a mis dans une position délicate. Si nous étions plus nombreux, nous aurions pu partir le capturer, le rendre hors d'état de nuire et l'interroger mais... ce n'est pas le cas. J'aurais du être plus prudente... j'ai cru l'être, mais visiblement pas suffisamment. Nous avons encore plus de raison de ne pas tarder, de décider certes rapidement mais efficacement de ce que nous devons faire... "

Je suis un peu étonnée en sentant la gêne chez la Jedi, elle avait la tête baissée et rougissait légèrement. Ma colère était plus que palpable et elle avait aisément la ressentir, elle était plus visible que je ne le pensais même. Mais ils n'étaient pas responsables, ils ne m'avaient pas trahis, et ils n'avaient pas non plus laissé échapper un traitre, comme semblait penser Kaleesy qui sent rien dire s'était enfoncée dans sa propre culpabilité de l'avoir laisser passer devant elle et quitter le vaisseau. Je me calmai un peu, malgré ma tension intérieure, mais repris le visage paisible et neutre qui devait rester le mien.

" Mon... contrôle de la Force ne me permet pas encore ce genre de prouesses, Capitaine. Je ne suis encore qu'une Padawan, et depuis moins d'un an. Si nous étions plus nombreux et mieux armés, moins pressés, en analysant le terrain et déduisant logiquement, peut-être. Ou encore si tout autre Chevalier, Maître Jedi ou Padawan Jedi était là pour m'assister... ou mieux encore Maître Greystone, ce qui n'est hélas pas le cas. Je ne sais s'il est bon de nous séparer au vu de notre situation, cependant... "

Le Capitaine et la Jedi poursuive leur discussion tandis que je me calme un peu, les écoutant, et réfléchissant à la situation. A la réponse de Lenia le Capitaine hausse un sourcil et pose sur elle un regard étrange que je ne comprend qu'au bout de quelques secondes avant de le fusiller du regard. Elle faisait ce qu'elle pouvait, elle n'aurait pas du être toute seule ici, le Temple l'avait laissé venir sans son maitre parce que la mission n'était sensée représenter aucun danger, la route de Naboo à Mandalore est l'une des plus sûres, même en cette période de conflits. Je poursuis avant qu'ils n'aient le temps de se lancer dans un débat sur la culpabilité de tout un chacun qui est sur le point d'éclater de façon totalement inopportune. Magnus heureusement se calme un peu à mon regard et la discussion se poursuit sur le plan que nous devrions prendre… Une discussion compliquée… Où personne n'est d'accord. Je croise les bras et les écoute sans intervenir, parfaitement immobile. Je ne suis pas d'accord avec le Capitaine, c'est trop de dangereux de rester ici, mais il faut que plusieurs restent pour le vaisseau et les blesser, avec Lenia, nous serions capables de nous mettre à l'abris et hors d'atteinte. Je recommence à avoir très chaud, de la sueur perle dans ma nuque sous l'épaisseur de mes cheveux, j'ai mal à la tête, mais je n'en laisse rien voir. Non, Kaleesy doit veiller sur Xyan et le pilote, je ne vais pas les laisser seul, et il faut veiller sur le vaisseau pendant les réparations, c'est notre seule porte de sortie… Et si je ne suis plus ici, j'en éloigne le danger. Nous pourrions trouver une ruse pour mettre en doute mon identité, jouer sur le faite que le copilote connait mon visage, mais Kaleesy, même sans son déguisement, me ressemble comme deux gouttes d'eau… Nous pourrions trouver un plan, je pourrais trouver, si je n'avais pas aussi mal à la tête, et si je n'avais pas autant l'impression d'étouffer ici… Je ferme les yeux l'espace d'un instant, ma respiration ralentis légèrement. J'ai l'impression de flotter, dans un océan immense, c'est la même sensation que lorsque j'étais encore inconsciente, je suis incapable de discerner, ou d'expliquer ce que je ressens, je rouvre les yeux brutalement, comme si j'avais eu peur de me noyer ou de me perdre.

Je repris le fil de la conversation et écoutai Lenia qui me répondit avec beaucoup d'hésitation et trop timidement, ça m'apparaissait d'une façon encore plus flagrante à présent, elle n'est pas sûre d'elle, et ça se ressent beaucoup trop. Personne ne la prendra au sérieux, ni ne lui fera confiance si elle n'en fait pas de même pour elle. Elle n'est pas la seule à douter de ces capacités ou de son jugement, pourtant quand des gens comptent sur nous, il faut qu'ils puissent avoir confiance en nous. Je lui fais confiance, mais elle a déjà perdu une bonne partie de sa crédibilité aux yeux de Magnus vu son regard sévère. Il faudrait que je lui en parle si nous avons un jour l'occasion de parler seule à seule, je n'avais pas eu le temps de beaucoup parler de ce que j'avais déjà pu noter dans son comportement avec Aldrian, et jusqu'alors ce n'était pas à moi de le faire, mais ici son maitre n'est pas là, et elle est seule pour se débrouiller, si elle ne se fait pas confiance, elle n'y arrivera pas, et si nous ne lui faisons pas confiance nous n'y arriverons pas non plus. Je souris doucement à la Jedi en lui adressant un regard rassurant pour l'apaiser, Magnus lui poussa un soupir mais ne l'interrompit pas, je ne l'aurais pas permis.

Les choses ne se présentent pas bien, nous n'avons pas de lits médicaux pour transporter les blessés, et la blessure du pilote est grave, peut-être Xyan pourrait bouger mais… Magnus se tourne vers le droide médecin pour connaitre son avis sur la question de nos blessés. Celui-ci n'est pas de bonnes augures malheureusement.

Médecin : Impossible de déplacer les blessés, le pilote a besoin de plus de soin, et de surveillance, mes capacités ne peuvent permettre plus, il faut l'amener à l'hôpital.

Magnus soupira et se pinça l'arrête du nez, visiblement énervé comme rarement il ne l'était. Eh bien, si nous ne pouvions déplacer les blessés il fallait les laisser ici, et que quelqu'un les défende, et garde le vaisseau en sécurité… Le capitaine ou la Jedi, et je devrais aller avec l'autre personne… Je sentais le regard de Kaleesy qui devinait très bien mes pensées, elle viendrait avec moi, mais elle ne pouvait pas, je ne voulais pas laisser Xyan toute seule, elle devait rester avec elle. Je savais qu'ils feraient tout pour protéger ma vie, mais je ne voulais pas que ça soit au détriment de celle des autres. Et ils ne sauraient pas trop de deux pour s'occuper du vaisseau et des blessés, Kaleesy avait quelques minces notions de premiers soins, elle pouvait veiller sur eux avec le droïde. Nous n'avions pas beaucoup de choix, et très peu de temps… Je m'apprêtais à parler, entrouvrant les lèvres, mais Magnus me devança me coupant presque.

" Nous ne pouvons pas déplacer les blessés, nous n'avons pas non plus l'équipement pour, mais je refuse de laisser la Reine seule, cet endroit est trop dangereux, et c'est sa vie que nous devons protéger en priorité. Nous devrions établir un campement dans un endroit sécurisé que nous pourrions aisément défendre, le vaisseau n'est comme vous l'avez dit pas aussi important que notre sécurité, Kaleesy pourrait rester avec les blessés et le vaisseau pendant le temps des réparations tandis que nous partirions ailleurs… "

Aurait-il perdu l'esprit ? La colère et l'inquiétude de la situation ne semblaient pas très bon pour sa logique et son entendement. Je sentais Kaleesy à côté de moi protester silencieusement, elle m'adressa un regard suppliant et je lui répondis par un petit sourire pour la rassurer. Je coupais Magnus dans son délire, un peu brutalement, certes, mais moi aussi j'étais énervée et je n'aimais pas le comportement qu'il avait prit.

- Non, nous ne laisserons pas les blessés sans défense, même si Kaleesy est capable de se battre, comme vous l'avez-vous-même dit ce n'est pas un soldat, et je ne veux pas qu'on protège ma vie au détriment de celle des autres…

Il faillit me couper de nouveau mais eu la sagesse de ce taire tandis que je continuais d'une voix autoritaire en les désignant lui et la Jedi.

- L'un de vous deux doit rester ici, et l'autre m'accompagner dans un endroit où nous pourrons nous mettre en sécurité. Nous ne devrions pas trop nous éloigner, surtout vu l'état de nos moyens de communication, mais nous ne devons pas rester immobile, et encore moins perdre un temps précieux comme nous le faisons.

Comme mon autorité n'avait que moyennement prise sur lui, il me répondit, son énervement à peine voilé par le respect et l'amitié qu'il y avait entre nous.

" Je ne suis pas d'accord, une seule escorte ce n'est pas assez, nous ne connaissons pas leur nombre, ni leurs intentions, nous n'avons que peu d'armement… "

Les disputes étaient rares entre nous, mais ça arrivait parfois, comme maintenant, rien de bien grave, nous nous apprécions toujours l'un l'autre même si mon entêtement et ma façon de toujours vouloir échapper de la moindre surveillance pouvait l'énerver, et même si sa façon de vouloir me protéger à tel point qu'il pourrait mettre d'autres vies en danger me rendait furieuse.

- Mais la décision finale m'appartient. Nous ne pouvons laisser le vaisseau et les blessés sans surveillance, l'un de vous restera, et je partirai avec l'autre.

Normalement mon ton de plus en plus autoritaire devrais suffire, Magnus hésita, mais repris, un peu moins assuré cependant.

" On est peut-être encore surveillé, ils s'attendront à nous voir nous séparer, le copilote vous à vu, il connait votre identité et votre visage… "

Mais nous n'avions pas le choix. Quant au fait que le pilote connaissait mon identité nous étions bien obligé de faire avec à présent, de plus ce fait là était de sa faute, si il tenait vraiment à trouver des coupables.

- Nous pouvons nous en servir à notre avantage, mais nous ne pouvons pas savoir à quoi le copilote s'attendra, Kaleesy et moi sommes très proches, même sans déguisement, il pourrait très bien s'attendre que nous échangions de nouveau, ou à que nous restions ainsi en lui faisant croire le contraire. En tout cas, il pourra facilement s'attendre à que celle qui sortira d'ici sera la reine, encore plus si Kaleesy m'accompagne, mais le vaisseau reste une cible beaucoup trop facile pour autant. Nous n'avons pas vraiment le choix de faire avec ça.

Bon, pour la discrétion sur mon identité il semblerait que le secret soit définitivement compromis et que nous n'avions aucun moyen de rattraper ça… Kaleesy intervint alors comme je m'en doutais.

" Je vous accompagnerez, vous courrez un trop grand danger pour que je puisse vous laisser… "

Je ne peux qu'être reconnaissante de son dévouement et de son attachement, mais je suis très inquiète pour leurs vies. Et si nous étions pris au piège ? Je savais ce que mon statut pouvait exiger, et qu'elles étaient toutes prêtes à sacrifier leur vie pour moi… Cependant… Cette idée m'était trop difficile. Et puis, nous ne savions pas si la planète était hostile, nous nous sommes posés sans trop de peine alors que tout le monde était inconscient, comme si quelque chose nous avait protéger. Peut-être en explorant un peu les alentours nous pourrions trouver de l'aide. Bon je ne pouvais pas non plus me baser sur de telles hypothèses alors que notre situation était plus qu'incertaine.

" C'est une très mauvaise idée, je n'approuve pas du tout… "

Conclu Magnus vaincu en me regardant, je savais qu'il n'oserait pas en débattre plus, mais faire part de son mécontentement était aussi sa façon à lui de se déresponsabiliser d'une décision qu'il n'approuvait pas. Il avait peur pour moi.

- La Reine approuve.

Répondis-je avec autorité pour mettre fin au débat.

- Je partirai avec la padawan…

Magnus m'interrompit brusquement dans un cri de protestation qu'il ravala très vite.

" Vous n'allez tout de même pas confier votre vie à cette… Je suis contre, je vous accompagnerez tout seul si cela est votre souhait mais… "

A cette quoi ? Mon regard furieux se fixa sur Magnus qui détourna la tête et adressa un regard d'excuse à la Jedi qu'il avait faillit traiter de gamine. Elle était jeune, pas encore très expérimentée, et manquait cruellement d'assurance, néanmoins elle méritait son respect, quelque soit son opinion… Et pas seulement parce que c'était une amie, ou la padawan d'Aldrian. J'avais une confiance aveugle envers le maitre Jedi, et c'était tout autant le cas pour son apprentie.

- Vous connaissez beaucoup mieux ce vaisseau qu'elle, vous y serez plus efficace en cas de problème, et je pense qu'elle saura très bien se débrouiller dehors, les Jedi sont sensés être formés pour survivre dans n'importe quel environnement, et j'ai une totale confiance en les choix de Maitre Greystone. Elle sera parfaitement à même de me protéger.

Il se calmait, bien que je sentais encore son mécontentement et sa tension crisper son visage. Je me tournai vers Lenia pour lui parler d'une voix plus douce tandis que moi aussi je m'apaisais.

- Jedi Séry pourriez-vous allez sécurisez la zone et vérifier les alentours, vos dons de Force pourront peut-être se retrouver utiles pour démasquer certains pièges, le Capitaine Magnus montera la garde du vaisseau, et nous préparerons nos affaires pour le campement le temps que vous reveniez.

Je lui adressai un sourire, espérant que cette dispute n'ai pas trop aggravé sa gêne et son malaise qu'elle semblait supporter depuis tout à l'heure.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Dim 3 Fév - 6:33

Citation :
" Vous n'allez tout de même pas confier votre vie à cette… Je suis contre, je vous accompagnerez tout seul si cela est votre souhait mais… "

Les paroles du Capitaine me restent sacrément à l'esprit. Pourtant, je ne peux pas entièrement le désapprouver. J'ai fais une satanée faute en n'ayant pas confiance en moi, je savais que cela finirais par me jouer un tour, et je l'apprends à la manière dure en ce jour-ci. Pile au pire des moments, si vous voulez mon opinion. Je n'en veux pas à Magnus, il a raison, mais je fais vraiment ce que je peux. J'ai l'honnêteté de le reconnaître quand je ne sais pas quoi faire, j'essaye de me débrouiller avec le peu que je sache et ma sainte logique. Visiblement, cela ne doit pas suffire... ah Maître, j'aurais vraiment, vraiment, vraiment aimé que vous soyez là, que vous me disiez quoi faire, ou même si ce que je disais ou faisais n'étaient pas horreur et erreur monumentale. Voilà en plus que je me suis ridiculisée, alors que ce n'était pas mon objectif, et fait déshonneur à votre enseignement et à ceux de mes maîtres. Honnie.... j'ai honte de moi, et le pire dans tout cela est que je ne dois pas le montrer. Ainsi, en dépit d"une légère crispation, je garde la tête haute et le plus de calme Jedi que je suis capable de réunir. Je ne ferais plus de fautes maintenant, plus jamais... je serais irréprochable, au diable le fait que je ne sois pas sûre de moi. Si on me reproche d'être dubitative dans mes décisions, très bien, j'ai compris. Je prendrais la responsabilité Jedi comme je suis la seule représentante de mon Ordre dans cette terrible mission vraiment frustrante...

Citation :
"La Reine approuve. J'irais avec la padawan"

C'était ce qui avait amené Magnus à protester au cours de cette dispute, un peu plus tôt, juste avant que je ne parte sécuriser la zone à la demande de Danaé. Finalement, un peu de calme ne me fait pas de mal et m'aide à me recentrer sur le plus important. M'aide à me poser et réfléchir sur ce qui avait été décidé quelques minutes plus tôt. Je marche d'un pas rapide et ferme, sondant avec la plus minutieuse attention mes alentours, que ce soit par mes oreilles, mes yeux, mes sens de Force si jeunes ou encore mes autres sens physiques. Cette planète m'intrigue, décidément, et pas forcément dans le bon sens. Il fait chaud, horriblement chaud et lourd, et pourtant je ne sens pas de menace immédiate. Son climat, sa flore me rappellent un peu celle d'une planète forestière ou constituée principalement d'une jungle, un peu comme la planète originaire des Wookies, Kashyyk ou quelque chose de ce genre phonétiquement. La faune locale est soit très discrète, soit fuyarde ou absente pour le moment. Pas que cela me rassure. Dans tout écosystème, il y a certes des proies, mais aussi prédateurs. Et quand il semble en manquer en nombre, soit cela veut dire qu'ils sont futés et se tapissent quelque part pour mieux nous surprendre, soit qu'ils ne sont pas nombreux mais assez gros ou imposants pour à eux-seuls poser des ennuis magistraux. Réfléchir ainsi m'aide à me détourner de la précédente dispute, en me concentrant plutôt sur mon devoir que mes doutes, même si...

Citation :
"Vous connaissez beaucoup mieux ce vaisseau qu'elle, vous y serez plus efficace en cas de problème, et je pense qu'elle saura très bien se débrouiller dehors, les Jedi sont sensés être formés pour survivre dans n'importe quel environnement, et j'ai une totale confiance en les choix de Maitre Greystone. Elle sera parfaitement à même de me protéger."

En vérité, je comprends tant les doutes du Capitaine Magnus au vu de ma 'superbe' performance oratoire précédente que les positions fermes de la Reine, cette Reine que je respecte profondément et que j'ai juré de protéger. Du point de vue de Magnus, je ne suis qu'une apprentie manquant cruellement d'expérience et de confiance en elle, donc sans doute de compétences. A sa place, moi non plus je ne serais pas très enclin à remettre la vie de ma Reine entre les mains d'une aussi incertaine personne. Mais il ne sait pas que je suis tout à fait à même de me défendre et de protéger quelqu'un. Même, la défense et la planification sont mes deux points forts, pour compenser mon manque d'attaque - à l'échelle Jedi - et mon cruel manque de confiance en moi. Rationnellement, mon style de combat est plutôt défensif et réactif - je ne serais qu'à peine étonnée que l'on finisse par m'orienter vers la forme III, celle du Soresu en escrime, comme forme principale de combat - je suis déterminée à bien remplir mes objectifs, calme, et surtout prudente. Mes réflexes sont plus que corrects, j'ai une bonne esquive et je suis rapide, très précise. Et déterminée. Pour le point de vue de la Reine : elle connaît mon Maître, sait que même si cela ne fait pas longtemps que je suis sous son aile j'ai appris quelques trucs en sa compagnie. Effectivement l'Ordre Jedi m'a entraînée pour les situations de survie de ce genre, à la base bien sûr. Et si la Reine n'était pas intervenue avant moi, j'aurais rappelé que ma mission première était d'assurer la sécurité de Sa Majesté avant toute chose, donc de ne pas être éloignée d'elle. C'était ma mission de base, celle donnée par l'Ordre, et celle donnée par mon Maître. Et celle que JE me suis donnée, aussi. Je n'ai pas à répondre de son autorité, en plus, mais j'espère ne pas en arriver jusque là. Heureusement, tel n'a pas été le cas, cela me rassure. Je n'aime pas créer des conflits à déraison.

Citation :
"Non, nous ne laisserons pas les blessés sans défense, même si Kaleesy est capable de se battre, comme vous l'avez-vous-même dit ce n'est pas un soldat, et je ne veux pas qu'on protège ma vie au détriment de celle des autres [...] L'un de vous deux doit rester ici, et l'autre m'accompagner dans un endroit où nous pourrons nous mettre en sécurité. Nous ne devrions pas trop nous éloigner, surtout vu l'état de nos moyens de communication, mais nous ne devons pas rester immobile, et encore moins perdre un temps précieux comme nous le faisons [...] Nous ne pouvons laisser le vaisseau et les blessés sans surveillance, l'un de vous restera, et je partirai avec l'autre [...] Nous pouvons nous en servir à notre avantage, mais nous ne pouvons pas savoir à quoi le copilote s'attendra, Kaleesy et moi sommes très proches, même sans déguisement, il pourrait très bien s'attendre que nous échangions de nouveau, ou à que nous restions ainsi en lui faisant croire le contraire. En tout cas, il pourra facilement s'attendre à que celle qui sortira d'ici sera la reine, encore plus si Kaleesy m'accompagne, mais le vaisseau reste une cible beaucoup trop facile pour autant. Nous n'avons pas vraiment le choix de faire avec ça."

Telle était la décision qui, à contre-coeur pour certains, avait été prise et approuvée - voire imposée - par la personne gouvernante de ce petit groupe qui était le notre. Moi qui voulait mettre mes compétences à profit en direct, me voilà servie ! Je me concentre sur cette pensée, et finalement parvient à chasser les doutes inutiles et les regrets. Je verrais plus tard en méditation, si j'en ai le temps et l'occasion, ou en discutant avec Maître Greystone ou un autre Maître de confiance - ils se comptent pour ma part sur la moitié des doigts d'une main humaine - plus tard, quand la situation sera de nouveau sous notre contrôle. Si je résume, en gros on suit pas mal mes suggestions et les pistes auxquelles la logique stratégique de survie m'ont amené à soulever. En augmentant et compensant bien entendu les quelques points sur lesquels j'étais maladroite ou sur lesquels je ne pouvais trop me prononcer. Les décisions, aussi déplaisantes pour tous qu'elles pouvaient être, étaient vérifiables et vérifiées sur le plan logique de survie. Le Capitaine Magnus, expérimenté et connaisseur du vaisseau, le garderait en arrière avec les blessés. Nous devons absolument garder le pilote en vie, nous comptons sur lui pour réussir à repartir une fois rétabli et/ou les réparations terminées. Au pire je pourrais conduire, mais au mieux si l'on pouvait éviter, cela arrangerait tout le monde. Mon rôle premier reste celui de la protection d'une personne importante, donc logiquement je dois être de ceux - enfin celles dans le cas présent - qui doivent être en gardes du corps de la Reine. La suivante, Kaleesy, a un rôle stratégique premier en cas de crise et saura se défendre un minimum, et la Reine si jamais nous tombons en situation si critique que je doive rester en arrière pour leur permettre la fuite. Genre, si les ennemis sont trop nombreux, trop pernicieux... ou si je tombe sur un chasseur de primes zélé, ou pire encore... si je tombe sur un Sith. Là ce serait vraiment le pire du pire. Pourvu que cela n'advienne jamais...

Ah, attendez une minute. Je suis un petit peu plus loin que l'endroit idéal que je viens de repérer pour le campement temporaire de fortune. Une petite deux centaine de mètres. On ne sait jamais, c'est mieux de vérifier les alentours périphériques immédiats. Et là quelque chose vient de retenir mon attention. Je fronce légèrement du nez devant l'odeur pestilentielle sur ma gauche, et remarque en effet, un peu plus loin dans le bois/jungle une 'charmante' surprise. Une carcasse animale. Moins pire que le cadavre d'un être vivant et pensant, certes, mais quand même. Dont l'odeur de pestiféré ne s'en trouvait que renforcée par la lourde et pesante chaleur ambiante de cette planète. On ne la sentirait néanmoins pas dans la zone du campement, mais des fois analyser les... bref, les carcasses en apprenait beaucoup sur les menaces potentielles de la faune. Prenant sur moi pour chasser l'impression de nausée, je remarque que la mort est récente, et n'a pas été dans la douceur. Si je ne me trompe pas dans ma modeste science des créatures vivantes, la victime est une sorte de proie, je pense un herbivore proche de la forme des cervidés. Mais plus grand que la taille moyenne des sous-espèces habituelles. Curieux... Ses défenses, ses espèces de cornes, sont nettement plus grandes, et elles me semblent plus dures, plus fermes et plus tranchantes que la normale. De même - même si l'analyser de loin me peine déjà - la peau, le cuir, est nettement plus épais que ce qui m'était montré en général dans les hololivres. Quant à la plaie en elle même...

Béante. Proche d'une profonde marque de crocs, sans doute du prédateur pour traîner sa victime, lui apposer une première attaque pour la sonner, et lui briser la nuque j'imagine. Du moins, c'est le mode opératoire le plus fréquent des prédateurs moyens, si je m'en réfère à mes connaissances normales de biologie et de sciences naturelles. Donc, des dents pointues, acérées à souhait, mais pas si grandes que cela de ce que je peux déduire de l'envergure et de la forme de la blessure. Et la plaie - que je suppose la dernière et mortelle - sur le flanc de l'herbivore est béante, en forme de griffes pointues et acérées, expertes. Je n'entrerais pas plus dans les détails, devant le spectacle répugnant de cette récente charogne animale, mais ce que je peux dire du sang séché et des... bref, de l'état de décomposition, elle est récente, elle a été dévorée en partie par des créatures et pas de charognards en vue. Mais je m'en garde note dans un coin de ma tête, et sonde une nouvelle fois la Force. Dans le doute. Mais je ne ressens aucune menace particulière. Ils doivent être partis, je l'espère. Si mes déductions sont avérées, es dire d'un prédateur de forme canidé moyen, je pourrais je pense pouvoir gérer le problème en cas de besoin, tant qu'ils ne sont pas trop nombreux et pas trop intelligents. Et si nous tenons un feu ou quoi que ce soit, nous pourrions les repousser, leur faire peur. En général, ce genre de créatures hésitent à s'attaquer à une proie non solitaires, pire encore si elle est armée. Donc, normalement, et comme il n'y a pas de menace environnante, une situation gérable et mineure. Néanmoins je soulèverais mes découvertes par prudence.


Dans un soupir, j'en profite pour revérifier une énième et dernière fois les environs, et ne sentant rien changer au plan de la Force comme au plan physique de ce que mes compétences me permettent de ressentir, je décide de revenir à l'amble, on n'est jamais trop prudents. Néanmoins, je n'ai pas tardé pour autant, et quand je reviens ils ont juste fini les préparatifs du campement. D'un pas rapide mais tranquille, plus sereine et sûre de moi dans mon calme Jedi, je reviens vers la petite troupe et fais mon rapport tout en m'enquérant de ce qu'il s'est passé en ma brève absence :

- J'ai sécurisé la zone. Je n'ai pas noté de dangers notoires dans nos alentours, en dehors de deux ou trois pièges sans doute de la main de notre 'ami' que j'ai pris la liberté de désamorcer. Notre traître a du s'éloigner un peu plus de notre position, mais restons sur nos gardes. La flore ne semble pas présenter de danger. Concernant la faune, je n'ai pas rencontré de difficultés ou de créatures hostiles. En revanche, à trois kilomètres de notre zone vers le Nord Ouest, je suis tombée sur une carcasse d'herbivore qui a servi de proie à un ou des prédateurs. Des blessures que j'ai pu voir, je dirais que c'est un prédateur de type canidé moyen, oeuvrant en petites bandes, légèrement au dessus du rôdeur. Mais ils ont vraisemblablement quitté les lieux depuis un moment. Je n'ai pas ressenti leur présence ou la moindre menace aussi loin que peuvent aller mes perceptions, et je n'ai rien remarqué en dehors de cela d'inhabituel. Par prudence, j'ai repéré une zone idéale pour l'emplacement du campement, vers le Sud-Est.Vous pouvez la voir d'ici. Défendable, avec le vaisseau en vue, et des possibilités de repli au besoin. Nous pourrions nous y rendre dès que vous serez prêts, avec l'accord, bien entendu, du Capitaine Magnus et de votre Majesté.

Et je prie la Force pour que l'on ait le droit à un peu de calme après tant de turbulences ! Je vois bien que tout le monde ici présent en aurait grand besoin, tant les blessés en convalescence que le Capitaine, la suivante, la Reine et moi-même. Rien de mieux pour calmer les esprits et nous aider à réfléchir convenablement, rester alertes et assurer notre survie et notre sécurité jusqu'à ce que nous puissions repartir. A moins que le hasard se décide de nous jouer un bien vilain et vicieux tour , tout ici semble sécuritaire et j'ai sécurisé avec méticulosité et grande attention nos alentours. Un peu de répit serait fortement apprécié et appréciable, je pense, après avoir tous eu les nerfs un peu à vif...


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Dim 3 Fév - 11:52

L'ambiance tendue et électrique semblait être redescendu peu à peu dans le vaisseau, Magnus, après avoir fait un tour du vaisseau pour le sécuriser, était au-dehors, tenant la garde et guettant le retour de la Jedi, ou le moindre signe d'une difficulté. A l'intérieur nous commençâmes par nous changer Kaleesy et moi dans la soute. Elle garda le costume de reine, troquant sa tenue contre une robe plus légère rouge et noire propice au milieu extérieur et difficile, quant à moi je pris une tenue pareillement adaptée à l'extérieur, je ne choisi pas cependant la combinaison rouge et or, trop voyante à mon gout, j'optais pour une tenue brune et verte et un manteau à capuchon vert sombre. Ce n'était pas vraiment dans les couleurs royales de Naboo mais il valait mieux rester discret. Il fallait que l'une de nous deux puissent répondre en tant que Reine si jamais des secours ou quoique ce soit arrivait, il devait toujours y avoir une reine. J'attachai mes cheveux en un chignon simple qui laissait échapper une traine de cheveux dans mon dos et Kaleesy prit une coiffe assez simple prévue pour l'extérieur avec seulement des bandeaux de la même couleur que sa robe. Cependant, elle ne viendrait pas avec moi, nous finîmes par en convaincre, elle resterait ici pour veiller sur les blessés c'était mon souhait, j'aurais voulu pouvoir moi-même rester auprès d'eux. J'étais triste et inquiète à leur sujet.

Nous préparâmes ensuite rapidement le nécessaire pour le campement, nous fîmes deux petits sacs, un pour la Jedi et un pour moi, ne comportant que ce dont nous aurions besoin, donc de quoi camper, de quoi faire du feu, de l'eau, des rations de survie, du matériel de premiers secours, de la corde, ainsi qu'une dague pour ma part, la Jedi ayant son sabre je doute qu'elle en ai besoin, je l'accrochais avec son étui à ma ceinture à coté de mon blaster. C'était une dague courte avec une lame en argent ciselée, le pommeau était aussi en argent et incrusté de pierres précieuses, l'étui lui était en cuire et agrémenté de rubis. A ma ceinture j'accrochai aussi une boussole, une lampe à faisceau très petite que nous utilisions comme moyen de communication lors d'une attaque Magnus et moi, ainsi qu'un communicateur, ils semblaient fonctionner plutôt bien sur la planète mis à part quelques grésillements. Nous n'avions pas de pistolet d'appel de détresse, ce qui était plutôt ennuyeux, mais nous devrions faire sans malheureusement.

" En espérant que tout se passe bien. "

Magnus était soucieux, dans l'encadrement de la porte, il vérifia le tout plusieurs fois, méticuleux et me donna de nombreux conseils me rappelant tout ce qu'il avait pu m'apprendre pour me défendre en cas de situation d'urgence ou dangereuse, ainsi que d'autres choses.

" Ne faite pas de feu, sauf si c'est nécessaire. Le feu vous aidera à repousser les prédateurs, mais peut guider jusqu'à vous d'autres ennemis plus dangereux et qui vous chercheront peut-être. Ne dormez pas trop longtemps, il faut toujours que quelqu'un reste éveillé pour surveiller. Vous avez un bon instinct en général, restez à l'écoute de ce que vous ressentez. Ne vous éloignez pas trop, tâchez de toujours savoir dans quelle direction vous allez pour ne pas vous perdre. Ne vous perdez pas… "

Il continua jusqu'à avoir épuisé tout ces conseils au moins trois fois. Une fois que tout fut près je me rendis une dernière fois au chevet de nos deux blessés surveillés par le droïde médecin qui ne pouvait plus grande chose de plus à son niveau. Xyan était à moitié endormie par les anti douleurs, sa jambe était immobilisée, elle avait le visage pâle mais elle était souriante en me regardant.

" Je vais bien, ne vous inquiétez pas, faites attention à vous… "

Je posai ma main sur son épaule délicatement et lui souris avec douceur. Je me tournai vers le pilote dont l'état été loin de s'améliorer. Il était terriblement pâle, le bandage à sa tête était plein de sang, il avait déjà été changé plusieurs fois, il ne saignait plus à présent mais il était anémié et très faible. Les anti douleurs et les calmants l'avaient plongé dans un état second, il dormait à présent, mais il gémissait de temps en temps, visiblement souffrant, son front était perlé de gouttes de sueur à cause de la fièvre.

" La Jedi revient. "

Indiqua Magnus depuis la porte donnant sur l'extérieur après avoir baissé son arme qu'il avait levé en entendant du bruit venant vers nous. Elle avait fait vite. Elle avait l'air plus calme tandis qu'elle marchait dans notre direction, j'espérai que ce petit temps seule et à l'écart l'aurait un peu apaisé, j'espérai que c'était le cas et non juste une façade, mais je ne la connaissais pas assez bien pour pouvoir faire la différence, les Jedis pouvaient très facilement cacher leurs sentiments. Magnus referma la porte du vaisseau derrière elle, sait-on jamais qu'on soit espionné à notre insu, au moins un scan et plusieurs fouilles nous avaient révélés l'absence d'autres micros espions, nous étions seuls. Je souris à Lenia qui commença son rapport.

" J'ai sécurisé la zone. Je n'ai pas noté de dangers notoires dans nos alentours, en dehors de deux ou trois pièges sans doute de la main de notre 'ami' que j'ai pris la liberté de désamorcer. Notre traître a du s'éloigner un peu plus de notre position, mais restons sur nos gardes. La flore ne semble pas présenter de danger. Concernant la faune, je n'ai pas rencontré de difficultés ou de créatures hostiles. En revanche, à trois kilomètres de notre zone vers le Nord Ouest, je suis tombée sur une carcasse d'herbivore qui a servi de proie à un ou des prédateurs. Des blessures que j'ai pu voir, je dirais que c'est un prédateur de type canidé moyen, oeuvrant en petites bandes, légèrement au dessus du rôdeur. Mais ils ont vraisemblablement quitté les lieux depuis un moment. Je n'ai pas ressenti leur présence ou la moindre menace aussi loin que peuvent aller mes perceptions, et je n'ai rien remarqué en dehors de cela d'inhabituel. Par prudence, j'ai repéré une zone idéale pour l'emplacement du campement, vers le Sud-est. Vous pouvez la voir d'ici. Défendable, avec le vaisseau en vue, et des possibilités de repli au besoin. Nous pourrions nous y rendre dès que vous serez prêts, avec l'accord, bien entendu, du Capitaine Magnus et de votre Majesté. "

Bien. Une planète que nous ne connaissions pas du tout, des prédateurs moyens que la Jedi devrait pouvoir battre si ils ne sont pas en trop grand groupe, un site adapté et bien situé pour le campement, une vrai promenade de santé. En espérant que tout se passe bien maintenant et que nous n'ayons pas d'autres mauvaises surprises dans ce voyage " sans incidents ". Nous n'avions pas été très chanceux depuis trop départ de Naboo. Nous pouvions espéré cependant que les secours soient déjà à notre recherche… Mais à quoi bon ? Ils ne nous trouverons jamais là où nous sommes. Cette planète est perdue au milieu de nulle part, comment pourraient-ils nous retrouver… Oui, mais quand il s'agissait de rechercher un monarque disparu la République était d'habitude plutôt efficace, espérant qu'elle le soit aussi pour nous et que quelqu'un ai capté nos SOS. Plus je repensais aux mystérieuses conditions de notre arrivée ici, plus j'avais le sentiment que nous n'en n'avions pas encore fini d'avec les mystères, et que les questions sans réponses déjà très nombreuses ne seraient pas les dernières de ce voyage ordinaire.

" Nous avons terminé les préparatifs pour le campement, j'ai sécurisé le vaisseau, il n'y avait rien d'autre à l'intérieur venant de notre traitre, je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Vous pouvez partir dès maintenant, nous n'avons que trop trainé déjà. Les droïdes vont en avoir pour long de réparer le vaisseau, au moins une journée, les communicateurs fonctionnent relativement bien sur la planète, nous pourrons rester en contact, je vous préviendrai dès que les réparations seront terminées, ou si il y a du nouveau. Soyez prudentes, contactez nous si vous avez besoin d'aide. Faites bien attention, et protégez la Reine. "

Finit-il en s'adressant à Lenia sur la fin à qui il tendit l'un des deux sacs, je pris le second. Ils n'étaient pas très lourds à porter, n'ayant pas d'armes grâce aux soins du copilote nous n'avions pas grand-chose d'autre à prendre que le matériel. Nous nous sentions un peu démunis face au danger, et si la Jedi n'avait pas été là notre sort aurait été bien pire, espérant que sa présence suffisse à nous mettre à l'abris du destin que l'on nous avait choisi sur cette route. Nous nous laisserions pas prendre de toute façon. J'adressai un regard rassurant au Capitaine, ma tension était invisible, et indécelable, j'étais calme et confiante, lui l'était un petit peu moins mais n'en gardait comme marque qu'un visage stricte et sévère et un ton grave.

- Bien, alors nous partons.

Je me tournai vers Kaleesy qui avait elle aussi la mine grave, elle me sourit cependant, j'hochai la tête doucement, d'un mouvement presque imperceptible, tandis que je venais de rabattre le capuchon vert sur mon visage. Elle était inquiète à l'idée que je parte sans elle, mais nous en avions convenu ainsi, moi aussi j'étais triste et inquiète, et probablement aurais-je peur sans elle, mais il fallait qu'elle reste pour veiller sur les blessés, ne pouvant le faire moi-même. Je me tournai vers la Jedi et lui adressai un sourire, l'invitant à nous mettre en chemin.

Nous sortîmes hors du vaisseau, débouchant dans la clairière ronde et lisse où le vaisseau avait été posé. Je contemplai le paysage de la planète pour la toute première fois. Autour de nous s'hérissait et s'emmêlait les branchages verts de la lisière d'une forêt épaisse et dense semblant plutôt tropicale, comme sur la planète des Wookies où j'avais déjà eu l'occasion de me rendre une fois pour prêter l'aide de Naboo à leur peuple en souffrance. Dans les ombres dansaient quelques fugaces rayons de soleil, illuminant d'une pâleur olive l'obscurité des bois, le jour avançait vers son couchant, nous ne devions pas tarder plus longtemps, je levai un instant le regard vers le ciel d'un bleu gris lointain, des nuages étranges teintées de lumière roulaient vers l'est, mais ici nous ne sentions aucun vent. Nous partîmes, la Jedi en tête pour montrer la route. Magnus nous accompagna jusqu'à quelques mètres près de la lisière, puis il nous regarda disparaitre dans l'ombre du bois. L'air de la forêt était lourd et étouffant, plus que dans le vaisseau, cependant une certaine fraicheur du soir venant semblait s'annoncer dans le bruissement doux du feuillage. Nous ne dîmes rien au début, restant à l'écoute du moindre bruit, du moindre signe, mes yeux scrutaient régulièrement les arbres autour de nous. Je n'y voyais rien que d'autres arbres gigantesques culminants au-dessus de nous, si hauts et grands qu'ils cachaient en grande partie la lumière et le ciel, des pierres grises et blanches qui bordaient des tourbières, parfois couvert de lierres et de lichen, des buissons de bruyères et de plantes diverses, des ronces épineuses par endroit, ou de magnifiques spécimens que je connaissais pas pour certains, de la terre brune sèche, des racines noueuses et profondes… Je ne vis aucun signe d'une présence animale cependant. Ni n'en entendis. Tout était très silencieux, trop même à mon goût, un silence pesant, et très lourd, qui planait sur nous, ça en devenait oppressant. Ca ne semblait pas venir de la forêt, même si l'on aurait pu le croire, non, celle-ci était bienveillante à ce qu'il m'en semblait ressentir. Elle semblait très vieille, plus vieille que toute les forêts dont j'avais pu entendre parler où dans lesquels j'avais pu marcher. Pourquoi n'y avait-il par d'animaux. A un moment, tandis que nous marchions depuis quelques minutes d'un pas régulier et un rapide, je me retournai vers l'arrière, regardant le mur dense des arbres, au loin on discernait à peine la trouée lumineuse où scintillait un éclat d'argent. Je me retournai vers notre chemin légèrement troublée. J'hésitai à rompre le silence, craignant le silence environnant et ce qui pourrait y être tapis.

- Lenia ?

Appelai-je doucement en rattrapant mon retard pour revenir à coté d'elle. Je regardai rapidement autour de nous, sur mes gardes.

- Je n'entends aucun bruit… je veux dire, je n'ai pas vu ni entendu le moindre animal depuis que nous sommes partis, c'est normal ?

Je repensais à ce qu'elle nous avait dit sur ses découvertes, des prédateurs… Rien de bien dangereux pour un Jedi non ? Je déglutis un peu, je n'étais pas rassurée par ce silence. J'avais l'impression d'être épiée et observée, je cessais à nouveau de parler attendant la réponse de Lenia. Plus nous marchions, plus la lumière déclinait doucement, ou relativement vite, j'avais un peu perdu la notion du temps à vrai dire. Mais nous mîmes finalement peu de temps avant d'arriver enfin au site que Lenia avait choisi. Une colline légèrement surélevée tout en restant bien protégée par la hauteur des arbres et leur ramure imposante. Tout au sommet dormait un petit bois vert de saules et de peupliers protecteurs. Nous montâmes jusqu'à leur sein où nous allions établir le campement. Le ciel au-dessus de nous était pris entre l'obscurité et la clarté éblouissante du coucher de soleil à l'est, d'or et de rouge flamboyant, disparaissant de notre vision en passant à l'ombre des arbres qui nous surplombaient. Je regardais sur ma boussole tâchant de réussir à me repérer et à repérer le vaisseau sans avoir besoin de l'aide de Lenia. Je scrutais dans la direction que je pensais être la bonne et parvint à saisir un fugace éclat d'argent dans le lointain, la clairière où était le vaisseau dormait tranquillement dans les ombres qui bientôt obscurcirent mon champ de vision, se rétrécissant aux alentours sombres. Mais tandis que le soir tombait sur la forêt, celle-ci semblait briller d'un éclat étrange, l'ombre n'était pas noire, mais violacée, et des lueurs violettes et bleutés s'allumaient ça et là, au coeur des arbres et des plantes évanescentes. La lumière irréelle formait des halos légers autour de nous et des lucioles vinrent danser dans les feuillages avant de descendre vers nous. C'était à la fois fascinant et effrayant. De cette planète émanait une force irrésistible, elle nous attirait en son coeur, et nous n'avions pas même pu nous détourner d'elle lorsque nous étions encore dans l'espace vaste et si lointain sous la voûte.

- J'aimerai bien savoir ce qu'est cette étrange et mystérieuse planète...

Murmurai-je en déposant mon sac au pied d'un arbre assez grand au tronc large et aux racines serpentant jusqu'au sol terreux.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Dim 3 Fév - 14:12

" Nous avons terminé les préparatifs pour le campement, j'ai sécurisé le vaisseau, il n'y avait rien d'autre à l'intérieur venant de notre traître, je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Vous pouvez partir dès maintenant, nous n'avons que trop traîné déjà. Les droïdes vont en avoir pour long de réparer le vaisseau, au moins une journée, les communicateurs fonctionnent relativement bien sur la planète, nous pourrons rester en contact, je vous préviendrai dès que les réparations seront terminées, ou si il y a du nouveau. Soyez prudentes, contactez nous si vous avez besoin d'aide. Faites bien attention, et protégez la Reine. "

Le Capitaine Magnus a l'air nerveux. Je peux le comprendre. Néanmoins, il a l'air de s'être calmé un peu, et je peux dire que c'est pour notre bien réciproque, voire le bien de tout le monde, le bien collectif de notre petit groupe. Je l'écoute avec gravité et sérieux, retenant les informations qu'il me donnait sur la situation. Concernant le "je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose", j'avoue être assez d'accord avec lui. D'un côté, cela ne nous laisse aucun indice sur la direction qu'il a prise, quelles sont ses vraies intentions et sa pleine implication dans cette histoire, mais d'un autre cela ne nous laisse pas non plus de virus informatique, ou pire. Dans le genre, des mines explosives, suffocantes ou à retardement savamment placées pour tous nous tuer, ou nous mettre hors d'état de nuire puisqu'il semblerait que nous soyons préférés comme otage, en moins de temps qu'il ne faut pour dire "Sabre-laser", voire même "Force". Je suis un peu soulagée que nous ayons un minimum de communication sur la planète, user de ma télépathie à distance me donne mal à la tête et beaucoup de difficultés, voire des impossibilités, si je le fais dans ces conditions en dehors des membre de l'Ordre Jedi. Tandis qu'il me tend le sac et appuie les dernières paroles pour moi, j'attrape le sac, et j'approuve d'un vif geste de tête et répond d'une voix calme et assurée :

- Soyez en assuré, Capitaine, que la protection de la Reine est ma première priorité. Je veillerais sur elle le temps que les réparations soient terminées et que nous puissions repartir. Que la Force veille sur vous, Kaleesy et les blessés que vous protégez.

Puis la Reine, se remettant avec confiance à ma protection, donne l'ordre du départ temporaire, et se tournant vers moi, m'adresse un sourire comme signe du début de cette petite séparation temporaire. Mon attention s’accroît nettement dès que nous quittons les environs du vaisseau endommagé, et plus encore lorsque le Capitaine Magnus quitte notre compagnie au bout de quelques mètres pour compléter la tâche qui lui a été allouée. Maintenant, la Reine, enfin Danaé, et moi sommes seules, et je suis désormais sa seule protection. Moi, un peu sous la pression ? Non, pensez-vous ! Juste un peu nerveuse... mais je domine mon anxiété, la mission est trop importante pour tolérer la moindre distraction. Ici, la moindre distraction nous serait fatale.

Si mon Maître ou tout autre Jedi avait été ici présent avec moi pour garder la Reine, sans doute aurais-je, comme elle, contemplé avec délices nos alentours. Il est vrai que l'espace naturel autour de nous offre mille merveilles tant au plan des couleurs que de la lumière, un contraste harmonieux et saisissant pourtant des nuances comme un délicat clair-obscur. La Nature est belle, et quelque chose me dit que cette planète, aussi mystérieuse soit-elle, a été sacrément préservée de la souillure de toute civilisation avancée, qu'elle soit humaine ou de n'importe quelle espèce d'êtres vivants et pensants de notre grande galaxie. Cela me rappelle un peu les vastes espaces d'une Dantooine encore sauvage de mon enfance, dans sa zone plus rurale, éloignée de la capitale. Et j'y retrouve un peu cette aura inexplicable, cette même impression qui m'avait gagné avant quand j'explorais ces mystérieuses ruines, que je saurais plus tard être une ancienne enclave Jedi chargée d'Histoire, en compagnie de mon mystérieux frère aux traits encore bien flous dans ma mémoire... ce Alvis...

Mais je n'ai pas le droit d'être déconcentrée, pas maintenant ! Vivement, je me focalise sur le plan de la Force et mes autres sens, totalement aux aguets, à l'affût de la moindre menace, du moindre danger qui pourrait nous vouloir du mal. Le campement idéal n'est certes pas loin, mais la situation est bien trop précaire pour que j'ose baisser ma garde. Ainsi suis-je légèrement au devant de Sa Majesté, je constate que cette dernière prend du retard sur moi, et je m'apprête à ralentir mon pas pour revenir à sa hauteur qu'elle me dame l'initiative, brisant également le silence nous accompagnant jusque là d'une voix basse et douce :


"Lenia ?"

Attentionnée, je tourne le regard vers elle, une lueur interrogative dans l'océan de mes prunelles. Je suis surprise - agréablement certes - qu'elle ait employé mon prénom, au lieu de mon rang, de mon titre d'appartenance à l'Ordre, ou même de mon rang suivi de près par mon nom de famille. Cela donnait une familiarité à laquelle je ne suis pas très habituée, mais loin d'être désagréable. Avec un léger sourire, tout en surveillant nos alentours du coin de l'oeil, je l'invite à poursuivre d'une voix posée emplit de calme Jedi :

- Oui, ... Majesté ?

J'ai un peu hésité, l'espace de quelques secondes, à utiliser inconsciemment son prénom, mais ne sachant trop si cela la froisserait ou non, j'ai finalement préféré attendre qu'elle me donne la permission d'user tant de familiarité vis-à-vis d'elle. Je me voyais mal l'appeler "Mademoiselle Anastasia", ou même "Mademoiselle Danaé", elle reste quand même la Reine de Naboo et moi une modeste padawan ! J'attendrais donc qu'elle me donne son autorisation avant de me risquer à cela. Mais mon sourire lumineux et sincère montre bien mes intentions amicales à son égard, de même que l'éclat vif de mon regard du bleu des mers. Je constate qu'elle regarde autour de nous, avant de reprendre sur le même ton, visiblement aussi inquiète que moi derrière le masque de calme :

"Je n'entends aucun bruit… je veux dire, je n'ai ni vu ni entendu le moindre animal depuis que nous sommes parties, c'est normal ?"

Je fronce légèrement des sourcils, sans pourtant cesser de marcher, et réfléchit un peu avant de donner une réponse. Effectivement, elle soulève un point qui me turlupine depuis ma précédente inspection - mise en sécurité des environs de notre vaisseau de transport endommagé. Pourtant nous allons à l'opposé de l'endroit où j'ai fais ma macabre découverte de charogne, et quand je sonde la Force je ne reçois pas de danger en approche. Mais c'est vrai que c'est curieux. Je ne suis pas rassurée non plus, et totalement sur mes gardes depuis un bon moment. En fait, je crois, depuis notre départ. Je ne veux plus me faire surprendre par quoi que ce soit. Songeuse, je réponds avec une voix calme, douce, mais terriblement sérieuse et préoccupée :

- Je suis tout aussi intriguée que vous. J'ai noté cette anomalie lors de mon inspection des lieux. Je ne pense pas que cela soit normal, mais rien ou presque n'est normal sur cette étrange planète. Pourtant la quasi-totalité des écosystèmes, à ma connaissance, a obligatoirement une flore 'et' une faune. La carcasse que j'ai évoquée tout à l'heure suppose une faune. Et tout est calme effectivement. Un peu trop pour moi... mais rassurez-vous, je vous protégerais en cas de besoin. Pour l'heure, restons prudentes et hâtons le pas.

Je suis assez contente que nous arrivions à notre 'campement', bien que je baisse pas ma vigilance pour autant. Non, je ne dois pas la baisser. C'est encore trop tôt. Je ne la baisserais que lorsque nous serons revenus à Naboo, sains et saufs, que la Reine sera en sécurité à son palais et moi de retour au Temple Jedi. Pas avant. J'estime trop la Reine, j'estime trop mon amie pour cela. Nous arrivons enfin à cette colline un peu surélevée mais bien protégée par la hauteur des arbres et leur ramure imposante que j'avais repéré un peu plus tôt dans la journée lors de mon inspection. Un de ses nombreux avantages se trouvait que, tout au sommet, y reposait un petit bois vert de saules et de peupliers nous gardant des intempéries comme de la vue adverse, tout en surveillant notre vaisseau. Souriante une fois que nous sommes installées, je propose à la Reine :

- Peut-être devriez-vous assurer votre capitaine du fait que nous sommes bien arrivées au campement. Je présume que cela le rassurerait un peu d'en être informé.

J'espère que les réparations avancent bien. De là où nous sommes, nous ne pouvons guère en juger, tout en ayant le vaisseau dans notre champs de vision. Mon regard bleuté scrute les moindres ombres, recoins de nos alentours, ma vigilance redoublée par la situation. Mes sourcils sont légèrement froncés quand je ressens encore cette même impression 'd'attraction' émaner de cette planète. Pourtant, nous ne devons pas rester ici, je le sais très bien, même si... quelque chose ici semble vouloir nous garder en son sein. Naboo, la République ont besoin de Danaé Anastasia, la Reine pacifique de Naboo. Le Temple-Jedi, mon Maître auront sans doute encore besoin de ma présence en leur sein. Tout semble cohérent dans le système de logique rationnelle qui est le mien. Et pourtant... pourquoi est-ce que je ressens émaner de quelque part cette curieuse impression que cette déduction sonne comme... non adéquate ? Je ne saurais le dire, et cela ne me rassure pas plus que cette histoire de manque de faune locale. Droite comme une statue des temples anciens, je reste aux côtés de la Reine, comme cette dernière murmure avec ce que je pense être de la fascination :

"J'aimerai bien savoir ce qu'est cette étrange et mystérieuse planète..."

J'approuve en silence d'un signe de tête songeur, observant les étranges phénomènes lumineux autour de nous. Tout respire la paix ici, et pourtant quelque chose ne me semble pas normal. Inquiétant, presque menaçant maintenant que j'y pense... menaçant ? Tout de suite plus vive, je me rapproche de Danaé, main posée sur la garde de mon sabre-laser, prête à le prendre en main et l'activer au besoin. Quelque chose ne colle pas ici. Ne colle plus. Silencieusement, histoire ne pas inquiéter la Reine à déraison, je me tiens prête à agir au besoin. Une fois postée entre elle et l'origine 'présumée' de l'étrange menace que je commence à sentir et qui grandit de seconde en seconde, je lui murmure à voix basse et tous mes sens en alerte :


- Ne vous éloignez pas de moi. J'ai perçu quelque chose qui ne plaît pas au niveau de la Force. Prenez votre dague, au cas où nous aurions une déplaisante visite sous peu.

(Comme d'hab, MP si pb ^^)


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Dim 3 Fév - 17:30

" Je suis tout aussi intriguée que vous. J'ai noté cette anomalie lors de mon inspection des lieux. Je ne pense pas que cela soit normal, mais rien ou presque n'est normal sur cette étrange planète. Pourtant la quasi-totalité des écosystèmes, à ma connaissance, a obligatoirement une flore 'et' une faune. La carcasse que j'ai évoquée tout à l'heure suppose une faune. Et tout est calme effectivement. Un peu trop pour moi... mais rassurez-vous, je vous protégerais en cas de besoin. Pour l'heure, restons prudentes et hâtons le pas. "

Les paroles de Lenia tournoient dans ma tête sur tout le long du trajet qu'il nous reste, effectivement c'est anormal, et il n'y a pas que cela qui est anormal ici, comme elle le soulève, c'est tellement étrange, majestueux, fascinant. Et le silence se resserre comme nous étranglant de ses serres. Mais je suis rassurée, j'ai confiance en mon amie Jedi, ma nouvelle amie, que je suis heureuse d'avoir auprès de moi à présent. Je n'ai pas peur, du moins je ne l'avouerai pas, mais je suis juste un peu… Inquiète. Oui, c'est le terme, je suis inquiète, dans cette grande forêt sans bruit où dorment les arbres géants et vieux de milles ans. L'air devient plus doux, avec le soir, plus frais, la chaleur en devient presque supportable. En haut de la colline où nous sommes enfin arrivé, je contemple le coucher du soleil après m'être assuré de la vision lointaine du vaisseau dans la clairière que nous avions quitté avec peines. Je laisse mon regard vagabonder sur le paysage qui m'hypnose, si beau, si majestueux… ce monde m'attire, mais je ne pourrais y rester, je sens que je pourrais le vouloir, oui, que je pourrais vouloir y rester toute ma vie…Mais je suis trop jeune pour demeurer quelque part. Et mon peuple, Naboo, la République ont besoin de moi. Je suis trop jeune pour être Reine. Je dois grandir, je dois vieillir, je dois être vieille, pour pouvoir être Reine. Je suis trop jeune, pourtant.

" Peut-être devriez-vous assurer votre capitaine du fait que nous sommes bien arrivées au campement. Je présume que cela le rassurerait un peu d'en être informé. "

Depuis combien de temps scrutai-je l'horizon des arbres et le crépuscule de l'Est plongé dans mes pensées ? Cela me semblait si longtemps, et si peu à la fois. Je tournai mon visage vers Lenia et approuvai de la tête, prenant mon communicateur à ma ceinture que j'activai. Un grésillement se fit entendre.

- Ici Anastasia. Me recevez-vous ?

J'attendis un peu soucieuse, répétant une deuxième fois mon message quand enfin je captai une réponse, c'était la voix grave et rocailleuse de Magnus dont le message tressautait, entrecoupé incessamment.

" Ici le Capitaine Magnus, on vous reçoit, est-ce que tout vas bien ? "

Je m'empressais de répondre d'une voix claire pour qu'il puisse m'entendre correctement malgré les avaries de l'appareil.

- Oui, tout va bien, nous sommes arrivés au campement sans accident, et vous ?

J'attendis une petite dizaine de secondes avant que la réponse ne se fasse entendre enfin :

" Tout va bien ici. "

J'étais soulagée, nous terminâmes rapidement la conversation, stipulant de reprendre contact à l'aube, pour s'assurer que tout allait bien, et coupâmes la conversation. Je rangeai mon communicateur à ma ceinture puis ôtai le capuchon de ma tête, révélant un peu mieux mon visage dans les lueurs pâles qui s'éveillaient mystérieusement tout autour de nous. Je regardai vers le ciel, je n'y voyais aucune étoile, où étions-nous ? Et où était Naboo… Où était ma maison au bord des chutes de Theed ? Est-ce que mes parents savaient que mon vaisseau avait disparu ? Est-ce qu'on était à notre recherche ? Où étions-nous tout seul dans l'univers vide au-dessus de nous… Je revins vers le bosquet et mon sac dans l'idée de commencer à installer le campement quand je perçois le trouble chez Lenia qui demeure immobile avant de me murmurer vivement :

" Ne vous éloignez pas de moi. J'ai perçu quelque chose qui ne plaît pas au niveau de la Force. Prenez votre dague, au cas où nous aurions une déplaisante visite sous peu. "

Quel dommage, nous qui venions tout juste d'arriver… Je me demandais ce qu'elle entendait par quelque chose qui ne lui plait pas au niveau de la Force, ou déplaisante visite. Je me rapprochais d'elle et tirai la dague à ma ceinture, l'argent scintilla un instant dans la lumière bleutée avant de disparaitre dans l'ombre de la manche longue de mon manteau. Je rabattis vivement mon capuchon sur mon visage, inquiète par ce qui pourrait se terrer dans l'ombre… Ce doit être mon imagination mais il m'a semblait percevoir quelque chose dans l'ombre du bois face à nous… Je recule soudain, mon instinct m'indiquant qu'en effet ça n'allait pas. Je tâchais de garder mon calme, sachant que la peur et la panique peuvent facilement tromper notre jugement… Je posai ma main contre une branche derrière moi, je sentis la chaleur du bois douce qui passa à travers ma paume. Je fermai les yeux alors, ressentant un étrange sentiment de lassitude et d'autre chose, comme si je m'égarai… Nous sommes entourés par la protection des arbres, je le sens, à travers le contact sur le bois brun violet, des ombres dansent, mais elles sont loin, tapis dans le bois, le bois qui nous entourent et les ombres…Qui peuvent aussi nous entourer, ce qui est une tactique appréciée des prédateurs. Je revins à moi brutalement et serra ma main autour du manche de ma dague, je gardai aussi en tête que j'avais mon blaster à ma ceinture, mais il ne me serait pas d'une grande utilité si il me fallait tirer de nuit… Autant que je me tire directement dans le bras.

En bas, face à l'endroit où se trouve postée la Jedi, à de nombreux mètres de là encore émergèrent du bois plusieurs formes animales assez grandes, plus grandes que des loups, de la taille d'un Veermok Laineux peut-être même, bien qu'heureusement je doute que l'on en trouve ici… Enfin ça ne change rien au fait que d'étranges créatures assez grandes émergèrent de la lisière. Je gardai le regard fixé sur les formes dans l'ombre, trop loin et trop sombres pour que j'arrive à tirer dessus, et je ne suis pas sûre que le bruit d'un tire, raté de surcroit, ne leur plaise. Je suis tendue, concentrée, plus rien ne semblait bouger, l'air redevint lourd, le bruissement des feuillages se tut… J'attendais de voir quelle était la décision de Lenia, devions nous défendre notre position ou prendre la fuite ? Il fallait réagir vite avant qu'ils ne passent à l'attaque… Ce qu'ils semblaient s'apprêter à faire… Mais qu'attendaient-ils ? Ils nous encerclaient, plusieurs grondement sourd vinrent déchirer le silence venant de toute part, il s'étaient répartis autour de la colline. Je reculai en arrière de quelques pas. Les pattes lourds grattèrent le sol, puis s'élancèrent soudain sur nous dans une vitesse surprenante et effrayante. Je pris mon blaster de mon autre main et tirai sur les formes fonçant vers nous, des éclairs verts brillants en jaillirent, mais ils ne semblèrent pas atteindre leur cible, mais plutôt les énerver contrairement à mon but premier. C'est ennuyeux…

Je me baissai soudain alors qu'une créature venue de ma droite bondis sur moi, je roulais sur le coté, voulant éviter l'animal qui après avoir manqué sa cible une première fois se retourna vers moi. J'allais appeler Lenia à l'aide, tandis que celle-ci était au prise avec de nombreuses autres de ces créatures quand ce qui semblait un loup géant bondis de nouveau dans ma direction, je tâtonnais en reculant, morte de peur, cherchant dans l'herbe molle mon blaster, finalement j'envoyais ma dague dans la gorge de la bête alors qu'elle tombait sur moi, tranchant la jugulaire avant de me déporter à nouveau sur le côté, évitant de peu ses griffes puissantes. Un grognement sourd sonna derrière moi, je me relevai à moitié, me retournant, me tenant accroupis. Je vis apparaitre dans une lueur violette l'ombre haute et grise du loup géant, sa tête était comme une grande pierre triangulaire surmontée de deux oreilles pointues, ses yeux bleus perçants étaient bordés de cils noirs, sa gueule était béante, acérée de plusieurs meurtrières rangées de crocs ensanglantées, ses pattes laissaient de lourdes empreintes sur le sol, et ses griffes grattaient la terre profondément, y creusant de larges sillons. Je reculai et partis dans le bosquet en courant tandis qu'elle s'élançait après moi. J'agrippai une branche d'arbre et me hissai dessus, je sentis quelque chose frôler dangereusement ma jambe, j'escaladai alors de mon mieux l'arbre pour me réfugier dans ses hautes branches. Je cherchai Lenia des yeux et repérai l'éclat de son sabre laser ainsi que plusieurs formes l'entourant. Que pouvais-je faire ? Je cherchai mon arme à la ceinture, elle était malheureusement tombée dans l'herbe. Il ne me restai plus que ma dague que je tenais avec fermeté dans l'une de mes mains, tandis que de l'autre je m'agrippai à la branche. Deux loups étaient maintenant au pied de l'arbre où je m'étais réfugiés, grondant furieusement, et bondissant dans l'espoir de m'atteindre. Ce faisant j'essayais de grimper encore un peu plus haut, mes mains tremblaient, je dus ranger ma dague dans son étui pour continuer mon escalade au risque de tomber sinon, tant j'étais de plus en plus paniquée et effrayée.

Soudain alors que j'étais sur une branche elle craqua brutalement sous mes pieds et se fendit en deux, m'offrant au vide et aux gueules des loups sous moi. Je m'accrochai à la branche dans dessus mes mains étaient glissantes et ne tenaient presque plus. Des griffes accrochèrent le bas de mon manteau qu'ils lacérèrent, je tirai sur mes bras et contractai mes abdominaux pour soulever mes jambes vers moi et me protéger des crocs et des griffes qui cherchaient à m'atteindre. Mon regard cilla soudain, tournant sur le côté, je sentis le bois commencer à craquer, avant que soudain la branche ne cède sous mon bois.

- Lenia !

Criai-je en tombant terrifiée. Par bonheur, et assez étrangement, ce ne furent pas des crocs qui vinrent me recevoir. Je tombai au sol sur un tapis de fougère sans trop de mal, et du coin de l'œil j'eu à peine le temps d'apercevoir la forme fondre sur moi, je tournai sur le côté qui donnait sans que je ne le sache sur l'une des pentes abruptes de la colline. Je dégringolai la pente à toute vitesse, priant pour ne rencontrer aucun rocher ou aucun tronc d'arbre sur mon chemin chaotique. J'arrivai en bas en trop peu de secondes pour que mon cerveau arrive à suivre la vitesse des événements. Je me redressai difficilement, accroupis, essayant de retrouver mon équilibre après ma chute de l'arbre, puis de la colline. J'étais couverte de terre et mon manteau était déchiré de part et d'autres. Je me retournai en reculant, mon capuchon était tombé de ma tête, j'aperçu plusieurs formes menaçantes au sommet de la colline s'élancer à ma suite en grondant. Je bondis, me remettant debout, et me retourna pour courir vers le bois.

Je m'élançais à travers la lisière, fendant les ombres de la nuit, je sautais au-dessus d'un bourbier et virai sur le coté pour m'enfoncer vers l'endroit qui me semblait le plus dégagé de la forêt. Il était préférable que je ne trébuche pas sur la première racine venue. Heureusement les lueurs même faibles autour de moi m'aidaient à éviter les divers obstacles semés sur mon chemin à travers la forêt qui me semblait grandir et s'assombrir de plus en plus. Je sautais au-dessus d'un tronc qui était en travers, puis virai à droite, zigzaguant entre les arbres aux troncs larges, bondissant au-dessus des racines, repérant les branches basses que je pourrai escalader. J'entendais les grognements derrière moi, ils semblaient nombreux, je me demandai si Lenia allait bien, la pensée qu'elle puisse être blessée m'était insupportable. Il fallait que je reste concentrée, ils courraient plus vite que moi, ils se rapprochaient. Je virai à gauche, évitant le bond de l'un d'eux, des crocs manquèrent d'attraper mes mollets, des pattes accrochèrent mon manteau dont je détachai la broche à mon cou, l'abandonnant derrière moi. Je sautais et mes mains accrochèrent une branche sur laquelle je grimpai. Je montai à l'arbre de plusieurs mètres, sentant l'urgence sous moi, et découvris là un étrange labyrinthe de branchages semblant relier les arbres entre eux à plusieurs mètres au-dessus du sol. Je me relevai, m'appuyant au tronc de l'arbre pour regarder sous moi. J'étais très haut, trop à mon gout, mais un grognement venant de l'autre coté mais étrangement au même niveau que moi me fit immédiatement réagir. Il semblait qu'eux aussi étaient capables de monter jusqu'ici.

Je m'élançai sur les branches, priant pour ne pas tomber, mais il m'était presque impossible de courir là-dessus. Le réseau formait des couloirs de bois recouvert de mousse d'environ un mètre de largeur, se rétrécicant par endroit, ou formant des trous et des ornières ça et là que l'on ne discernait presque pas. Mais les loups semblaient un peu plus à l'aise que moi, ou du moins ils avaient l'habitude de courir et de sauter de branches en branches. Ils allaient me rattraper à ce train là. Je devais trouver une autre solution pour les semer ou m'en protéger puisqu'il était peu probable que je puisse les vaincre tous. Je manquai de trébucher et glissai d'une des branches, tombant du haut de mon perchoir, je me rattrapai vivement au rebord, tentant de me hisser dessus, mes jambes dans le vide profond et sombre sous moi. Les loups arrivèrent bientôt à mon niveau, je n'avais plus grand choix entre me faire dévorer ou mourir d'une chute mortelle. Mourir donc. Je fermai les yeux un instant, me demandant où était Lenia, si elle allait bien, et me rappelant aussi son ordre, rester près d'elle… Quelle idiote… mais je n'avais pas vraiment non plus eu le choix. Le souffle chaud effleura le bout de mes doigts je rouvris les yeux brutalement et tombai dans le vide, lâchant prise dans un hurlement de terreur. Quelque chose de doux me réceptionna et me fit glisser dans le vide de nouveau, je traversai plusieurs étages ainsi portée par des nids de branchages qui me réceptionnaient, ralentissant ma chute jusqu'au sol.

J'atterris sur la terre dure, j'avais mal à la jambe, et au dos, je me remis debout péniblement, il fallait que je me remette à courir, c'était des chasseurs, ils ne me lâcheraient pas si facilement. Il fallait que je continu. Je repartis à travers le bois de plus en plus dense, je glissai sur le terrain parcouru d'embûches, je me savais poursuivie, mais encore d'assez loin. Je trébuchai cependant sur une racine où je me pris le pied, j'entendis au loin le bruit lourd des pattes martelant le sol, mon souffle était rapide, mon cœur galopait dans ma poitrine. Je me défis du piège et me remis debout, chancelante, et épuisée, à bout de souffle, je me forçai à courir. Prêtant soudain mon oreille au bruit, je me rendis compte d'un son familier, qui était déjà là depuis un moment, sans que je prenne le temps de l'écouter, j'en avais trop l'habitude pour qu'il ne m'étonne. Inconsciemment je m'étais dirigée vers le bruit crépitant et tumultueux d'un fleuve, et au loin résonnait le son des chutes d'eau, une cascade. Mais je n'avais pas le temps de réfléchir plus, car à nouveau les bêtes étaient sur moi, je me dirigeai vers le bruit, assourdissant, sauvage, aérien, éclatant dans la nuit. Jusqu'à que j'aperçoive dans la nuée des arbres géants aux feuilles d'émeraudes violacées ou bleutées de nuit la lueur brillante sous le ciel noir, le vaisseau puissant qui dévorait la terre d'une déferlante violence, s'explosant en écume argentée sur les pics des rochers, tourbillonnant en rapides bruyantes… Je fermai les yeux, revoyant dans un lointain souvenir le fleuve puissant fendant à travers la plaine, avant de sombrer au sommet des falaises en une pluie sourde et éternelle dans les lacs sombres et profonds comme sans fin… Les cascades, les cascades de la contrée des lacs où nous jouions lorsque nous étions enfant, l'été avec mes sœurs. J'entendais la voix de Sotha claire et chantante dans la lumière du soleil de Naboo, au sommet des cascades, qui dansait, tourbillonnante dans le souffle du vent. Mes yeux se rouvrirent sur l'obscurité presque complète, les lueurs semblant comme faiblirent dans la végétation si dense que c'était comme un mur hérissé devant moi. Ils étaient tout proches. Je fonçais à travers le bois, des ronces me griffaient, des branches me fouettaient le visage, des grognements s'élevaient derrière moi, j'accélérais ma course, mais j'étais à bout de souffle, je continuai. Jusqu'à qu'enfin j'émerge de ce bois si sombre, découvrant la vue la plus incroyable qu'il m'eut été donnée de voir tandis que j'étais prise au piège sur une corniche surplombant le vide au-dessus de la chute d'eau. En-dessous l'eau vrombissante tombait dans un lac immense d'où naissait plusieurs grandes rivières qui s'en allaient serpentant sous la ramure dans un scintillement de saphir, la canopée était illuminée de lueurs irréelles, violettes, bleus, dorées, argentées, et elle s'étendait dans le lointain, jusqu'à la ligne d'horizon où s'entremêlaient les ombres du ciel, et les feuillages sans fin de la forêt. C'était une mer nébuleuse d'arbres séculaires illuminés d'étoiles. J'en étais bouche-bée, contemplant le paysage qui me forçait à demeurer figé par sa beauté monstrueuse.

Un hurlement sourd et animal perça derrière moi, la bête solitaire émergea du bois, le loup au pelage noir comme l'obscurité, se mouvant comme un félin affamé, saisissant le manche de ma dague je me tournais vers lui et je fus saisis par l'éclat de ses pupilles de feu. Je ne bougeai pas, immobile, lui-même enraciné profondément dans le sol m'observait, comme se préparant à bondir. J'étais fascinée par ses yeux, si brillants. Sa gueule s'ouvrit, découvrant ses crocs gémissant où s'écoulait plusieurs filets de salive. Il se cambra, se tassant au sol, puis tel un serpent jaillit dans la lumière resplendissante du fleuve, je plongeai en arrière et tendis ma dague qui s'enfonça dans son flanc. Je me retournai voulant me dégager pour m'enfuir mais un coup de griffe vint me lacérer sur le côté gauche. Dent pour dent, œil pour œil, mon cher. J'hurlai de douleur en roulant par terre, je faillis lâcher ma dague mais raffermis ma prise sur elle, tandis que la bête revint à la charge se ruant sur moi… Et nous entrainant toutes deux dans le vide et l'obscurité. Une chute, sans fin, jusqu'à la fin des temps.


Flash-back :

Sotha : Dana ne reste pas si près du bord…

Je marchai le long de la falaise m'amusant à venir tout près du rebord pour voir le vide en bas des chutes d'eau, mais une main m'attrapa vivement et me tira en arrière avant de me retourner vers elle.

Sotha : Danaé, tu m'écoutes quand je te dis de faire attention ?

Gronda Sotha, de quelques années mon ainée. C'était encore une enfant, ou plutôt une adolescente, ses longs cheveux bruns dansaient dans le vent qui soufflait des plaines.

- Mais toi aussi tu marches près du bord quand tu viens ici, et tu m'as même dit que tu avais déjà sauté du haut des cascades.

Son visage devint sévère l'espace d'un instant et je me mis à pleurer effrayée de l'avoir mise en colère. Elle se radoucit et s'agenouilla en face de moi pour être à ma hauteur, posant une main sur mon épaule et essuyant mes larmes avec douceur.

Sotha : Mais moi je suis assez grande maintenant, et toi tu es trop petite encore. Je veux pas qu'il t'arrive de mal, c'est trop dangereux pour une petite fille de 5 ans… Et qu'est-ce que je ferai si je te perdais mon ange… je t'aime moi.

Elle déposa un baiser sur mon front et me serra contre elle, mes larmes s'apaisèrent et je me calmai doucement.

Sil : Sotha ! Dana ! Grand-mère vous dit de rentrer et elle dit aussi que Danaé ne doit pas aller aussi près des cascades.

La voix criai au loin, une voix enfantine, tandis que ma deuxième sœur courait vers nous. Elle avait dix ans à l'époque, ses longs cheveux noirs et lisses comme l'eau calme du grand fleuve volait tout autour d'elle. Je couru vers elle en riant et elle me prit dans ses bras, me soulevant et me faisant danser autour d'elle avant de me reposer par terre.

Approximativement sept ans plus tard :

Sil : Allez Dan saute ! T'as la frousse ou quoi ? Je croyais que tu rêvais de sauter du haut des cascades.

Sil et Sotha étaient quelques mètres en contrebas de la chute d'eau, nageant dans le lac après avoir sauté du haut de la falaise où je me tenais, trouvant soudainement les mètres me séparant du sol bien trop nombreux et la distance beaucoup trop grande.

Sotha : Si tu as peur tu n'es pas obligée de le faire Dana, n'écoutes pas Sil !

Ma sœur en question éclaboussa son ainée qui répondit par une nouvelle vague d'eau qu'elle lança sur elle. Elles éclatèrent de rire et se tournèrent de nouveau vers moi après leur petit jeu.

- Non… C'est bon… J'ai pas peur… C'est juste très haut…

Je déglutis, un souffle de vent vint me pousser en avant, me rapprochant dangereusement du rebord que j'avais tant cherché ces dernières années et que je redoutais à présent. J'avais douze ans, approximativement l'âge auquel les jeunes enfants de Naboo étaient emmenés aux cascades par leurs ainés si ils le voulaient pour tenter le grand saut. Enfin, grand saut, une quinzaine de mètres, ce qui était déjà très bien pour une première fois… D'aucun dirait que c'était un jeu stupide qui se faisait traditionnellement chez les jeunes de Naboo depuis un temps indéfinissable. Autant dire que les adultes qui étaient passés par là s'étaient tellement éclatés en sautant du haut des cascades qu'égoïstement ils voulaient nous priver de ce plaisir.

Sil : Ah oui, c'est plus difficile que de faire de la politique…

Sotha la coupa vivement autoritaire et sévère.

Sotha : Ne lui dit pas ça, c'est pas gentil.

Sil fronça les sourcils et croisa les bras dans l'eau.

Sil: J'avais oublié que je parlai à la future reine…

Se renfrogna-t-elle, Sotha leva les yeux au ciel, et n'entendant rien du haut de la falaise je me demandais ce qu'elles pouvaient bien être entrain de se dire avec leurs messes basses.

Sotha : Rho, tu veux pas arrêter d'être comme ça deux minutes…

S'énerva Sotha contre sa sœur avant de se retourner vers moi.

Sotha : Allez t'inquiète pas Dana, c'est rien du tout, t'as pas à avoir peur, et on est là, enfin je suis là, en bas, t'as rien à craindre… Souviens-toi de toutes les fois où tu t'es faite punir parce que tu jouais au bord des cascades, maintenant tu peux faire ce que t'a toujours eu envie de faire, sauter du haut des cascades, et personne pourra rien te dire, personne te punira, tu pourras te venger de toutes les fois où je t'ai grondée…

Je fermai les yeux et plongeai dans le vide en poussant un cri…



Maintenant :

* Souviens toi Dana, tu dois inspirer juste avant de rentrer dans l'eau, pas quand tu sautes du haut de la falaise, non pas quand tu sautes, sinon tu vas manquer d'air… mais juste avant l'eau… *

La nuit était profonde, le vent me brulait la peau, le vide ne cessait de s'étendre sous moi, une chute longue comme les siècles, longue comme plusieurs vies, une chute sans fin, avec rien d'autre que les ténèbres qui m'environnaient, profondes. J'étais entourée de l'eau de la cascade dont le bruit était comme une perpétuelle explosion, tandis que la pluie tombait drue, le grondement de la chute d'eau, plus puissant que le tonnerre même. Je rouvris les yeux, je ne discernai rien, seulement les nuées éclatantes dans l'obscurité, je tombai encore et encore, et en-dessous de moi le bruit de l'eau s'entrechoquant tumultueuse aux rochers résonnaient de plus en plus fort. J'attend. J'attend encore. Encore. Soudain, je pris une profonde inspiration et me recroquevillant sur moi-même fendis la surface de l'eau. Le fleuve sauvage et téméraire m'entraina dans son chaos violent par-delà les pics rocheux et les brumes volutes de gouttes d'argents du pied de la chute d'eau. Je luttai dans les courants trop puissants, gardant la bouche fermée le plus longtemps possible, tâchant d'économiser l'air malgré la panique profonde.

* Sous l'eau tu auras perdu tout tes repère, ne panique pas, laisse toi porter par le courant, retrouve ton calme, ne lutte pas, où tu vas te noyer, et quand tu auras retrouver assez de paix pour trouver ton chemin, cherche la surface de l'eau, elle ne sera pas dur à trouver, sauf si tu cherche la lumière du jour… *

Je fermai les yeux, laissant le courant me portant, m'enfonçant dans l'obscurité du fleuve, mon cœur battait trop vite. Que fallait-il chercher… Sotha… Pour trouver le chemin. Que faut-il que je cherche ? Ce n'était pas la lumière, et ici il faisait nuit, j'aurais été perdue dans le noire si je l'avais cherché. Que faut-il que je cherche… Aide moi.

* Ne t'avais-je pas dit de ne pas t'approcher trop près du bord, c'est trop dangereux, tu veux te faire tuer… *

Je sais… Je n'ai pas eu le choix. Pardonne moi Sotha… Pardonne moi Sil… Pardonne moi Lenia… Je suis désolée…Je devais rester près de toi… Je n'ai pas eu le choix. Il fait noir maintenant. Je m'enfonce dans le nuit, et le fleuve m'entraine, il me noie dans ses abysses, il m'emmène avec lui le long du cours des fleuves qui s'en vont dans le lointain. Je suis désolée… Il m'entraine, dans le noir, il m'entraine en bas. Et autour de moi il fait si sombre, je ne vois aucune lumière. Je suis calme, je ne lutte pas, je le laisse m'entrainer, avec lui, vers le bas…Vers le bas… Vers le bas. Je rouvre mes yeux et nage dans le sens inverse, suivant le cours du courant qui m'entraine, tout en luttant contre l'attraction qui me pousse vers le bas. Mais je n'ai presque plus d'air, j'étouffe peu à peu, et l'eau va gagner sur moi.

* Tu ne dois pas avoir peur, je suis là… Je suis toujours là… je t'attends, je suis juste à coté de toi, remontons ensemble… accroches toi… *

La nuit me dérobe, dans le lit du fleuve, où je disparais pour l'éternité. J'émerge soudain, tranchant la surface pâle de l'eau comme polie. Je n'arrive plus à respirer. Le courant me reprend et m'enfonce de nouveau, j'avale de l'eau et m'étouffe, je remonte alors, luttant, à la recherche de l'air. Je combats le torrent, je combats le fleuve, le combats le courant, je combats tout ce qui veut s'opposer à moi, et je vaincrai parce que je ne peux pas me laisser prendre. J'émerge de l'eau et nage vers le rebord, plusieurs fois je sombre de nouveau, jusqu'à qu'enfin épuisée mes doigts accroche le rebord de terre pierreuse. Je me hisse, de toute mes forces, et tombe sur la rive, à bout de souffle. Vivante.

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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Lun 4 Fév - 9:38

"Oui, tout va bien, nous sommes arrivés au campement sans accident, et vous ?"

Pour l'instant... je ne peux pas m'empêcher de ne pas être totalement tranquille. Cette planète même ne me rassure pas ! Au contraire, elle n'est pas hostile mais... comment dire... quelque chose me dérange. Et la remarque précédente de sa majesté, l'inquiétude que je sens poindre, émaner de sa personne, ne m'aide en rien à ne pas la partager. La carcasse, son aspect déchiqueté, me revient sans cesse à l'esprit, comme si la Force voulait que j'en déduise quelque chose d'important, voire même un avertissement. A mon tour j'essaye une nouvelle fois de tester le lien de Force entre Maître Greystone et moi-même, les yeux clos, tentant d'envoyer une nouvelle pensée au secours, bien que je ne sois pas sûre qu'elle puisse lui parvenir. Bien entendu, cela ne me donne pas plus de résultats que la précédente. Mais j'essaye quand même de lui faire un résumé de la situation dans laquelle nous nous trouvons, avant que j'essaye de joindre un autre Jedi, mais il semblerait que tout le monde soit trop loin ou que la planète ne perturbe mes capacités télépathiques de Force.

Et effectivement, le danger n'était pas loin, comme je me rapproche de Danaé et adopte une posture défensive. La Force est incroyablement tendue, et je vois les ombres mobiles trembler dans les feuillages proches. En bas, face à nous, à encore à quelques mètres émergèrent du bois plusieurs formes animales assez grandes, plus grandes que des loups, proches néanmoins de la taille que j'avais estimé en observant la carcasse… mais en un peu plus grand quand même. Que je n'aime pas cela... ils ont l'air nombreux. Pourtant plus rien ne bouger. L'atmosphère est lourde, tout se tait. Silence… Sentant que Danaé attendait ma décision, je réfléchis rapidement et allume mon sabre-laser à la couleur verte, analysant rapidement la situation :

- Je ne peux vous risquer à un repli. Ils sont rapides. Je peux vous défendre si vous restez près de moi. Si nous oeuvrons de pair, nous avons une chance de les repousser, de leur faire peur. Agiles. Rapides. Je ne sais si l'attaque à distance sera très efficace. Par la Force ! Ils sont plus nombreux que... ne vous éloignez pas !

Je connais leur stratégie. Notre retraite était déjà coupée, ils étaient dans le genre futé, et nous avaient encerclé depuis un long moment, avant même que je ne puisse les détecter. Malin. Au sommet de la colline comme un château-fort, Danaé et moi sommes presque dos à dos, je m'arrange pour lui laisser la possibilité de fuite. Priorité, protéger la reine, dois-je faire un 'génocide' canin pour ce faire. Je n'aime pas tuer des êtres vivants, mais je ne compte pas faillir à mon devoir, faillir à ma promesse, faillir à ma mission. Certains, méfiants, hésitent , grondants, à nous approcher à la vue de la lueur d'un vert émeraude de mon sabre-laser. Je sens Danaé reculer de quelques pas, pas bonne idée. Les pattes lourds grattèrent le sol, puis s'élancèrent soudain sur nous dans une vitesse surprenante et effrayante. Déjà je suis prête, observant avec attention le premier venu, et mettant fin à ses jours sans la moindre pitié d'un geste souple du poignet. J'entends Danaé tirer de son blaster, mais manquer ses cibles, et semblerait-il, les énerver davantage. Il va donc falloir faire au corps à corps... pas ma spécialité, mais contre des créatures de ce gabarit, et déterminée, j'ai largement toutes mes chances tant que je reste concentrée et attentive. Et que Danaé ne s'éloigne pas trop, pour que je puisse parer une attaque pour elle en cas de besoin

Des fois, même la meilleure planification au monde ne semble pas suffire, et très vite je me trouve débordée. La majorité des assaillants, comme la horde semble incroyablement intelligente et me sentant l'élément le plus dangereux, parviennent malgré moi à m'éloigner de ma protégée. Sith ! Je me bats comme un beau diable constatant cela, et tout comme la peur donne des ailes, j'ai l'impression de me surpasser en escrime dans la situation de danger. Face au nombre, ma technique défensive semble être la meilleure solution, et j'engage alors une danse subtile et mortelle, une valse de ma lame laser d'un vert de la vie, pour abattre et ne plus réfléchir la masse d'ennemis qui m'assaille sans fin. Je ne sais pas comment je fais pour tenir aussi longtemps, je ne réfléchis plus, ils ne me laissent même pas le temps de faire un pas. C'est comme un hydre en fait. Dès que vous coupez une tête, deux repoussent. Ben là, c'est pareil.

A peine une sorte de canidé abattu que trois autres se jettent sur moi. Esquiver, esquive, attaque, défense, esquive, attaque, pourfendre, enchaîner, défendre... mon corps est en mode automatique. Comme manoeuvre d'esquive, voyant deux loups se décider à m'attaquer de front et de l'arrière, je bondis et attrape une branche basse d'un arbre limitrophe d'une main, ignorant l'écorce qui me blesse la paume, et d'un geste vif me perche dessus. Mon endurance n'est pas éternelle, et j'aime prendre de la hauteur sur les choses... bon, pas le temps de plaisanter, je vais revenir dans la...


"Lenia !"

Le cri terrorisé de la Reine/de mon amie me glace jusqu'à la moelle de mes os, et je jette un regard noir à la masse lupine en bas essayant de grimper ou de me déloger de mon perchoir. J'ai juste le temps d'envoyer une pensée et un peu de calme à sa majesté avant de rentrer dans l'action, je n'ai plus guère le choix et dans la précipitation oublie ma formalité habituelle :

"J'arrive Danaé ! Tenez bon, je me fraye un chemin jusqu'à vous !"

Des griffures m'ont déjà lacéré les deux épaules, mais je suis assez mobile pour que mes jambes ne soient que légèrement meurtries. Ils m'ennuient grandement. Je n'ai pas le temps de jouer avec eux. Je vais donc devoir employer les grands moyens. Je contiens comme je le peux ma colère envers ces êtres bas et vils, et plonge dans la grandeur de la Force. Je dois frapper en force, je le sais. Me frayer un chemin. Les deux loups meneurs du groupe semblent assommés après s'être rentrés dedans. Avec agilité, je saute sur une autre branche, et me laisse tomber à terre, accusant avec le plus de souplesse possible le choc rude, derrière la meute m'attaquant et vers là où était partie imprudemment Danaé. Sans me laisser le temps d'être encerclée de nouveau, je me tourne vers eux, tendant une main et concentrant une grande part de mes forces dans une puissante attaque de Force, grondant entre mes dents :

- N'y pensez même pas, je n'ai pas de temps à perdre avec vous !

Une poussée de Force - dont d'ailleurs l'intensité me surprend moi-même - gonflée un peu par ma détermination et mon inquiétude pour Danaé - se jette comme une onde de choc contre les canidés, les propulsant sans la moindre merci contre les troncs proches ou les broussailles, ou à terre. Surprise, et sentant la fatigue commencer à me gagner, je décide de ne pas leur laisser le temps de se reprendre et appelle de nouveau l'aide de la Force, augmentant temporairement ma vitesse de course, filant littéralement comme le vent, traquant de mon mieux la présence de celle que je dois protéger. Évitant à la dernière minute les arbres, sautant au dessus des bourbiers, et fauchant le moindre canidé ayant la mauvaise idée de venir me confronter. J'essaye d'ignorer mes propres blessures, usant avec plus de modération la Force pour accélérer la guérison de mes plaies, sans cesser de courir. Des fois, il faut être subtile, parfois on n'en a pas l'occasion. Cette situation en est malheureusement une. Surtout que j'ai un satané mauvais pressentiment...

Je n'ai jamais autant couru, couru aussi vite. Enfin, en dehors de Dantooine... pas le temps de penser à cela ! Surtout que les cris terrifiés de Danaé me parviennent, et au risque d'être à bout de souffle, je redouble l'allure, morte d'inquiétude. J'ai du aujourd'hui pulvériser tous mes records en vitesse et en endurance question exercices physiques... les Maîtres seraient fiers de moi... non pas le temps d'y penser ! Surtout que mes assaillants, je le sens, ont repris connaissance et seront rapidement sur mes talons. Je dois profiter de ma légère avance sur eux, plus vite, plus rapide, je dois filer comme non la brise, mais comme la rafale, non comme la bise printanière mais comme la bourrasque d'hiver. Contre mes ennemis, je dois me faire tornade, pour ne pas me laisser prendre. Je dois filer comme le vent, filer, ne jamais m'arrêter, ne pas perdre de temps. Des fois, je trébuche, je manque de tomber mais toujours je me redresse. Je n'ai pas le droit de tomber. J'ignore les ronces qui lacèrent impitoyablement ma bure, mon manteau de voyage ne me protégeant guère tant il est lacéré des attaques précédentes des monstres à quatre pattes. Mes pensées ne sont fixées que sur une chose, que sur un nom, un seul : Danaé.

Ah maintenant j'ai des ennemis devant moi ! Trois loups ! Enfin, ces choses proches des loups... bref. Mes mains se resserrèrent sur la crosse de 'mon' sabre-laser. Je n'ai pas de temps à perdre. Pas le temps de m'arrêter. Pas le temps de jouer avec eux. Prenant mon sabre dans une main, je tend l'autre devant moi, sans cesser de courir, sans prendre en compte le sang que je perd de mes plaies, fines mais nombreuses, et qui les excitent. Je force le passage et les repousse avec un bouclier de Force bien ressenti, comme la charge d'un chevalier ou d'un guerrier avec un gros vrai bouclier. La situation n'est pas à mon avantage, mais je n'abandonnerais pas Danaé ! Dus-je y laisser ma vie dans le processus ! Je ne laisserais plus personne périr devant moi, plus jam... d'où est-ce que je tire cela ? J'entends la voix, du passé, d'Alviss, me susurrer de la laisser tomber, de sauver ma peau, de fuir. Mais je refuse de l'écouter. Pas cette fois. Jamais plus. Jamais. Je sens l'épuisement me gagner, mais je refuse d'abandonner. Je n'ai pas le droit de laisser tomber. Je n'abandonnerais pas.


De nouveau j'entends les cris paniqués de Danaé, et je m'oriente plus finement, mettant plus d'ardeur dans ma course que je n'en avais jamais eu. J'entends encore Maître Yunstar, et Maître Greystone, me répéter que l'endurance est quelque chose d'important, que la maîtrise de la Force est une bonne chose mais que la résistance physique en est une autre. Je n'ai jamais voulu croire ces sages paroles avant, maintenant je crois que j'apprends la leçon à la dure. Je commençais à désespérer, mais me représentant mentalement mon Maître, je redresse la tête et me relève du sol. Sanguinolente, épuisée, fourbue, mais je me redresse. Je reprends la course comme si ma vie en dépendait... ce qui est le cas d'ailleurs. Mais pas que ma vie. Celle de Danaé aussi. Jamais je ne me pardonnerais si elle périssait à cause de moi. De mon impuissance. Plus jamais. Je me suis jurée que nous reviendrons vivantes toutes les deux de cette horrible mission, et je ne manque jamais à ma parole ! Dusse-je en mourir pour cela, je n'ai pas peur ! Quelle importance la vie d'un modeste padawan par rapport à une Reine ? Plus encore : la vie d'une amie est plus importante que la mienne !

Je me fige juste devant une chute. Sentant mon coeur manquer un battement. Non. Ce n'est pas possible... ce n'est pas... Je vois pourtant les traces de combat. Danaé. Non... Non, non de non ! Ce n'est pas possible ! Je sens mon coeur déborder d'une détresse impuissante, comme je panique soudainement. Un Jedi présent sur cette planète aurait immédiatement connu ma position vu l'intensité des émotions désespérées me remplissant sur le moment. Ce n'est pas possible... horrifiée, j'essaye d'envoyer une pensée emplie de panique à mon amie dont j'ai perdu la trace, dont je ne sens plus la présence :


"Majesté ? Danaé... Danaé !!!!!!!"

Je sens comme vidée de mes forces, comme je manque de tomber à genoux. Avant de me ressaisir. Je n'ai pas le droit d'abandonner... le chagrin étouffant mon coeur, que j'efforce néanmoins de brider, je fais froidement face aux canidés restant. Je refuse de céder à la colère, je sais que c'est mal et que cela mène vers le côté obscur. Il faut que je reste calme. Je ne suis même pas sûre qu'elle soit... enfin, qu'elle soit... vous savez quoi. Je suis acculée, mais il n'en reste plus beaucoup de la meute. Moins d'une dizaine. Ils ne vont pas aimer. Calmement, je reprends une posture défensive, enfin neutre-défensive. Je suis acculée. Je peux défendre ma position chèrement, et partir en recherche ensuite de Danaé. Essayer de trouver un moyen d'accès plus sûr de l'autre bout du rivage. Je n'ai guère envie de chuter, et je ne préfère pas regarder derrière moi. J'ai le vertige. Je n'ai pas le droit de faillir maintenant. Ma voix reste calme et posée, froide presque, alors que je fais face à la menace, rassemblant mon calme Jedi et tout mon courage :

- Je ne me laisserais pas abattre sans me défendre. Danaé a besoin de moi. Je refuse de croire que ce soit la fin. Et si ce l'était... je tomberais en combattant, et non à genoux.

Farouchement, je me défends, arrivant à abattre les deux-tiers de mes opposants. D'habitude, je respecte la vie dans le sens général du terme, même des créatures inférieures et non-pensantes au sens fort du terme. Je refuse de tomber maintenant. Et donc je n'ai pas le choix, ils me forcent la main. Je ne fais que me défendre, pas même attaquer au final. Ce n'est pas ma faute s'ils refusent d'abandonner. Il n'en reste plus que deux, me laissant largement plus de possibilité pour 'danser' en dépit de ma fatigue. Ils sont aussi amochés que moi. Aussi lassés que moi. Mais je refuse de me rendre. Mais ils sont vicieux. Alors que je parviens à mettre fin aux jours de l'avant-dernier, le décapitant proprement et sans douleur prolongée, le second me charge... juste au bord du vide. Ironique. Je n'aime pas le vide. Dans un geste de désespoir, j'arrive à le positionner sous moi, et délaisse brutalement mon manteau Jedi auquel il s'accrochait, avec une petite poussée de Force pour l'aider.

Je dois agir vite. La chute pourrait être mortelle. Je ne sais même pas quelle est la profondeur de l'eau en bas. Que la Force nous vienne en aide... à Danaé... à son équipage... me vienne en aide... le vent de ma chute me griffe le visage, m'arrache de légères larmes d'irritation oculaire, m'obligeant à fermer les yeux. Je dois me préparer pour le choc à venir. Non. Pas baisser les armes. Je me force à rouvrir les yeux. Il reste encore quelques mètres avant impact. J'ai le vertige. Ne pas regarder en bas. Je ne sais si c'est la Force qui me sourit ou quoi, mais par réflexe ma main gauche attrape avec la vigueur du désespoir la branche d'un buisson. Je dois me mordre les lèvres pour contenir la douleur. J'ai mal partout de toute manière. Je parvient à raccrocher mon sabre éteint à ma ceinture. Ma cheville me relance. Cela a ralentit ma chute, mais la fragile branche ne sait pas assurer longtemps ma sécurité. Elle finit par céder sous mon poids, et je termine ma chute dans l'eau. Claquement dans mon dos. Paralysie temporaire. Il faut que je bouge. Il faut que...


Sous mes yeux clos, comme je garde résolument ma bouche fermée et mon nez bouché, mes larmes de douleur sont emportées par le courant, comme mon corps à l'instar d'une vulgaire feuille dorée de l'automne dans la brise fraîche de ce crépuscule de l'année. Oui, j'ai peur. Je suis morte de peur. Et pourtant je fais confiance à la Force. Je dois résister. Je dois remonter. Remonter vers la vie. Remonter vers l'avenir. Je suis morte de peur comme ce jour là. Ce jour là. Une maison. Je délire. Le silence mortel. Le rire d'inconnus. Le désordre. L'obscurité environnante, l'impression d'étouffement, le léger rayon de lumière. Les sourires mauvais. Les corps. L'impuissance. Le sang. La mort. La peur. Le soleil de Dantooine. La violence. La peine. La peur. La guerre. La terreur. Maître.... je suis désolée... j'ai vraiment... non !

Non, la Force semble ne pas vouloir que j'abandonne. Je dois me ressaisir. Mes poumons me brûlent du manque d'air. Je vais bientôt céder. Remonter. Remonter vers le futur, vers le présent toujours éphémère, laisser derrière moi les ombres du passé, immédiat comme lointain. Me remettre à la Force. Alviss. Niru. Elora. Mon pied touche le fond, me propulse vers la surface. Mon corps se débloque, se propulse vers la vie. Maître Greystone... Danaé... je sens enfin se déchirer la surface, l'air, l'air ! Ouatch ! Ouh... Se prendre un gros rocher naturel dans l'arrière du crâne, même à petite vitesse, cela ne fait pas vraiment du bien. Je dois sortir de là. Je suis blessée, meurtrie, griffée de partout, mordue parfois, mais encore vivante. Vivante, mais épuisée. Et sonnée. Ouh... m'agrippant au rocher salvateur, j'attends quelques minutes, me maintenant à la surface, que je récupère un minimum de souffle. Je veux me reposer. Je suis fatiguée, mais je dois rester debout. Éveillée. L'eau caresse plus doucement mon visage, le flot de l'eau bloqué par l'obstacle naturel. Je ne me laisserais pas emporter. Plus jamais on ne décidera de ma fin. Non. Je lutterais contre le courant si nécessaire... métaphoriquement. Parce que littéralement, je doute que cela soit une bonne idée. Très mauvaise en réalité


Mes cheveux détachés et détrempés me semblent si lourds sur mes épaules... mes vêtements humides comme des éponges me font grelotter de froid. Mes blessures me relancent. Si mon comlink n'était pas déjà hors service avant, je pense qu'il le serait maintenant. J'espère que mon sabre-laser n'a rien eu... heureusement qu'il était éteint. Ce serait une bonne idée quand même que je demande à être formée et obtenir un blaster, ou même une vibro-dague si besoin. Je ne pas dépendre que de mon sabre ou de la Force... pas vrai ? Je nage doucement, douloureusement, le dos encore douloureux et un peu bloqué. Je vais encore me faire gronder par les guérisseurs du Temple moi... Dès que je suis en sécurité, je regagne la rive et me laisse choir un petit temps sur la plage terreuse. Je n'ai aucune idée d'où je suis. J'ai un peu perdu la notion du temps depuis l'agression jusqu'au rocher. Je mets quelques minutes à récupérer toutes mes facultés, de Force comme physique. Mes perceptions du moins, pour le reste j'ai besoin de récupérer un peu plus longtemps... soulagée d'être entière ou presque, pas loin dirons nous, je m'autorise un éphémère et rare sourire :

- Je ne pense pas que c'était dans les plans de Maître Greystone que j'apprenne autant sur le tas la pleine réalité des missions... du moins en son absence. Je ne pense pas que c'est... le genre de travaux pratiques auxquels il aurait pensé.

Qu'est ce que je raconte moi ? Des bêtises... je dois être un peu sonnée. Traumatisme crânien léger ? C'est vrai que j'ai mal à la tête, et que mes pensées sont un peu confuses. Anémie ? Pas encore, la Force a pas mal pansé mes plaies quand même. J'ai du en perdre un peu, mais sinon je ne serais plus capable de penser ainsi. Je frôle l'arrière de mon crâne, et grimace. Cela ne saigne pas - plus ? - mais j'ai du me prendre un coup. Hématome en prévision ? Histoire de ne pas rester impotente trop longtemps, je chasse la douleur dans un coin de mon esprit pour affiner mes perceptions. Bon, où je suis maintenant ? Ah, je ne suis pas seule ! Il y a... quelqu'un non loin. Pas un sensible à la Force. Familier... quelques mètres plus loin. Danaé ? Je n'ai rien à perdre. Ma vision est encore un peu troublée, mais au diable. Pas le temps de me reposer. A pas prudents, reléguant avec force la douleur temporairement, je marche en direction de la présence. Je mets plus de temps que d'ordinaire, mais vu mon état, je ne suis pas étonnée... et je m'en fiche pour le moment. Une silhouette... échouée... en vie ? Dana... je murmure doucement, d'une voix éreintée et encore un peu rauque de ma traversée aquatique :

- ... Danaé ? Danaé !

A pas hésitants, vacillants parfois - je sais que je devrais me reposer, mais cela attendra un peu - je me rapproche de la silhouette. Ma vue se précise petit à petit, comme je me laisse choir à son côté. Inquiète, à genoux, je la retourne avec la délicatesse que je peux rassembler, avec précaution, comme nous l'ont apprit les cours de premiers secours au Temple. Doucement. Puis de toute manière, mes mouvements sont longs eux aussi, lents, mon temps de réaction ralenti. Endolorie. Dos contre terre. Puis légèrement de côté, face dans ma direction. Libérer les voies respiratoires, col - cou - ventre. Je prends l'une de ses mains fines, bien trop pâles à mon goût dans l'une des miennes, et demande avec le plus de calme possible bien que ma panique puisse se ressentir dans ma voix fatiguée :

- Danaé, m'entendez-vous ? Êtes vous consciente ? Si oui, faites-m'en signe. Serrez ma main, cligner des yeux si vous ne vous sentez pas encore la force de parler. Ne vous précipitez pas.

Dans le cas où elle ne m'entende pas très bien, je répète ma demande en usant de ma télépathie. Je suis inquiète, je ne le cache pas, mais soulagée au moins de la savoir vivante, respirant et le coeur battant. Maintenant, je dois savoir si elle est consciente puis ausculter ses blessures. Et les traiter autant que je le puisse. Je vous en supplie, Danaé. Ne m'abandonnez pas, Maître Greystone compte sur nous, compte sur notre retour... s'il vous plaît...


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Lun 4 Fév - 13:03



Flash-back :

Sotha : Dors... Repose-toi… C'est fini maintenant…

Dehors, à travers les nuages noirs, résonnaient les grondements violents de l'orage, dont les traits de foudre multicolores s'écrasaient sur la plaine blanche en gerbes d'étincelles et d'étoiles. Le vent faisait rouler les trombes d'eau, le fleuve comme une charge de milles chevaux descendait dans la vallée, impétueux et vrombissant dans l'éclat aveuglant du tonnerre. S'y mêlait le champ de l'eau crépitant sur les rochers, l'écume dévastatrice rampant sur les rebords de la nuit, le sable boueux s'échevelant, un marécage creusait sa tombe dans le lit sinueux et martelé de pluie, et là, explosaient au pied des falaises hautes déchirant le ciel les chutes d'eau, à leur pied miroitaient les lacs où venaient dormir les éclats des astres volants, des comètes, des planètes lointaines, des mondes illuminés, dans le brasier de feu qui grandissait… qui grandissait…

Sotha : Chute… N'ai pas peur… Je reste là… Je veillerai toujours sur toi, je te promet… petite Danaé…

Je n'entendais plus rien que le murmure de son chant, tout près de moi, une berceuse douce comme le vent du printemps qui se lève sur la plaine, agitant le feuillage des arbres où dansent les rayons de lumière du soleil haut et éclatant dans un écrin d'azur. Bientôt le bruit disparu, les hurlements, les grondements, la tempête, faiblissait dehors, et ne restait que le chant, qui berçait mes pleurs, et tes doigts blancs et fins, qui essuyaient mes larmes, et ta voix comme du cristal, et ton sourire, comme de l'argent, et ton baiser sur mon front, comme des plumes… Alors je m'endormis, peu à peu, mes paupières se refermèrent, et tu restais là, des heures entières, à côté de moi, tu tenais ma main minuscule dans la tienne, et tu chantais, contre mon oreille. Je ne me souviens plus, je ne me souviens plus de ce que tu chantais, je ne sais plus, cela fait longtemps, cela fait une… une…



Eternité. J'étais seule, dans l'ombre, et dans le silence, dans le vide, dans le néant. Il était venu de l'ouest, il avait balayé la nuit, les nuages noirs avaient courus jusqu'à lui, glissant sur un ciel éteint, dans la vieille maison où une vieille dame vêtue de noire attendait qu'il soit l'heure de venir chercher ses âmes arrachées, par le néant. Errante, voila comment l'on appelle ceux dont les âmes glissent parmi les nuages, et la brume qui peu à peu enveloppe toute chose, au pied des collines, et des chutes d'eau. Parce qu'ils remontent depuis la nuit noire, depuis les profondeur, depuis le cœur du monde, il remonte un son sourd et dévastateur, il remonte, comme martelant, sans cesse, dans le cœur du monde, le son des tambours, lent, régulier, il remonte, il bat, dans la nuit profonde.

L'eau, était partout, ici, ailleurs, tout était eau, en bas, en haut, autour de moi, et même après, et avant moi. L'eau, tout était eau, tout était liquide. Et moi-même, me vidant de mon sang lentement, j'étais… J'étais… Qui étais-je ? Avant de mourir. J'étais le ruisseau, j'étais la pluie, j'étais le torrent, j'étais la tempête, j'étais la cascade, j'étais le ciel et j'étais le fleuve, j'étais l'étoile, et son reflet, comme un joyau pure brillant sur une haute couronne cerclant mon front. Une couronne de diamants blancs, pures, avec des filaments d'or et d'argent, posé sur mes cheveux d'eau… J'étais la Reine aquatique… Dans le royaume des océans, et des lacs, qu'est-ce que ça disait déjà ? Qu'est-ce que tu chantais ? Quand la tempête venait à l'est, et à l'ouest, et au nord, et au sud… D'immenses étendues d'eau, dans l'argent de la lune, miroitant comme des saphirs, et le vent, faisant vibrer l'onde doucement, tout doucement, comme des gouttes d'eau, tombante une à une, et dessinant un visage, un reflet, dans le cours lent de l'eau. Ici, il n'y a que de l'eau, et tout est bleu, et argenté, et brillant. Il n'y a que de l'eau, oh non, il y a aussi la plaine, et la grande vallée, et les plages de sables fins et jaunes et blancs, et les falaises blanches, et l'écume blanches, et la forêt, d'émeraude, et l'eau, de saphir… Qu'est-ce que tu disais…Tu parlais de l'eau qui s'écoule, et de l'orage qui s'éloigne, et du soleil qui perce les nuages, et de leur duvet blanc, qui tombe en hiver, et du printemps et des fleurs sur les arbres… Je viens du printemps… Je viens des fleurs… Tout était en fleurs… Quand Theed brillait au loin, sur le haut plateau, et un rayon de lumière jaillissait et cerclait d'or la coupole du palais, ce n'était pas de l'eau qui tombait des chutes et des cascades, c'était des étoiles, elles brillaient dans le zénith, elles étaient éclatantes, de tant de couleur et de lumière, et le sol blanc des rues et des toits reflétaient le ciel, et tout était une mer d'or et d'argent, au printemps, au zénith…

Et tu chantais pour moi, une chanson qui parlait du printemps. Mais je n'en souviens plus. Tu chantais, pour Danaé, pour moi ? Pour Danaé… Du printemps et des fleurs. Quand il faisait noir, quand l'orage grondait, quand je pleurais, quand j'avais peur, tu chantais, sur l'eau, sur le printemps et les fleurs. Tu parlais de Danaé, qui était venu au matin du printemps. Quelle saison sommes-nous ? Je ne peux pas mourir hors du printemps, j'ai toujours vécu au printemps, j'ai toujours vécu quand Theed était en fleur, et quand le soleil irradiait, et resplendissait, sur les cascades. Et quand on a mis sur mes cheveux la couronne de diamant et d'argent, les arbres étaient couverts de fleurs.

Est-ce que je suis morte ? Est-ce que je suis entrain de rêvée ? Il fait si sombre ici. Et tout est silencieux. Pas tout à fait non. J'entends toujours, j'entends les tambours, qui frappent, depuis les profondeurs. Tout était néant, et vide, le vide… C'est injuste d'être morte, et d'avoir mal. Tout me brûle, comme si tout était en flammes, mais il fait tout noir, il fait nuit, et tout est eau. Rien n'est éternel. J'ai l'impression que tu es prêt de moi, comment est-ce possible ? Je ne suis pas chez moi, je ne suis pas à Naboo, impossible. Donc je rêve ? Intéressant.



Doucement, avec une crainte légère, j'entrouvre les yeux, le soleil m'éblouit, ses rayons obliques inondent par la fenêtre de ma chambre. Ma chambre, une petite pièce avec des murs peints par ma mère, remplie de soleils et d'étoiles. C'est une petite chambre, de petite fille, avec un tapis doux au pied de mon lit, et la porte en bois donne sur le couloir, c'est la dernière pièce, au fond du couloir. A coté il y a deux autre portes, les chambres de mes sœurs. C'est une jolie petite maison, dans les beaux quartiers de Theed, elle est plus grande en réalité, mais dans mon rêve, c'est une jolie petite maison. Je me lève et cours regarder à la fenêtre, dehors, des pétales roses et d'or tournoient et dansent, et il y a de la musique, et de la lumière, une lumière violette, et bleu, remplie d'ombre, qui grandit soudain, et dévore le soleil et le ciel bleu d'une nuit de ténèbres et d'obscurité, je recule, effrayée.

" Tu as fait un cauchemar, ma douce. "

La voix douce de Sotha m'apaise, douce Sotha… Tu es née l'été, tout est soleil et lumière en toi, et tes yeux sont des étoiles qui brûlent au loin, à l'autre bout de l'univers… Sotha, qui a toujours veillée sur moi, Sotha il est temps, je n'habite plus ici depuis longtemps, pourquoi suis-je revenue ici ? Où suis-je… J'ai oublié… Je suis partie. Naboo me manque, ma maison me manque, ma sœur me manque… Ma sœur… Je ne suis pas la seule à être partie, mes sœurs, mes sœurs me manquent… Des larmes coulent sur mon visage de craie blanche, je suis une poupée de porcelaine, et de cristal… Je me retourne, pour que tu me serres dans tes bras.

" Il est temps de se réveiller, Anastasia. "

Je recule sous la surprise, mais mes pieds se dérobent et glissent, je tombe dans un abîme, mes mains s'accrochent au rebord du précipice, sous moi, dans le vide, une immense cascade chute dans le brouillard sur le désastre de roches et de pierres à des milliers de mètres plus bas. Je retourne mes yeux sur la silhouette sombre qui se profilent au dessus de moi, ses cheveux noirs s'agitent dans le vent sur la falaise, alors que derrière elle se trouve encore le décor rassurant de ma chambre. Ses yeux noirs brillent et elle se penche sur moi.

- Sil, aide moi !

Elle agrippe mes mains qui glissent sur la terre humide, je sens comme des griffes pénétrer ma chair, elle se penche doucement à mon oreille, et dans un murmure me jette dans le vide qui s'offre à moi.

" Longue vie à la Reine ! "



Je poussais un cri de terreur, alors qu'autour de moi les loups hurlèrent et grondèrent, il faisait une nuit d'encre, sans fin, et je courrais en bas de la colline, je fendais les obscurités, et les arbres s'écartaient tout autour de moi, les branches s'abaissaient et dessinaient des serres pour m'attraper, des aigles dansant accrochés à la ramure, jusqu'au tourbillon de l'eau, et les crocs mordaient mes jambes, et les griffes lacéraient mon dos, et je courais, et je courais, plus vite que je n'avais jamais couru, je sentais la chaleur de leur souffle sur ma peau, et tout était déchirure, lacération. J'étais encore sur le sommet de la colline, les éclairs vert dansaient dans les ténèbres, des corps jonchaient le sol. Ils nous entouraient, leur crocs mordants, leur griffes arrachant. Tu dansais sur le sommet de la colline, tu dansais, et ils dansaient autour de toi, cherchant à te mordre, comme des loups, ombres géantes vêtues de crocs et de griffes… Et j'ai couru, je t'ai perdu, j'étais poursuivie, j'avais mal, il m'a acculé sur le sommet de la cascade, j'ai serré le manche de ma dague, il a bondit sur moi, nous avons disparu dans l'obscurité. Il fait nuit. L'eau était partout. Une brume s'élevait, des fantômes que regorgé la terre et les forêts, un brouillard de spectre, entre les arbres séculaires. La chute fut si longue, dans la nuit noire. Mais je t'ai entendu, comme dans un rêve. La chute était si longue. Puis tout était eau profonde et noire. Et mon cœur était vide. Et le néant, et le silence, et la mort, et le néant... Les abysses profondes… Je suis descendue dans les abysses profondes. Je n'ai plus respiré. Et je suis morte, au fond de l'eau, et tu es partie, à tout jamais, oubliée à ma mémoire qui quittait mon corps, comme la vie, doucement s'écoulant, des plaies qui brulaient…

Pourquoi avais-je si mal ? Où étais-je ? Le rêve se déroulait, comme un cauchemar, si vite, sans cesser, pourtant, j'avais mal, je voulais me reposer, et le silence, mais je ne cessais de courir dans la forêt des ombres, et des lumières. Et de me noyer, dans les eaux profondes. Tu étais là sur le sommet de la colline… Impossible. Tu étais sur le sommet de la colline. Où es-tu ? Lenia… Je suis désolée… Je sentis comme des gouttes de pluie, venir danser sur mes joues froides, des larmes mouillées, alors que je dérivais sur l'eau. J'entendais les tambours. Venir des profondeurs. Mon cœur, mon cœur, je l'entendais battre, mon cœur. Mes lèvres s'entrouvrirent, à la recherche d'un peu d'air, mais à la place je crachais l'eau, qui obstruait mes poumons, et doucement, enfin, l'air, l'oxygène, revint remplir ma poitrine. La douleur s'amplifiait à mesure que je reprenais conscience, elle était partout, elle était une deuxième peau, une identité propre, Danaé qui souffrait, étendue par terre.

Je voulais retourner à la nuit noire, aux abysses, ne plus souffrir, ne plus ressentir les morsures, les griffes, sur mon corps. Et les brulures, partout, tout me faisait mal, comme si je brulais, des bleus, des hématomes, accompagnaient les griffures, comme des touches de couleur sur ma peau blême. Mais c'était trop tard, mon esprit oscillait maintenant entre l'inconscient et la conscience, mais je ne pouvais plus retourner dans le profond sommeil, je ne pouvais plus rêver, je ne pouvais plus que me réveiller. J'étais seule, toute seule dans le silence, perdue sur cette planète horrible, loin de tout, loin de ma planète, rassurante, Naboo… Je ne pouvais pas dormir plus longtemps, je devais retourner sur Naboo, ils avaient besoin de moi. Mais plus les secondes passent, plus je me rapprochent du réveil, plus je sens la douleur qui hurlait dans ma tête, qu'est-ce que ma tête me faisait mal… Tout s'y mêlait, comme un mauvais film catastrophe, avec des poursuites dans un champ d'astéroïdes, des traitres, des crashes de vaisseau, des planètes inconnues, des monstres géants, la mort toute proche, et la chute, pour finir noyée au fond de l'eau… J'avais été rejetée sur le rivage, comment ? Je n'en sais rien. J'avais lutté, plus que je ne m'en croyais capable, contre la mort, contre les ténèbres, j'étais revenue à la surface, sur la rive…

En vie. J'avais gagné. J'étais vivante. J'avais vaincu contre les loups, contre le vide, contre le torrent, contre les profondeurs des eaux. J'avais vaincu. Et je vivais, je sentais mon cœur battre, les tambours des profondeurs. En vie. Douloureusement en vie… Blessée, j'avais perdue du sang, beaucoup ? Aucune idée, mais peu importe, j'avais survécue pour mourir, je n'avais plus la force de me battre, de me défendre, j'étais seule, livrée à moi-même, sur cette terre inconnue. J'entendais ta voix, elle s'était évanouie dans le silence à présent, ta voix lointaine, qui résonnait à travers le temps et l'espace, tandis que je m'égarai, hors de toute chose. Hors de moi-même, et de la vie. J'ai peur de mourir, j'ai peur, sans toi qui me berce en chantant. Je voudrais que tu sois là, t'entendre, te voir… Par delà la douleur. J'entend, oui, j'entend quelque chose, par delà la douleur…

" Dana… "

Le bruit de la voix se perdit dans les méandres de la douleur, comme un son lointain, étouffé, par les nuages, et le bruit de l'orage. Elle s'éloigna de moi, elle disparue, et me laissa à nouveau seule dans le néant, l'obscurité. Reviens… je t'en prie… ne me laisse pas ici… Sur le rivage où le vent souffle et où l'eau dévore mon cœur.

- Sotha…

Un murmure à peine audible franchit mes lèvres, étouffé, mon souffle se bloqua dans ma poitrine et je toussai, crachant à nouveau de l'eau, la douleur à ma tête se fit plus vive encore, elle semblait comme réunir toutes les autres, et à chaque fois que je respirai, j'avais mal jusqu'au plus profond de moi. J'avais froid, tellement froid, j'étais glacée, trempée, mes cheveux emmêlés pleins de sable, j'étais recouverte d'égratignures, de bleus, d'éraflures, de griffures, mon vêtement au coté droit était couvert de sang, du sang qui dégoulinait sur mon pantalon, des entailles profondes entaillés ma peau, au-dessus de la hanche, et d'autres lacérations entaillaient ma cuisse gauche, et le bas de mon dos. Je poussai un gémissement de douleur et ma respiration s'accéléra légèrement.

" Danaé, m'entendez-vous ? Êtes vous consciente ? Si oui, faites-m'en signe. Serrez ma main, cligner des yeux si vous ne vous sentez pas encore la force de parler. Ne vous précipitez pas. "

Sa voix… Elle m'était comme familière, ce n'était pas la voix que j'avais entendue au fond de l'eau, s'en était une autre. Danaé ? Peu de personne utilisaient mon prénom. Ca restreignait le champ des possibles. Pourquoi avait-elle l'air effrayée ? Je vais bien… Je suis juste épuisée… Est-ce que je vais mourir ? Est-ce que mes blessures sont graves ? J'aimerai mieux pas, il y a pleins de choses que j'ai jamais eu le temps de faire. Ca pèse lourd, une couronne. Je remuais légèrement mes orteils, la douleur irradiait dans tout mon corps avec violence, c'était déjà ça, au moins je ressentais encore tous mes membres, même si c'était à travers la douleur, et la fatigue grandissante. Je bougeais légèrement le bout de mes doigts, je sentis quelque chose, d'étrange… La voix répéta, et je me focalisai à nouveau sur la personne qui parlait, sur le son de sa voix, que je connaissais… Je l'avais laissé au sommet de la colline, dans les éclairs vert…

- Lenia…

Finalement c'était plus facile de murmurer que d'ouvrir les yeux. Peut-être que j'avais peur de ça, peur de mon cauchemar, d'ouvrir les yeux, et de voir le visage de Sil à la place, prête à me jeter dans un océan de flammes. Un brasier où je me consumerai, éternellement… Rien n'est éternel… Prudemment, avec une certaine crainte et appréhension, j'entrouvris les yeux, et découvris le visage penché sur moi, se découpant sur l'obscurité, entouré d'une légère lumière diaphane et bleutée, dans le scintillement du ciel où se reflétait une mer d'étoile… C'était la forêt, qui brillait ainsi, j'avais oublié… J'avais oublié comme elle brillait…

- Je suis désolée…

Tout ce désastre, tout ce sang, toutes ces blessures, par ma faute… Etais-je égoïste au point de… de tout détruire… Je regardai le visage de Lenia, couvert de bleus et d'éraflures, elle qui avait vaillamment combattue, et moi, qu'avais-je fait ? Je m'étais enfuie… Au lieu de lutter sur le sommet de la colline, au lieu de mourir. Si elle n'avait pas du me protéger, elle n'aurait pas été blessée. C'était ma faute. Ma faute, uniquement ma faute… Je voulu lever ma main vers son visage, mais j'étais faible, et elle retomba le long de mon corps, des larmes coulèrent sur mes joues froides, et mes yeux se refermèrent d'épuisement. Au moins, je n'étais pas seule, c'était vraiment égoïste, je m'en voulais tellement de l'avoir mêlée à tout cela, de l'avoir mise en danger, d'avoir mis tout ces gens en danger, par ma faute, mais, quand j'étais encore inconsciente, et que j'étais seule, dans les ombres, je priais pour que quelqu'un soit là, et que je ne reste pas toute seule…

Il me semblait encore t'entendre, au lointain, il me semblait entendre le son de ta voix, ton chant doux et mélodieux se mêler aux murmures du vent dans les feuillages, aux bruissements des branchages, aux craquements des écorces, aux crépitements de l'eau sur les rochers, à l'éclat d'argent des chutes sur les vapeurs blanches d'écume ondoyante, à l'onde du lac dont la douce vibration glissait lentement jusqu'à la rive au dessin tremblant et déchiqueté. Il me semblait t'entendre chanter, quelque part dans le bois sombre et crépusculaire, où le soir ne cessait jamais de tomber, où les ombres ne cessaient jamais de grandir. Et toi, de ton chant d'or et de cristal trébuchant en rigoles joyeuses tu chassais les fantômes des brumes, et ta lumière qui envahissait tout chose murissait sur le front des arbres géants tandis qu'entre leurs feuilles d'or tu déambulais, spectre vêtu d'une robe blanche brillante comme le soleil du matin se reflétant sur les pierres blanches de marbre… C'était plus doux encore et milles fois plus beau que le chant des oiseaux au balcon des arbres, c'était des voix d'ange qui s'enlaçaient sur le ciel de nuit, loin, et si près en même temps, comme un merveilleux murmure chanté à mes oreilles. La musique, qu'elle soit rêvée ou réelle, imaginaire ou présente, m'apaisa lentement, chassant de moi la peur, l'angoisse, et la douleur, pour ne laisser plus que cet immense sentiment de fatigue et de lassitude. Je sentais que j'aurais pu m'endormir, là, bercée par ce chant qui ressemblait tant à ta berceuse, mais qui maintenant sonnait plus comme une symphonie évanescente des arbres et de la Nature qui chantait doucement près et loin de moi… Car rien ne pouvait produire son plus pure et beau que la Pureté et la Beauté elle-même.

Mais il n'était pas temps de dormir non. Qu'importe les chants et les murmures du vent. Je rouvris les yeux doucement, j'ignorai où j'étais, j'ignorai combien de temps avait pu passer, je ne savais pas même combien de temps mes yeux étaient restés clos, cela aurait pu être un instant comme une année. Le temps paraissait suspendu au ciel éphémère. Je contemplai le visage de Lenia, légèrement flou le temps que ma vision se stabilise et s'adapte à l'obscurité. Revenant lentement des abysses...

- Qu'est-ce qui c'est passé… je… je suis désolée… je ne voulais pas te laisser… Mais je suis tombée… Puis j'étais poursuivis… et…

Tout était trop trouble dans mon esprit, ma voix fragile était hésitante, faible, je toussai un peu, chassant le reste de l'eau dans mes poumons. Au moins nous étions vivantes, c'était une bonne chose… espérons que ça dure.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Lun 4 Fév - 16:58

Elle ne semble pas réagir. J'ai tellement peur. Une peur si dévorante qu'elle menace même mon calme Jedi. J'ai peur, j'ai peur pour elle... j'ai tellement peur de te perdre. Je n'aime pas perdre des gens, encore moins quand ils deviennent chers à mon coeur. Je sais que les Jedi doivent rester prudents avec l'attachement. Maître Greystone me l'a rappelé quand il m'a prise sous son aile, et à diverses reprises par la suite. Bien qu'il ait davantage insisté sur l'attachement vis à vis des objets, des 'possessions' en ce sens, il n'a pas besoin de me faire la leçon sur l'aspect humain de la question. Les Jedi ne sont pas des droïdes, enfin les Jedi ne sont pas des pures machines humaines. Ce concept même n'existe pas, quand on repense au triste destin des soldats clones lors de la Guerre du même nom. Même eux, avaient une conscience, des doutes, des choix. En dehors des robots de combat de la fédération et des modèles de base, même les droïdes avaient une âme. Il me suffisait de me reporter au droïde protocolaire de l'orphelinat de mon enfance, aux deux compagnons mécaniques de mon Maître, Aran et Prudii, pour en être assurée. Même si la question me dérange, je suis certaine que les Sith, d'une manière ou d'une autre ont des attachements, qui parfois les font choir de l'autre côté. Même s'ils me font horreur et qu'ils soient mes ennemis, eux aussi ne sont pas des machines sans coeur... alors même les Jedi sont capables de ressentir de l'affection, d'aimer...

"Lenia…"

Une fois encore, mon prénom seulement. Je ressentirais presque, si elle était une Jedi et moi un Chevalier Jedi, le lien d'affection amicale nous unissant vibrer avec douceur et douleur mêlées. Pourquoi ces deux termes sont-ils horriblement si proches phonétiquement, entre une consonne sifflante et une consonne labiale ? Je n'ai pas beaucoup d'amis, très peu en dehors de Elora, et de mon Maître à un certain point, mais je tiens beaucoup à eux. Ceux si hauts dans mon estime... tout comme toi, toi aussi, Danaé, même si je ne le montre pas toujours clairement derrière le masque de Jedi que je suis obligée de porter. Légèrement soulagée - cela doit se faire à ma rare expressivité faciale ouverte - je sens mon corps se relâcher légèrement, un peu de tension ôtée de mes si frêles épaules. Serrant avec un peu plus de vigueur ses doigts, comme pour l'accrocher à la vie, l'encourager, je souris de manière amicale et franche, montrant mon soulagement. Rarement je me montre aussi ouvertement, je suis trop pudique et prudente d'ordinaire. D'ordinaire, j'ai peur des attachements. Car quand ils cèdent, ils font mal, très mal... ma voix est infiniment douce et rassurante, calme et rassurée, plus sereine déjà :

- Danaé, vous êtes en vie... Force soit louée. Restez avec moi, essayez de rester consciente. Tout va bien aller, nous sommes en sécurité, je vais m'occuper de vos plaies. Je suis désolée que...

Elle semble si fragile, si faible. Ses yeux m'observent, mais ils sont si ternes. Elle est très faible, vivante mais très vulnérable. Elle compte sur moi. Elle compte pour moi. Je dois rester calme. Je dois garder la situation au contrôle. Je dois puiser dans le Calme Jedi. Souviens-toi Len'... ce n'est pas en paniquant que tu pourras lui venir en aide. Mais... Quoi ? J'ai tellement peur de la perdre. Je dois la garder consciente autant que possible. Consciente, j'ai le moyen de la maintenir à la vie. Il faut que je me préoccupe de ses blessures, mais il faut que je la rassure aussi et que je la garde éveillée. Jamais je ne me suis sentie aussi seule et désemparée qu'à ce moment. Jamais je n'ai autant senti mon inexpérience me 'cracher' au visage, me rappeler mon impuissance. Oh que je me sens désolée de n'avoir pu... de n'avoir su... Danaé... Tout est de ma faute, j'aurais du...

"Je suis désolée…"

J'hoche négativement de la tête, et seul le Calme Jedi m'empêche de paniquer et de mêler de salines et amères larmes de regret aux siennes. Ce n'est pas de sa faute, c'est de la mienne. Je n'ai pas envie de vous perdre. Je ne veux pas encore voir quelqu'un périr à cause de moi. A cause de mon impuissance, à cause du fait que je sois faillible, juste une vulgaire humaine avec des capacités inhabituelle. Je vois sa main essayer de se lever doucement vers mon visage, avant de retomber. L'impuissance me serre le coeur comme un étau. Maître Greystone, Maître Yunstar, Maîtres du Temple, Sages Esprits, Force, que devrais-je faire ? Que puis-je faire ? Ma voix brisée et encore un peu rauque murmure doucement, comme la bise d'un matin printanier un peu frais, après les averses de la mi-saison :

- Ne le soyez pas Danaé... c'était de ma faute. Je n'ai pas été capable de veiller sur vous, rien ne s'est passé comme prévu. C'est à cause de mon inexpérience et de mon incompétence. Soyez sûre que je ne vous... je ne te laisserais pas tomber. Je ne t'abandonnerais jamais... restez avec moi, écoutez ma voix.

De nouveau elle ferme les yeux, et ma panique monte d'un cran. Je l'appelle de nouveau, pas de réponse. Inquiète, je me penche sur sa poitrine et écoute avec attention les battements de son coeur. Un peu irréguliers, mais présents. Normal pour quelqu'un de blessé, mais il faut que je surveille. Sa poitrine, sa cage thoracique se soulève et s'affaisse à un rythme plus régulier, un peu trop lent, mais pas alarmant non plus. Il faut que je la maintienne... combien je regrette d'avoir perdu mon manteau de Jedi ! J'aurais pu lui tenir chaud avec... et mon sabre-laser ne me serait d'aucune aide. Avant tout, m'occuper de ses blessures. Cela m'aidera à ne pas me sentir trop coupable et à rester concentrée. Tout n'est pas perdu... elle semble dormir, elle est stable. Occuper mes mains utilement... occuper mon esprit rationnellement... m'occuper...

Avec une délicatesse infinie, j'ausculte ses nombreuses blessures. Certaines sont mineures, infimes, mais une sur son flanc droit me préoccupe un peu plus, elle est plus sérieuse. Je dois stopper l'hémoragie, même si je ne pourrais pas faire grand chose contre les os cassés, les entorses ou les vertèbres froissées s'il y en a. Mes pouvoirs de Force ne sont pas assez développés encore... je dois surtout reposer sur mes compétences théoriques médicinales et mes enseignements de premiers soins. Occuper mon esprit. Adoucir ma culpabilité. Mes mains jeunes mais connaisseuses, auréolées de la mince lueur bleutée de la Force, passent sur les plaies les plus graves, les pansant tout d'abord, avant de filer sur les plus mineures. Soulager de la douleur, panser les blessures. Jusqu'à l'épuisement pour moi si besoin. Mon mal de tête croit, mais j'insiste. Je me sens drainée... ma tête tourne... il faut que j'arrête. Je dois rester consciente. Je dois veiller. Je dois la protéger. La Reine de Naboo, Sa Majesté si pacifique... et mon amie.

Inspirant légèrement, je puise autant que je le peux sans tomber inconsciente dans mes réserves de pouvoirs de Force. Je ne suis qu'une padawan, donc nettement moins entraînée et nettement moins endurante sur le plan physique comme sur le plan... disons, métaphysique. Psychique presque. Spirituel même. Je ne suis pas la Force, je ne suis qu'une humble servante de cette dernière, de son côté lumineux. Je ne suis qu'une apprentie, bien que non plus une initiée, je ne suis pas une membre pleinement formée. Je suis encore jeune... et je maudis en cet instant cruellement ma jeunesse, si jeune... je n'ai que seize ans, pas encore atteints, bientôt, d'ici quelques mois. Cette tâche réalisée, j'ausculte mon matériel, et me trouve soulagée que ma trousse de secours ait une fois de plus vérifié sa légendaire résistance et imperméabilité. Il doit encore me rester un gel tiré du bacta pour les plaies... cela la soulagera un peu. Pourvu qu'il m'en reste... oui. Il m'en reste assez confortablement pour une personne. Un peu limite pour deux. Je fais passer Danaé en priorité. Je suis plus résistante et endurante qu'elle, elle en a plus besoin que moi. Je le sais, je décide. Sans doute elle ne serait pas d'accord, mais ici c'est moi qui choisis.

Lentement, décalant selon mes besoins les couches de vêtements de sa majesté, comme le ferait un guérisseur, j'en applique comme je le peux sur les blessures, les plaies ouvertes. Pour les hématomes, c'est moins efficace, cela prendra plus de temps à les faire disparaître. Mais au moins je la garderais en vie, à son réveil nous pourrons sans doute changer notre position. Nous devons rester en mouvement. Mobiles, et trouver un chemin pour rejoindre le vaisseau et le Capitaine Magnus. Il doit s'inquiéter. Il a du entendre nos cris. Les hurlements. Ils doivent nous chercher... il faudrait que je le rassure. Mais comment le contacter ? Je ne connais pas son esprit, et il est si loin... si loin... je ne peux pas risquer un appel 'ouvert' dans la Force, dans le cas où un Sith, un Jedi Noir ou un Chasseur de Primes sensible à la Force serait dans le secteur. Je ne connais pas bien les esprits des deux suivantes, pas plus que ceux des blessés. Nous sommes seules, livrées à nous-mêmes il semblerait... une vague de responsabilités vient s'écraser, s'abattre avec fracas sur mon coeur si tendre, si jeune et encore si inexpérimenté. J'ai peur, Maître. J'espère faire les bonnes décisions. Comme, pour la énième fois, je regrette de n'avoir votre conseil...

Bientôt, j'ai apposé des bandages efficaces sur les blessures importantes, et griffures, plaies graves, coupures, morsures, tout est imbibé de bacta sous le tissu délicat et élastique des bandes de premiers secours. Je ne vois quoi faire de plus, sinon surveiller son état et nos environs avec une vigilance redoublée. Je dois aussi récupérer mon énergie, et je ne peux pas dormir. Je n'ai pas beaucoup de choix à vrai dire. Peu d'équipement, seule pour veiller. Il ne me reste que l'art de la méditation légère. Méditer assez pour calmer mon esprit agité et réfléchir sur ce que nous devrons faire par la suite, mais léger pour rester attentive à nos environs et cette fois ne pas me faire surprendre. Je ne sens pas de menace, mais sait-on jamais... je déconseille vivement à la moindre menace de nous approcher maintenant. Je suis Jedi, certes, mais même les Jedi ont leurs mauvais jours. Aujourd'hui est un mauvais jours, vis-à-vis des ennemis du moins. Alors j'ai beau être Jedi, je n'hésiterais pas à prendre mon arme si je nous sens menacées d'une manière ou d'une autre. Pas me sous-estimer...

J'applique brièvement les quelques bandes restantes sur mes plaies les plus importantes, et le reste de gel de bacta sur mes plaies. C'est à dire, peu. Mais moi j'ai la Force, Danaé ne l'a pas. Point final sur la question. Tout est calme autour de nous, même le clapotis de l'eau semble m'inviter à me relaxer, me laisser aller. Curieux, j'avais l'impression que c'était un torrent furieux avant, et maintenant c'était aussi doux qu'un ruisseau, voire qu'un ruisselet... étrange, décidément. La forêt elle aussi semble scintiller d'une douce lueur bleutée, et des lucioles délicates flânent sans but dans les airs nous entourant. Je ne sais pas si les Maîtres me croiront quand je ferais mon rapport sur cette étrange aventure... si jamais on me laisse l'occasion de le faire... de rentrer...

"Maître... si seulement je pouvais avoir un centième de votre force et de votre assurance en ce moment. Je m'efforce de bien faire, et tout pourtant semble contre nous. Mes plans semblent impeccables... et tout part mal pourtant. Pourquoi ? Pourquoi n'arrive-je pas à vous contacter ? Je me sens seule... perdue et si impuissante..."

Soupirant légèrement, j'observe mon reflet transmis par l'onde aquatique sous la lueur du crépuscule, de la nuit qui s'annonce, de la nuit qui est tombée. Les heures se sont écoulées si vite... si lentes en même temps. Je n'aime pas la nuit. En plus de refléter les étoiles, surveillant ma protégée par la Force, je regarde ce visage fatigué, pâle et légèrement éraflé qui est le mien. J'ai vraiment sale mine. Des éraflures de ronces, de griffe évitée de justesse, dont une se trouvait juste au dessus de mon sourcil droit. Moche, mais traitée. Il n'en restera heureusement rien avec les actions conjuguées de la Force et du bacta. Un vilain hématome rose-violacé courre sur le bas de ma joue droite. L'arrière de mon crâne me pique toujours un peu. Je baisse mon regard, imaginant sous mes bandages maison la légère morsure sur mon avant-bras, les griffures déchirant mes épaules. Mon torse est indemne, par chance, en dehors de quelques éraflures. Ma défense n'a pas cédé au pire des moments. Mes jambes sont assez épargnées aussi, heureusement, en dehors de ma cheville lancinante. Le dernier combat et la course folle l'ont réveillée, et je suppose que cela n'a pas arrangée la foulure. Il faudrait que je resserre le bandage élastique. Mais je n'en ai pas le courage immédiat. J'ai eu mon lot de douleur pour les prochaines minutes... j'inspire légèrement, me remettant en position de tailleur tout près de Danaé, m'assurant une dernière fois que tout était calme, avant de fermer les yeux et laisser la Force m'entourer de son étreinte protectrice...

Ce que je fais ? Une méditation. Mais pas n'importe laquelle. La première étape, la première forme de base d'une transe de guérison pour accélérer un peu le soin de mes plaies. Je me relaxe singulièrement, laissant mon corps se détendre quelque peu, prenant conscience de chaque accroc qui lui a été apposé, de leur douleur... avant de tout mettre de côté, de les accepter et de les repousser. J'imagine la Force comme une douce bulle chaleureuse autour de moi, mais une bulle non opaque. Une bulle aussi translucide que l'eau la plus pure, aussi transparente que l'air invisible qui danse autour de nous, librement. Harmonie. Je ne dois pas sombrer dans le sommeil ou la méditation profonde. Je dois rester concentrée dans cet entre-deux pas si évident qu'il ne semble. Je ne suis pas dans la sécurité du Temple, je dois rester consciente et capable de réagir dans la nano-seconde qui suit en cas de besoin. Cela semble fonctionner pour le moment. Une douce impression de légèreté et de clarté d'esprit me remplit, comme j'ai l'impression de mieux ressentir encore mes environs. Je ne saurais les voir, les représenter, les visualiser précisément, mais... comment dire... je sens, je 'ressens' la vie autour de nous. Je ressens le calme envoûtant et inquiétant de la planète, qui semble nous appeler jusque dans son coeur. Cet appel irrésistible auquel nous devons résister. Nous devons rentrer chez nous.

Chez nous... un sentiment de mélancolie me gagne alors. Naboo n'est pas mon véritable chez moi, c'est vrai... plus que ma deuxième maison. Le Temple Jedi comme ma deuxième famille. Maître Greystone... c'est particulier. Je dirais un peu comme une figure mélangée du tuteur et de l'adulte/ami responsable de vous, de guide et de mentor, de conseiller et de modèle dont on peut s'inspirer. Elora est ma meilleure amie, la meilleure que je n'aurais jamais. Je la connais depuis si longtemps... bientôt onze ans... dans quelques mois. On est très proches, si proches que si nous n'étions pas Jedi et de sang différent, on pourrait nous confondre comme des soeurs. Ironique. Cette petite-soeur, enfin en un sens, qui est nettement plus expérimentée que moi, l'aînée de dix ans. Elora...

"Tu es faible, tu as besoin de moi. Tu ne saurais rien faire sans moi..."

Ce n'est pas vrai. Je ne suis pas toute puissante, mais je ne suis pas faible non plus. Je ne le suis plus, et je ne veux pas le redevenir. Tu mens, Alviss. Tu mens. Tu ne peux que mentir, ce n'est pas vrai. Je ne veux pas te croire... Entendrais-je encore ta voix ? J'espère que l'holodisque n'est pas cassé... ta voix, toi le gardien des mystères qui m'entourent. Tu es odieux et méchant, Alviss. Je ne te connais pas... devrais-je te connaître ? Je ne saurais le dire. Devrais-je me confier à Maître Greystone ? Lui faire confiance, et le laisser m'aider comme il me l'avait proposé lorsqu'il m'a prise sous son aile ? Chercher avec lui à comprendre qui je suis, enfin qui j'ai été, pour comprendre qui je suis ? Oui, je devrais...

... qu'est ce que je fiche dans les Archives du Temple ? Pourquoi mon esprit m'a-t-il emmenée là ? Et pourtant, quand 'j'ouvre' mes yeux, je reconnais cet environnement familier. La silhouette au loin, immobile, du responsable des Archives. Le matin qui s'annonce doucement, par la lueur tamisée offerte par les fenêtres du Temple. Je suis dans la section ouverte aux Initiés. Pourtant je suis une Padawan maintenant, n'est ce pas ? La couverture glisse sur mes épaules... blessées pourtant. Je dois mêler souvenir à imagination. Force, que se passe-t-il ? Intriguée, je cherche la silhouette familière de Maître Greystone. Si on est dans CE souvenir, il doit logiquement être en face de moi. Ce jour qui a changé littéralement ma vie. Je souris doucement. Je ne saurais lui être assez reconnaissante pour sa confiance, sa décision, sa gentillesse compréhensive à mon égard. Il est en face de moi effectivement, à me regarder - je suppose dormir - tandis que d'un geste de la main il commence à s'emparer du datapad que j'étudiais. Problème, il est comme figé dans son action. Étrange. Qu'est-ce...

"Qui te dis qu'il n'a pas fait cela parce que tu lui faisais pitié ? Qu'ainsi il pourrait mieux te manipuler ? Tu sais aussi bien que moi comment sont les adultes... on ne peut pas leur faire confiance."

Désapprobatrice et méfiante, je me redresse d'un coup, laissant la couverture choir au sol sans m'en préoccuper cette fois. Je darde un regard bleuté mécontent et perdu vers l'origine de la voix, glissant d'une voix froide et calme de se montrer, s'il ose proférer de telles infamies sur mon Maître. Un rire. Une grande silhouette aux traits sombres perchée contre une étagère. Les ombres me cachent son visage. Mais son sourire ne me rassure pas. Ses cheveux bruns semblent désordonnés, plus clairs et pourtant si proches des miens. Et ses yeux... pourquoi est-ce que j'arrive à voir ses yeux, si bleus, du bleu d'un ciel d'été confrontant l'océan des miens ? Je ne comprends pas. Mon esprit doit dérailler. Je dois reprendre la main. Je ne dois pas dormir. Mais je ne lui donnerais pas l'impression de fuir. Je ne serais pas couarde devant telle insolence contre une personne que je juge particulièrement formidable. Mes traits se durcissent, mes sourcils se froncent et je perds mon sourire, je suis sur la défensive en dépit du calme Jedi et en dépit de moi, répétant :

"Tu mens. Tu ne peux que mentir. Ce ne sont que mensonges. Maître Greystone ne s'abaisserait pas à agir ainsi. Il a été le premier à me considérer, à me respecter telle que j'étais, à m'accepter comme j'étais, à m'apprivoiser et inspirer mon respect. C'est une personne formidable, il n'est pas un 'adulte' comme les autres. Il mérite le respect. Son âme est pure, claire comme le cristal le plus brut, limpide comme l'eau la plus pure. Il n'y a pas de mensonges avec lui, il est franc sans être méchant. Pas comme toi. J'ai confiance en lui. Je n'ai pas confiance en toi. Vas-t-en, tu pollue de ta présence ce souvenir."

Pourtant il ne perd rien de son sourire. Au contraire, il s'approche de moi, à pas lents, mesurés. Ses traits me restent étrangement flous. Inquiète et sur mes gardes, je me pose entre mon maître immobile et la menace. Mon sabre-laser aussi activé. Je n'aurais pas aimé faire un duel dans les Archives en réalité, mais ici ce n'est qu'un souvenir, qu'un tour de mon esprit, n'est ce pas ? Mes mains tremblent malgré moi sur la garde de mon sabre-laser, la lame verte de vie tremblote elle aussi. J'ai peur. Pourquoi ? Il rit comme un dément. Son rire, calme, frigide, me tétanise et m'inquiète. Il se fige à quelques mètres de moi, me toise. Je n'aime pas ne voir que ses yeux. Je me sens vulnérable. Fragile. Tout ce que j'ai juré de ne plus être. Je sais ce qu'il tient. Je me glace. Le cadavre du sénateur véreux... un trou béant dans sa poitrine. Le corps blessé, malmené de Danaé au sol. Il me répète à voix lente et cruelle, d'un ton pourtant si plaisant et détestable à la fois :

"Tu es faible, tu as besoin de moi. Ouvre les yeux sur la chose impuissante que tu es, Len'. Tu ne saurais rien faire sans moi. Sans lui. Seule, tu es faible. C'est de ta faute. Tout est de ta faute, pour une simple raison. Tu es faible. Pitoyable. Sans moi, tu n'es rien. Lenia."

Paniquée, je regarde les Archives disparaître, Maître Greystone disparaître, comme mon esprit semble glisser malgré moi dans des contrées que j'aurais préféré qu'il s'abstienne de se rendre en pareille situation. Noir. Puis la scène change. De nouveau ces vestiges Jedi en ruines. Les étages inférieurs, délabrés, à peine accessibles. Les créatures dangereuses semblent absentes. Pourquoi ? De lourdes portes devant moi. Une image de mon esprit je présume. Le mystérieux Alviss et son regard mauvais, semblant me mettre au défi d'ouvrir les portes. Je n'arrive pas à me sortir de ce songe... Pourquoi ? C'est comme si j'expérimentais une sensation en dehors de mon corps, détachée de moi-même tout en étant profondément en moi-même. Curieux paradoxe. Je sens que Danaé est encore vivante, inconsciente. Je sens qu'aucun danger ne nous guette. Tout est calme dans le monde réel. Sabre-laser au point, je décide de l'attaquer, ce cruel qui me tente. Mais il s'évapore dans un dernier rire et je ne fend que l'air. Frustrée. Je toise les portes. Derrière moi je n'ai qu'un mur effondré, bloquant sous les gravas l'autre porte de sortie. Vais-je revivre l'un de mes horribles songes ? Je ne suis pas sûre d'être prête... Mais quand le serais-je si je continue de les fuir éternellement ? Les accepter... puis les repousser. Les décoder, les interpréter, les assumer, puis les laisser s'en aller... qu'est ce que je risque, au fond ? Je suis toujours consciente, et je ne vois que ce moyen pour sortir de ma méditation sans aide. Donc, comme Luke Skywalker a pénétré l'Etoile Noire au début de son épopée Jedi, je décide d'ouvrir ces dangereuses et tentatrices portes. Pourvu que ma décision... ou la Force me guiderait-elle ?

Noir, lumière éblouissante. Puis toutes les images sont confuses, volent à une vitesse effarante. Comme si je revivais tout comme un pauvre esprit spectateur de l'horreur qui défilerait sous ses yeux en vitesse accelérée. Je panique. Ce n'était pas une bonne idée, finalement, d'ouvrir cette boîte de Pandore. Je cherche à me replier, mais je ne peux plus me dérober. Confusément, je ressens de nouveau cet étrange univers de noir autour de moi, et ce rayon de lumière. L'odeur insupportable se faisant de plus en plus présente. Des voix confuses, dont celle de l'insupportable provocateur de tout à l'heure. Alviss. Les voix s'éloignent à l'étage. Avant, les cris, une voix perçante, étranglée, l'autre grave, grondante puis éteinte. Silence. Horrible silence. Horrible pressentiment qui glace mon coeur d'enfant d'alors. La sensation des larmes coulant en silence sur des joues encore rondes de la jeunesse. La sensation de la respiration que l'on retient, que l'on essaye de taire. La panique, la terreur grandissante. Les traits enfantins d'Alviss, son regard dans ma direction, son sourire mauvais, triste et un peu fou. Il s'en détourne, et s'en va avec un grand nombre d'individus caractérisés dans mon esprit d'alors comme "mauvais" et "inquiétants". D'imposantes et terrorisantes armes, des blasters conséquents, des vibro-lames de de tailles impressionnantes, et autres. Que s'est-il passé ? Je dois... je ne dois... je vois nettement les traits d'Alviss, pour la première fois. Visage teinté de sang, une dague ensanglantée dans sa main. Je n'aime pas cela. Deux corps confus, que mon esprit curieusement refuse de m'identifier, un peu plus loin, échoués au sol. Il faut que je sorte, maintenant. Sinon je vais tomber malade. Terrorisée, j'essaye d'ouvrir les portes de mon refuge, qui résistent. Je dois venir à leur chevet, je dois savoir ! Forçant une dernière fois, les portes s'ouvrent, éblouissantes, rire d'Alviss, lumière, sons, et...


Sortie brutalement de ma méditation, je sursaute et bondis sur mes pieds, sabre-laser en main, pas allumé encore, et respiration haletante. Ouh... ouf. R.A.S. Ce n'était qu'un songe... mystérieux, je l'ajoute à la série de songes inexplicables et terrifiants que j'ai depuis des années, depuis presque treize ans, depuis... que je ne suis plus chez moi. Inspirant profondément, expirant, j'essaye de recouvrer mon calme. Tout va bien. Je suis sortie de ce songe. Tout va bien... calme... je frissonne encore un peu, avant de me reprendre comme je sens Danaé revenir vers le monde des conscients. Me rasseyant lentement, mes jambes encore tremblantes, je ravale ma frayeur passée et pose quelques secondes le masque de calme du Jedi, le temps que je me recompose un peu. Mon regard bleuté se tourne vers Danaé, brillant d'une douce lueur soucieuse et amicale, attentive alors que cette dernière souffle :

"Qu'est-ce qu'il s'est passé… je… je suis désolée… je ne voulais pas te laisser… Mais je suis tombée… Puis j'étais poursuivie… et…"

Elle... me tutoie ? La surprise est si grande que j'en oublie temporairement l'étrange et rude rêve dont je viens de me tirer. L'honneur de cette familiarité complice me réchauffe le coeur, et avec douceur infinie, je pose ma main gauche - sans y pensée, celle bandée entièrement - sur la sienne, la serrant légèrement sans la perdre de vue, la regardant dans les yeux avec compassion et autant de réconfort et de chaleur que je puisse donner, hochant doucement la tête de manière négative :

- N'épuisez pas vos forces, Danaé. Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Vous n'avez pas à être désolée : il y a des choses qu'on ne saurait prévoir, et moi-même je n'ai pas été à la hauteur pour vous protéger. A un moment, nous avons été séparées, les prédateurs étaient rusés, et ils m'ont retenue un long moment. Quelques uns sont partis à votre suite. J'ai fais aussi vite que j'ai pu quand j'ai entendu votre appel pour me défaire de mes adversaires, mais... je crois que je n'ai pas été assez rapide pour vous porter secours... plus tôt.

Je sens le regret et l'impuissance de nouveau étreindre mon coeur, mais je les chasse une fois de plus dans un coin de mon esprit, inspire légèrement et reprend d'une voix calme et posée, ne dévoilant mon trouble que par ma voix légèrement tremblante quelques rares fois, et l'éclat de mes yeux désolés :

- Une des créatures a du vous faire tomber, je suppose que vous avez réussi à vos en défaire en chutant. Je suis arrivée quelques minutes après, je... je craignais réellement pour votre vie. J'avais peur... d'avoir échoué... et de vous avoir perdue.

Ma voix s'est légèrement brisée, déjà nettement moins rauque qu'avant ma méditation. Doucement j'invite la Reine à se positionner sur son flanc non blessé, pour aider l'eau qu'elle a pu ingurgiter malgré elle à finir de s'échapper. Mais je sens que nous sommes vivantes, et en sécurité pour le moment. Me reprenant, je secoue doucement ma tête et reprend avec le plus de calme possible :

- J'ai été encerclée comme vous par la demi-dizaine de membres restants de la meute, j'ai réussi à en défaire quatre, et le dernier m'a entraîné dans son élan dans le vide. Comme il s'accrochait à mon manteau Jedi, je n'ai eu que quelques éraflures dans le dos, et j'ai pu me débarrasser de lui en ôtant mon manteau de voyage et le laissant choir avec. J'ai essayé de cesser ma chute avec une branche du ravin que j'ai essayé... disons d'attraper avec ma main gauche. Pas avec beaucoup de résultats comme vous le constatez.

Il suffit juste de regarder ma main gauche pour comprendre ce que j'essaye de dire d'un ton se voulant quelque peu plus léger. On voit aussi de suite que je suis droitière en priorité dans le maniement du sabre-laser. Bien que j'avoue que j'admire réellement les ambidextres, il semblerait que ma main dextre soit ma main dominante, et je termine mon récit d'une voix contrôlée et posée.

- Elle a craqué et je suis tombée à l'eau, mais au moins l'impact a été réduit par le ralentissement de ma chute. J'ai été temporairement sonnée et paralysée mais... la Force semblait me protéger autant que vous, comme elle a mit sur mon sillage un roc naturel pour arrêter le courant et l'empêcher de m'emporter. Je me suis... débrouillée pour arriver au rivage, ait senti une présence, et constaté que c'était vous. Je suis aussitôt allée à votre chevet, traité vos plaies de mon mieux... et attendu votre réveil. La nuit est tombée, mais aucune menace ne nous entoure. Je... méditais pour récupérer un peu d'énergie, de calme et accélérer un peu la guérison de mes blessures, tout en surveillant nos alentours. Vous sentez-vous un peu mieux ? Je dois te... enfin vous avouer que vous m'avez fait une belle frayeur Danaé. Je serais plus vigilante et efficace dès maintenant, je vous en donne ma parole de Jedi... et ma parole personnelle.

Il faut que je m'assure de la garder consciente jusqu'à ce que son état soit totalement stable. Et m'assurer aussi qu'elle est en vie. Je ne perdrais plus personne qui me soit cher. Et Danaé... je crois... non je le sais, est devenue une amie précieuse pour moi, l'une parmi le cercle des rares élus à qui je daigne donner ma pleine estime et une grande part de ma confiance. Mais j'ai eu peur, bien que je ne le montre pas. Je dois rester calme. Après tout, je suis la seule Jedi ici présente. Je dois donc assumer mes responsabilités et assurer que nous nous en sortions en vie, et le plus indemnes possibles. Je ne faillirais plus.


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 5 Fév - 12:20

" Danaé, vous êtes en vie... Force soit louée. Restez avec moi, essayez de rester consciente. Tout va bien aller, nous sommes en sécurité, je vais m'occuper de vos plaies. Je suis désolée que... "

Sa voix calme et douce était comme un baume apaisant sur mes blessures, me faisant l'écho des chants lointains et irréel qui dansaient dans les murmures du vent et des feuillages. Elle semblait si rassurée, avais-je aussi mauvaise mine que cela ? Probable au vue de ce que nous venions de traverser, enfin les Jedis devaient avoir bien plus l'habitude que moi pour faire face à ce genre de situation. Je m'en voulais cependant d'avoir fait peur à ma jeune amie, je souhaitais la rassurer, lui dire que tout allait bien, que je me sentais bien. Mais j'avais mal, et surtout, j'étais si fatiguée, j'entendais les voix chanter dans le lointain, les imaginaient-elles ou étaient-elles réellement quelque part caché dans le bois et les obscurités ? Quel étrange monde où ce mêlait le rêve et la réalité, la mort et la vie, les ombres et la lumière. Je voulais l'entendre encore, encore la voix, qui ressemblait à celle de ma sœur. Mais c'était un mensonge, une illusion, qui m'éloignait de la réalité, pour me replonger dans les abysses. Je tâchai de me concentrer sur Lenia, sur ce qu'elle me disait, sur les sensations autour de moi, la douleur, aussi désagréable soit-elle, me raccrochait à ce qui existait vraiment. J'ai promis, je n'ai peut-être pas assez de force pour promettre avec des mots, mais j'ai promis, de rester éveiller, je vais rester là, et me reposer, mais je ne dormirai plus, l'endroit n'était pas vraiment approprié, nous étions en sécurité pour le moment, mais bien trop à découvert, il n'était pas temps de se reposer, même si la fatigue était grande. Pourtant le chant au loin m'invitait avec tant de douceur et d'attrait, au sommeil, au repos, au rêve, aux profondeurs abyssales. Je voulais suivre la voix mélodieuse, jusqu'au plus profond des ténèbres, où je la verrais briller, pure, majestueuse, et le son de sa voix ricochant en cristal sur la roche et le tumulte du fleuve qui maintenant s'écoule doucement, calme comme la nuit paisible, si doux, si apaisant. Je n'avais refermé les yeux qu'un instant, pour me reposer, j'étais si fatiguée, juste me reposer, loin de tout, glissant à nouveau vers le vide.

" Ne le soyez pas Danaé... c'était de ma faute. Je n'ai pas été capable de veiller sur vous, rien ne s'est passé comme prévu. C'est à cause de mon inexpérience et de mon incompétence. Soyez sûre que je ne vous... je ne te laisserais pas tomber. Je ne t'abandonnerais jamais... restez avec moi, écoutez ma voix. "

La voix de Lenia se fit plus lointaine à mes oreilles, comme brouillée par d'opaques bourdonnements qui voulaient nous séparer, pourquoi s'éloignait-elle ? Je n'aimais pas ce qu'elle disait, ou en tout cas le peu que je parvenais à entendre, elle ne devrait pas dire cela, c'était faux, et elle se trompait sur elle-même, elle se faisait du mal. Je savais ce que c'était, d'être très jeune, mais d'avoir de devoirs et de responsabilités, que les autres attendent de nous de grandes choses, et de sentir leurs regards, leurs jugements, d'attendre cette approbation, qui nous soulagera un temps de la culpabilité. Parfois, j'ai l'impression de mentir, de tricher. De jouer juste un rôle, une apparence, sous laquelle je reste toujours celle que j'ai toujours été. Est-ce une mauvaise chose ? Je veux dire, de pouvoir rester soi-même. Et le suis-je vraiment encore ? Je ne pense pas, j'ai changé, sans m'en rendre vraiment compte, mêlant peu à peu les deux images, la Reine, et celle que j'étais réellement. Il fallait que je me recentre, je devais répondre à Lenia, lui expliquer qu'elle faisait erreur, j'avais appris a avoir confiance en moi, et j'avais appris aussi que si je ne croyais pas en moi, personne ne le ferait, c'était une chose importante, ce n'était pas sa faute. C'était la mienne, elle ne comprenait pas, et c'était peut-être mieux ainsi car sinon peut-être elle aussi me haïrait-elle, comme Sil m'avait haï. Pourquoi, je l'ignorai, voila une chose qui m'échappait, je ne parvenais pas à comprendre ce que j'avais pu faire pour qu'elle me haïsse autant, malgré toute les fois où était revenu inlassablement à mon esprit le souvenir de cette nuit là, je ne comprenais pas.

" Tu ne comprends pas, tu ne comprends pas, tu as détruit ma vie… Anastasia "

J'ignorai la voix qui résonnait en moi, mémoire passée, toujours si vive. Mais je ne voulais pas y penser, car j'étais là trop faible et trop fragile, proie idéale des pires pensées, mais non, je n'avais rien fait, je n'avais rien détruit, sa jalousie avait simplement fait son œuvre, je n'avais jamais rien fait. Je l'avais aimé, je n'avais jamais souhaité ce qui été arrivé, j'aurais voulu que tout reste comme avant, j'aimerai rentrer chez moi, et retrouver la maison comme elle était avant, quand tu étais encore là, quand nous étions encore parfaitement heureux. Mais il fallait croire que mon choix avait forcément un prix, pourtant je n'ai jamais fait ce choix pour être Reine, je n'ai jamais voulu la moindre gloire ni l'amour de tous, non, je l'ai fais pour le peuple de Naboo, et je l'ai payé par l'amour des miens, et par ma sœur. Je n'ai jamais voulu ça. J'aimerai rentrer chez moi, et que tout soit encore comme avant que tu t'en ailles.

" C'est ta faute, tu as volé ma vie… "

Non, tu t'es laissé aveuglé par ta jalousie, la haine t'a détruite, tu l'as laissé t'enlever à toi-même, et tu es devenue froide, si froide, ton cœur était glacé. Je m'en suis voulu, oui, encore maintenant, mais tu ne peux pas dire que c'est ma faute, et maman ne peut pas m'en vouloir de ce que je n'ai pas commis, tu l'as montée contre moi, elle a fini par croire que tu avais raison, ils se sont détournés de moi, à cause de toi, de ta haine. Ils ont cru que je m'étais détournée, que je les avais oublié, mais c'était faux, absurde, ils ne m'ont jamais autant manqué que maintenant. Je refuse de parler avec toi, je refuse de parler avec une représentation de mon subconscient créée uniquement pour me détruire. J'ai promis de ne pas dormir, et me voila au fond des abysses, seule avec moi-même, et voila l'image que décide de me montrer mon reflet.

Il fallait que je revienne, que je remonte à la surface, je m'étais laissée porter par le courant trop longtemps, à la dérive, allongée sur le sol terreux, je l'avais laissé me porter jusqu' à l'eau sombre, qui m'avait engloutis. Mais je ne devais pas prendre le chemin des abysses, elles étaient trop sombres, trop profondes, et jamais je ne pourrais en revenir. Sotha serait si triste, elle m'en voudrait, de ne pas revenir, je détestai la savoir inquiète. Trop comptaient sur moi, pour que je puisse m'en aller disparaitre dans l'abime, et le vide sans fin, trop comptaient sur moi, je leur devais de faire mon devoir, et d'être là auprès d'eux, c'était sur Naboo qu'était ma place. Pas ici, pas parmi les voix telles les chants des sirènes guidant les marins au fond de l'océan pour emprisonner leur âme. Je les voyais nettement, les lumières qui flottaient comme des spectres au-dessus du sol, et qui nageaient, dans l'obscurité. Ils étaient en toute chose, et tout chose était en eux. Le bois, la feuille, la fleur, la goutte d'eau, l'éclat de pierre, tout était illuminé de leurs lueurs, et elles chantaient, ce chant si beau, si doux. Comme j'aurais voulu les suivre, jusqu'au cœur de leur monde, pour les voir, et chanter avec eux, devenir la lumière, si pure, si majestueuse, reine de toute les reines. Mais ici, le rêve devenait réel, et la vie était mort, et la mort était vie. Les fantômes venaient parmi les vivants, et les vivants allaient parmi les morts. Dans les lueurs, qui dévoraient toutes choses, mais qui étaient si douce, et si pures.

Je n'avais plus mal non, tandis que je les écoutais chanter dans le lointain, la douleur s'apaisait, comme me quittant peu à peu, et j'avais presque peur d'être entrain de mourir, car j'avais l'impression de flotter dans l'air, mais le chant doux et rassurant m'enveloppait, et je l'entendais me murmurer, des paroles dans une langue qui m'était inconnue, mais que je comprenais, sans pouvoir la traduire. Quel était cet étrange monde où tout était bon et mal à la fois, où la plus belle des créatures était la plus dangereuse. Je me sentais happé par lui, il m'emportait dans les ténèbres, au fond de l'eau, loin, si loin, dans les profondeurs, tout près de leur chant, aux voix mélodieuses, je voulais chanter avec eux, chanter pour toujours, au fond de l'eau, mon corps pourrissant sur la rive, tandis que je ne serais plus que lumière, qu'évanescence, pureté, beauté. Mais je ne pouvais rester, non ? Je devais revenir, je devais m'éveiller, beaucoup dépendait de moi, je devais survivre. Je ne pouvais plus écouter le chant qui me berçait dans les obscurités, je devais le quitter dès à présent, et remontrer à la surface du néant.

Mes paupières cillèrent, revenant doucement à la réalité, mon corps frissonna sous un souffle léger de vent, mais qui dans la fraicheur de la nuit sur mon corps gelé semblait comme l'eau d'une chute de glace s'abattant sur moi de toute sa puissance. La douleur revint peu à peu, mais beaucoup moins forte, je me sentais plus calme, reposée, apaisée. Combien de temps avait-il bien pu passer ? J'espère ne pas être restée inconsciente trop longtemps, je ne voulais pas accroitre encore plus l'anxiété déjà dans un état bien avancé de ma protectrice. J'avais promis de ne pas m'endormir, que s'était-il passé ? Pourquoi n'avais-je pas pu tenir ? La fatigue était trop grande, je n'avais pas dormi longtemps, mais à présent je me sentais un peu mieux, je me rendis compte peu à peu en revenant à moi que plusieurs choses avaient changé, je sentais des bandages sur mes plaies, c'était pour cela que j'avais moins mal. Pourtant le bacta ne faisait pas tout, et je me sentais étrangement calme et reposée, les voix chantantes dans le bois avait-elle la moindre forme de réalité ? Avait-elle vraiment un pouvoir sur nous ? J'avais le désagréable sentiment d'être impuissante, et incapable de me défendre, face à une force bien plus grande que moi, elle semblait bienveillante, mais pour combien de temps encore ? Qu'arrivera-t-il ensuite ? Nous ne devions pas rester ici. Non. J'allais mieux, enfin, aussi bien que je pouvais aller après tout ceci, mais je tiendrai, tant que l'on ne me redemande pas de sauter d'une chute d'eau ou de combattre des meutes de loups géants, ou quoique ce soit d'autre, et courir blessé dans la forêt, non, c'était déjà beaucoup en une fois, et il était même plutôt étonnant que j'en sortie vivante. Si Lenia n'avait pas été là je sûre que je m'en serais sortie bien moins bien, ou peut-être même pas du tout. Lenia, si je ne l'avais pas entrainé dans ce voyage, elle ne serait pas en danger et blessé maintenant. L'on aurait pu trouver cela bête que je m'inquiète du Jedi sensé assuré ma protection, mais c'était ainsi, elle était à peine plus jeune que moi, et je l'appréciai vraiment, presque comme une petite sœur, bien que je n'en ai jamais eu, j'ai toujours été la plus petite de la famille. Il fallait que je m'excuse, que je lui dise que j'étais désolée, que je lui explique pourquoi par ma faute elle se trouvait dans une pareille situation.

Je rouvris les yeux sur la nuit calme et sombre, auréolée ça et là de délicates lumières dansantes dans les volutes de ténèbres aériens, se mêlant au vent et à la brume qui montait du lac et des fleuves tranquilles et légers à présent, l'onde douce glissant jusqu'au rivage. Mon regard se fixa sur le visage encore un peu flou de Lenia, mais dont la vision un peu plus nette tandis que mes yeux s'acclimataient à la faible lumière me frappa avec force. Il était tuméfié et couvert d'entailles et de griffures, et des bandages que je devinais dans l'ombre cachaient peut-être d'autres plaies d'autant plus graves. Mais que faisions-nous ici ? Nous n'étions que des enfants, et nous étions seules, et perdues, avec pour seul bagage la croissance accélérée qui l'avait elle fait devenir Jedi et moi Reine. Mais derrière ça, sous le masque, sous les apparences, sous tout ce que nous avions du apprendre, et parfois endurer, plus vite que les autres, se cachaient dans la cruelle vérité de nos êtres des enfants encore âgés de seulement 16 ans, abandonnés dans ce monde inconnu et hostile.

Il me fallait me concentrer, je ne devais plus faiblir, faillir, non, je devais rester éveillée, car il était trop dangereux de dormir encore ici plus longtemps, ainsi à découvert sur le rivage bordé de lumières et libéré de la protection des arbres à l'ombre mystificatrice. Je voulu parler, mais les mots s'entrechoquèrent dans ma gorge, mon souffle s'accéléra vivement, sous une angoisse inconnue, je me tue finalement, me rendant compte de l'insignifiance de mes paroles décousues et dénuées de sens. Cependant j'avais parlé un peu trop vivement, et avait laissé tomber soudainement le masque de Reine que je me devais toujours de porter, même en temps que Danaé. Sans y faire attention, j'avais tutoyé Lenia, ce qui n'était pas trop dérangeant en soi car nous étions amies, mais c'était tout de même une Jedi, et je me devais de respecter un certain protocole. Cependant les circonstances et la situation étaient bien assez suffisantes pour excuser mon erreur, et puis personne n'irait à redire contre moi, j'étais la Reine. Ce n'était pas toujours évident de jongler avec les apparences, et la véritable Danaé, c'était comme vouloir faire coïncider deux images impossible à concilier complètement. Et j'avais remarqué que l'exercice qui parfois m'était très difficile comme avec des amis proches mais d'un certain rang comme Aldrian ou Lenia, l'était encore plus pour les autres, comme le montrait le comportement de ces derniers. Aldrian avait un peu plus l'habitude, il me connaissait depuis de nombreuses années, ce qui n'était pas le cas de sa padawan, il connaissait aussi mes proches, et savait en présence de qui il pouvait se permettre d'utiliser mon prénom, ou s'il devait au contraire en rester au protocole royal le plus absolu et fort étranger dans son usage entre d'anciens amis. Mais habituellement garder l'apparence de la Reine, qui était une partie de moi comme la Danaé naturelle et d'origine avant que je ne prenne ce rang, était un peu plus aisé. Il était en effet difficile de se sentir Reine lorsque nos vêtements étaient trempés et déchirés, que nous étions couvert de boue, et que nos cheveux ne ressemblaient absolument plus à ce qu'ils étaient quelques minutes à peine auparavant. Sans oublier le fait d'avoir faillit mourir. Ca n'aide pas. Et Lenia aussi avait l'air dans le même souci envers moi, l'urgence et le danger de la situation avait fait sauter les barrières protocolaires entre nous.

" N'épuisez pas vos forces, Danaé. Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Vous n'avez pas à être désolée : il y a des choses qu'on ne saurait prévoir, et moi-même je n'ai pas été à la hauteur pour vous protéger. A un moment, nous avons été séparées, les prédateurs étaient rusés, et ils m'ont retenue un long moment. Quelques uns sont partis à votre suite. J'ai fais aussi vite que j'ai pu quand j'ai entendu votre appel pour me défaire de mes adversaires, mais... je crois que je n'ai pas été assez rapide pour vous porter secours... plus tôt. Une des créatures a du vous faire tomber, je suppose que vous avez réussi à vos en défaire en chutant. Je suis arrivée quelques minutes après, je... je craignais réellement pour votre vie. J'avais peur... d'avoir échoué... et de vous avoir perdue. "

Je fronçai les sourcils en l'entendant à nouveau se dénigrer, je voulu protester, mais elle ne m'en laissa pas le temps, prenant ma main doucement elle parla lentement, sa voix était un peu plus sûre, mais peu à peu elle se brisa de nouveau, comme si les mots la blessaient. Je repensais à cet instant, sur le sommet de la corniche, au-dessus de la cascade, mes yeux un instant se détournèrent du visage pâle de Lenia pour observer la chute d'eau qui culminait à plus d'une trentaine de mètres de haut, des litres d'eau en tombaient avec force, venant s'écraser sur des rochers pointus creusant comme une gueule acérée à son pied. Comment avais-je fais pour les éviter ? Non, il y avait d'autres questions avant celle-là. Il y avait une inconnue, un trou noir. Qu'était-il arrivé quand j'étais tombé de la falaise, que c'était-il passé ensuite ? Avant que je n'entre dans l'eau, qu'était-il advenu de la bête ? Je ne parvenais pas à m'en souvenir, mes yeux restèrent fixé sur la cascade tandis que je murmurai doucement :

- Je me suis retrouvée au bord du précipice, acculée par l'une des créatures, après avoir fuit à travers la forêt, ils étaient une dizaine à mes trousses depuis que j'avais du quitter la colline, mais une seule m'a suivie, je suppose que les autres devaient être soit encore derrière, soit s'être retourné contre vous… Elle m'a fait tomber, je ne me rappelle plus de ce qu'il c'est exactement passé ensuite… Je n'ai jamais sauté du haut de chutes aussi grandes…

La dernière phrase était plus comme une remarque personnelle à moi-même. Je savais que certains jeunes de Naboo, des garçons principalement, se risquaient sur les chutes d'hauteur semblables, ils en ressortaient une sorte de prestige, du moins quand il n'y avait pas d'accidents. Mais les filles avaient trop peur pour sauter d'aussi haut, à moins d'être assez sensée pour se dire que c'était trop dangereux. Et puis nous n'avions rien à prouver, c'était plutôt pour impressionner les filles que les meilleurs plongeurs sautaient le pas du haut des grandes chutes de la région des Lacs. Maintenant ma vie était à mille lieux de pareils divertissements stupides, mais amusants en vérité. J'allais continuer pour lui dire qu'elle n'avait pas à s'en vouloir de quoique ce soit quand elle reprit son récit à son tour. Quel meilleur moyen d'éviter le pouvoir royal que de l'empêcher de parler, elle utilisait la tactique de son maitre quand il s'agissait de détourner ou de jouer avec mon autorité, bien que je ne pensais pas que ça soit conscient. Elle poursuivit donc après m'avoir aidé à recracher l'eau qu'il restait encore dans mes poumons, j'avais du me noyer un peu plus que ce que j'aurais cru.

" J'ai été encerclée comme vous par la demi-dizaine de membres restants de la meute, j'ai réussi à en défaire quatre, et le dernier m'a entraîné dans son élan dans le vide. Comme il s'accrochait à mon manteau Jedi, je n'ai eu que quelques éraflures dans le dos, et j'ai pu me débarrasser de lui en ôtant mon manteau de voyage et le laissant choir avec. J'ai essayé de cesser ma chute avec une branche du ravin que j'ai essayé... disons d'attraper avec ma main gauche. Pas avec beaucoup de résultats comme vous le constatez. Elle a craqué et je suis tombée à l'eau, mais au moins l'impact a été réduit par le ralentissement de ma chute. J'ai été temporairement sonnée et paralysée mais... la Force semblait me protéger autant que vous, comme elle a mit sur mon sillage un roc naturel pour arrêter le courant et l'empêcher de m'emporter. Je me suis... débrouillée pour arriver au rivage, ait senti une présence, et constaté que c'était vous. Je suis aussitôt allée à votre chevet, traité vos plaies de mon mieux... et attendu votre réveil. La nuit est tombée, mais aucune menace ne nous entoure. Je... méditais pour récupérer un peu d'énergie, de calme et accélérer un peu la guérison de mes blessures, tout en surveillant nos alentours. Vous sentez-vous un peu mieux ? Je dois te... enfin vous avouer que vous m'avez fait une belle frayeur Danaé. Je serais plus vigilante et efficace dès maintenant, je vous en donne ma parole de Jedi... et ma parole personnelle. "

Sa main qu'elle me montra, aux blessures cachées par les bandages, n'avait pas l'air d'aller très bien, et le reste de son récit m'inquiéta je dois dire. A nouveau je tournai mes pensées vers la douleur qui accompagnait mon corps, elle s'était grandement apaisée si ce n'était la sensation de brulure au coté, l'intense mal de tête, et les douleurs que provoquaient les divers bleus et contusions. J'allais m'en remettre, on allait s'en sortir, avec un peu de chance. C'était étrange comment au court de ce voyage la malchance absolue qui nous frappait semblait se mêler à une étrange providence semblant vouloir nous garder encore en vie. Oui, mais pour combien de temps ? Mes yeux se relevèrent vers elle, quittant la main bandée que je tenais dans la mienne, et je croisai son regard bleu d'océan plus sombre dans la nuit pile au moment où ses mots semblèrent déraper légèrement. Surprise je fis semblant de ne pas l'avoir remarqué. Et me concentrai sur la suite, et fin de son discours, et cette fois elle ne pourrait échapper à ma réponse. Je réfléchis l'espace d'un instant, il y avait tant de choses à dire et à faire, mon regard se tourna sur l'étendue lisse et pâle de l'eau, tranquille, miroitant dans son lit profond… Je me demandais si Lenia aussi avait entendu les chants, où si il n'y avait que moi ? Avaient-ils la moindre part de réalité ? Je l'ignorai. Et j'avais d'autres choses à dire bien plus urgente. Je retournai mes yeux vers elle, les plantant dans les siens avec assurance et autorité, puis lui souris avec douceur.

- Je suis désolée, je ne voulais pas vous causer autant d'inquiétudes. Et vous n'avez rien à vous reprocher, vous vous êtes battu vaillamment et avec courage pour me protéger. Je suis toujours en vie, malgré le hasard, et parfois d'autres volontés nous échappant encore, qui fut de nombreuses fois contre nous depuis notre départ de Naboo. Vous n'avez pas faillis à votre devoir.

C'était déjà cela, pour le reste, la confiance en soi, et ses capacités, nous verrions un peu plus tard, nous devions procédé par étape, et pallier au plus urgent. Quelle était la suite d'ailleurs ? J'avais envie de me redresser, au moins pour m'asseoir, parce que l'immobilité à force m'était désagréable, mais à vrai dire j'avais aussi un peu peur de bouger.

- Je crois que ça va un peu mieux, et vous, comment vont vos blessures ? Que nous reste-t-il comme matériel de premier secours ?

Soudain mon visage se crispa et je poussai un long soupire irrité, me rendant compte que tout notre matériel, ou en tout cas une majeure partie, était resté en haut de la colline. Quelle idiote…

- Oh non… Les sacs sont restés là-bas… nous nous passerons du matériel pour camper, ce n'est pas très grave, et puis nous arriverons bien à faire du feu nous-mêmes, pour l'eau ça n'a pas l'air de manquer et je ne pense pas avoir à nouveau soif avant longtemps…

Je ne plaisantais qu'à moitié, doucement, m'appuyant sur mes bras, j'essayai de me redresser, jugeant de mes capacités, et puis au moins comme ça, si Lenia voyait que j'étais capable de bouger peut-être cela la rassurerait-elle. Finalement, avec un petit effort et quelques gémissements faibles de douleur arraché par mes nombreux hématomes et éraflures, je parvins à me mettre assisse. J'inspectai un peu mieux les dégâts sur mon corps, ainsi que mon état général. Ce n'était pas très bon, mes vêtements étaient déchirés et j'étais couverte de terre, je n'étais pas superficielle en général mais tout de même.

- Il n'y a peut-être pas de danger pour le moment mais nous sommes beaucoup trop exposé ici…

Dis-je en désignant l'autre rive et le sommet de la chute d'eau qui offrait un magnifique point de vue sur le rivage où nous nous trouvons. Je portai ma main à ma ceinture pour vérifier que mon blaster était toujours là, j'eu un nouveau soupir. Je me souvins ce dont il était advenu du blaster, tombé sur la colline tandis que je me battais. Ma main se porta ensuite à mon étui, mais sans y trouver à l'intérieur.

- Non, j'ai perdue ma dague…

Mon ton si soudain trahissait l'attachement que j'y portais, chose étrange car c'était une arme, et je n'affectionnais pas les armes, mais en vérité, c'était une arme toute particulière, qu'un ami m'avait offert, vous devinerez aisément qui… Il l'avait ramené d'une de ses missions, loin dans la galaxie, c'était autour des jours de mon couronnement, il savait que je n'appréciais que peu les armes, mais il me l'avait offert pour " au cas où qu'un jour ça te serve, si tu étais en danger, et que je n'étais pas là pour te protéger, j'aimerai au moins que tu ais ça avec toi… " Je refermai les yeux, repensant à mon ami, qui n'était pas là, au moins son cadeau avait servi, et de la manière dont il l'avait prédit.

- Je me suis battue avec contre la créature, juste avant de tomber… Elle doit être au fond de l'eau à présent.

En vérité ce que j'ignorai c'était que la dague que j'affectionnais pour celui qui me l'avait offerte, et pour la protection qu'elle m'avait donné jusque là, ne se trouvait pas loin du tout de moi, et qu'elle aussi, assez étrangement comme tout ce qui se passait ici, avait été rejetée sur le rivage et scintillait non loin à quelques mètres en avant dans des herbes folles où elle dormait à présent.

Minutieusement je passais alors en revu tout mon équipement, mon communicateur était évidemment grillé et ne risquait plus de me permettre de joindre le Capitaine Magnus… Qui devait certainement être très inquiet maintenant, ils avaient du nous entendre, il était peut-être déjà même à notre recherche… Délicatement je pris dans ma main la petite lampe qui grésilla doucement avant de s'allumer. Fantastique, elle ne nous servirait à rien pour l'instant, mais au moins elle fonctionnait. J'examinai aussi ma boussole qui n'avait pas trop subis de dégâts et indiquaient toujours vaillamment le nord.

- Je propose que nous nous replions dans un endroit stratégique et moins exposé sous le couvert des arbres, nous avons besoin d'encore un peu de repos avant de pouvoir reprendre notre route. Nous devrions viser les hauteurs, j'ai découvert des choses très intéressantes sur cette forêt en peu de temps, je n'ai pas beaucoup eu le temps de m'y attarder cependant, je crois que je n'ai jamais couru aussi vite.

Deux records pour une seule soirée, la plus grande chute d'eau jamais sautée de ma vie, et la course la plus folle jamais faite non plus. J'avais vraiment besoin de me reposer un peu… Je jetai un coup d'œil à Lenia, jaugeant de son état et de ses blessures que je savais minimisées. La flore de cette planète semblait riche, peut-être pourrions nous y trouver quelques plantes médicinales qui pourraient nous être utiles, ma sœur m'avait appris à en reconnaitre un grand nombre, et m'avais enseigné leurs vertus.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 5 Fév - 20:01

Je suis son regard plus vif que quelques minutes auparavant, ne lâchant pas sa main, m'assurant que son pouls reste régulier et bien présent. La cascade. Les chutes où toute la situation a basculé. Je ne saurais dire si c'était en bien ou en mal... d'un côté nous avons pu nous défaire de nos assaillants, de l'autre nous nous sommes sérieusement blessées. Je suis même étonnée que nous soyons en vie, et non pas à l'agonie ou encore noyées. Je frissonne légèrement à cette idée, surtout quand je remarque les escarpements pointus à la réception des chutes d'eau. Et pourtant aucune d'entre nous n'en a souffert... et j'ai eu une chance folle d'avoir cette branche, ce branchage sur mon chemin. A croire qu'il aurait presque poussé 'juste' pour me ralentir... non, ce n'est pas possible. Cette planète est certes très étrange, incompréhensible au possible, mais là c'est carrément de l'illogisme pur. Quand j'observe les murs imposants de rocs desquels nous avons chu, je peux relever certaines choses : d'un, les parois du ravin naturel sont presque entièrement lisses, aucune prise pour espérer remonter, et trop hautes pour employer un grappin mécanique comme celui de poche dans mes fournitures pour nous hisser. En plus les loups doivent rôder dans le secteur, ce ne serait pas prudent dans notre état. Ensuite, constat plus sombre encore pour moi : c'est... sacrément... haut. J'en ai presque la tête qui tourne, la secouant vivement pour chasser mon impression de vertige comme la Reine reprend :

"Je me suis retrouvée au bord du précipice, acculée par l'une des créatures, après avoir fuis à travers la forêt, ils étaient une dizaine à mes trousses depuis que j'avais du quitter la colline, mais une seule m'a suivie, je suppose que les autres devaient être soit encore derrière, soit s'être retourné contre vous… Elle m'a fait tomber, je ne me rappelle plus de ce qu'il c'est exactement passé ensuite… Je n'ai jamais sauté du haut de chutes aussi grandes…"

Oui, me rencontrer. Reporter mon regard sur Danaé, pas sur les chutes. Ne pas penser à la chute extraordinaire dont je viens de réchapper par miracle. Ne pas penser à mon vertige. Je me focalise sur le récit de la jeune Reine, les sourcils légèrement froncés et le regard songeur, imaginant la scène dans mon esprit. Cela correspond aux brèves analyses que j'ai pu faire dans la précipitation de la situation : branchages cassés, herbes tassées, sang écoulé, bout de tissu. Combat donc rapide, acharné et violent. J'approuve doucement de la tête, ils devaient être mes agresseurs dans le genre 'comité d'accueil'. Ils ne nuiront plus à personne, la meute aura appris une sévère leçon de ne pas sous-estimer leurs proies. Surtout si l'une d'elles n'est pas contente ET porte un sabre de lumière verte pouvant trancher avec aisance le plus dur des duraciers... alors imaginez seulement trancher la chair, le cuir animal ! Comme dans du beurre... en plus ragoutant cependant. Je me fige à la fin de sa phrase, et la regarde avec une profonde stupeur mêlée d'un zeste de respect pour la performance sous-entendue, un sourcil haussé néanmoins concernant la prudence de l'exploit qu'elle supposait implicitement. Ma voix reste posée et claire pourtant, mon étonnement lisible surtout dans l'éclat particulier de mes yeux :

- Vous... avez déjà sauté du haut de certaines chutes de Naboo ? Elles sont déjà assez hautes quand même... sans vous faire mal ? Je ne sais si ce genre de chose est très prudent, mais vous avez mon respect. D'une telle hauteur... cela explique sans doute que vous ayez pu néanmoins aussi bien vous en sortir dans la présente situation. Cela aurait pu être bien pire. Cela explique un peu...

A la fin d'un résumé assez dense, mais ne pouvant faire autrement si je voulais évoquer les points importants - nombreux ! - de ce qu'il s'est passé de mon côté, de comment je l'ai rejointe, ma chute, ce qu'il s'est passé quand elle était inconsciente, ce qu'il s'est passé jusqu'à son réveil, jusqu'à maintenant. J'ai été nettement moins formelle que je ne l'aurais été pour un rapport face à mon Maître ou face au Conseil. D'ailleurs, ils m'auraient sans doute reproché de laisser un peu trop de place à mes émotions... mal contrôlées dans la panique du moment. D'avoir cédé à la panique - quelques secondes - d'avoir eu peur - mais j'ai repris le contrôle rapidement - et de ne pas rester dans le Calme Jedi. Pas méchamment, mais sans doute une légère réprimande. Songeuse, mon regard se perd sur la voûte céleste alors drapé du noir encré de la nuit, parsemé de diamants stellaires que sont les étoiles. Je ne connais pas ces constellations de tête, je ne sais trop donc où nous sommes. Dans quel système solaire, dans quelle bordure. Où nous sommes donc. En tout cas, pourtant bonne connaisseuse des cartes galactiques grâce à ma très efficace mémoire auditive et photographique, je suis totalement perdue là. Jamais, moi pourtant connu comme "le petit rat des Archives', je n'ai entendu parler de telle planète ! Puis ces voix... ces ressentis étranges et confus dans la Force... ces nébuleux chants... je ne comprends pas. Tout ici me fascine et me déconcerte grandement...

"Je suis désolée, je ne voulais pas vous causer autant d'inquiétudes. Et vous n'avez rien à vous reprocher, vous vous êtes battue vaillamment et avec courage pour me protéger. Je suis toujours en vie, malgré le hasard, et parfois d'autres volontés nous échappant encore, qui fut le cas de nombreuses fois contre nous depuis notre départ de Naboo. Vous n'avez pas failli à votre devoir."

Ses yeux si clairs, éclatants et purs, restent fixés dans les miens avec un mélange d'autorité régale, une assurance de dirigeante d'une planète, mais aussi un sourire doux qui détend un peu son expression. Comme si la Reine de Naboo et la personne de Danaé étaient présentement, plus que d'ordinaire, fusionnées, ce qui est un peu surprenant. Mais mon visage ne trahit rien, de nouveau calme et posé comme je me reprends avec fermeté sans lâcher le regard. M'y efforcer. Heureusement, c'est un peu plus 'facile' avec sa Majesté, voire même avec le Conseil ou les Autres Jedi, qu'avec Maître Greystone. Il n'est pas méchant, loin de là ! Seulement, ses yeux bleus-verts vifs et perçants ont la fâcheuse capacité à savoir esquiver mes murailles, ma réserve, et y lire jusque dans mon âme, ce que je pense et ce que je ressens réellement. Je ne peux pas ne pas baisser le regard, surtout quand je suis prise en faute ou que j'ai le sentiment d'avoir échoué quelque chose. J'y travaille depuis les derniers mois, je m'améliore, preuve en est, mais j'ai encore un peu de mal parfois avec Maître Greystone. Allez savoir pourquoi, pourtant il a ma pleine confiance, mon plein respect, ma pleine attention et ma pleine écoute. Avec un sourire intérieur je me rappelle temporairement notre rencontre aux Archives. Là où tellement je n'osais pas le fixer, intimidée par sa réputation positive, ses silhouette impressionnante, et respectueuse à l'excès, il avait du me 'forcer' à redresser la tête pour réussir à me faire le regarder dans les yeux. En général, cela voulait dire autant "mode sérieux" que bien souvent "arrête de paniquer à déraison". Je progresse néanmoins, grâce à lui, les missions, je prends confiance petit à petit, j'ose un peu plus m'ouvrir et risquer de prudentes initiatives...

Si mon regard montre que j'ai entendu et écouté avec attention, une légère moue de ma part montre que j'aurais aimé aussi pouvoir faire mieux, pouvoir en faire plus, faire en sorte qu'elle ne soit pas blessée. Le Capitaine peut-être aurait fait mi... non. Rationnellement, non. Trop d'ennemis, cela aurait tourné au drame, je n'aurais pas eu le temps d'intervenir, encore moins. Je ne suis certes que Padawan, mais j'ai longtemps été formée au Temple, et mes réflexes de Jedi étaient à peine suffisants, j'ai du recourir à tous les stratagèmes ou presque de ma connaissance, et mon affinité à la Force pour me et essayer de nous tirer de là. Je n'aime pas l'admettre, ma modestie me refuse cet honneur, mais je me suis pas mal débrouillée. Les réflexes, le fait d'être portée dans mes derniers retranchements et l'urgence ont 'débloqué' quelque chose chez moi, chassé la peur par l'adrénaline et l'instinct de survie. Loin de l'habituel doux et imprévisible souffle de vent, je me suis faite tornade l'espace d'un trop long, incertain et harassant combat contre le nombre, désavantagée numériquement. Peut-être que j'accepterais de concéder, prochainement, à Maître Greystone que si je mets du bien, si j'écoute bien et suis ses instructions, on devrait pouvoir faire quelque chose de moi, même en maniement du sabre-laser. Chut, ne lui dites pas. J'ai un peu de répit avant que cela n'advienne. Sans répondre vocalement, je me contente de rester silencieuse, d'approuver d'un léger geste de tête que je respectais sa parole et son avis, sans forcément les partager entièrement. Modeste un jour, trop peut-être, modeste toujours...

"Je crois que ça va un peu mieux, et vous, comment vont vos blessures ? Que nous reste-t-il comme matériel de premier secours ? "

Je suis un peu soulagée de l'entendre, et laisse un léger sourire fleurir quelques instants sur mes lèvres, comme l'esquisse oubliée d'un tableau inachevé pour l'éternité, art éphémère trop rapidement estompé dans l'absolution et le non-être. Un peu touchée aussi de son attention concernant mon propre état, je reste néanmoins dans le calme Jedi, la situation le requiert toujours, je m'en souviens. Avant de répondre, j'inspecte ce qu'il me reste et lui désigne ma petite trousse de premiers secours déjà pas mal entamée niveau bacta et bandages par nos 'joyeuses' péripéties. Je pourrais encore panser nos blessures avec ce qu'il reste, mais il vaudrait mieux éviter que nous nous blessions davantage... et totalement éviter que nous nous blessions aussi gravement. La rangeant ensuite avec soin dans l'un des compartiments de ma ceinture, je réponds d'une voix voulue et forcée calme et posée, en mode sérieuse dans lequel je me trouve présentement :

- Je suis rassurée de l'entendre, mais il ne faudra pas nous forcer, que nous fassions trop d'efforts le temps que le bacta fasse son effet. Les plaies risqueraient de se rouvrir sinon. Si notre situation n'était pas aussi... délicate, je préconiserais que nous ne bougions pas encore quelques heures, mais ce n'est pas le cas. Prudence et patience seront donc nos meilleures alliées. Ne vous inquiétez pas pour moi, la Force m'a déjà un peu soulagée, je pourrais vous défendre. Je ne puis rien faire de plus. Même si les guérisseurs du Temple risquent de me gronder en rentrant. Surtout pour ma 'maudite' cheville.

En dépit de ma réserve, un léger rire fait vibrer mes lèvres silencieusement, mon regard un petit peu plus pétillant et lumineux au souvenir d'il y a cinq mois, quand suite à un cauchemar et en route pour les guérisseurs spirituels, j'avais glissé dans l'un des escaliers du Temple et m'étais foulé la même cheville que présentement. Je n'avais pas ris, au contraire sur le moment, j'avais les joues aussi rouges que les pétales du fragile coquelicot, surtout qu'un Chevalier Jedi, du nom de Ewan, passait par là et se demandait ce que faisait une apprentie au beau milieu de la nuit à errer seule dans les couloirs du Temple. Surtout que visiblement j'avais en dépit de moi surprit une discussion... que je n'étais pas supposée entendre il semblerait. Tout s'était bien terminé au final. Mais c'était resté gravé dans ma mémoire, je n'ose en rire que depuis peu. Mais comme un mirage passé je reprends mon sérieux et ma gravité, la Jedi reprenant le pas sur la jeune fille de seize ans à l'écoute d'un sombre constat de Sa Majesté :

"Oh non… Les sacs sont restés là-bas… nous nous passerons du matériel pour camper, ce n'est pas très grave, et puis nous arriverons bien à faire du feu nous-mêmes, pour l'eau ça n'a pas l'air de manquer et je ne pense pas avoir à nouveau soif avant longtemps…"

D'abord tendue au possible comme je constate qu'une fois encore les forces sont contre nous, avant de laisser un léger sourire amusé fleurir comme un bouton de rose sur sa branche sur mes lèvres, délicat, frais, et reprendre tout de suite mon sérieux par la suite. Voyant que Danaé essaye de se redresser, je l'aide dans ses efforts, pour la soulager autant que je le peux dans mon propre état. Je commente avec une légère once d'amusement dans ma voix, allant de pair avec le sourire printanier que je montre si rarement :

- Je pense avoir moi aussi satiété au niveau de l'eau, boire la tasse m'a largement suffit. Nous semblons avoir en effet ce qu'il faut pour un feu. Je suis consciente qu'un feu risquerait de nous faire repérer, mais attraper une pneumonie ferait tout sauf nous rendre service dans cet état. Ensuite il faudrait...

Soudain Danaé semble réellement ennuyée d'avoir perdu quelque chose. Son arme, une dague. C'est fâcheux, je ne sais où est son blaster, et je ne peux pas la laisser désarmée... surtout que quelque chose dans l'éclat de son regard me rappelle mon même 'désespoir' quand Maître Greystone m'avait posé comme condition et première épreuve d'accepter de laisser mon sabre-laser fabriqué main au Temple pour que je puisse avancer sur ma nouvelle-vie de padawan. J'y tenais, et même encore parfois je le regrette, mais dus-je recommencer, je ferais la même décision. Ou celle que j'ai eu quand j'ai cru que mon Maître me demanderait de me démunir de mon bloc de données, seule trace de mon passé. Cela n'a pas été le cas, mais il m'a dit que je devrais, petit à petit, apprendre à relativiser mon attachement à eux. En comprenant, non plus seule et perdue, mais avec son aide, qui je suis, ce qu'il s'est passé, évoquer, rechercher mon passé sombre et violent sur Dantooine, à l'orphelinat et avant... pour m'accepter, et réussir ensuite à aller de l'avant, m'accepter... encore du chemin à faire pour cela, bien que j'ai légèrement progressé depuis ce jour...

"Non, j'ai perdu ma dague… je me suis battue avec contre la créature, juste avant de tomber… Elle doit être au fond de l'eau à présent..."

Compréhensive, me mettant complètement à sa place - j'avais une petite idée de qui avait pu lui donner telle arme, en dehors du Capitaine Magnus - puisque ce serait comme si j'avais perdu mon ancien sabre-laser ou mon actuelle arme Jedi 'fournie et prêtée' par Maître Greystone, je scanne avec attention nos environs. Fermant les yeux quelques secondes, j'approuve distraitement les propositions de Danaé, me représentant mentalement la dague sous toutes ses coutures en faisant appel à ma mémoire, liant divers brefs souvenirs pour obtenir une supposée image mentale en deux, voire trois dimensions de l'arme de mêlée blanche. Je ne fais cependant pas mine de bouger, mon regard bleu attentif scrutant chaque recoin avec précaution, avant qu'un sourire franc ne se fraye un chemin sur mes lèvres, mon regard s'éclaircissant d'une joie éphémère et de satisfaction. Un rayon lunaire semblait m'avoir guidée jusqu'à l'objet de ma recherche.

Souriant à la Reine, je lui indique du regard d'attendre un peu, avant de retourner vers l'objet au loin. Mes yeux d'ordinaire d'un bleu foncé comme l'océan s'éclaircit au bleu clair, peu naturel, comme je tend ma main droite devant moi, concentrant une petite portion de mes réserves de Force encore fragiles. Ce n'était pas loin, léger, je sais précisément où c'est, je connais la cible de mon action, rien de plus facile. En silence, une touffe d'herbe tressaute à quelques mètres, près du rivage, avant que dans une traînée d'éclat métallique éphémère, quelque chose n'en jaillisse, bondisse dans les airs, et que la garde atterrisse sagement dans les doigts de ma main tendue. Avec un air facétieux qui m'est si rare et ce sourire lumineux que je réserve seulement à mes plus proches amis, je me tourne vers elle et lui tend l'arme, posée délicatement sur ma paume, plat de la dague contre ma peau pour ne pas me blesser, garde pointée vers la Reine de Naboo :


- Ne ressemblerait-ce pas à ce que vous auriez perdu, Danaé ? Il semblerait que ces eaux ne nous soient pas si hostiles qu'on ne le penserait. Veillez à ne pas l'égarer cette fois, elle pourrait se retrouver très utile pour les heures à venir Wink

Une fois qu'elle l'eut reprit de mes mains, je l'observe toujours satisfaite de moi pour une fois, avant de répondre à ses précédentes remarques comme si de rien n'était, un peu plus ouverte mais toujours réfugiée dans le Calme Jedi. Nous devons nous mettre en sécurité, trouver de la nourriture, s'organiser, retrouver notre route :

- Vos précédentes propositions étaient judicieuses, majesté. Je suis d'accord avec vous, cela semble être la chose la plus avisée pour le moment. Je serais curieuse de connaître la nature de vos découvertes sur cette forêt si... particulière pendant que nous faisons chemin vers un endroit plus sûr.

Je suis retombée dans le vouvoiement et un peu plus de formalité, ayant envie de rattraper mon 'léger écart' paniqué de tout à l'heure. Mon regard, ouvert et chaleureux, indique néanmoins que, derrière le masque Jedi, je n'attends que son autorisation pour la tutoyer et laisser légèrement de côté la formalité, si elle le désirait bien. Je la considère comme une amie, mais je ne sais même pas ce qu'elle pense, elle. Je pourrais regarder ses pensées, mais j'ai horreur de m'immiscer sans raison dans la privauté des gens, trépasser leurs esprits. Je n'abuserais jamais de mes dons d'empathie de Force et de télépathie de Force pour des usages aussi scandaleux en dehors des situations d'urgence ou de missions particulières, si incroyablement justifié au préalable. Et je respecte trop Danaé pour ce faire. Calmement, mais aux aguets, je guette nos environs avec une attention redoublée dès que nous nous mettons, péniblement, lentement, mais sûrement en route en quête d'un abri plus sécurisé...


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mer 6 Fév - 9:59

" Vous... avez déjà sauté du haut de certaines chutes de Naboo ? Elles sont déjà assez hautes quand même... sans vous faire mal ? Je ne sais si ce genre de chose est très prudent, mais vous avez mon respect. D'une telle hauteur... cela explique sans doute que vous ayez pu néanmoins aussi bien vous en sortir dans la présente situation. Cela aurait pu être bien pire. Cela explique un peu..."

En réalité, je n'avais pas vraiment réalisé avoir dit cette phrase tout haut, et la remarque de Lenia me fit me rendre compte que je ne l'avais pas seulement pensé. Son ton, comme ses yeux, reflétaient un étonnement à peine dissimulé sous son apparence Jedi, sage et sérieuse. Ce que je pouvais comprendre, ce devait être plutôt intriguant d'imaginer une Reine se livrer à ce genre de loisir, en faite, à y réfléchir, ou à l'imaginer juste sous cet angle là, c'était absolument incompréhensible. Ca méritait donc quelques explications. Des explications sur moi, sur mon passé en tant qu'enfant de Naboo, et pas seulement sur Anastasia qui n'était, séparée de l'individualité de Danaé, qu'un costume, une apparence sans âme. Je ris doucement, d'un son clair et argentin, légèrement entaché des dernières difficultés affaiblissant mes capacités respiratoire qui peu à peu reprenaient de leur vigueur, avant de tourner mon visage souriant vers elle. Comment expliquer ? Je ne savais pas en quelle mesure elle était capable de discerner Danaé et Anastasia, ni ce qu'elle pouvait déjà connaitre sur moi. En général je n'étais pas très bavarde sur des choses me concernant, surtout concernant ma vie privée, même avec mes proches amis. Pour me connaitre, il fallait apprendre à lire dans les signes cachés, entre mes mots, à travers le masque, sous le reflet de mes attitudes, et de mes expressions. Ca faisait parti de mon mystère. Et je n'avais pas l'habitude moi-même de parler aussi franchement sur moi, l'exercice m'était étranger, et cela devait se voir. D'autres ne trouvaient pas aussi difficile de se confier sur leur jeunesse, sur ce qu'ils étaient " avant ", peut-être parce que pour moi la différence entre l'avant et l'après, ce qu'il s'était passé, le changement, était une chose trop grande. Ou par pudeur tout simplement, parce que j'avais toujours eu un caractère doux et plutôt discret. Cela faisait parti des zones d'ombres, de ce que l'on ignore de soi-même. Je pris une courte inspiration, et détournant mon regard sur l'eau paisible me lançais dans cet exercice difficile, où j'étais obligée de ne parler plus qu'en étant seulement Danaé, le modèle original, pour parler de moi.

- Oui, ça m'ai déjà arrivé, il y a quelques années, quand j'avais beaucoup moins de responsabilités… c'est un loisir assez répandu chez de nombreux jeunes sur Naboo en réalité… On saute de chutes pas trop hautes de la contrée des lacs, en été… Mais je n'ai jamais sauté de plus de 20 mètres, ce sont les garçons le plus souvent qui sautent des plus hautes chutes pour impressionner les filles… Mais personne ne se risqueraient sur celles de Theed… C'est naturellement dangereux, et strictement interdit, c'est pour ça qu'on le fait en faite. Et je pense aussi que si je n'avais jamais fait ça avant, je m'en saurais bien moins sortit de celle-ci. Si je ne m'étais pas rappelé les conseils de ma sœur, je n'y serais certainement pas arrivée…

Des choses toutes bêtes, et très simples, en soi, mais vitales. C'était vitale d'être préparé, de savoir qu'une fois en bas, on ne pourrait plus respirer avant un temps inconnu, qu'on serait incapable de discerner le haut du bas, donc incapable de remonter à la surface en se guidant simplement grâce à la lumière, qu'on serait désorienté, sonné, que le courant serait violent, qu'on perdrait une partie de nos moyens et de notre contrôle… Bien sûre, même avec tous les conseils que l'on aurait pu donner, il n'y avait rien qui puisse préparer vraiment à quelque chose d'aussi dangereux, d'aléatoire, où jamais rien ne pouvait être certain, ou prévu, chaque saut était différent, unique, et mortel. C'était la quintessence, la sublimation, du risque absolu. C'était un jeu avec la mort. C'était apprivoiser notre propre mort, la frôler, la rencontrer, pour pouvoir ensuite s'en faire un peu plus oublieux, et se réjouir dans la vie, dans le plaisir, le désir violent, d'être en vie.

Quand je repensais à ces années là, très proches finalement sur le compte numérique et chronologique des années de mon existence, mais qui me semblaient si lointaines à présent, j'avais le sentiment d'avoir changé, ni en bien ni en mal, plutôt en un peu des deux, j'avais gagné des choses, et j'en avais perdu d'autres. C'était évident que je ne pouvais plus être la même, que j'avais du grandir, évolué, mais je n'avais pas grandit comme les autres grandissaient… Est-ce que j'étais frustrée d'avoir été privée de certaines choses dans les étapes classiques de l'évolution d'une personne ? Ou est-ce que je me sentais seule d'avoir été arrachée au monde " normale ", et à tous mes anciens amis pour qui le nom de Danaé Sykes ne veut presque plus rien dire maintenant ? Je me sentais seule, en effet, et c'était un fait, j'étais seule. Les gens ne me voyaient pas, ne me parlaient pas, ne m'approchaient pas directement, ils voyaient la reine, ils s'adressaient à la reine, ils approchaient la reine, sans avoir la moindre idée de qui elle pouvait être vraiment. Beaucoup de mes amis d'avant avaient fini par se détourner de Danaé parce que le personnage d'Anastasia leur faisait peur. C'était bizarre de se voir appeler " majesté " par des amis proches, lorsqu'ils me parlaient en public… Même par ma sœur, bien que le plus souvent elle s'arrangeait pour me voir en privé plutôt, parce que justement les jeux protocolaires et d'apparences n'étaient pas vraiment un plaisir pour elle.

Je reposai mes yeux sur Lenia, inquiète pour ses blessures, je ne doutais pas qu'elle était très résistante et forte, comme l'était les Jedi, mais je ne pouvais m'empêcher de m'en préoccuper. Celle-ci avait l'air de lutter entre elle-même et le Jedi, tout comme je luttais entre Danaé et Anastasia, tantôt elle se comportait comme un Jedi, et tantôt comme une amie, hésitante toujours sur la façon dont elle devait me parler, hésitation qui venait même du fait de mon propre paradoxe à double visage… C'était un cercle dont il était difficile de sortir. Mais bon nous n'avions pas vraiment le temps de nous prêter à ce genre de considération philosophique, voir éthique, bien que l'éthique qui n'était déjà pas habituellement une grande passion n'était vraiment pas dans mes priorités pour le moment. En tout cas, j'étais contente, sinon heureuse, de pouvoir lui parler hors des cadres et des codes, un peu comme une amie, même si je sentais toujours sa réserve, et ses doutes, je sentais aussi son amitié, et j'espérai qu'elle sentait aussi la mienne, je ne voulais pas lui faire peur comme à notre première rencontre. Elle me répondit, éludant à moitié, sur la question de son état physique, et de ce que nous possédions comme moyen pour nous soigner.

" Je suis rassurée de l'entendre, mais il ne faudra pas nous forcer, que nous fassions trop d'efforts le temps que le bacta fasse son effet. Les plaies risqueraient de se rouvrir sinon. Si notre situation n'était pas aussi... délicate, je préconiserais que nous ne bougions pas encore quelques heures, mais ce n'est pas le cas. Prudence et patience seront donc nos meilleures alliées. Ne vous inquiétez pas pour moi, la Force m'a déjà un peu soulagée, je pourrais vous défendre. Je ne puis rien faire de plus. Même si les guérisseurs du Temple risquent de me gronder en rentrant. Surtout pour ma 'maudite' cheville. "

Je me demandais jusqu'à quel point elle faisait passer ses propres douleurs et blessures au second plan. Si elle était rassurée, moi je ne l'étais pas tellement. De mon coté la douleur s'apaisait graduellement, ne me laissant qu'une sensation diffuse, qui reprendra certainement un peu de sa force dès qu'il me faudra bouger ou me déplacer, mais pour le moment c'était tout à fait supportable. Je refermai mes paupières une petite seconde, préférant ne pas prendre le risque de me rendormir, même si je me sentais tout à fait réveillée à présent. Donc, il faut que l'on trouve un endroit à l'abris où l'on pourrait récupérer un peu de nos forces, nous reposer, et attendre d'être rétablies avant de… Avant de quoi ? Mes yeux se rouvrirent, scrutant l'ombre par delà les eaux immobiles, l'ombre de la falaise blanche, les ténèbres parsemée de lueurs pâles et diffuses de la forêt dont les majestueux sommets semblaient tout envahir. Avant d'essayer de retrouver notre chemin jusqu'au vaisseau ? C'était pas gagné. Mais faisons par étape, d'abord, se replier dans un endroit un peu plus sûre que la rive sur exposée. Pour établir le campement… C'est là que je me rendis compte que nous n'avions plus rien pour établir le campement en question, que nos sacs étaient en haut d'une colline maintenant très loin d'ici, que nous étions perdu tout seuls au milieu de la nuit, complètement livré à nous même, et en plus j'étais désarmée… J'eu un petit élan de désespoir avant de me reprendre. Nous pouvions toujours nous en sortir, et en plus j'avais une Jedi avec moi ce qui était un avantage non négligeable et qui pesait lourd dans la balance, notre situation n'était pas si perdue que cela, nous étions encore en vie et comptions bien le rester. Je ne sais pas si j'aurais tenu jusque là sans elle.

" Je pense avoir moi aussi satiété au niveau de l'eau, boire la tasse m'a largement suffit. Nous semblons avoir en effet ce qu'il faut pour un feu. Je suis consciente qu'un feu risquerait de nous faire repérer, mais attraper une pneumonie ferait tout sauf nous rendre service dans cet état. Ensuite il faudrait... "

Qu'est-ce que disait Magnus déjà ? N'allumez de feu que si c'est vraiment réellement nécessaire. Je crois qu'on était arrivé à ce point là de nécessité. Ou en tout cas je n'avais pas sa résistance. Ni même la résistance de Lenia. Je n'étais ni militaire ni Jedi, et encore ils avaient de la chance que je ne sois pas du genre des reines qui pleuraient un ongle cassé où qui refusaient de marcher dans la boue. Non vraiment, ils s'en sortaient bien avec moi, qu'ils passent une semaine avec certaines personnes de ma connaissance dans la sphère politique et je pense que leurs nerfs craqueraient vite. Magnus avait beau détesté certains aspects de ma personnalité, comme mon besoin déraisonné à son gout de liberté, je savais qu'il était content de travailler à ma protection, même si j'étais un aimant au danger, au moins je n'étais pas complètement insupportable. Ou du moins je l'étais parfois, mais à ma manière, et d'une façon autre.

- Je pense que notre situation est assez mauvaise pour que nous nous permettions d'allumer un feu…

Répondis-je, toujours à demi sur le ton de la plaisanterie. Néanmoins j'étais rapidement peinée en découvrant la perte du cadeau que m'avait fait Aldrian il y a quelques mois, aux jours de mon couronnement, la dague en argent qu'il avait rapporté d'une de ses missions dans un monde lointain. Cela faisait longtemps qu'il ne venait plus me voir, pour me raconter ses aventures, me parler de ces planètes dont je ne connaissais pas la moitié tant elles étaient rares et lointaines, me dire tout ce qu'il y avait vu, me ramenant toujours quelque chose de tout là-bas, comme une part de lui pour me faire patienter jusqu'à son prochain retour… L'avoir perdue, c'était comme perdre un peu Aldrian. Et il me manquait déjà beaucoup. Il me manquait, à ne plus donner de nouvelles, à ne plus venir me voir, à disparaitre des mois durant… En réalité, je commençais à être très inquiète à son sujet, je veux dire, encore plus que d'habitude. J'avais peur de le perdre, et j'avais l'impression de n'y rien pouvoir.

Eloignant de moi toutes ces pensées angoissées je fis un état des lieux de la situation et proposais différentes directives qui me semblaient importantes pour le moment tel que se mettre à l'abris un moment pour se reposer. Mais tandis que je parlais, repensant aux couloirs étranges de branchages que j'avais visité, ainsi qu'aux nids dont lesquels j'étais tombée, je me rendis compte que Lenia ne m'écoutait plus que distraitement, tandis qu'elle était concentrée sur autre chose, elle me fit signe d'attendre un moment, je me tus donc, la regardant avec curiosité et suspicion. A ma grande surprise, et sans que je comprenne bien comment, je vis venir à elle dans les airs lévitant ma dague qu'elle avait ramené à moi par ses pouvoirs de la force. Mes yeux s'écarquillèrent, très étonnée et admirative de ses capacités. Les Jedis en avaient peut-être l'habitude entre eux, mais en tout cas pour moi ce genre de phénomènes étaient toujours de grands mystères. Plus encore l'était de revoir ma dague qui avait ainsi chu dans le lit herbeux du rivage, alors que je la pensais engloutie dans les profondeurs des eaux noires. Comment les flots l'avait-elle portée jusque là ? Mon dernier souvenir à son sujet était mes phalanges blanches se serrant sur sa garde alors que la forme noire se jetait sur moi, enragée et furieuse. La dague se posa dans la paume de sa main, scintillante d'argent, une luciole dorée vint se poser sur la pointe de la lame tournée vers sa poitrine tandis qu'elle me présentait la garde. J'étais restée immobile et stupéfaite.

" Ne ressemblerait-ce pas à ce que vous auriez perdu, Danaé ? Il semblerait que ces eaux ne nous soient pas si hostiles qu'on ne le penserait. Veillez à ne pas l'égarer cette fois, elle pourrait se retrouver très utile pour les heures à venir "

J'eu un petit sourire à sa réprimande légère. J'inclinai légèrement la tête en signe de remerciement et pris la dague dans ma main, la tenant un moment en la regardant briller dans la lumière douce, la soupesant en observant les reflets colorés sur sa lame dansant comme des flammes étoilées. C'était étrange, mais sa remarque me rappelait un peu Sotha, quoi que ma sœur était très… Ma sœur quoi, il faut la voir pour comprendre. Ou l'entendre, ça dépend. En tout cas on ne pouvait pas dire qu'elle ne jouait pas son rôle d'ainée à la perfection. Et sa fureur pourrait terrifier bien des rois et des grands guerriers.

- Merci Lenia, je n'aurais pas voulu la perdre, je tâcherai de m'en souvenir.

Répondis-je amusée avant de ranger la dague dans son fourreau à ma ceinture. Je m'en étais mieux tirée avec qu'au pistolet blaster. Je n'étais quand même pas complètement inopérante et inefficace dans le maniement des armes à feu, mais à vrai dire n'étant déjà pas très douée, la nuit et les obscurités ne m'aidaient pas du tout à bien viser ma cible. Et puis j'étais une reine pacifiste d'un peuple pacifiste, j'avais beau faire des efforts, déjà que depuis les premières annonces de la guerre, avec les menaces pesant sur nous, nous avions du faire quelques désagréables concessions, je n'en restais pas moins contre les violences de toutes formes, et pour quelques raisons que ce fut. Alors j'étais pardonnée de mon mauvais maniement. Et ce n'était pas faute d'avoir suivi d'intensifs entrainements pour me former à me défendre. Au moins je me débrouillais à peu près bien dans le reste.

" Vos précédentes propositions étaient judicieuses, majesté. Je suis d'accord avec vous, cela semble être la chose la plus avisée pour le moment. Je serais curieuse de connaître la nature de vos découvertes sur cette forêt si... particulière pendant que nous faisons chemin vers un endroit plus sûr. "

Le retour au " majesté ", après de multiples " Danaé " me surprit un peu, je suis habituée à ce jonglage, mais je ne compris pas très bien ce qui fit que de nouveau la Jedi change brusquement et repasse ainsi de l'un à l'autre. Peut-être était-ce ma faute ? Peut-être ne montrais-je pas assez moi-même ma propre sympathie envers elle et étais-je d'apparence trop fermée et inaccessible, comme cela était souvent l'impression que je donnais aux gens ? Pourtant, j'appréciais la liberté de nos échanges amicaux, et le protocole ne faisait toujours qu'éloigner les gens, les tenir à distance les uns des autres. Je tenais à cette nouvelle amitié pour autant, mais je ne savais pas exactement comment montrer mon affection. Je n'avais pas l'habitude de me faire de nouveaux amis, je veux dire, de vrais amis, pas les hypocrites et les menteurs profiteurs qui tournent autour de la reine comme des vautours en quête de pouvoir, de faveurs ou d'argent. Non, Lenia était une vrai amie, du moins c'est comme ça que je la considérai, mais j'ignorai elle comment elle me voyait, du moins j'en avais une petite idée, dans ses propres hésitations et incertitudes face à moi, et aussi dans sa façon de me connaitre, signe qu'elle était attentive et faisait attention à ce que d'autres ne percevaient pas même à mon sujet. Comme nous nous levions pour nous mettre en marche, un peu difficilement je dois dire pour ma part car mes blessures comme je le craignais se réveillèrent et les douleurs s'amplifièrent dès que j'eu bougé, je me tournai vers la forêt pour observer ses ombres et ses lueurs mêlées dans le boisement dense. Malgré la douleur je me tenais droite, malgré ma petite taille, d'autant plus petite privée des robes qui me grandissaient, j'avais l'air grande, malgré mes cheveux en bataille et pleins de terres que je tentaient d'arranger en passant mes doigts dans ma chevelure, malgré mes vêtements en lambeaux, malgré mes bandages ensanglantés, malgré ma peau pâle et mon apparence fragile, malgré que nous soyons la perdues au confins de la galaxie, j'étais toujours Reine. Et l'espèce d'énergie, de force bienveillante et mystérieuse qui se détachait de ma personne, émanait toujours de moi, que je sois Danaé ou Anastasia, et j'étais toujours les deux en même temps, quelque soit la tenue que je porte où le désastre de notre situation.

- Mettons-nous en chemin Lenia, et tâchons de nous trouver un abris où nous pourrions demeurer et nous reposer sans pouvoir être découvert par nos ennemis, que nous les connaissions ou non. Tout à l'heure, dans la forêt, j'ai du grimper à un arbre, pour échapper aux loups qui courraient trop vite pour que je les sème. J'ai découvert que sur certaines zones d'une assez haute hauteur de la forêt s'étendait un réseau de branchages sur lequel nous pouvions évoluer. Et comme j'en suis tombée, j'ai aussi remarqué qu'entre les étages dans les arbres se trouvaient des nids de branches et de feuillages suspendus. Je pense que ces endroits en hauteurs seraient très bien pour nous cacher en attendant de récupérer assez de force pour pouvoir repartir à la recherche des autres.

Expliquai-je tandis que nous nous mettions en marche vers l'orée sombre, pénétrant sous le couvert protecteur des arbres, je parlais toujours à voix basse, mais j'avais laissé le ton grave que je donnais à ma voix pour la rendre plus adulte, j'utilisais pour ainsi dire ma voix ordinaire de Danaé, plus aigue et plus jeune. Je me demandai si Lenia savait que nous avions pratiquement le même âge, je souris intérieurement, j'étais bien souvent obligée de jouer sur mon âge, comme la plus part des jeunes reines de Naboo, ce n'était pas toujours évident, mais nous n'avions pas le choix pour nous faire respecter. Je me tue ensuite, attentive et prudente aux bruits de la forêt.

Le silence qui nous avait tant inquiété l'après-midi avait disparu ici, au loin résonnaient toujours le vrombissement de l'eau se perdant avec fracas dans les nuées de brume avant de s'emporter dans le torrent redevenu soudainement sauvage et impétueux. Le vent faisait bruisser les feuilles des arbres. A nos respirations se mêlaient celles infimes et inaudibles des autres habitants de la forêt, petits animaux, insectes, qui vivaient cachés dans le bois, les fourrés, ou le sol. Si la nuit rendait tous ces craquements, et bruits si légers qu'on les crut irréel ou rêvé, plus effrayant que ne l'était la plus part de ces animaux inoffensifs, la sonorisation de cette forêt, enfin pleine de vie, était rassurante. Mais cependant, si je tendais l'oreille, il me semblait presque pouvoir entendre au loin les chants s'élever dans les ombres et les lumières flottantes… Je déglutis, mal à l'aise, ne sachant toujours pas si ce n'était que mon imagination, où si les voix étaient bien réelles, et dans ce cas, j'aurais voulu savoir ce qu'elles pouvaient être, car un animal ne pouvait à ma connaissance chanter, quelque soit sa nature…

- N'entends-tu rien… d'étrange ?

Demandai-je à voix basse, tandis que nous nous enfoncions sous les arbres. Nous prenions garde de faire bien attention, marchant sans le moindre bruit. Cela était facile pour Lenia qui était formée à cette discrétion pour se fondre dans son environnement, ainsi parfois je devais même me retourner vers elle pour m'assurer de sa présence toujours à coté de moi, tandis que sa démarche et ses mouvements étaient plus silencieux que ceux des ombres. Cela était un peu moins évident pour moi, cependant je redoublais d'efforts et d'attention pour ne pas faire un seul faux-pas, prenant garde à ne pas briser la moindre brindilles. Je levais la tête à un moment, cherchant à discerner dans la pénombre les réseaux que j'avais vu en haut, dans l'idée que l'un d'eux puisse nous conduire à un quelconque refuge peut-être. Nous gravîmes une pente douce qui sur un détour dans une courbe vallonnée nous mena à un creux emplie de racines entortillées qui s'enfonçaient profondément dans le sol. Ce dernier n'était bientôt plus fait de terre, mais uniquement de feuilles, de bois, et de plantes grimpantes dont les pistils et pétales lumineux irradiaient d'une lueur douce et fragile dans la nuée des troncs noirs. Nous remontâmes quelques minutes un étroit sentier bordé de rangées de troncs si larges et si denses que nous n'y voyons rien d'autres, des lucioles nous suivaient parsemant notre route d'une clarté légère. Sans nous rentre compte de rien, peu à peu, nous quittions le sol, trouvant le fameux réseau caché dans le bois profond.

- Quelque part ça me rappelle presque Kashyyyk, en différent tout du moins, je n'ai jamais vu de forêt si mystérieuse, même si celle de la planète des wookies et d'une étrangeté très particulière. Celle-ci à l'air comme…

Magique ? Hantée ? Ensorcelée ? Je ne saurais dire, un peu de tout cela, et d'autres choses encore peut-être que je ne parvenais à comprendre. En tout cas, rien n'était normal ici, ni habituel ou quoique ce soit d'autre auquel nous pauvres explorateurs perdus aurions pu nous fier. Je ne reconnaissais pas même les plantes qui nous entouraient à vrai dire, malgré mes connaissances en botaniques, ici, tout m'était absolument inconnu. S'en était d'une angoisse telle, à l'aune de la fascination que pouvait exercer sur moi ce monde qui tantôt semblait vouloir nous tuer, puis plus tard luttait pour protéger nos vies égarées dans les rapides…
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Jeu 7 Fév - 11:57

"Oui, ça m'est déjà arrivé, il y a quelques années, quand j'avais beaucoup moins de responsabilités… c'est un loisir assez répandu chez de nombreux jeunes sur Naboo en réalité… On saute de chutes pas trop hautes de la contrée des lacs, en été… Mais je n'ai jamais sauté de plus de 20 mètres, ce sont les garçons le plus souvent qui sautent des plus hautes chutes pour impressionner les filles… Mais personne ne se risqueraient sur celles de Theed… C'est naturellement dangereux, et strictement interdit, c'est pour ça qu'on le fait en fait. Et je pense aussi que si je n'avais jamais fait ça avant, je m'en saurais bien moins sortie de celle-ci. Si je ne m'étais pas rappelé les conseils de ma sœur, je n'y serais certainement pas arrivé…"

Une lueur admirative reste prisonnière de mes prunelles azurées alors que je l'écoute avec un réel intérêt, curiosité, m'autorisant un très léger relâchement dans mon attitude. Sauter d'une telle hauteur... c'est bien quelque chose que je ne ferais pas, du moins pas de mon plein grès ! Bien entendu, si je me trouvais obligée de le faire lors d'une mission, je le ferais de mauvaise grâce et avec une légère terreur m'enserrant le coeur. Depuis quand ai-je peur à ce point de la hauteur, depuis quand le vertige dévore-t-il mon coeur ? Souvent les gens s'imaginent, se représentent les membres de l'Ordre Jedi comme les incarnations de la perfection chez les êtres vivants, et combien la déception les touche quand ils se rendent comptent que nous ne sommes pas tout puissants, et qu'en dépit de notre rigoureuse discipline nous pouvons tous risquer de tomber, de périr, ou de se tromper. Nous ne sommes pas intouchables. Nous ne sommes pas immortels, omnipotents. Nous ne sommes pas parfaits. Nous sommes, comme tout être vivant, pensant et civil... seulement perfectibles.

Mon sourire reste doux et amical, et mon regard un peu sombre et songeur comme je reviens dans mes souvenirs, si rares, de mes années à l'orphelinat, desquelles je n'ai réellement parlé à personne du Temple. Tout comme je suis restée résolument muette, enfin amnésique, concernant mes toutes jeunes années sur Dantooine et le drame qui m'avait tant ébranlée de l'intérieur. Je crois que j'avais seulement quatre ans quand j'ai été traumatisée des hauteurs. Une fois, lors d'une récréations, de vilains enfants avaient trouvé amusant de se jouer de moi en m'enfermant sur le toit, bloquant la porte sans prévenir les surveillants de leur méfait.

Sur une toute petite portion de toit, je suis restée toute la nuit, frigorifiée, terrifiée voire terrorisée même, à ne pouvoir voir que le vide s'ouvrant à quelques centimètres de mon mince refuge, repliée sur moi-même. Au milieu de la nuit, enfin le jour pointant à peine son nez à l'horizon essayant de réfléchir rationnellement, autant que me le permettait mes jeunes années, j'ai essayé de m'en sortir moi-même et de me ressaisir.J'ai essayé ainsi de descendre toute seule, de me fier aux minces notions d'escalade offertes en cours, pour attraper un lierre un peu plus bas, qu'a première vue je devais normalement pouvoir atteindre. Ensuite, j'aurais pu avec précaution me servir de cette haute échelle naturelle pour prendre appui sur l'une des fenêtres de l'étage supérieur, de là gagner la proche et solide branche d'arbre à portée, et comme un petit singe grimper doucement vers le bas avant de recouvrer la terre ferme et sentir de nouveau sous mes pieds la caresse de l'herbe tendre.


Vous vous doutez que cela ne s'est pas passé comme prévu. Non, bien sûr que non. Peut-être que les tuiles du toit étaient un peu trop humides, ou je ne sais plus quel matériau le constitue. Peut-être tremblais-je un peu trop, mes gestes trop hésitants. Peut-être ai-je été inattentive. Quoiqu'il en soit, vers la milieu de ma progression du lierre, mon pied a glissé sur l'eau de la rosée matinale et j'ai, tout simplement, sans pompe et sans manière... chu de mon ancrage. J'ai eu de la chance cependant, avec du recul, ce n'était pas si haut que cela du point où j'ai lâché prise. Mais j'ai eu incroyablement peur et mal. Douleur et Terreur... quoi de mieux pour vous créer une mauvaise impression, et avec le temps et d'autres situations proches, vous mener jusqu'à une presque phobie ? J'ai horreur du vide. Ce n'est pas pareil dans un chasseur stellaire ou un véhicule de transport. Je 'sens' que j'ai les pieds sur quelque chose, que je suis sur une surface sûre, en sécurité. Ce n'est pas le cas à pied. Jeune Jedi Terrorisée Par Le Vide. Je fais un bien piètre exemple de l'apprentie Jedi si l'on prend en compte mes défauts, mes erreurs et mes frayeurs... Doucement, je secoue légèrement ma tête et souffle à voix basse et posée :

- Je ne peux oser prétendre comprendre quels... sensations de telles activités peuvent faire ressentir. Bien que j'ai appris à... disons, comprendre et mieux contrôler ma peur, j'ai toujours une certaine appréhension du vide, quand je ne suis pas dans un cockpit ou un vaisseau. Mauvaise expérience d'enfance. Sur Dantooine, quand j'étais à l'orphelinat. Des... drôles se sont amusés à m'enfermer sur un toit pour la nuit. En essayant de me délivrer de ce mauvais pas, j'ai glissé sur une branche détrempée et je suis tombée. Plus de peur que de mal mais... la peur et la douleur me sont restés en mémoire. J'ai le vertige...

Je rosis légèrement, très peu habituée à parler de moi en cours de mission. Je ne m'ouvre que très rarement, en de rares occasions et sur une courte durée, Maître Greystone pourrait vous le confirmer. Lui qui essaye tant de me comprendre et que je m'épanouisse en tant que jeune Jedi en devenir sans pour autant oublier la jeune femme blessée qui vit en moi, dépasser mes questions, mes incertitudes sur le passé. Et pour cela, essayer, un jour, avec son aide, de enfin les confronter et, avec un peu d'espoir, trouver finalement leur solution. Au Temple, je ne me suis ainsi ouverte qu'à un nombre fort restreint de personnes, et ces dernières sont les uniques exceptions : d'abord Elora Yunstar, ma meilleure amie, ma cadette de cinq ans et padawan/fille de Maître Eleanor Yunstar. Sans oublier aussi Niru, n'étant plus dans notre branche de l'Ordre hélas à ce que j'ai cru comprendre, Maître Greystone infiniment. Et... c'est tout. Puis Danaé maintenant... comme avec la musique... je ne sais comment elle fait, mais elle me pousse à m'exprimer, à oser m'ouvrir et oser se risquer au partage, ne pas trop me renfermer derrière mon masque et calme Jedi.

"Je pense que notre situation est assez mauvaise pour que nous nous permettions d'allumer un feu… "

Je laisse un mince sourire aigre-doux se dessiner délicatement sur mes lèvres, faisant écho au mince trait d'humour noir énoncé par Danaé. Effectivement, comment la situation pourrait être plus mauvaise ? Voyons... nous sommes perdues au beau milieu de nulle part, dans un coin sans doute perdu de la galaxie, sur une planète inconnue, sans vie réellement intelligente et pensante, sans pouvoir contacter qui que ce soit, et qui je me demande commencerait peut-être à vouloir nous faire sombrer dans la folie douce, sans être mauvaise. Sans oublier que notre vaisseau ne peut pour l'instant repartir, nous avons des blessés, une seule Jedi - moi-même - ou presque pour assurer la sécurité, presque pas d'armes pour nous défendre. Et pour finir, des créatures hostiles nous ont sérieusement blessées, séparées des autres, laissées seules contre une nature étrange, curieuse, inquiétante, incompréhensible et aux intentions aussi changeantes que le vent. Nous avons chu de plusieurs mètres, endurées un crash un peu plus tôt, manqué de nous noyer, de périr et maintenant nous sommes perdues. Une situation que je désignerais comme : merveilleuse...

Vu le raffut causé par les loups, les sons de notre bataille, de nos pas étouffés martelant la terre sèche, les graviers, le sifflement si particulier, la lueur d'un vert de vie de mon sabre-laser, le son strident des tirs de blaster, les cris de deux jeunes femmes pour se retrouver, la panique réciproque, je suis étonnée d'ailleurs que personne ne nous ait repérées... ou ne soit déjà venu à notre secours. A mon souvenir, nous n'étions vraiment pas loin du vaisseau. Pourquoi ne sont-ils pas venu à notre aide ? Je ne le sais pas. Je ne suis pas rassurée... comment n'ont-ils pu ne pas entendre ? Car connaissant leur loyauté, je sais qu'ils seraient venus, l'un d'entre eux, s'ils avaient entendu les sons de notre rude lutte, les cris de Danaé, mes propres appels non-mentaux... mais cela n'était pas advenu. Et je dois vous avouer que je ne suis pas rassurée du tout. La mince tristesse refoulée que je lis sur les réactions, les traits et la présence de Danaé me renseignent de son chagrin vis-à-vis de la perte de cette dague, et je ne peux m'empêcher de laisser une mince et rare facétie teindre ma voix quand je lui adresse une gentille et légère réprimande amusée et on-ne-peut-plus amicale. J'aime rendre service à mes ami(e)s, leur rendre sourire, et puis... aussi... bien que cela ne soit guère très avouable pour moi : je comprends entièrement le sentiment de désespoir de perte des rares objets et artéfacts nous étant chers. Peut-être que si je lui fais assez confiance je lui confierais, un jour, le pourquoi du comment de ma capacité de compassion au sens fort du terme sur ce point précis...


"Merci Lenia, je n'aurais pas voulu la perdre, je tâcherai de m'en souvenir."

Je suis un peu gênée en la voyant s'incliner devant moi en remerciement, tendant ensuite sa main pour reprendre l'arme blanche que je lui présente, la luciole dorée s'envolant de la lame aux nuances métalliques comme les doigts humains s'emparent de la garde de la dague. Satisfaite, mes prunelles de la couleur de l'océan pétillent légèrement de contentement, un mince sourire demeurant sur mes lèvres, tandis qu'elle inspecte l'arme. J'ai ma petite idée de qui elle a pu obtenir cette arme, même sans avoir le pouvoir encore appelé "Mémoire de Force" appelant à la mémoire des objets. Déductions logiques me suffisent largement. Je ne connais pas encore très bien Danaé, mais il me suffit de relier certains éléments pour rassembler un potentiel puzzle. Il est d'avis commun que les souverains et souveraines de Naboo sont pacifistes de nature, refusant le port des armes sauf nécessité, preuve en est de leur vaisseau de transport.

Et je vois très bien Maître Greystone, du peu encore que je connaissance, commence à connaître de lui, la prier de prendre une arme pour défendre sa vie, comme ils m'ont l'air d'être de bons amis en dépit des formalités, des codes sociaux à respecter en société publique. Mais un léger sourire, un certain éclat du regard, une certaine attitude ont été pour moi autant de signes, ajoutés aux propos dits, pour déduire aisément l'implicite amical de l'explicite social. Sans plus expliciter mon propos, je me suffis de répondre avec douceur et calme, amitié, ces quelques minces mots en disant peu en nombre, mais pour en dire beaucoup comme à mon ordinaire :


- Je vous en prie, Danaé. C'était naturel. Vous avez besoin de vous défendre, et... en un sens, je peux comprendre ce que vous ressentez vis-à-vis de cet objet. Enfin, disons, de manière symbolique. D'une certaine manière...

Très vite nous décidons de la marche à suivre pour assurer notre survie, notre repos pour plus tard repartir à la recherche de nos compagnons. Chaque minute, je dois retenir une grimace de tenter perfidement de glisser sur mon visage. Il faudra vraiment que je m'occupe de ma cheville dès que nous serons en sécurité, resserrer le bandage, il a dû se desserrer un peu durant la chute dans le vide, la réception douloureuse et claquante dans le torrent d'abord furieux puis doux comme un agneau, et même avant le combat en général contre ces espèces de loups gigantesques, presque mutés, effrayants et si nombreux. Ma main gauche me lance un peu, mais c'est contrôlable. Ma douleur à la tête s'estompe petit à petit, les picotements et tiraillements de mes bras s'apaisent quelque peu. Je peux reléguer temporairement la douleur dans un coin de mon esprit, l'alléger quelque peu de la force de ma volonté... temporairement. Là, je dois garder ma vigilance et mes capacités aussi performantes que je le puisse, ne pas me laisser distraire. Je suis la seule garde du corps restante à Danaé, et je prends ma mission vraiment à coeur, presque plus encore, un peu plus que cela ne l'était déjà à mon départ dans cette mission d'escorte, quand je courrais hors du Temple, volait avec le "Vent de l'Aube"...

"Mettons-nous en chemin Lenia, et tâchons de nous trouver un abri où nous pourrions demeurer et nous reposer sans pouvoir être découvert par nos ennemis, que nous les connaissions ou non. Tout à l'heure, dans la forêt, j'ai du grimper à un arbre, pour échapper aux loups qui courraient trop vite pour que je les sème. J'ai découvert que sur certaines zones d'une assez haute hauteur de la forêt s'étendait un réseau de branchages sur lequel nous pouvions évoluer. Et comme j'en suis tombée, j'ai aussi remarqué qu'entre les étages dans les arbres se trouvaient des nids de branches et de feuillages suspendus. Je pense que ces endroits en hauteurs seraient très bien pour nous cacher en attendant de récupérer assez de forces pour pouvoir repartir à la recherche des autres."

Une fois de plus, je reste admirative par sa débrouillardise évidente, et approuve d'un mince et léger geste de tête vertical ses propositions et explications. Oui, cela sera plus prudent. Il est connu que les bêtes sauvages fréquentent régulièrement les cours d'eau, pour étancher leur soif, alors rester ici n'était pas une option. Nous ne pouvons pas non plus escalader la paroi rocheuse de laquelle nous avons chu, et le courant est trop imprévisible pour se risquer à le traverser ou même l'arpenter. Pour aller où ? S'éloigner de notre but, probablement. Donc, mauvaise, très, très mauvaise idée. Prenant inconsciemment une posture songeuse comme je considère ses propos, trois doigts dont le pouce posés pensivement sur mon menton, et le regard légèrement distrait puisque plongée dans mes réflexions rapides, pesant le pour comme le contre de chaque chose. Je finis donc avec un léger sourire par donner mon approbation, d'une voix déterminée, calme et toujours posée :


- Ingénieux... c'est une bonne idée, Danaé. Vous êtes très observatrice, même dans l'urgence à ce que je peux constater. C'est tout à votre honneur. Actuellement je pense que c'est la solution comportant le moins de risques, du moins sur le cour terme. Nous pourrions y faire un arrêt, dans notre état de toute manière nous n'irions pas bien loin je pense... allons y, je n'ai pas envie de donner la possibilité aux prédateurs de nous trouver, ou même à notre traître et ses 'petits amis pirates' perdus quelque part dans l'espace ou la nature.

Ce qui ne remonte pas l'image, déjà très mauvaise et critique, que j'ai des pirates et autres mécréants de l'espace. Au delà même de mon mauvais souvenir du sénateur véreux et de son assassin chasseur de primes, alors que je n'avais pu escorter suffisamment le 'moins pire' des criminels vers le poste de police le plus proche pour qu'il soit jugé de manière... disons, civile et civique.
Une exécution non sommaire et barbare, mais dans les règles de toute civilisation, et dénoncer en public ses maux pour que les victimes y trouvent plus de compensation que dans un misérable assassinat... totalement injuste. Puis je me souviens sur Dantooine, je me souviens de ces groupes inquiétants de bandits rôdant près d'étranges et inexpliquées, inexplicables ruines, que l'on... enfin quelqu'un me déconseillait d'approcher. Je me souviens maintenant, avec une précision encore trouble, mais déjà assez terriblement précise des types de bandits qui ont massacré mes parents, fait je-ne-sais-quoi à mon frère si mystérieux Alviss. Mon voeu de Jedi m'empêche de considérer l'idée même de vengeance, mais j'espère un jour, quand j'aurais accès à tous mes souvenirs d'alors, pouvoir d'une manière ou d'une autre leur rendre justice... ou empêcher que cette triste situation n'advienne à d'autres innocents.


Notre marche se fait en silence. Enfin, entre nous. Sinon, il y a tant de petits bruits, de petits sons étranges et impossibles à décrire précisément autour de nous. Comme des chants dans une langue inconnue, et je ne suis même pas sûre que ces phénomènes soient actuellement liés à la Force d'une manière ou d'une autre. Pourtant, c'est la seule possibilité qui reste, disons, un peu moins 'impossible' dans mon esprit rationnel, je n'aime pas ne pas savoir sur quelle terre je marche et vers quoi je me dirige, ne pas connaître ce qui me menace ou ce qui m'attends. Moins encore quand j'escorte quelqu'un que j'apprécie sincèrement, dont la vie est en danger et repose sur mes frêles épaules. La voix de Danaé me tire temporairement de ma vigilante garde, sans pour autant que je ne détourne mon regard attentif autour de nous :

"N'entends-tu rien… d'étrange ? "

Le tutoiement me surprend encore. Et j'ai bien noté sa réaction auparavant surprise quand je suis repassée au style formulaire et au terme de 'majesté'. Je ne pensais pourtant pas à mal, je voulais juste la respecter, pourtant je sais que je commence à l'estimer, qu'elle prend de l'importance depuis notre rencontre dans mon coeur, qu'elle a sans que j'en prenne conscience commencé à gagner progressivement mon amitié, qu'elle a commencé... à m'apprivoiser un peu en ce sens. C'était une pensée étrange, mais en rien dérangeante, finalement... Pour en revenir à sa question inquiète, je ralentis légèrement le pas léger comme une plume qui est le mien, et renforce mes sens de Force autant que je le puisse, ainsi que mes autres sens physiques. Toujours ces voix étranges, inquiétantes mais... comment dire... non agressives envers nous. Je n'ai rien de précis, la Force ne me laissant ressentir que de minces impressions, mais je ne ressens rien de mauvais, de nocif et d'agressif. Au contraire... c'est déconcertant. Cette chaleur étouffante, anormale... ces chants... cela m'en donne presque la migraine à force de réfléchir, de chercher une cause, une réponse rationnelle à ces faits, ces phénomènes merveilleux... sans trouver.

- Il y a comme des sortes de chants... mais je n'en comprends pas le langage. Si tant est qu'il y ait un langage. Rien n'est logique sur cette planète... j'essaye pourtant de comprendre, crois-moi. Je me demande parfois si nous ne sommes pas en train de rêver tout simplement, mais la douleur me rappelle que non. Je dois vous... enfin, t'avouer que je suis étonnée et un peu déconcertée. Cela ne me rassure pas de vivre, d'entendre, de voir ces phénomènes que je ne peux même pas expliquer rationnellement. Ne baissons pas notre garde pour autant. Cela est peut-être quelque chose pour nous leurrer, ou nous ralentir de notre but.

Ma voix est aussi basse qu'un murmure du vent, et j'ai laissé cette fois consciemment passer le tutoiement, la surveillant du coin de l'oeil pour guetter sa réaction et prendre enfin position sur la manière dont je dois m'adresser à elle, la nature de notre relation cordiale ou amicale - j'espère sincèrement le dernier cas - , quand je suis en privé avec elle. Au pire, je m'excuserais pleinement et je prendrais le vouvoiement... mais j'ose, pour une fois, baisser un peu les murailles de mon coeur, oser montrer la timide et fragile, sensible et curieuse jeune humaine de Dantooine se tapissant au sein de la jeune Jedi calme, sage, posée et assurée. Ce que nous avons en commun, ces deux parts de moi-même : nous sommes blessées, méfiantes, mais attentives, curieuses et douces dans nos manières, réservées pour protéger notre coeur si fragile. J'espère ne pas faire erreur, mais je dois avouer que j'ai envie de laisser une chance à Danaé, en dépit de tout, de nos statuts sociaux, devoirs respectifs...

Je m'interromps dans mes pensées, fronçant légèrement des sourcils alors que nous gravissons une légère pente. Ce paysage mystérieux et enchanteur ne me rassure pas pour autant. Ces lumières inhabituelles, changeantes et envoûtantes ne me tranquillisent pas, ces sons méconnus et déconcertants non plus. Je n'ai plus l'impression de menace immédiate et mortelle, quelque chose... me pousse même à me sentir en sécurité. Là est le problème pour un esprit dubitatif de tout, curieux de tout ou presque comme le mien : encore, si c'était une impression de Force... mais ce n'est pas le cas. Je ne veux pas que quelque chose baisse ma garde et me manipule. Nous manipule dans une dangereuse, enfin potentiellement, potentiellement trompeuse illusion de sécurité et d'harmonie. Des lucioles, boules de couleurs différentes et pâles, semblent nous suivre. Je me rappelle cette étrange luciole dorée de tout à l'heure. Je ne me sens pas en danger, mais je ne suis pas tranquille. Quelqu'un aimant l'organisation et la planification méthodique comme moi ne peut-être à l'aise dans un environnement qui la dépasse, qu'il soit danger ou rassurant, si je n'ai rien qui ne puisse concrètement m'en assurer. Méfiance un jour, prudence toujours... alors que nous quittons le sol, je veille à ne pas trop regarder le sol et observer, tester la solidité du réseaux de branchages avant que la Reine n'y aille, j'entends Danaé me faire part de cette intéressante et contemplative remarque :

"Quelque part ça me rappelle presque Kashyyyk, en différent tout du moins, je n'ai jamais vu de forêt si mystérieuse, même si celle de la planète des wookies et d'une étrangeté très particulière. Celle-ci à l'air comme…"

Je n'aime pas ne pas être au contrôle de ma vie, que l'individu n'ait pas sa liberté de mouvement ou/et de penser, de décider. Ce n'est pas l'impression, certes subtile, que je ressens ici. Et le pire est cette situation de dualité interne entre le moi qui est sous l'influence inévitable de cette étrange atmosphère, et le moi Jedi plus rationnel qui sait que je ne devrais pas l'être, qui ne l'est pas et me garde un minimum de rationalité prudente. Mes sens de Force... si troublés... je suis un peu fatiguée, sans doute. La journée n'a pas été de tout repos, entre une course-poursuite dans la position de proie interstellaire, le crash, l'attaque des loups, la chute dans le vide, la presque noyade, la peur dévorante pour Danaé, mes nerfs sont tendus, pas énervés, mais éreintés de l'illogisme complet de la situation, de son aspect quelque peu désespéré...

Mais en dépit de ma volonté de rester sérieuse et d'assurer uniquement notre sécurité et survie, la distraction méditative est appréciée. Avec un mince sourire, arpentant avec prudence aux côtés de Danaé le nouveau sentier s'offrant à nous, avant invisible et nous menant vers Force-sait-où, je lui offre un possible mot et murmure d'une voix douce, et admirative malgré moi de nos environs :


- ... 'Merveilleuse' dans tous les sens du terme ? Merveilleuse en beauté, merveilleusement inexplicable, fascinante, merveilleusement incompréhensible et de là merveilleusement inquiétante. Une vrai merveille enchanteresse. Je n'ai pas encore été sur Kashyyyk, je serais curieuse d'un jour avoir la possibilité de m'y rendre. Mais de ce que j'en ai lu des holos-livres, il semblerait que la comparaison soit totalement avérée. Mais... du peu que je sache... à la différence qu'ici, c'est plus l'impression de sécurité que d"insécurité qui prédomine... une impression. Jamais je n'avais vu de tel, et entre nous, je me demande comment je vais relater tout cet inexplicable illogique au Conseil à notre retour. Ou même à Maître Greystone... j'aurais aimé qu'il soit là, ou de pouvoir le contacter d'une manière ou d'une autre. J'ai toujours peur de faire erreur quelque part... et de mettre des vies innocentes à cause d'une erreur...

Ma voix s'était légèrement, très légèrement baissée sur mes derniers propos, admettant mon impuissance relative dans les derniers évènements. J'ai toujours peur de perdre quelqu'un, c'est pourquoi je ne m'attache plus guère aux gens. Parce que cela fait mal de se faire trahir, et plus encore de perdre quelqu'un à cause d'une erreur ou d'un manquement. Alviss... dit souvent que je suis faible, et à cause de cela je mets ce que j'aime en danger. Est-ce vrai ? Vaudrait-il mieux la solitude dans ce cas, pour ne risquer de blesser personne ? Je ne sais... je ne devrais pas penser ainsi, mais je ne peux m'en empêcher... sans en comprendre la raison. J'ai oublié la raison. Mes poings légèrement tendus montrent mon impuissance, ma frustration vis-à-vis de mon amnésie. Oserais-je en parler à Danaé ? Mais j'ai tellement peur de l'ennuyer... qu'elle me trouve faible, que je la dégoûte et qu'elle ne veuille plus de mon amitié...


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Ven 8 Fév - 16:08

J'espérai que ce que je venais de lui révéler n’allait pas choquer Lenia, nous étions des enfants à l'époque, et c'était un " jeu " répandu parmi les jeunes sur Naboo. Evidemment en tant que Jedi elle n'avait pas grandi comme auraient grandi d'autres enfants, elle n'avait pas eu ce genre de rites de passages en quelque sorte. Oui, c'était à peu près ça, un rite de passage, implicite, une tradition populaire. Sur Naboo sauter d'une chute d'eau ça voulait dire qu'on était plus juste qu'un gamin, qu'on était courageux, et digne de respect parmi les plus grands des enfants, ce genre de pratiques se retrouvaient dans d'autres mondes ou d'autres régions, aller explorer la grotte hantée des environs, passer la nuit dans des bois qu'on disait habiter de monstres, aller voler dans le champ d'un fermier réputé pour être un méchant ogre… C'était des jeux d'enfants, qui tout aussi stupides et dangereux qu'ils étaient, permettaient de prouver sa valeur et son courage pour être accepté parmi les plus grands. Bien sure que je trouvais ça idiot et irresponsable, mais c'était facile de dire ça quand on était " adulte ", ou du moins sensé l'être, de juger des actes que font les plus jeunes, alors qu'on les a fait soi-même. Me tournant vers Lenia je sondai son expression, elle avait gardé ce regard mêlé de surprise et d'admiration, sur son visage toujours si calme et résolument sage de Jedi. Puis celui-ci se terni et se voila comme agité par quelques troubles passés avant que doucement elle ne murmure à voix basse :

" Je ne peux oser prétendre comprendre quels... sensations de telles activités peuvent faire ressentir. Bien que j'ai appris à... disons, comprendre et mieux contrôler ma peur, j'ai toujours une certaine appréhension du vide, quand je ne suis pas dans un cockpit ou un vaisseau. Mauvaise expérience d'enfance. Sur Dantooine, quand j'étais à l'orphelinat. Des... drôles se sont amusés à m'enfermer sur un toit pour la nuit. En essayant de me délivrer de ce mauvais pas, j'ai glissé sur une branche détrempée et je suis tombée. Plus de peur que de mal mais... la peur et la douleur me sont restés en mémoire. J'ai le vertige... "

Les joues de Lenia se fardèrent d'un rose léger tandis qu'elle parlait plus qu'elle n'avait jamais parlé encore, en tout cas avec moi. Mon regard se fit de plus en plus étonné et surpris au fur à mesure, avant de s'attrister un peu en apprenant un peu plus sur le passé de mon amie, je lui adressai alors un sourire doux et compatissant avant de tourner mon regard vers l'eau calme, mon expression pensive, réfléchissant à tout ce qu'elle venait de me dire en si peu de mots finalement. Tout le monde avait peur, on avait tous forcément peur de quelque chose, Lenia avait peur du vide, et c'était même un peu plus que cela, ce vide, ce n'était pas à mon avis seulement celui des hauteurs, du haut du toit, ou de la falaise, ce vide c'était aussi celui de l'abandon, et de la solitude, qu'elle avait du ressentir en passant par l'orphelinat, donc en étant semble-t-il privée de parents pour une raison que je ne connaissais pas, ça expliquait d'une certaine façon son manque de confiance en elle, et sa peur d'échouée, de décevoir, et d'être à nouveau abandonnée. L'orphelinat… Je réfléchissais à nos discussions passées, surtout à celle de notre rencontre qui fut la plus longue, rappelant tout ce qu'elle avait pu dire, mais je ne me souvenais pas qu'elle en avait fait mention, je m'en serais souvenu sinon, non je me rappelais bien qu'elle avait parlé d'un instructeur, mais jamais elle n'avait dit clairement qu'elle avait vécu dans un orphelinat, du moins pas avant ce soir. J'aurais peut-être du le comprendre, je ne sais pas. C'était triste, tout de même, ça n'avait pas du être facile. Ma famille avait tenue une place très importante dans mon enfance, et même encore maintenant, bien que les choses ne soient plus pareilles, bien que les trois sœurs ne soient plus que deux, et que la demeure familiale avait fait entrer chez elle l'ombre de la haine et de la colère… Je n'aurais pas imaginé grandir sans eux, je n'y serais pas arrivée, et je me sentais déjà bien seule au palais, alors si je n'avais rien eu à quoi me raccrocher, si je n'avais pas eu ma famille, je ne l'aurais pas supporté. Je tournai mon regard vers Lenia, je lui étais reconnaissante de la confiance qu'elle me faisait, consciente aussi qu'elle ne parlait beaucoup d'elle-même et que cela devait lui être probablement difficile, il était donc importante que je ne trahisse pas cette confiance, et pour cela je devais trouver les bons mots qui l'apaiseraient un peu.

- L'ivresse… L'ivresse du vide, c'est souvent cela que l'on en retire, du moins quand on est en l'état de l'apprécier, et me doute que ce ne soit pas le cas lorsque l'on souffre de vertige. Mais à vrai dire, il y a toute sorte façon d'être ivre, et pas seulement en sautant dans le vide, en terme d'amusement les jeunes humains sont le plus souvent très créatifs. En tout cas, les jeux des enfants de ton orphelinats n'avaient pas l'air très drôles ni très gentils.

Je m'arrêtai pour lui adresser un petit sourire complice et amical avant de reprendre de ma voix toujours très douce et posée, toujours plus aigue que le timbre que j'utilisai pour vieillir ma voix de Reine.

- Je pense qu'on a tous peur de quelque chose et que l'on apprend à vivre avec pour le dépasser, même les Jedis, et même…

Même les reines, même moi. J'avais toujours une attention particulière portée à mon apparence et à ce que je laissai transfigurée, une façon de me protéger, de protéger Danaé, quand j'étais Anastasia. Cette apparence nécessitait plusieurs choses, allant de la modération de mes sentiments, ou à l'effacement complet de toute marque d'émotion négative comme la peur. Lenia était très secrète sur elle-même, et je l'étais moi aussi, à ma façon, et comme j'étais secrète et mystérieuse et général on ne se rendait pas toujours compte d'à quel point je pouvais parfois me déguiser. Mais ici, ce soir, je n'étais pas dans l'enceinte prestigieuse de mon palais, ni entre les murs rassurants de la maison de mes parents, mais perdue quelque part livrée à la solitude et à la peur, je n'étais ni exactement Anastasia, ni exactement Danaé, j'étais une personne entre deux, et les caractéristiques de l'une et de l'autre s'entremêlaient étrangement. Moi non plus je n'avais pas l'habitude de me confier, et encore moins sur mes peurs, pourtant j'en avais, malgré ma réputation d'une Reine sereine et sans ombres. Et ça, peu le savait, peu pouvait me connaitre à ce point là, comme uniquement me connaissait Aldrian, en dehors de ma famille. Peu pouvait me voir comme j'étais ce soir, moins sur mes gardes, moins neutre, moins comme la parfaite Reine que je devais être, ma sensibilité, qui d'habitude était uniquement montrée en terme de gentillesse et de douceur, laissait passer d'autres sentiments que la Reine habituellement ne se permettait pas de laisser ne serait-ce qu'entrevoir. Lenia, et l'amitié naissante entre nous deux, laissait à Danaé plus de place, et la poussait à ressortir, et à s'exprimer, tout comme Danaé poussait Lenia à se confier à son amie. Mon sourire se fana peu à peu, mon visage devenant légèrement plus sombre, plus grave, tandis que pensive mon esprit répondait à cette question unique et douloureuse : De quoi avait peur la Reine ? De quoi, moi, j'avais peur ?

La première réponse évidente était Corellia. Corellia avait été le début de beaucoup de choses, mon amitié avec Aldrian, les premières dissensions clairement évoquées avec ma sœur, un tournant dans ma carrière politique, si tenté qu'on puisse parler de carrière à onze ans, et la naissance ainsi que l'implantation durable en moi de mes peurs les plus profondes. J'étais passée par le feu, la souffrance, la terreur, et la morte. Ca avait été aussi pour moi la fin brutale de mon enfance et de mon innocence. Corellia, une nuit terrible qui resterait à jamais gravée dans ma mémoire, ma chair, mon cœur. Voila de quoi j'avais peur. De Corellia, du feu, des morts qui hurlent dans les flammes qui les dévorent, de la haine et du désir de me voir mourir. Mais ce n'était pas tout, et si Corellia avait eu une très grande répercussion sur mon psychisme, certains autres troubles intérieurs n'en étaient pas les conséquences. La jeune Jedi n'était pas la seul à manquer de confiance en elle, aussi étrange que ça puisse paraitre. Le fait que l'on ait toujours nourris beaucoup d'espoir en moi, qu'on ait mis de si lourdes responsabilités sur mes épaules très jeune, avait su développer en moi ce sentiment, cette peur, de l'échec, de décevoir, et d'être abandonnée. Si j'admettais très difficilement Corellia, il était encore plus difficile de percer à jour cette seconde terreur intérieure. Et comme je ne laissais personne m'approcher, comme je ne faisais réellement confiance qu'à une maigre poignet d'êtres dans toute cette galaxie, personne ne pouvait me connaitre assez, pas même ma famille, pour savoir cela. Enfin, il y avait aussi une troisième peur, non négligeable, liée aux autres, mais plus récente, c'était la peur d'échouer à la protection de Naboo, de ne pas pouvoir faire face à la guerre, à l'Empire, que mon peuple souffre, que l'empereur le réduise en esclavage comme il avait été fait des mondes colonisés et dont les populations n'avaient pas été tout bonnement anéantie par les forces impériales… C'était la peur qui en vérité occupait le plus mon esprit. Je craignais en premier pour mon peuple, ensuite seulement pour moi, et ainsi devait-il en allait de la crainte des rois.

Je songeai à ce qu'avait dit Lenia encore, me tournant vers elle, consciente que je n'avais pas terminé ma phrase, mais que devais-je dire ? Elle m'avait offert un souvenir de son passé, et en amitié, je ressentais aussi que je devais lui en confier l'un des miens, mais j'hésitai, non pas que je ne sache quelle teneur nous lie, mais c'était seulement la nuit noire comme l'eau profonde qui effrayait mes sens à la seule vue de mes souvenirs. Je le veuille dire, ici je ne l'oserai pas, loin de la flamme réconfortante de l'âtre, je ne l'oserai pas, loin de la pierre familière, je ne l'oserai pas, loin du jour, je me tairai, car l'obscurité, et plus encore ici, était propre à la terreur, plus encore ici car nous étions égarés dans de si noirs ténèbres qu'il semblait fait seulement de la mort et du désespoir. Mais je devrais lui raconter, ce qu'elle ne sait pas encore, mais ce sont des choses que l'on ne dit pas avant l'aube, et surtout pas après le crépuscule. Peut-être si nous nous retrouvions autour d'un feu rassurant je pourrais avec elle évoquer ce que j'aimerai lui confier sans pouvoir en mots ici le prononcer. Comme je n'osai rien dire d'autre je gardai juste mes lèvres closes et tendis mes yeux de mauve vers le ciel où miroitaient comme des diamants d'or les étoilent mouchetant d'éclatantes beautés le bleu nuit gisant à nos têtes.

Quand je l'eu remercié de m'avoir rendu le précieux objet, elle dit une phrase qui étonna ma curiosité, rendue vive comme le vent soufflant dans l'hiver. Si je n'avais pas était aussi attentive que j'avais la réputation de l'être, et si je ne connaissais pas déjà assez bien la jeune Jedi pour son art de dire beaucoup en le moins de mots, j'aurais pu ne rien y voir que banals discussions. Mais il en était loin ici, et de ce que j'en entendis, je su qu'elle avait bien comprit, sans même qu'elle du me le demander, ou que moi-même du lui dire. Alors songeuse j'hochai doucement de la tête, qu'avais-je de plus à dire, que ce que le silence avait déjà murmuré à travers les étoles du vent. C'était étrange, comme nous tournions autour du sujet de son maitre, et de mon vieil ami, sans jamais l'abordé vraiment, le frôlant, l'effleurant, et pourtant, sans jamais prononcer ni un nom ni un sobriquet, juste le suggérer, comme si il avait toujours été là, ou alors plutôt comme si il ne l'avait jamais été, comme si parler de lui avait quelque chose d'interdit, comme si cela était douloureux, c'était un peu le cas pour moi, quand il était si longtemps loin de moi, sans me donner aucune nouvelle, me laissant seule, avec son souvenir. Mais la discussion se poursuivit, car il était temps de finir des rêveries, les dangers pesants sur nous, il nécessitait que nous œuvrions pour nous en éloigner. C'est ainsi que je proposai de faire route à travers la forêt vers l'abris qui nous semblerait le plus à propos d'un moment nous reposer. Et cela nous en avions grandement besoin, mon corps était percé de douleur, ma tête brulait comme si des flammes de l'intérieur me rongeait, et que marchaient dans les entrailles du brasier milles chevaux et milles soldats arpentant de leur cadence dure et sans fin l'esprit qu'était le mien. J'aimerai temps un peu de paix, j'aimerai tant retrouvait la douceur rassurante de mon foyer, loin de cette planète qui nous retint prisonnière, qui nous enchante, pour nous enchainer à elle, loin des chants des merveilles qui de leurs voix de lumière font briller en nous une folie silencieuse.

" Ingénieux... c'est une bonne idée, Danaé. Vous êtes très observatrice, même dans l'urgence à ce que je peux constater. C'est tout à votre honneur. Actuellement je pense que c'est la solution comportant le moins de risques, du moins sur le cour terme. Nous pourrions y faire un arrêt, dans notre état de toute manière nous n'irions pas bien loin je pense... allons y, je n'ai pas envie de donner la possibilité aux prédateurs de nous trouver, ou même à notre traître et ses 'petits amis pirates' perdus quelque part dans l'espace ou la nature. "

Je suis heureuse que nous tombions d'accord, car plus vite nous serions parti, moins nous nous risquerions ici, à la vu de l'ennemi. Et plus vite nous pourrons trouver le repos salvateur que nos plaies douloureuses réclament. Lenia aussi semble souffrir de la fatigue et des blessures, bien qu'elle le cache, quelques grimaces étouffées sont signes évocateurs. Je souris malgré tout, et à son compliment lui répond :

- Merci, c'est dans l'urgence que je dois l'être le plus. Et présentement, même si la tempête est restée sur le flanc de la falaise je trouve la situation urgente, sinon préoccupante. Nous devons nous abriter.

Et c'est ainsi que nous nous mîmes en chemin à travers la nuit et les arbres troués de lueurs pâles et d'éclairs de gerbes étincelantes. Sous la ramure serpentine dormait une peinture de la plus grande beauté, ici brillaient tous les joyeux du monde, et le monde lui-même étincelait. Le labyrinthe des arbres, dont la hauteur et la largeur ne faisait qu'augmenter au fil de notre progression, s'épaissit à un point tel que bientôt il sembla presque que lui-même par l'inter mise de ses mains gantées de plantes et de bosquets traçait le chemin que par nos pas il désirait voir emprunté. Comment décrire ce monde d'un enchantement tel qu'il ne peut être que merveille et éblouissement à nos yeux ? Figurez-vous si vous le pouvez une terre brunie à l'odeur douce de l'eau de pluie exhalant par la chaleur une brume fine gouttelettes d'argents, elles viennent comme des orbes lunaires s'accrocher aux pétales aux couleurs de nuit ensorcelées, qui chevauchent dans le vent chantant comme l'ange suspendu à l'étoile du matin les jonchères d'un vert doré glissant en feuilles de plumes, et entre leurs pieds s'étendent les longues et profondes racines qui tracent dans le chemin vallées et montagnes, vallons et plaines, telles elles sont nombreuses et si grandes, de leur sève s'écoule comme un seul et puissant arbre toute une forêt pailletée d'un éclat tel que c'est le reflet de ses diamants parant sa ramure obsidienne qui se reflètent dans le miroir du ciel, semblant emplie d'étoiles, n'étant que la pâle image de l'océan brillant sur la coupole endormie dans la nuit déchirante entre clarté et ténèbres.

" Il y a comme des sortes de chants... mais je n'en comprends pas le langage. Si tant est qu'il y ait un langage. Rien n'est logique sur cette planète... j'essaye pourtant de comprendre, crois-moi. Je me demande parfois si nous ne sommes pas en train de rêver tout simplement, mais la douleur me rappelle que non. Je dois vous... enfin, t'avouer que je suis étonnée et un peu déconcertée. Cela ne me rassure pas de vivre, d'entendre, de voir ces phénomènes que je ne peux même pas expliquer rationnellement. Ne baissons pas notre garde pour autant. Cela est peut-être quelque chose pour nous leurrer, ou nous ralentir de notre but. "

J'entendais la voix de Lenia comme si elle était à la fois loin et très près de moi, j'entendais comme un murmure criant dans la nuit noire, tant mes sens étaient pris au piège de la fascination face à la beauté et à la pureté de ce sublime décor, et plus encore, de ces voix, qui maintenant je le savais n'était pas que le fruit de mes propres pensées. Ce n'était pas mon esprit qui rêvait non, mais comment cela pouvait-il être réel, comment pouvions-nous entendre et voir telle divinité qu'aucun mortel n'aurait jamais osé rêver. Mais je ne devais pas non me laisser glisser dans la douceur tempétueuse de leurs attraits, il me fallait lutter contre cette magnificence, quelle soit bonne, ou mauvaise, trompeuse, ou juste, je ne devais pas la laisser m'enlever, je ne devais pas la laisser me happer, hors de moi, prendre mon âme, pour la rendre étoile, lueur à jamais privée de corps, dans le dessin sombre de la forêt profonde. Alors je m'accrochais aux paroles de Lenia, suivant la courbe lente de ses mots, contemplatifs tout autant que réservés sur la nature du mystère qui nous entourait. Moi non plus je ne comprenais pas, j'avais un petit moins de mal qu'elle cependant à m'en laisser porter malgré tout, peut-être était-ce un mal, certainement même, mais son entrainement la prémunissait avec bien plus de force à résister à pareils écrins, boite de Pandore, où je ne sais quel mal pouvait sommeiller derrière tant de puissance. Qu'était-ce que cette magie ? Et ces chants, quelles créatures sublimes étaient dotées de pareille voix divine qui faisait frémir mon cœur comme la passion l'aurait fait trembler ? Je croyais rêver, et si il n'y avait pas eu la présence de mon amie à mes cotés, pour me garder raccrochée à la réalité si diffuse et mêlée d'illusion, je n'aurais pu que sombrer en ces lieux de fantômes et de songes, je n'aurais pu que m'endormir dans le lit de l'eau, et couler en ses flots d'une douce lueur éclatante bordée de fleurs et de filaments d'argent, et tel un vaisseau de météore j'aurais glissé jusqu'au cœur sombre des ténèbres, m'égarant au-delà de toute chose qui fut ici vivante ou morte. Non, moi non plus je ne comprenais pas, et je remerciai vraiment sa présence, pas seulement en tant que Jedi, mais sa présence en tant qu'amie, car un Jedi ne me servirait à rien si jamais mon âme ici s'égarait, si mon cœur était capturé, à quoi me servirait un Jedi alors que celui-là même ne peut comprendre pas plus que moi par quelle étrange sorcellerie nous sommes dérobés ? C'est d'une amie dont j'avais besoin, quelqu'un à qui puisse se raccrocher Danaé, quelqu'un sur qui je puisse compter, pas seulement en apparence, et pas seulement en doutant, car ma confiance, pas même en les Jedis je ne l'accordais. Et tandis que les ombres de la nuit faisait en nous s'éveiller ce qu'il y avait de plus profondément enfouis, il me fallait une amie, et nous une inconnue, pour survivre aux mirages et aux cauchemars qui dormaient sous mes paupières. J'étais heureuse de l'avoir à mes côtés, heureuse et rassurée, autant que l'on pouvait l'être en telle situation. Et j'étais heureuse aussi de sentir, malgré ses hésitations formelles, qu'elle partageait aussi ce sentiment d'amitié envers moi. Je lui adressai un sourire amicale ainsi qu'un regard doux avant de lui répondre à voix basse et moins sereine que l'expression habituellement calme de mon visage légèrement entaché par la douleur et l'anxiété (ainsi que par le sang, l'eau et la terre).

- Ce n'est pas de ne pas comprendre qui me dérange le plus pour ma part, c'est de ne pas pouvoir y résister… Heureusement que tu es là, sinon j'ai le sentiment que je serais perdue depuis bien longtemps en des lieux dont je serais incapable de revenir, ni de retrouver mon chemin… Je ne sais pas si je dois me réjouir du fait que ces chants ne soient pas que pures créations de mon esprit. C'est rassurant pour moi de ne pas être la seule à les entendre, c'est effrayant de les savoir réels.

J'avais à peine murmuré, mais je savais que l'oreille attentive de Lenia m'entendrait, j'avais peur, comme craignant d'être entendue dans le maelström de la nuit auréolée de la grâce silencieuse et chantante comme une aura d'or sur un soleil de midi, dont le Zénith tombant sur la coupole du palais de Theed… Naboo, qu'il est rassurant de penser à toi quand je suis si loin, et que j'ai si peur de ne jamais retrouver ton chemin. En serons nous capable ? Pourrons nous seulement repartir de cet endroit maudit ? Si ils ne peuvent réparer le vaisseau, si quelque chose tourne mal, si ils sont pris au piège, comment repartirons-nous ? Quelqu'un viendra-t-il nous chercher ? Ou serons-nous ici pour toujours statufié en spectre chantant sous le voile de la mort nocturne ? J'ai peur maintenant, si peur. Et pourtant, je ne parvins à voir sous le jour terrifiant que montre ma part rationnel à mes sens ébahis cette planète si…

" ... 'Merveilleuse' dans tous les sens du terme ? Merveilleuse en beauté, merveilleusement inexplicable, fascinante, merveilleusement incompréhensible et de là merveilleusement inquiétante. Une vrai merveille enchanteresse. Je n'ai pas encore été sur Kashyyyk, je serais curieuse d'un jour avoir la possibilité de m'y rendre. Mais de ce que j'en ai lu des holos-livres, il semblerait que la comparaison soit totalement avérée. Mais... du peu que je sache... à la différence qu'ici, c'est plus l'impression de sécurité que d'insécurité qui prédomine... une impression. Jamais je n'avais vu de tel, et entre nous, je me demande comment je vais relater tout cet inexplicable illogique au Conseil à notre retour. Ou même à Maître Greystone... j'aurais aimé qu'il soit là, ou de pouvoir le contacter d'une manière ou d'une autre. J'ai toujours peur de faire erreur quelque part... et de mettre des vies innocentes à cause d'une erreur... "

Oui. Merveilleuse. Tellement merveilleuse, pensai-je en hochant doucement la tête lorsqu'elle commença à parler. Merveilleuse. Comme la quintessence de la plus belle et la plus brillante des étoiles. Comme la sublimation du plus doux et du plus pure sentiment. Comme l'incarnation de la plus majestueuse et enchanteresse des âmes. Comment le moindre de nos mots pourraient-ils la décrire là où ils ne peuvent faire qu'insulte à sa beauté. Mais aussi divine soit-elle, elle pouvait aussi se révéler mortelle, et n'était-ce pas de ses créatures divines comme les voix rêvées qui dansaient dans le bois carillonnant qui nous avait assaillis sur la colline ? Non, nous ne pouvions nous fier à ce monde car dans tant de beauté nous avions vu aussi violence et mort, et avions déjà faillis être les victimes de cruels crocs. Nous ne savions ce qui pouvait nous attendre au détour de ce chemin qui serpentait lentement en remontant d'entre les arbres, et pourtant nous y étions et bien forcé de le suivre, car lui-même avait glissé sous nos pas, et toutes les portes à ses cotés s'étaient refermées en un rideau d'écorces infranchissables. Tandis qu'elle me parlait, voila que nous arrivions à nouveau à un bien étrange endroit, sur les prémices du cheminement nous étions déjà quelques peu parvenu bien au-dessus du sol, dans les arrangements d'arbres et de branchages qui formaient entre eux cet étrange chemin de croisements étroits ponctués de larges terrasses de bois. Et devant nous, nous arrivions sur l'une d'entre elle, au cœur de laquelle sommeillait un arbre immense tel chêne robuste et grand comme une montagne, et tout autour poussaient les branches comme ayant poussé en tresses nattées de la large terrasse. C'était un endroit caché par de très épais feuillages mordorés et argentés couvert d'une fine pellicule scintillante, déjà assez profondément avancé dans la forêt pour être hors de la vue. Nous n'étions ni trop haut pour je ne l'espérai pas incommoder Lenia, ni trop bas pour, eh bien pour prendre le risque que la mésaventure de la colline ne puisse se reproduire ici. Je m'arrêtai, observant avec plus d'intention cet espace, scrutant ici et là les quelques coins plongés dans l'obscurité trop sombre pour mes yeux de simples humaines, mais alors que j'examinais avec attention la terrasse, vinrent comme une farandole de fée les lucioles de toutes les couleurs qui nous suivaient semble-t-il depuis que nous avions quitté le rivage. Elles allèrent comme des lampions flottant dans le vide surgir des coins d'ombres pour les illuminer d'une douce lueur.

- Ca à l'air d'être un endroit bien… Même si ça commence à être vraiment très très étrange… Mais je… je suis fatiguée…

En effet, si durant notre marche j'avais tâché de ne pas ralentir notre progression, ni d'en altérer trop le silence, j'avais mal, et j'étais épuisée, j'avais faim aussi, je n'avais pas l'habitude de ne pas manger dans la journée, c'était idiot de se dire ça, mais c'était vrai, en tant que Reine c'était rare qu'on me laisse mourir de faim, mais bon je survivrai, et je ne voulais pas me plaindre, ce n'était pas mon genre. Simplement, c'est vrai que mes blessures me faisaient mal, et si Lenia considérait que c'était un bon endroit pour s'arrêter un peu, eh bien j'en serais ravie personnellement. Je m'avançai et posai doucement ma main contre l'arbre, j'eu un léger sursaut et la retira vivement, sentant quelque chose bougeant sous mes mains, comme un battement sourd venant de l'intérieur de l'arbre, celui-ci était brulant. Je regardai ma main, ma paume blanche dans la lumière blafarde où se dessinait quelques vagues lignes, puis me retournai vers Lenia, songeant à ses dernières paroles. J'aimerai tellement savoir quoi lui dire pour l'aider tant sa détresse me semble grande, mais je me sens impuissante. J'ai l'impression d'avoir vécu des mois à l'abris des sentiments humains. Et pourtant je suis une Reine très investie dans le bien de son peuple, alors que cela devait-il être des gouvernants tyranniques ou despotique qui se moquaient que les leurs souffrent ?

- Moi aussi j'aimerai qu'il soit là, habituellement il est toujours là quand j'en ai besoin… Mais il n'est pas là, et il t'a envoyé à sa place, et heureusement qu'il l'a fait, parce que sinon je ne serais pas arrivée en vie jusqu'ici si tu n'avais pas été là.

Tout en parlant j'étais revenue près d'elle, et avait posé délicatement la main sur son épaule, lui souriant avec douceur. Je ne voulais pas qu'elle se tourmente à ce point, c'était mauvais autant pour l'humaine que pour la Jedi, je ne connaissais pas la cause réelle de son manque de confiance en soi, je ne savais que des brides de son passé pouvant fournir quelques pistes minces d'interprétation, mais il fallait pour son bien qu'elle puisse dépasser ces difficultés. Elle était loin d'être mauvaise, et même les plus grands Jedis étaient toujours entrain d'apprendre, elle était encore très jeune, et simple padawan, il fallait du temps à la fleur pour éclore au printemps, du temps pour grandir, du temps pour évoluer, s'améliorer, et même les Jedis ne pouvaient être parfaits. J'avais traversé ce genre de remise en question de soi, j'avais en plus le même âge qu'elle, bien que je ne sache pas si elle le savait ou même en avait conscience, je comprenais ce qu'elle pouvait ressentir, bien que nos vies et nos passés soient différents, sur bien des points nous étions proches, et notre empathie commune couvrait le restant du chemin nous séparant. J'aurais aimé lui expliquer ces questionnements par lesquels j'étais moi-même déjà passée, et essayer de l'orienter, et lui donner des conseils, qui pourraient peut-être l'aider à mieux affronter ces problèmes. Mais je ne voulais pas la brusquer, j'avais remarqué certains points de sa personnalité, secrète, réservée, méfiante, je ne voulais pas que mes conseils se transforment en leçons de morales, je ne me pensais pas à la place de lui en dispenser. Mais, je l'appréciai réellement beaucoup, je l'aimai beaucoup, son amitié m'était très précieuse, elle avait mon âge, mais elle avait l'air si jeune et si fragile parfois, comme moi-même je pouvais le sembler lorsque j'étais toute seule avec moi-même, elle me faisait penser à la relation que nous avions Sotha et moi, mais dans le sens inverse, comme une petite sœur. C'était étrange, mais c'était l'impression qu'elle me faisait.

- Il y a plus de 625 millions habitants qui vivent sur Naboo, je te laisse imaginer le poids que peuvent avoir mes erreurs. Pourtant j'ai été formée pour ça, et ont m'a choisi, mais je ne suis qu'inhumaine, et jeune, je peux me tromper. Mais comment je peux demander à autant de personnes d'avoir confiance en moi, si moi-même je ne me fais pas confiance ? Tu n'éviteras pas tes erreurs en en ayant peur, tu feras de ton mieux, et tu t'amélioreras toujours, pour que malgré tes erreurs tu puisses donner le meilleur aux autres. Parce qu'on a jugé que tu étais capable de le faire, que malgré toutes les erreurs que tu pourrais faire, tu ferais toujours tout pour être la meilleur, pour les autres. Peu de personnes comprennent pourquoi sur Naboo le pouvoir est donné à des Reines aussi jeunes, moi non plus au début je ne comprenais pas, puis j'ai fini par comprendre. Et je pense que si on comprend ça, on peut en apprendre beaucoup sur l'imperfection et la perfectibilité de l'être humain. Et tu serais très étonnée de savoir quel âge j'ai, crois-moi.

J'avais dit de manière implicite en à peine une minute mes pires craintes dont je n'avais jamais parlé à personne. Derrière mon sourire doux, était venu soudain tandis que je parlais la mélancolie, la tristesse, accompagnée de la peur et de l'angoisse, lorsque je me regardai dans un miroir, petite gamine de 16 ans avec une couronne sur la tête, qui gouvernait toute une planète, tout un peuple, auquel je tenais tant. Je soupirai doucement en regardant Lenia, j'espérai au moins qu'elle n'allait pas prendre tout ce que je venais de dire mal, je ne voulais pas la blesser, mais je ne voulais l'entendre dire des choses pareilles… Ou du moins, je ne pouvais pas rester sans rien faire en les entendant. Et puis, je sais que l'aide de certaines personnes, des amis, comme Aldrian par exemple, m'avait aidé à dépasser la peur, en une grande partie en tout cas, pour qu'elle ne soit pas un frein à l'exercice du pouvoir. Je ne voulais pas que Lenia s'enferme seule dans ses peurs, j'aurais tant aimé qu'elle me laisse pouvoir lui venir en aide, juste comme une amie. Nous étions toutes les deux des animaux difficiles à atteindre, encore plus à apprivoiser.
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MessageSujet: Re: Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé] Mar 12 Fév - 12:41

Je n'aime pas parler de moi. Parce qu'en fait, je ne sais pas grand chose de moi. Je ne sais pas qui est ce moi qui parle en mon nom et se dit être moi. Qui est ce moi ? Qui suis-je ? Qui est ce Ego de conscience qui est le mien ? Tant de questions auxquelles je ne saurais répondre dans l'immédiat, car je n'ai aucun éléments de réponse à leur offrir. Quand je parle de moi, je reprends conscience, connaissance du vide présent en moi. Du vide que je suis. Du vide affectif, du vide familial, du vide mémoriel, du vide personnel. J'ai horreur du vide en effet, car à l'instar du miroir de mon âme, le vide me rappelle les méandres qui dévorent mon coeur et me noie dans des incertitudes sans fin, des doutes sans solution immédiatement disponibles. Ce vide qui me rappelle que, peut-être, celle que je crois être moi n'est en fait qu'un mensonge, qu'une construction fictive mise en place pour remplacer, compenser le vide, le néant présent et corrompant mon esprit et mon coeur.

Finalement peut-être que je n'ai jamais été moi depuis que je suis arrivée à l'orphelinat, amnésique et presque enfant autiste, terrifiée, terrorisée par quelque chose dont elle ne se souvenait même plus. Qui est ce moi qui dit 'je' quand je m'exprime ? Je ne le sais. Je n'ai qu'un amas de souvenirs désordonné, confus au possible, et plus encore incomplet. Je doute de tout, et plus encore de moi-même. Même si j'ai dernièrement réussi à rassembler quelques minces pièces du puzzle sans fin de ma mémoire, je me sens encore... vide, incomplète et inachevée. Je suis une chose qui s'ignore, qui a peur de choses qu'elle ne saurait parfaitement expliquer. Je déteste me sentir impuissante. Je déteste ne pas savoir quelque chose qu'au fond je sais savoir quelque part au fond de moi. Je devrais savoir, même, et pourtant je ne sais pas... je ne sais. Je ne sais rien...
Et résultat des courses je me perds dans un flot de questions existentielles sans le moindre intérêt immédiat. Surtout que Danaé semble avoir repris la parole, je ferais mieux de l'écouter. Aussitôt je fixe à nouveau mon attention sur elle comme elle essaye de m'expliquer avec un sourire doux et amical :


"L'ivresse… L'ivresse du vide, c'est souvent cela que l'on en retire, du moins quand on est en l'état de l'apprécier, et me doute que ce ne soit pas le cas lorsque l'on souffre de vertige. Mais à vrai dire, il y a toute sorte façon d'être ivre, et pas seulement en sautant dans le vide, en terme d'amusement les jeunes humains sont le plus souvent très créatifs. En tout cas, les jeux des enfants de ton orphelinats n'avaient pas l'air très drôles ni très gentils. "

L'ivresse du vide... bien quelque chose que j'ai du mal à comprendre, et que je ne comprendrais probablement jamais. Du moins pas avant longtemps, très longtemps, si cela advient un jour potentiellement dans le futur. Je ne connais pas ce concept d'ivresse du vide. Mon expression doit être songeuse et perplexe sur ce moment, plongée dans mes pensées bien qu'encore veillant sur nos alentours. Le vide ne m'inspire que de l'effroi. Le vide pour moi représente bien des choses négatives : l'abandon, l'absence, la promesse de mort prochaine et particulièrement horrible, la peur, l'incertitude, les ombres, la douleur lancinante et sans fin. J'hoche négativement de la tête en guise de réponse. Effectivement, quand on souffre de vertige, on peut difficilement apprécier les attraits - si tant est qu'il y en ait réellement - apportés par la sensation de vide.

Quelle est donc ma manière à moi d'être 'ivre' au sens supposé par Danaé ? Car je suppose qu'il excède le sens premier de 'ivresse', souvent connotée à 'ébriété', à 'alcool' et à 'boisson'. Ah oui, ivresse comme amusement. Qu'est-ce qui m'amuse ? Voyons... déjà, apprendre de nouvelles choses par milliers ! Oh oui, des nouvelles connaissances, des nouveaux médias de savoir antique, millénaire, comme contemporain shine En apprendre, continuellement, toujours plus et plus encore ! Je suis une véritable éponge à connaissances, parfois à déraison. Mais je ne peux pas m'en empêcher, l'allégresse de connaître est bien trop grande ! En dehors de cela... j'aime bien dessiner de temps à autre. Cela m'aide à vivifier mes échos, mes ruines de souvenirs. Solidifier ainsi un visage, un paysage, une époque, une planète, un écosystème. J'aime méditer aussi, quand je le peux. Cela me rend si calme, si sereine, si sûre de moi, si tranquille, complètement apaisée et capable de réfléchir posément sur un ou des problèmes.


"Je pense qu'on a tous peur de quelque chose et que l'on apprend à vivre avec pour le dépasser, même les Jedi, et même…"

Je n'ai même pas besoin de lire dans ses pensées pour deviner quel mot refusait d'échapper à ses lèvres. 'Même les Reines'. Même la Reine... si je suis surprise et quelque peu inquiète, je ne le montre pas plus que nécessaire et n'insiste pas. Je respecte la vie privée d'autrui, et je sais ce que sont des sujets sur lesquels on ne veut pas parler pour le moment. Alors qu'elle semble plongée dans ses pensées, j'approuve distraitement, songeuse en restant attentive, sur mes gardes. Et moi, de quoi ai-je peur ? De quoi ai-je peur que je doive apprendre à vivre avec ? A l'accepter, l'identifier puis le dépasser ? Je ne saurais trop le dire, trop d'hypothèses possibles et confuses. Déjà, j'ai peur du vide. Lieu commun chez moi, n'insistons pas. J'ai peur de l'abandon, bien que je déteste l'admettre. Je déteste la solitude, bien que parfois je m'y enterre à mes moments plus sombres d'humeur. J'ai en horreur et peur l'impuissance. J'ai peur de perdre de nouveau des proches, c'est pourquoi j'ai peur de me lier à qui que ce soit. J'ai peur de la trahison, de la déception aussi, surtout. Parce que je sais que cela fait mal, très mal. Sans me rappeler pourquoi je le sais, mais je le sais en tout cas.

Et au fond, surtout, je crois que j'ai un peur de moi-même. Peur de ce que je pourrais découvrir, peur de ce que j'ai perdu, de ce que je pourrais récupérer, de ce que je pourrais apprendre. J'ai peur d'échouer. Je n'aime pas échouer. Je n'aime pas décevoir mes proches. Je n'aime pas décevoir Maître Greystone et pourtant j'en ai l'horrible pressentiment de l'avoir malgré moi fait. Peur d'échouer... ne l'ai-je pourtant pas déjà fait ? Je sais que Danaé m'a dit que ce n'était pas le cas, et pourtant je ne suis en chasser le sentiment dans mon coeur, dont les dards emplis de venin empoisonnent mon âme petit à petit.

Je n'ai pas été capable de la protéger autant que je l'aurais voulu et du, par... ma faute, elle s'est retrouvé blessée. J'aurais du être plus puissante et ne pas paniquer au pire moment. Je me suis mis Magnus à dos, contre ma volonté, à force de trop vouloir planifier, de trop vouloir bien faire, de trop vouloir être honnête et modeste vis-à-vis de mes talents, de mes conclusions ou de mes déductions. J'ai le sentiment d'avoir tout raté ou presque, même si ce n'est peut-être pas entièrement vrai. Perfectionniste de mon état, j'ai tendance à aggraver quelques erreurs commises, et à oublier parfois que je ne suis pas parfaite moi-non plus, mais au contraire tout aussi faillible que les autres, même Jedi... j'ai de l'encre noire déchirant mon moral. Pas du tout fière de moi.


"Ce n'est pas de ne pas comprendre qui me dérange le plus pour ma part, c'est de ne pas pouvoir y résister… Heureusement que tu es là, sinon j'ai le sentiment que je serais perdue depuis bien longtemps en des lieux dont je serais incapable de revenir, ni de retrouver mon chemin… Je ne sais pas si je dois me réjouir du fait que ces chants ne soient pas que pures créations de mon esprit. C'est rassurant pour moi de ne pas être la seule à les entendre, c'est effrayant de les savoir réels."

Les doutes et craintes de Danaé sont en fait assez proches des miennes, bien que mon scepticisme issu de l'entraînement Jedi m'en garde un peu plus. Je me sens un peu gênée devant ses remarques concernant mon utilité, mais cette fois je contiens ma modestie naturelle derrière le masque de calme Jedi et me force à la sérénité autant que je le puisse. Le seul lieu me rend nerveuse avec toutes ces choses que je ne peux expliquer rationnellement, le fait que nous soyons livrées à nous même et que je sois le dernier bouclier protégeant sa majesté et surtout mon amie. Je n'arrive même pas à contacter l'Ordre Jedi, ou pis encore Maître Greystone, pour appeler au secours, pour des raisons qui m'échappent.

Pourtant je sais que cela reste la meilleure solution à la longue, qu'il faudrait que j'insiste... mais dès que nous serons un minimum en sécurité. C'est-à-dire, pas maintenant. Pas encore... tant de beauté merveilleuse, sans logique ni sens. Les sons et les couleurs semblaient danser en choeur, tout semblait ici appeler et inspirer l'harmonie et la paix, la beauté et la tranquillité. Et pourtant, il me suffisait de me rappeler les horribles créatures en forme de loups géants et les chutes pour me rappeler que cette planète est dangereusement imprévisible. Incertaine. Changeante. Instable. Donc peu digne de confiance. Je ne veux pas aggraver ma situation ou pis encore celle de Danaé. Déjà assez abîmées ...


- ... je ne sais si je suis digne de tant d'éloges après les erreurs de jugement et de manque de confiance en moi que j'ai pu commettre aujourd'hui, mais je te remercie. Cela me réconforte un peu de me savoir un peu utile à quelque chose en dehors de provoquer des désastres. J'aurais du être plus attentive encore dès le départ. Si j'avais détecté la présence de l'émetteur dès le départ rien de cela ne serait arrivé. Je fais encore des erreurs dignes d'une Initiée et indignes de la Padawan que je suis supposée être. Vraiment... je m'exaspère moi-même des fois. Niru pourrait me rétorquer que je devrais appliquer mes propres conseils.

Un rire un peu nerveux échappe à mes lèvres si timides et rares à laisser passer un tel son d'ordinaire. Danaé a le don de me mettre un peu plus à mon aise, en dépit de la situation critique dans laquelle nous nous trouvons présentement. Je me sens déjà un tout petit peu plus calme que quelques minutes auparavant. A vrai dire, j'aime tout aussi peu les hauteurs, mais après la chute que nous venons d'endurer, je pense que je peux relativiser un peu pour quelques modestes mètres de branchages si proches du vide. Cela me fera de l'entraînement contre mon vertige, grandiose, magnifique que dis-je... que dites vous ? Je ne suis pas convaincante du tout ? Non, pensez vous. Je n'oserais pas. Depuis quand est-ce que je suis aussi ironique tout d'un coup moi ? Cette planète m'influence et pas qu'en bien. Je dois redoubler de vigilance...

Ici nous serons en sûreté je pense. Danaé avait raison, ce lieu serait séant et sûr pour notre halte. Ce serait sans doute la meilleure sécurité que pourrait nous offrir cette maudite planète inconnue. Si belle, insolente et imprévisible. Entre ombres et lumière. Entre folie et merveille. Entre harmonie et chaos. Entre paix et violence. Entre vie et mort. Quelle étrange célébration de la vie dans ses plus nombreux appareils ! Quel étrange paradoxe incarné par cette Belle Planète Totalement Inconnue et Perdue Au Milieu De Nulle Part ! Je refuse de l'admettre, mais je suis aussi effrayée que fascinée. La Jedi en moi est sur ses gardes, la jeune femme totalement sous le charme. Cela me rappelle... en quelque sorte seulement, Dantooine dans ses pires moments. Paix et Violence. Amour et Haine. Vie et Mort. Calme et Agitation. Un peu ce genre de paradoxes sans fin, sans raison, sans logique et tout simplement sans réponse.


"Ça à l'air d'être un endroit bien… Même si ça commence à être vraiment très très étrange… Mais je… je suis fatiguée…"

Surprise de sa réaction, je m'approche, les sourcils froncés de perplexité, et tend ma main blessée enfouie sous des bandages vers l'écorce de l'arbre, fermant les yeux pour tenter de percevoir vaguement sa présence dans la Force. Mais la réponse que j'obtiens... est vraiment curieuse. Je n'en reviens pas. De vrais battements de vie, comme les battements de mon propre coeur. Des pulsations normalement non présentes dans une faune naturelle. Et normalement non ressenties par des personnes non-sensibles aux courants et flux de la Force. Alors que la Reine/Danaé contemple avec une fascination teintée de peur sa blanche main, j'essaye de dénouer cette inquiétante énigme sans réponse tout en accordant de l'attention aux propos de la Reine, de plus en plus inquiète pour ma part, avant de commenter :

- Moi aussi Danaé, je suis fatiguée. Mais nous devons rester éveillées, au moins l'une d'entre nous. Je veillerais, vous vous reposerez en première. J'imagine que vous devez avoir faim... tiens, prends cette ration d'urgence. Je dois admettre que le goût et la texture ne sont pas des plus fameux, mais je ne peux pas me risquer à te donner de la nourriture de ce lieu. Qui sait quels terribles effets ils auraient sur nous. J'en aurais assez pour nous deux pour deux-trois jours, en me rationnant à mon minimum syndical. Non, ne dis rien. Demande de Jedi. Je dois te protéger et t'escorter, donc tu passes en priorité. Puis je suis plus solide que je ne le laisse sembler. Je tiendrais jusqu'à l'arrivée des secours.

Ses propos suivants, alors que nous nous installons une fois notre refuge sécurisé, retiennent mon attention. Je me suis toujours demandée comment ils s'étaient connus, Maître Greystone et Danaé Anastasia, aussi Reine de Naboo, en dehors du contexte professionnel et politique. Les minces sourires habilement dissimulés, cette chaleur amicale qui se dégageait entre eux les quelques fois où des discussions avaient eu lieu en ma présence... fascinant. Presque aussi jeune que moi, elle faisait confiance à un 'adulte'. Pas n'importe lequel, certes, mon Maître. Mais quand même. Et Maître Greystone est sans doute l'ancien propriétaire de la dague rouge si précieuse à Danaé... il y a sans doute une histoire que je ne connais pas encore derrière tout cela. Peut-être ne la connaîtrais-je jamais. Peut-être la connaîtrais-je un jour. Je ne sais. Mais cela n'étouffe en rien ma curiosité, bien au contraire. Cela l'attise réellement.

"Moi aussi j'aimerai qu'il soit là, habituellement il est toujours là quand j'en ai besoin… Mais il n'est pas là, et il t'a envoyé à sa place, et heureusement qu'il l'a fait, parce que sinon je ne serais pas arrivée en vie jusqu'ici si tu n'avais pas été là."

Je ne peux m'empêcher de me retenir d'extrême justesse de baisser les yeux de gêne. Je m'efforce de ne pas la quitter du regard, quoique mes prunelles azurées trahissent encore un peu mon doute vis à vis de tant de louanges me concernant. Doucement, j'hoche négativement la tête, songeuse et sérieuse, assez fatiguée nerveusement, mentalement et physiquement, mais pas décidée à l'afficher pour ne pas inquiéter plus que de raison mon amie Danaé. Quand je me décide à répondre, le regard auscultant avec attention nos alentours, ma voix s'échappe en léger murmure voulu calme et posé, exempt des doutes et des questions, des remises en question de moi-même tourbillonnant dans mon esprit confus, éreinté, quelque peu dubitatif de mes propres capacités :

- J'aurais préféré de loin que Maître Greystone envoie quelqu'un d'autre, de plus compétent que moi. Ou qu'il puisse lui-même venir, même si je sais que c'était impossible dans sa situation. Ce n'est rien contre toi, Danaé, juste que j'ai conscience de mes erreurs et de mon inexpérience, qui a bien failli nous mener à notre perte. Je ne me serais jamais pardonné que tu... enfin... que je ne puisse pas te protéger, que je sois impuissante. Je ne me le serais pas pardonné.

"Il y a plus de 625 millions habitants qui vivent sur Naboo, je te laisse imaginer le poids que peuvent avoir mes erreurs. Pourtant j'ai été formée pour ça, et ont m'a choisi, mais je ne suis qu'inhumaine, et jeune, je peux me tromper. Mais comment je peux demander à autant de personnes d'avoir confiance en moi, si moi-même je ne me fais pas confiance ? Tu n'éviteras pas tes erreurs en en ayant peur, tu feras de ton mieux, et tu t'amélioreras toujours, pour que malgré tes erreurs tu puisses donner le meilleur aux autres. Parce qu'on a jugé que tu étais capable de le faire, que malgré toutes les erreurs que tu pourrais faire, tu ferais toujours tout pour être la meilleur, pour les autres. Peu de personnes comprennent pourquoi sur Naboo le pouvoir est donné à des Reines aussi jeunes, moi non plus au début je ne comprenais pas, puis j'ai fini par comprendre. Et je pense que si on comprend ça, on peut en apprendre beaucoup sur l'imperfection et la perfectibilité de l'être humain. Et tu serais très étonnée de savoir quel âge j'ai, crois-moi."

Ces paroles me font me taire et je me vois 'contrainte' de les considérer, de considérer leur sagesse, bien que ma modestie naturelle veuille m'en empêcher. J'inspire légèrement pour me changer les idées, reprendre confiance, avant de reprendre la parole comme quelque chose me revenait à l'esprit, titille ma curiosité et je pose la question me brûlant les lèvres depuis un moment. Il faut que nous restions un minimum éveillées, et je pense que la discussion peut nous aider en ce sens. Essayant de faire comprendre ce que je ressentais tout en évacuant aussi vite que possible ce sujet délicat et incertain, je me reprends et tente un mince sourire curieux sur la seconde partie de mon propos concernant Maître Greystone et Danaé :

- Tu as... sans doute raison. C'est juste difficile pour moi à accepter que je puisse me tromper, faire des erreurs. Quelqu'un... quelqu'un qui je pense m'était très important m'a dit que c'était parce que j'étais faillible, faible que tant de maux survenaient autour de moi. J'ai eu l'impression... ici... de revivre quelque chose que j'ai oublié, que je ne peux rappeler exactement, mais qui fait mal... la même impuissance. Le même péril de mort. Et je suis frustrée de ne pouvoir savoir, de ne pouvoir comprendre. Ou de passer pour idiote en en parlant... désolée... Sinon, je me demandais... je veux dire... j'espère ne pas être impertinente en demandant cela. Si cela te dérange, je comprendrais que tu ne veuille pas me répondre. Mais... connaîtrais-tu depuis longtemps mon Maître ? Je ne sais pas, c'est juste que... vous avez l'air proches, d'une manière ou d'une autre. J'ai pu le voir et le ressentir et je suis... enfin... cela a attisé ma curiosité... depuis notre rencontre dans la Salle de Musique.


Dernière édition par Lenia Séry le Dim 14 Avr - 16:53, édité 1 fois
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Une mission / Un voyage sans incidents ? (pv Danaé) [Terminé]

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